COLLECTIONS DE TEXTES
Il n'existe malheureusement pas de collections de textes concernant les premiers temps de nos colonies^. Nous possédons, il est vrai, quelques recueils de documents législatifs ayant trait aux Antilles, mais les textes antérieurs à 1665 y sont rares. Ces recueils ont été composés en général par des magistrats des « Isles )), pour fixer la jurisprudence des Conseils souverains dont ils étaient membres, et pour rappeler leur histoire. S'ils ne suffisent pas pour étudier les origines des colonies, ils n'en sont pas moins très précieux, et à l'historien et au jurisconsulte, et parfois même ils permettent seuls de rétablir les différentes phases d'une législation dont ils représentent le dernier état.
Le plus important de ces ouvrages est de beaucoup celui de :
MOREAU DE SaINT-MÉRY. LoiX ] ET | CONSTITUTIONS | DES COLONIES
FRANÇOISES | DE l'AmERIQUE SOUS LE VENT | SUIVIES, | 1° D'un
Tableau raisonné des différentes parties de l'Administration | actuelle de ces Colonies ; 2^ d'Observations générales sur le Climat, la | Population, la Culture, le Caractère et les Mœurs des Habitans de la | partie Françoise de Saint-Domingue; 3° d'une Description Physique, | Politique et Topographique des différens Quartiers de cette même partie; | le tout terminé par l'Histoire de cette Isle et de ses dépendances, depuis I leur découverte jusqu'à nos jours. | Par M. Moreau DE Saint-Mery Avocat au Parlement, Ancien \ Avocat au Conseil Supérieur du Cap François & Secrétaire de la Chambre \ d Agriculture de la même Ville, Membre du Musée de Paris, & Secrétaire du | Musée autorisé par le Gouvernement, sous la Protection de Moasieuh et de Madame. \ ... 2.
1. Nous ne pouvons en effet considérer comme une collection de textes diplomatiques Y Histoire des Antilles du P. Du Tertre (v. supra, pp. d08 et ss)., mais cet ouvrage, nous ne devons pas l'oublier, est celui où l'on trouve encore le plus de documents importants sur la Compagnie des Isles de l'Amérique et les institutions qui lui ont succédé.
2. Tel est le titre du premier volume. Le libellé des qualités de Moreau de Saint-Méry est augmenté dans les tomes suivants, le reste est conforme. La tomaison suit ce libellé.
192 SOURCES DE l'iIISTOIKE des ANTILLES FRANÇAISES
I Rien ne doit être si cher aux Hommes que les Loix destinées à les rendre | Bons, Sages et Heureux. | Montesquieu |
A Paris | Chez l'Auteur, rue Plâtriere N^ 12 | Quillau Imprimeur de S. A. S. Monseigneur le Prince de Gonti, | rue du Fouare, N° 3 I Mequignon jeune Libraire au Palais, à TEcu de France | ^
Avec Approbation et Privilège du Roi | T. I, lij et 770pp., l fnc. ; t. II, XVI et 851 pp. ; t. III, iii et 936 pp. ; t. IV, xet 914 pp. ; t. V, XIV et 976 pp. ; t. VI, xvi, 962 et xiv pp. ^.
Bien que cette collection soit surtout faite pour Saint-Domingue, et que cette île, colonisée seulement vers la fin de l'époque qui nous occupe, ait eu dans la suite un état social et économique profondément différent de celui des Iles du Vent, il y a beaucoup à glaner dans le livre de Moreau de Saint-Mérj. En effet, préoccupé de faire remonter son recueil aux origines même de la colonisation française aux Antilles et sachant qu'avant 1685 Saint-Domingue empruntait encore sa législation à la Martinique*^, l'auteur a reproduit comme relatives aux origines de Saint-Domingue des pièces se rapportant en réalité à notre colonisation aux Iles du Vent. L'ordre de l'ouvrage étant chronologique on se reportera donc au :
Tome premier | Comprenant les Loix et Constitutions depuis J 550 jusquen i 703 \ inclusivement \ .
Là, après quelques textes de législation générale en vigueur aux Isles, on trouvera, dans les cent premières pages du volume, la plupart des actes du pouvoir souverain relatifs à nos colonies des Antilles avant 1664. Une table permet du reste de les retrouver rapidement.
Uauieur de cet important travail est fort connu. Il suffît de rappeler ici que, né au Fort Royal de la Martinique en 1750, venu à Paris en 1769 et admis dans le corps des gendarmes du
1. Certains exemplaires comportent une liste plus longue de libraires de Paris et de province, dépositaires de l'ouvrage.