Edition de 1667, t. Il, p. 57. Cf. t. I, p
4. Sur les mauvais procédés de Houel envers le P. Du Tertre, cf. du Puis, op. cit., pp. 91 et 96.
410 SOURCES DE l'fIISTOIRE DES ANTILLES FRA^ÇAISES
vant vaincre le bon sens et ropiniàtreté de ce moine, dès longtemps familiarisé avec la vue d'une épée, les partisans du sieur Houel le jetèrent dans un bourbier pour ridiculiser son habit et, comme il continuait à leur reprocher leur conduite, craignant un retour d'opinion de leurs hommes, ils « envoyèrent deux esclaves avec certaines trompettes ou cornets de limaçons qui cornèrent si fort à ses oreilles qu'il lui fut impossible de parler davantage ^ ». On comprend, dès lors, que Fauteur de V Histoire des Antilles n'ait pas conservé bon souvenir des procédés du sieur Houel : ce n'est pas auprès de lui qu'il faudrait chercher une apologie de ce turbulent personnage ! Il ne prolongea donc pas son séjour à la Guadeloupe après le départ de Tlioisy et il suivit ce seigneur à la Martinique -. Du moins se trouvait-il avec lui dans le jardin des Pères Jésuites, le 17 janvier 1G47, lorsque les officiers de cette île vinrent l'arrêter pour le livrer au commandeur de Poincy, son rival, en échange de leur propre gouverneur, du Parquet "^. C'est sans doute à cette époque que Du Tertre apprit à mieux connaître la Martinique et la famille du Parquet, dont il dit beaucoup de bien. Il exerça même, pendant son séjour dans cette île, les fonctions de curé au quartier du Prêcheur, à la demande des Jésuites qui ne pouvaient suffire à leur ministère ^. Mais il ne semble pas qu'il y soit resté bien longtemps, car il s'en faut qu'il connaisse la Martinique aussi bien que la Guadeloupe.
Du Tertre ne nous apprend pas à quel moment il revint en France, mais ce dut être cette même année 1647. Il lui était en effet difficile de rentrer à la Guadeloupe et ses supérieurs ne pouvaient le laisser seul à la Martinique, où son ordre n'eut une maison qu'en 1654 ^. Il était d'ailleurs certainement