Essays et de/initions, Avis au Lecteur
5. Essays de plusieurs histoires, p. 22 : « J'ay séjourné en ces contrées sept à huict années tant dans l'Isle Saint-Christofle qu'en celle de la Martinique... et ce, etc.. » Cf. Cosmographie spirituelle, p. 297, où il parle de l'Amérique « laquelle j'ay habitée par deux diverses fois y ayant conduit et mené des colonies y. Or nous savons que le premier séjour de Coppieraux Antilles eut lieu à Saint-Christophe où il vint comme enga<^é. C'est donc dans son second voyage qu'il put mener une colonie à la Martinique.
SOURCES DE 1. HISTOIRE DES ANTH.EES FRANÇAISES
de quoi vivre en France dans une aisance plus ou moins larg-e. Il semble que Coppier ait été de ceux-là et n'ait plus eu d'autre préoccupation que de faire profiter la postérité des trésors d'expérience que ses voyages avaient ajoutés à ses trésors d'érudition. On se le représente volontiers en ce temps aisément pédantesque, comme le commensal attitré de quelque Philaminte de province et, vers la fin de sa vie, M. Guillaume Coppier, ancien capitaine en la marine des Indes du Ponant, se faisait décerner, pour sa Cosmographie spirituelle^ de sonores éloges en prose et en vers, qu'il insérait modestement en têtede son volume. Il mourut âgé de 68 ans et fut enseveli le 20 octobre 1674 dans l'église Saint-Pierre-le-Vieux, sa paroisse •, nous laissant en dehors de ses indigestes ouvrages l'intéressant exemple de ce que pouvait devenir au xvii^ siècle un colon parti pour les Isles sans ressources et sans autre aptitude spéciale qu'une santé à toute épreuve. Ace titre l'historien des Antilles ne peut le négliger; il trouvera en outre, dans son Voyage aux Indes Occidentales^ noyés parmi des considérations inutiles et des digressions oiseuses, un grand nombre de détails naïvement sincères que viendront utilement corriger, compléter ou préciser les chroniqueurs plus sérieux.
Si les renseignements abondent sur ce voyageurobscur,il n'en est malheureusement pas de même pour le P. Pacifique de Provins, capucin missionnaire à Saint-Christophe, dont la relation, devenue introuvable, a échappé jusqu'ici aux plus minutieuses recherches dans nos principales bibliothèques. Bien plus, les bibliographes même qui l'on décrite ne sont point d'accord sur les caractères extérieurs de cette chronique. Le fr. Bernard de Bologne - la donne comme éditée à Paris, chez Denys Tierrv, 1648, in-8 ; Ternaux -^
1. Son acte de décès le donne comme âgé de 70 ans, mais nous avons vu (ju'il était né en 1606. On trouvera cet acte aux Arch. munie, de Lyon, État civil, Saint-Pier,-e-le-Vieux, vol. 27:i, f" 150, n» 786.
2. Op. cit. [supra, p. xl), p. 204. Cf. Wadding. SS. 0/'(/.3/mor, et IIoefer, B iog rap h ir, Gôn éra le,
3. Bibliothèque Américaine, n° 573. Sabin ne fait que reproduire cette mention.
CH!{ONIOrEi:RS FRANÇAIS ! LE P. PACIFIQUE DE PROVINS 91
tout au contraire, la dit de 1636 et comportant 18 ïî. in-8 ; Leclerc ' la décrit comme publiée à Paris, chez Nicolas et Jean de la Goste, 1646, in-8, et comportant : Dédicace au Comte de Brion, vice-roy de l'Amérique, datée de la Guadeloupe, 2 septembre 1645: 2 Ifnc. Texte, 30 pp. Enfin le catalogue de la bibliothèque Carter Brown, à Providence (Etats-Unis d'Amérique) -, la seule bibliothèque publique possédant aujourd'hui à notre connaissance cet ouvrage, le désigne ainsi :
Pacifique de Provins. — Relation du Voyage des Isles de V Amérique Par le P. Pacifique de Provins^ Capucin^ Prédicateur et Missionnaire Apostolique et Supérieur Prefect des Missions de son Ordre en ces quartiers et en la Nouvelle France. — A Paris, chez Nicolas et Jean de la Coste au Mont Saint- Hilaire, à TEcu de Bretagne, MDCXXXXVI, in-1 2. (Titre, 1 foc. Dédicace, 2 ffnc. Texte, 29 pp.) ^.
Ces diversités pourraient faire croire à des éditions multiples et la date indiquée par Ternaux notamment, si elle était exacte, donnerait au récit du P. Pacifique une valeur toute particulière en en faisant la plus ancienne chronique de notre colonisation aux Antilles. Mais il est permis de conjecturer que les exemplaires vus par Ternaux, Leclerc et Russell-Bartlett sont conformes et tous de 1646. En 1636, en eifet, le P. Pacifique, à peine arrivé à Saint- Christophe (si même il y était déjà^), ne devait guère être en mesure d'écrire une relation de son voyage. De plus, et ceci est plus frappant, l'exemplaire de Ternaux comporte 18 feuillets; celui de Leclerc compte 2 ffnc. et 30 pp., ce qui fait 17 feuillets, mais 17 ff. n'est jDas un nombre pair et Leclerc ne parle pas du titre ; enfin l'exemplaire de Russell-Bartlett comporte 1 f. de titre, 2 ffnc. et 29 pp., ce qui fait encore 18 ff. Il est
1. Bibliotheca Americana, supplément n° 2 (1887), p. 72 [n» 3417].