A) L’ACCORD SUR L'ASPECT NEGATIF
Cette séance du 24 janvier 1919 nous a été depuis lors
Paris, alors que Lloyd George, Sonnino et Clemenceau avaient appris par leur action commune pendant la guerre, à se comprendre, ou du moins à se mesurer.
(16)'° Baker, p. 252.
(17) «..the world’s unrest arose from the unsettled condition d Europe, not from the state of affairs in the East, or in the colonies... (Minutes secrètes, d’après Baker, op. cit., p. 253).
souvent décrite (18). Tragi-comédie, coupée d’intermèdes plaisants — on songe aux interventions de M. Hugues, délégué australien, dont la surdité réelle et persistante, bien qu’il usât pour écouter les orateurs d’un instrument que M. Winston Churchill compare à un <« fusil mitrailleur », lui interdisait de suivre de près les discussions (19) — et de scènes dramatiques, — d’autant plus dramatiques que toute parole inutile, désormais devenait dangereuse, — dramatiques ainsi par leur simplicité même.
Les délégués des Dominions déclarèrent être venus pour présenter leurs prétentions à la possession des anciennes colonies allemandes, conquises par les troupes de leurs nations.
Un bref échange de vues commença aussitôt. M. Lloyd George déclara que « la seule chose qu’il voulait dire, au nom de l’Empire britannique, était qu’il était très vivement opposé au retour d’aucune de ses anciennes colonies à l’Allemagne ».
Le Président Wilson dit qu’il pensait que chacun était d'accord pour s’opposer à une restitution (20) des colonies allemandes.
M. Orlando, au nom de l'Italie, et le baron Makino, au nom du Japon, donnèrent leur accord (21). La question était ainsi réglée.
On ne saurait attirer l’attention avec trop de vigueur sur le caractère de cette discussion si brève qui parve-
(13) Baker, op. cit., p. 254. Ces descriptions ont été souvent citées. Le récit qu’en a donné de M. Winston Churchill dans ses Mémoires (The World’s Crisis, 4 vol., Londres, 1920-1924) est d’un intérêt particulier (trad. fr. t. IV, p. 152).
(9) W. Churchill, ibid. ï
(20) Le mot employé par Wilson était «restoration». (V. Baker. ibid., p. 255).
(21) Baker, op. cit, p. 255.
nait à un jugement unanime. Il paraît difficile, en dépit qu’on en ait, d'affirmer que la « volonté du Président Wilson » exigeait le maintien sous une forme ou sous une autre, de droits allemands aux colonies : la volonté du Président Wilson s’est affirmée au cours de cette séance, avec une absolue netteté.