‹ Essai sur les revendications colonialesChapitre 39 sur 74 · LISTES · texte numérisé non relu

LISTES

Dominion de l’Union sud-africaine

Il y a lieu de s’efforcer de répondre à deux questions distinctes :

1) L'Union sud-africaine est-elle favorable au principe de l’acquisition par l’Allemagne de territoires coloniaux ?

Il paraît indiscutable que diverses personnalités de l'Union Sud-Africaine sont favorables à l’entrée de l’AIlemagne comme puissance colonisatrice en Afrique. Cette attitude résulte soit d’une bienveillance a priori à l’égard des revendications allemandes, soit du souci de donner une plus grande force à la situation des Blancs en Afrique en général (15). Les opinions favorables à l’Allemagne sont fréquemment défendues par le parti nationaliste-républicain dont les membres ont souvent dénoncé le «crime de Versailles». Le parti « dominioniste » est beaucoup plus réservé : il se refuse à engager par une décision unilatérale la politique de l’Empire tout entier. Le puissant parti du Centre (Fusion Party) paraît, sur la question, assez divisé.

Parmi les personnalités du gouvernement les plus favorables à la revendication allemande, il faut citer le ministre de la Défense, M. Pirow. M. Pirow, après un voyage à travers l’Europe, l’an dernier, fit à son retour diverses déclarations qui eurent dans l’Empire britannique un très grand retentissement (16).

(5) V. sur les problèmes posés en Afrique Australe par la question noire, Lahaque : Bulletin du Comité de l'Afrique française, juillet

(16) Non seulement il se déclarait lui-même favorable à la thèse allemande, mais encore il affirmait avoir au cours de conversations

2) Mais quels seraient les territoires coloniaux où l'Union Sud-Africaine souhaiterait de, voir l'Allemagne s'installer ?

Il semble que l’on puisse affirmer que l’Union Sud- Africaine est unanime à refuser la restitution à l’Allemagne du Sud-Ouest africain (17).

Ce refus est basé sur l’accord passé le 23 octobre 1923 entre l’Union Sud-Africaine et le Reich, et par lequel ce dernier aurait reconnu que le sort du Sud-Ouest africain était désormais lié à celui de l’Union (18).

C’est ce qu’a mis en lumière le Général Smuts, au Congrès de l’United Party, tenu à Bloemfontein, le 2 décembre 1937, et où après avoir rappelé qu’il parlait en accord avec le Général Hertzog, il a déclaré :

« Il existe un accord en bonne forme par lequel l’AIlemagne reconnaît que l’avenir du Sud-Ouest Africain se lie à celui de l’Union et promet de conseiller à ses sujets du Sud-Ouest africain de devenir sujets de PUnion. — Nos droits sur le Sud-Ouest africain ne sont donc pas basés sur la force ou sur la victoire, mais sur un accord avec l’Allemagne ».

avec des membres du gouvernement britannique, découvert que plusieurs de ses interlocuteurs se trouvaient d’accord avec lui. M. Baldwin démentit, et M. Pirow se borna désormais à exprimer ses opinions personnelles (v. le Times du 17 juillet 1936, et le Daily Telegraph du 14 juillet 1936).

(7) V. l’article du Daily Telegraph du 24 avril 1936. On estime en Afrique du Sud que l’Allemagne a reconnu volontairement en 1923 que l’avenir du Sud-Ouest Africain dépend désormais de l’Union Sud- Africaine ; on estime, par ailleurs, que l’Allemagne n’est pas disposée à soulever à nouveau le problème.

(18) Martens, Recueil des Traités, 3° série, n° 12, p. 838.

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