‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 91 sur 169 · Du Tertre. Édition de 1667, t. I, p. 84 et ss · texte numérisé non relu

Du Tertre. Édition de 1667, t. I, p. 84 et ss

vage, qui ne pouvait avoir que deux ans » et qu'il avait vu « sur l'eau... remuans ses petites mains ^ ».

Et pourtant ce bon père n'était rien moins qu'un attendri. Sans être, comme plus tard dom Labat, un homme de guerre sous le froc, il avait dès sa jeunesse donné plus d'une preuve de bravoure, et sa nouvelle carrière d'apôtre l'avait trouvé prêt à affronter sans forfanterie les éléments les plus furieux aussi bien que les révoltés les plus farouches. 11 le faisait avec une bonne humeur toute française et raconte ses aventures avec quelque esprit ^. Il faut avouer aussi que cet esprit est souvent assez facile, de cet esprit de bons religieux, qui n'ont j)îis assez de sarcasmes pour le sexe séducteur. Les femmes en effet trouvent rarement grâce devant lui : il est vrai que celles qu'il avait pu fréquenter aux Isles étaient souvent des intrigantes et même pis, et les machinations d'une entremetteuse comme la Fajolle qui ne contribuèrent pas peu aux troubles de la Guadeloupe, les brusqueries elles maladresses d'une M*"® de la Grange qui causèrent tant de mal k Saint-Christophe, expliquent des généralisations comme celle-ci : « Le Diable ayant manqué son coup en cette occasion, se servit d'une autre invention d'autant plus dangereuse qu'elle estoit dans une méchante test, c'est-àdire la teste d'une femme 3. » Mais le bon père n'en devenait point injuste pour les femmes de vrai mérite et savait reconnaître la vertu de personnes charitables et modestes comme il s'en trouvait de son temps, même aux Isles ^.

Sa compétence. — Car Du Tertre avait un esprit véritablement équitable et un souci de la vérité qui devait en faire un historien

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