Ibid., I, p
4. Voir notamment avec ({uelle estime il parle de M™'' Aubert (I, p. 226) et de la femme du sieur Doranj^e (II, p. 472).
précieux. S'il ne passa pas dix-huit ans dans les Isles, comme le disent les auteurs des Scriptores ordinis Prœdicatorum^ il avait néanmoins acquis une assez grande pratique de ces pays pour pouvoir en parler en connaissance de cause. Il y avait passé six années en deux fois, et son troisième voyage lui avait permis d'étudier la plupart des îles qu'il ne connaissait pas encore, et cela précisément, en vue d'en faire une Histoire générale. La compétence de l'historien ne fait donc point de doute pour ce qui a trait au pays en général, à ses habitants et à leurs mœurs. Quant aux événements eux-mêmes, il faut naturellement distinguer : « Toutes les choses que contiennent ces deux livres, dit Du Tertre dans la préface de son édition de 1667, se rapportent à celles dont j'ay esté témoin oculaire et qui n'ont point d'autre garand que ma foy et mon honneur, ou aux originaux et pièces authentiques qui m'ont esté communiqués qui se cautionnent d'elle mesme, ou aux mémoires que j'ay recueillis de plusieurs anciens habitans du pais, et bien que je ne me fasse pas absolument le garand de celle-ci comme des autres, je puis asseurer que j'y eu un soin particulier de rejetter tout ce qui m'a paru douteux et de n'avancer que ce qui me semble le plus probable ^ » L'auteur a donc, pour les faits dont il n'a point été témoin, utilisé des témoignages oraux et des sources écrites; sa valeur comme historien dépend donc de celle de ces sources et de la manière dont il les a mises en œuvre. Mais notons tout d'abord les événements dont il a été témoin, et pour lesquels nous pouvons admettre sa sincérité : ce sont les faits survenus à la Guadeloupe de 1640 à 1647, et notamment les démêlés du commandeur de Poincy et du sieur Houel avec le sieur de Thoisy Patrocles dont le chroniqueur semble avoir été l'ami ^. Tous ces événements sont évidemment bien connus de Du Tertre et il les a rapportés sans doute avec exactitude, car il avait dû prendre des