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LES ÉVÉNEMENTS

breuses et si diverses que, pour être faite avec quelque exactitude, leur étude nécessiterait des développements considérables. Il vaut donc mieux l'écarter complètement que de la traiter d'une façon superficielle, et ne point pénétrer dans le domaine, si vaste, de la politique étrangère. La question des mouvements qui se produisent à l'intérieur des Etats a assez d'étendue pour qu'il soit nécessaire de l'étudier seule, -et sans y joindre une autre question digne, par son importance, d'une étude spéciale.

Disons seulement, d'une façon sommaire, qu'une révolution sera contrariée par un gouvernement étranger, toutes les fois qu'elle semblera un danger pour la stabilité de ce gouvernement et pour la prospérité des classes prépondérantes dont il est l'expression ou le défenseur. Quant aux détails de cette influence, nous en écartons expressément l'explication. Il faut se limiter.

Enfin le dénouement se produit : ou la tentative révolutionnaire -échoue, ou elle aboutit à son résultat. Tantôt, c'est une colonie qui s'affranchit, ainsi que cela eut lieu pour les Etats-Unis à la suite de la guerre d'Indépendance ; tantôt une nation se démembre, ou un pays, soumis à une puissance étrangère, recouvre son autonomie, tels les Pays-Bas qui secouent le joug de l'Espagne ; tantôt enfin, c'est l'ancienne société qui se transforme dans sa structure interne, sans qu'il y ait de modifications appréciables dans le nombre des habitants, dans Tétendue du territoire ou même dans les rapports avec l'extérieur.

Le mot « révolution n est plus spécialement réservé pour désigner ce dernier cas. Et, d'ordinaire, on y joint une épithète pour indiquer le genre de changement qui a été principalement réalisé dans la constitution de l'Etat.

Les révolutions qui apportent des modifications profondes dans l'organisation d'une société peuvent se ramener à

trois types : les révolutions i» politiques, 2*^ religieuses, 3** sociales. Elles sont ainsi appelées, suivant que les changements portent sur l'organisation du pouvoir et sur les droits politiques des citoyens ; ou sur les croyances religieuses et l'exercice du culte ; ou enfin, suivant que la transformation est encore plus complète et s'applique à toutes les classes de la société, touchées jusque dans leur fond, c'est-à-dire, jusque dans leur activité professionnelle, dont la valeur est, selon les cas, diminuée ou rehaussée.

De quelque révolution qu'il s'agisse, sa nature reste la même dans le fond. Le trait caractéristique de toute révolution, c'est que les classes dominantes ne sont plus les mêmes, ou du moins ne sont plus recrutées dans les mêmes catégories sociales. Le parti victorieux, après avoir pris des mesures révolutionnaires pour assurer son succès, cherche à consolider sa conquête par des mesures plus régulières, mais qui tendent toutes, par une sorte de logique plus ou moins consciente, à assurer sa prédominance.

C'est d'après les intérêts, les sentiments et les idées des différentes classes, constitutives de ce parti, que la société va se réorganiser.

Etudier ce travail de réorganisation, c'est étudier les effets des révolutions, ce qui nous conduit naturellement à la troisième partie de cet essai.

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