IV INTRODUCTION
seconde main, plus faciles à imiter que des écrits originaux. Encore dans ces ouvrages n'a-t-il pas toujours compris les parties les plus hautes. Enfin les traités philosophiques de l'auteur latin étaient surtout des œuvres de vulgarisation , où une clarté apparente dissimule souvent le vague de l'expression et de la pensée. Des livres sévèrement scientifiques, n'auraient pas été lus ou ne seraient venus à la connaissance que de quelques personnes ; or Cicéron s'adressait à tous les honnêtes gens de Rome.
Les dissertations des érudits allemands pour prouver qu'un livre ou qu'un passage d'un ouvrage ancien est inspiré de tel auteur, à l'exclusion de tout autre, sont le plus souvent bien subtiles et bien difi"uses. Après avoir lu une longue suite de pages qui devaient nous convaincre, nous restons dans le doute, et, si nous voulons être sincères et ne rien avancer que de sûr, nous sommes souvent obligés de conclure par un « peut-être ■» . Aussi bien il ne faut exiger en tout ordre de recherches que le degré de certitude dont il est susceptible. Après avoir longtemps étudié un problème en mathématiques, on reconnaît parfois qu'il est insoluble. Il est possible que, dans certains cas, il en soit de même ici. Mais c'est déjà quelque chose de savoir que, sur une question, on ne peut rien savoir d'assuré.
Il semble qu'à notre époque on tente des voies nouvelles dans l'étude de l'antiquité. L'archéologie et l'épigraphie ont renouvelé la connaissance de l'histoire et des littératures anciennes. D'autre part on n'étudie plus seulement une œuvre ou un être au moment de sa production ou de son complet développement, mais encore pendant sa formation ; on observe curieusement sa genèse, le point d'où il est parti, celui où il est arrivé et les étapes intermédiaires. Cette méthode est excellente pour tout ce qui s'est développé avec lenteur, en s'assimilant les choses du dehors. Mais quelquefois, au lieu de cette lente assimilation, il n'y a eu qu'une juxtaposition hâtive. Alors il importe encore plus de savoir où un écrivain a puisé pour composer ses ouvrages. En déterminant la provenance des divers matériaux qu'il a mis en œuvre on