‹ Essai sur les symptomes protubérantiels de la méningite tuberculeuseChapitre 14 sur 22 · TROUBLES RESPIRATOIRES · texte numérisé non relu

TROUBLES RESPIRATOIRES

Les modifications du pouls et de la respiration sont extrêmement importantes pour le diagnostic de la méningite tuberculeuse. Si les lésions siégeant auniveau du pneumogastrique étaient de règle, elles expliqueraient non-seulement les vomissements (comme le veut Laborde) (1), mais les troubles cardiaques et respiratoires. Les recherches de cet auteur auraient besoin d'être confirmées.

Sans insister ici sur les caractères du pouls, nous voulons revenir d'une manière spéciale sur ceux de la respiration. Elle estrégulière, suspirieuse, c'est-à-dire entrecoupée par des inspirations profondes, tantôt espacées, tantôt rapprochées et fréquentes ; à certains moments l'enfant « oublie de respirer. » Mais au milieu de cette irrégularité, on a pu encore distinguer une certaine régularité et un

(1) Laborde, cité par M. Rendu.

rhythme respiratoire distinct que Trousseau décrit trèsbien. « D'abord une inspiration faible, précédant une petite expiration, puis une inspiration plus grande et une expiration plus grande aussi ; de nouveau un mouvement respiratoire plus faible, et un autre plus faible encore, et un temps d'arrêt. »

C'est le type respiratoire décrit aujourd'hui sous le nom de respiration de Cheyne-Stokes. Théodore Van Dusch, 1867, signale dans la méningite tuberculeuse l'existence de ce symptôme qu'on n'avait encore observé que dans les cas de stéatose cardiaque. Après lui. Trousseau d'abord, puis Traube, 1871, insistèrent sur ce mode respiratoire dans la méningite tuberculeuse.

Nous avons observé parfois cette respiration typique. D'autres fois, il y avait une irrégularité complète et qu'il n'était possible de soumettre, à aucune règle. Enfin quelquefois nous avons observé ce que Duret désigne sous le nom de gruppetti respiratoire : un groupe de trois ou quatre inspirations avortées, puis une inspiration lente et profonde suivie d'une expiration rapide. Ce type diffère du premier par l'absence de l'échelle ascendante des respirations de plus en plus affaiblies et l'absence d'arrêt complet de la respiration. Enfin à la période terminale, il n'est pas rare d'observer la dissociation du pouls et de la respiration ; le pouls s'accélérant devient incalculable, la respiration reste lente. Cette dissociation est un signe fréquent de compression cérébrale. (Duret).

Ces différents types respiratoires et en particulier la respiration de Cheyne-Stokes seraient-ils des symptômes protubérantiels ? Ce que nous avons dit plus haut, à propos de la pathologie de la protubérance, semblerait donner quelque valeur à cette interprétation.

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