Bibl. Nat. P
Chap. V. De la Mission irlandoise, p. 36.
— VI. De l'instruction des Nègres et des Sauvages esclaves,
— VII. Missions des Sauvages de la Martinique et de Saint-
Vincent, p. 67.
— VIII. Le massacre des Pères Aubergeon et Gueimu, p.78.
Seconde Partie De la Terre Ferme de l'Amérique, chap. I-XII, pp. 1-121 K
A la suite de cette seconde Partie Ton trouve un « Extrait d'une lettre de Saint-Christophe du 14 juin 1655 contenant quelques nouvelles du pays », qui occupe 5 ppnc. Enfin le volume se termine généralement (c'est le cas de celui de la Bibl. Nat.) par F
« Introduction à la langue des Galibis, sauvages de la terre ferme de TAmérique méridionale, »
petit traité du même auteur que l'on rencontre quelquefois, mais fort rarement, édité à part '^.
Or, si l'on parcourt le manuscrit De Insulis Americœ, Ton remarque aussitôt que ses chapitres correspondent exactement à ceux du volume français ^ et que le texte de celui-ci n'est que la traduction de celui-là. On pourrait croire que tout au contraire c'est l'imprimé français qui a été l'original du père Pelle-
1. Je ne crois pas utile de donner le détail de cette Partie qui ne nous concerne pas.
2. Le P. SoMMERvoGEL [BibUothèque de la Compagnie de Jésus) signale une réimpression de cette « Relation » dans Demontezon (le P.) : Mission de Cayenne et de la Guyane française, Paris, 1857, in-12, pp. 1 à 180. Le P. Pelleprat avait, semble-t-il, fait d'importantes études sur la langue galibi, restées mss. de son vivant et en partie utilisées dans Préfontaine, Maison Rustique de Cayenne, Paris, 1763, in-8.
3. Il suffit d'en rapprocher les titres : I. De Regione in communi. — II. Prima Nostrorum Patrum ad Insulas Peregrinatio necnon Materies occupationis illorum. — III. De conversione Hœreticorum. — IV. De quibusdam Nostrorum ad Gallorum subsidium Missionibus. — V. D© Ibernica Missione..., etc..
132 SOURCES DE l'histoire des ANTILLES FRANÇAISES
prat et que la traduction a été faite de français en latin, le manuscrit « De Insulis » a^^ant pour but de faire connaître aux provinces non françaises de la Compagnie de Jésus les souffrances et les travaux de leurs confrères français et les fruits édifiants qu'ils rapportaient. Mais cette hypothèse semble devoir être rejetée comme contraire aux habitudes des Jésuites. En elfet :
1*^ Les Jésuites du xvii'' siècle avaient une telle pratique du latin que cette langue leur était plus habituelle que le français toutes les fois qu'il s'agissait d'un travail philosophique, historique ou même littéraire quelconque. Gomme beaucoup de ses confrères, le P. Pelleprat avait donc dû écrire la relation de son voyage tout d'abord en latin, puis la traduire ou même peutêtre la faire traduire en français.
2^ En fait^ le principal argument en faveur de notre hypothèse est fourni par les ratures et surcharges du manuscrit. Autant que l'on peut deviner les mots supprimés, les corrections ne sont pas de simples modifications à'cxpression mais des corrections de y^e/i^ee, preuve évidente qu'elles sont l'œuvre de l'auteur lui-même et non d'un traducteur. Le De Lisulis Americœ est donc bien une rédaction originale.
Vie du P. Pelleprat. — L'auteur : Pierre Pelleprat, était né à Bordeaux en 1609, et entré au noviciat des Jésuites en 1628. Professeur de philosophie et de théologie, comme autrefois le P. Bouton, il fut, après avoir enseigné dans plusieurs collèges de l'ordre, appelé à Paris pour être appliqué à la prédication et il s'y distingua ^. Je ne sais sur quels documents se fonde le P. Sommervogel pour dire qu'il fut envoyé dès 1639 aux missions de l'Amérique. D'après le ms. De Insulis Americœ^ il semblerait que le P. Pelleprat ne partit de France qu'en 1651. Cette année-là du moins il se trouvait en France, puisqu'il
\. Sommervogel, op. cit. Cf. Pellisson (Jules) : « Les deux Pelleprat », dans : Bulletin de la Société des Archives Historiques de la Saintonge, 1883, t. IV, pp. 21-26.
raconte à cette date un incident de son voyage de La Rochelle aux Isles ^. Il connut les différents établissements français des Iles du Vent et parcourut ou habita même à différents titres Saint-Christophe ~, Marie-Galante ^, Saint-Vincent ^, La Martinique^, La Grenade ^\ Parti le 28 juin 1650'^ pour le continent, il se réembarquait le 22 janvier 1654 ^ pour la Martinique où il espérait rétablir sa santé compromise par le surmenage et le climat. Mais ce changement d'air ne lui ayant pas suffi, force lui fut de s'embarquer le 16 février 1655 pour la France^, afin d'achever sa guérison dans l'air natal et par un repos effectif.
C'est au cours de ce séjour que le P. Pelleprat rédigea sa Relation. Il l'achevait au moment de reprendre la mer, alors que fortifié par quelques mois de séjour dans sa patrie, il n'avait plus d'autre désir que de retourner auprès de ses chers indigènes de l'Amérique continentale. Il allait y conduire une mportante mission ^^ dont il devai\> être le chef ^^ On ignore quel fut le succès de cette nouvelle expédition. Le P. Sommervogel dit seulement qu'après avoir passé onze années au Mexique, le P. Pelleprat mourut à Puebla le 21 avril 1667.
Caractère et Compétence. — Peu nous importe d'ailleurs pour apprécier la valeur historique de la Relation de ce missionnaire. J'ai dit qu'elle était antérieure au mois de juillet 1655, date de l'impression du volume ^^^ e^ qu'elle avait été rédigée en France^