Edition de 1667, t. I, préface
3. « Le livre... que j'avois donné à M. de Harlay » (édition de 1667, t. I, préface).
4. Il suffit de voir avec quelles précautions oratoires l'auteur fait allusion à ces personnages dans sa préface pour comprendre qu'ils ne reculaient devant rien, (Cf. la dédicace du P. Bouton). Presque tous étaient du reste des gens de robe et, comme tels, fréquentaient, eux et les leurs, chez les Harlay.
108 SOURCES DE l'histoire DES ANTILLES FRANÇAISES
mains de divers collectionneurs aux xvii^ et xviii'' siècles ; au xix^, il devait servir à M. Aug-ustin Gochin qui cherchait à se documenter sur l'histoire de l'esclavag-e dans nos colonies ; en dernier lieu, il faisait partie de la collection de M. Margry et est entré avec elle à la Bibliothèque Nationale.
Aucun d'eux ne semble avoir identifié ce texte qui nous permet de compléter le peu que nous savons du P. Du Tertre, de sa vie et surtout de sa compétence.
Le P. Du Tertre. Sa vie. — On sait que le P. Jean-Baptiste Du Tertre s'appelait en réalité Jacques Du Tertre K II était né à Calais en septembre 1610 et était le fils d'un honorable médecin de la ville qui lui fit faire de bonnes études. Mais de bonne heure le g-oùt de l'aventure le prit : il embarqua au bord d'un Hollandais et courut longtemps les mers, notamment les mers du Nord, jusqu'au Groenland. Puis, dégoûté de la vie de marin, il prit du service à terre et, à 23 ans, se distinguait au siège de Maëstricht, sous le prince d'Orange (1633). Mais brusquement il changeait encore sa destinée et entrait au noviciat des frères prêcheurs à Paris, où le P. Carré recevait sa profession, le 24 juin 1633. Il prit, dès lors, le nom de Jean-Baptiste, sous lequel il est connu : il avait 25 ans, mais était singulièrement mûri par la rude vie qu'il avait menée. Aussi, lorsque la Compagnie des Isles demanda au P. Carré, supérieur du noviciat des frères prêcheurs à Paris, des missionnaires qui pussent aller exercer leur ministère à la Guadeloupe ^, le P. Du Tertre fut un de ceux auxquels le supérieur songea aussitôt pour occuper ce poste dangereux et délicat.
Il s'embarqua donc le 17 janvier 1640 ''^, à Dieppe, et arriva deux mois après, ou environ, à la Guadeloupe, après avoir touché à la Martinique et salué une première fois son gouverneur : du Parquet. Il débarqua donc à la Guadeloupe