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LES EVE^NEMENTS

rents à la monarchie absolue ; elle se réserve le droit de faire les lois, d'établir les impôts, de décider de la paix et de la guerre: elle réduit le monarque, autrefois tout-puissant, à n'être plus qu'un fonctionnaire pourvu d'une liste civile déterminée. Puis elle décide une série de réformes qui ont toutes pour objet de détruire les privilèges et de donner la prépondérance au tiers, ou même aux classes inférieures de la société.

Le succès a aussi des dangers. Le parti qui triomphe est souvent emporté, par l'ivresse même du succès, au delà des limites de la justice. Il dépasse les revendications équitables et porte atteinte à des droits essentiels, ceux sans lesquels une classe de citoyens croirait ne pouvoir exercer sa fonclioQ propre. Il arrive alors que l'indifférence ou même les sympathies du début se transforment en hostilité ; en hostilité d'autant plus vive que les intérêts professionnels sont plus profondément menacés.

Ainsi, les membres du clergé, dépouillés déjà de leurs dîmes et de leurs richesses en biens fonciers, n'acceptent pas la diminution morale que leur fait subir, suivant eux, la Constitalion civile du clergé. Ils résistent et usent de toute leur influence pour soulever la conscience du roi et des fidèles contre ces nouveautés religieuses, condamnées, du reste, par le pape. De là des résistances opiniâtres et une longue série de difhcultés. Le roi fuit. On le ramène de force à Paris. Ses défenseurs à l'intérieur et à l'extérieur n'en sont que plus irrités et plus disposés à engager une lutte sans merci. A l'Etranger surtout s'organise une vaste coalition qui engage la Révolution dans les mesures les plus violentes et dans des guerres qui ne doivent se terminer qu'à la Restauration.

Le hasard, si l'on entend par là des causes réelles mais dont le concours est imprévisible, joue aussi son rôle dans la suite des événements.

A différentes reprises, l'importance d'une personnalité supérieure a été signalée, et cette influence est incontestable, quel que soit l'ordre de choses où cette supériorité exerce son action. Le cours des événements peut donc être modifié par l'apparition du grand homme et par sa mort. Mais dans quel cas des modifications de cette sorte se produiront-elles ? Sur ce point, la prévision sociologique ne peut être réalisée avec certitude. En effet, la genèse de l'homme de génie tient à un ensemble de conditions très difficiles, pour ne pas dire impossibles à déterminer. D'un autre côté, la mort dépend de causes si multiples qu'on ne peut jamais être assuré que l'une d'elles n'agira pas. Ainsi, le grain de sable qui va se placer dans l'uretère de Gromwell, et qui détermine sa mort, est, suivant la remarque de Pascal, un événement considérable, mais imprévisible, et dont la contingence s'étend, en partie, aux événements postérieurs.

Le hasard ne porte pas seulement sur les hommes éminents. Il peut faire sentir son influence sur un grand nombre d'hommes à la fois. Ainsi une disette a son contre-coup sur les classes pauvres, exposées par là aux souffrances de la faim, menacées dans leur existence même, et, par suite, plus portées au mécontentement et à la révolte. La famine qui désolait la France en 1789 ne fut pas sans action sur les émeutes qui éclatèrent pendant cette année et dont quelques-unes furent faites à ce cri : Du pain I Mais, ici comme plus haut, la prévision sociologique n'existe pas, puisqu'une disette tient à un concours de causes météorologiques dont les lois sont mal connues.

Une nation n'est pas isolée. Elle entretient de nombreux rapports avec l'étranger et, de ce chef, la révolution peut être favorisée ou contrariée.

Pour être complet, il faudrait donc étudier les influences qui viennent de l'étranger. Mais ces influences sont si nom-

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