‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 109 sur 169 · Op. cit., ibid · texte numérisé non relu

Op. cit., ibid

144 SOURCES DE l'histoire des ANTILLES FRANÇAISES

de même que nous lui devons le Vocabulaire du langage de... nos Caraïbes... qu'il obtint du P. Raymond qui était alors à Paris ^ ». Les lettres de Poincj (publiées dans l'édition de 1665) qui annoncent à Rochefort l'envoi de nouveaux documents viennent encore confirmer ces dires, qui concordent du reste exactement avec ceux de Du Tertre dans sa Préface (édition de 1667). De sorte que si l'on peut accuser Rochefort de manquer d'originalité et même d'avoir été quelque peu plagiaire, on ne peut lui reprocher d'avoir choisi de mauvais informateurs et des sources impures.

Pour les mettre en œuvre il s'est malheureusement trop préoccupé de faire du beau langage et son souci de style noble l'a entraîné souvent loin de l'exactitude en même temps que son désir de montrer une vaste érudition l'entraînait à des digressions oiseuses. Pour l'excuser on peut dire qu'il suivait le goût de son époque, et, défait, aucun reproche ne serait à nos yeux modernes plus sanglant que les hyperboliques compliments à lui adressés par ses contemporains. On n'est pas médiocrement surpris en lisant les lettres publiées en tête du volume de voir que ce qu'ils y prisaient le plus c'était les « agréables paraleles », les « judicieuses opositions », tous les « précieus ornemens » du style et de la composition dont la « ravissante broderie » rehausse la valeur de la matière ^. Quant aux innombrables citations dont les références constellent les marges, Rochefort en fait honneur à Poincy, qui se plut, suivant lui 3, à en « parsemer comme d'autant de belles fleurs l'histoire morale de nos Caraïbes ». Cela concorderait avec ce que nous savons du commandeur qui, même aux

1. Avertissement de la seconde édition, passim. Le P. 'Breton confirme lui-même cette assertion dans la préface de son Dictionnaire (4*^ fnc.) : « M. Aubert qui succéda au gouvernement de l'isle à M. de TOlive m'escrivit de Flexingue et me pria de la part de M. de Poincy... de donner au por leur de la sienne des mémoires. Si c'est l'autheur même de la Relation, imprimée à Roterdam en 1658, je n'en sçais rien, tant y a que je luy en donnay, qu'il n'a suivi qu'autant qu'il a voulu. »

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