‹ Essai sur les sources de l'histoire des Antilles françaisesChapitre 99 sur 169 · CHRONIQUEURS FRANÇAIS : F. IMATHIAS DU PUIS · texte numérisé non relu

CHRONIQUEURS FRANÇAIS : F. IMATHIAS DU PUIS

de ces trois chroniques développée) et qui s'est évidemment étayée des deux autres. On remarquera toutefois deux particularités propres au F. Mathias Du Puis : tout d'abord il ne donne dans son livre aucune part aux descriptions géographiques, botaniques ou zoologiques : son ouvrage est une pure chronique et non pas un manuel de renseignements comme celui du P. Bouton et d'autres qui sont un peu ce que de nos jours on appellerait des guides des Antilles. Ensuite il ne craint pas de s'étendre sur les conflits de pouvoir qui troublèrent si fort la Guadeloupe et toutes les îles françaises, et de consacrer cent quinze pages (sur deux cent quarante-huit) au sujet éminemment délicat à traiter qu'était « Le gouvernement de M. Houel ». 11 le fait même avec une franchise qui surpasse ce que Du Tertre nous apprend de ce personnage. Houel n'aimait pas les Jacobins et ne leur ménageait point les vexations de toutes sortes. Le frère Du Puis nous apprend même que cet homme violent s'était laissé aller aux insultes et même aux voies de fait contre le P. Du Tertre, auquel il aurait dû être reconnaissant d'avoir apaisé la sédition contre M. de Thoisy ^. On voit que le bon frère ne craignait point de se faire des ennemis parmi les puissants du jour. Il gardait son franc parler à un point qui l'a même fait taxer de partialité par beaucoup de ses contemporains ■-. Pour nous, qui savons quelle était l'humeur aggressive du sieur Houel et qui en dehors des missionnaires avons mainte preuve de son détestable caractère 3, nous sommes portés à moins blâmer cette franchise et à ne pas trop nous plaindre non plus de ce que les PP. Quétif et Echard déploraient comme d'un style «rude et peu soigné ». La chronique du bon père gagne en saveur ce qu'elle perd en fleurs de rhétorique. Pour la période des origines, elle s'appuie sur la chronique perdue du P. Breton qui déclare formellement lui avoir prêté son manu-

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