‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 85 sur 169 · Ms. 9319, p. 12, édition de 1667, II, p · texte numérisé non relu

Ms. 9319, p. 12, édition de 1667, II, p

peu de temps avant le nouveau gouverneur, Aubert, dont les religieux n'eurent qu'à se louer. Il semble même que le P. Du Tertre y ait un instant été élu supérieur de la mission. En effet, le P. de la Mare, supérieur, étant mort le 1*^^" mars i6i2, les trois pères et trois frères survivants eurent à élire un supérieur immédiatement. Le P. Raymond Breton ne revint de la Dominique que le 12 mars. On décida d'envoyer l'un des Pères en France chercher des secours, et ce fut le P. Du Tertre qui partit, laissant « la charge et le soin des religieux au P. Raymond * ». C'était donc lui qui avait auparavant cette charge. Quoi qu'il en soit, il revint en France : parti les premiers jours d'avril, il essuya une tempête alfreuse et arriva quarante-deux jours plus tard à La Rochelle^ pour, de là, gagner Paris. Il est possible que, dès cette époque, il ait rédigé quelques notices et qu'en 1648 il se soit borné à « mettre en ordre quelques remarques... faites dans [ses] premiers voyages et séjours aux Antilles de l'Amérique - ». Mais son séjour en France ne fut pas long : il repartit en effet dès le mois de décembre 1642 et arriva aux Isles le 23 mai, après un voyage mouvementé, coupé d'un escale de deux ou trois jours à Madère •^. Peu de temps après, arrivait également à la Guadeloupe le nouveau gouverneur, Houel, qui devait, par ses intrigues, mettre la discorde entre tous les habitants. Le P. Du Tertre fut intimement mêlé à ces troubles, surtout lorsque M. de Thoisy, nommé lieutenant général de toutes les Isles à la place du commandeur de Poincy, vint déchaîner dans toutes nos colonies une véritable guerre civile. Curé d'une paroisse à la Cabsterre, le P. Du Tertre faillit même payer de sa vie, en novembre 1646, son dévouement à la cause de l'ordre et de la légitimité ^\ Ne pou-

1. Ms. 9319, pp. 80-81. Le témoignage du fr. Malhias du Puis confirme formellement que Du Tertre était alors supérieur. [Relation de rétablissement d^une colonie françoise dans la Guadeloupe. Caen, 1652, in-8, p. 182.)

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