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ç'./.s-rt-j; (1). 9 Yictorius a proposé -spl 3'.As-:;;j.';a;, conjecture qui a été généralement adoptée. Mais Cicéron ne fait nulle part ailleurs mention du r.zy. o'Xc-'.'xix:, et les fragments de son propre traité sur to gloirene contiennent rien qux vienne à l'appuidela supposition de Yictorius. Celui-ci parait n'avoir été guidé que parl'analogie de l'écriture (2). Peut-être faudrait-il lire -irsp'; ç'.Xîa; ; mais la lettre est de 60 avant J.-C, seize ans avant la composition du Lœlivs. On ne saurait donc voir là une preuve que Cicéron ait eu entre les mains l'ouvrage de Théophraste au moment où il écrivait son traité sur l'amitié.
Nous avons perdu le îrsp'io'.Aîa^ de Théophraste. En parcourant les fragments qui nous en restent, on ne saurait méconnaître que la plupart du temps Théophraste s'attache étroitement aux opinions d'Aristote. 11 était impossible pour ceux qui écrivaient sur l'amitié de ne pas se rencontrer sur plusieurs points. Mais l'accord entre Aristote et Théophraste est si grand qu'on peut se servir de ce que dit Aristote dans les livres VIII et IX de la Morale à Nicornaqiie pour éclaircir les fragments de l'ouvrage de Théophraste sur l'amitié (-3). Seulement Théophraste a développé certains points d'une façon moins sévère et plus rapprochée du sens commun que ne l'avait fait Aristote (4). On sait aussi que le style de Théophraste était beaucoup plus agréable et plus facile que celui d'Aristote (.5). Cicéron a dû s'en tenir au traité élégant et populaire de Théophraste.
(1) Ad Alt., II, 3, 3. — (î) Cependant il faut dire que le de ijloria de Cicéron avait deux livres (de off , II, 9, 31), comme !e -zo\ atka-n^Ui du Tliéopliraste (Diog. Laer., V, 45). De plus, Cicéron avait adopté dans son ouvrage la façon de discuter des Pérlpatéticiens (Ad Att., XV, 27, 2). .Mais, suivant Osann (Beitrârje, II, 29), le traité de Cicéron sur la gloire aurait été emprucité au -.oi-.o\\.-.i-i''ii de Dicéarque, ouvrage que Cicéron demande à Atticu? (XIII, 3-2). — (3) Cet accord entre Aristote et Théophraste fait qu'il est diflicile de distinguer chez les écrivains postérieurs ce qui appartient au premier de ce qui est propre au second. — (-1) Ainsi .\ristote n'a jamais examiné la question à propos de laquelle Aulu-Gelle mentionne le traité de Théophraste, et il n'aurait pas admis que dans certains cas on pût commettre l'injustice en faveur d'un ami. Son opinion sur ce point était ine.xorable. (Cf. Eth. à Nie, IV, 12.) Il aimait mieux qu'on causât de la peine à son ami que du lui faire plaisir par une injustice. — (5) t Théophraste, dit
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On a plusieurs opuscules de Plutarque sur l'amitié (1). Le nom d'Aristote n'y est pas cité, et celui de Tiiéophraste y revient deux fois. Il semble que Plutarque n'ait fait que très rarement des emprunts à Aristote. Au contraire, il s'est servi de Théophraste sans le dire toujours, mais comme on peut le reconnaître. Le traité de Théophraste sur l'amitié semble avoir été connu de Plutarque ; car il en rappelle le contenu dans les Vies i)aralU'les. On pourrait donc attribuer à Théophraste ce qu'on trouve de commun sur l'amitié dans Cicéron et Plutarijue ("2)
CicLTon, ne pl:iit-il pas beaucoup lorsfiu'il traite les questions déjà étudiées avant lui par Aristote? > (De /in., I, 2, 6.)
(1) Sur le grniid H'tmbre d^s amis; sur les moijeim de dixtiiujuer le flatteur de l'ami; sur l'amourjraternel. — (-2) Toute la force do l'amitié, dit Cicéron, consiste dans un accord^jMrfaitjde vo|ontés, de goûts, d'opinions (§ 13). Plutarque définit de même l'amitié (de aduL et amiro, S), .^lais ces définitions sont telles que chacun pouvait les donner do lui-même, comme on le voit par Salluste, qui dit que t élre d'accord sur ce qu'on veut et sur ce qu'on ne veut pas est le propre de la véritable amitié >. — Suivant Cicéron, il faut commencer par oTrcT homme de'brcnT^ûTsclierclier quelqu'un qui nous ressemble (§ Si). C'est l'avis d'Aristote, qui déclare que la véritable amitié n'existe qu'entre gens de bien. Mais que penser des paroles de Cicéron : « 11 ne faul pas trop exiger cette vertu parfaite, sans laquelle il n'y a pas, suivant Aristote, de véritable amitié ■ (Cf §§ 18, 21, 3S). Ceci ne peut s'expliquer que par un adoucissement appo:lé par Théophraste à la sévérité aristotélicienne. Ou bien, ce qui est plus probable, Cicéron en était revenu à l'opinion commune, laissant là la vertu parfaite des philosophes. — Aristote (Elh. àNic, IX, i) et Théophraste avaient dit qu'un ami est un autre nous-même. La même expression se retrouve chez Plutarque (de lunic. mullitiid., 2) et chez Cicéron (P 80). Un autre proverbe, c'est que dans l'amitié il n'y a qu'une seule àme dans plusieurs corps (Éth. à Nie, IX, S). On lit la même idée chez Plutarque (ihid., 8) et chez Cicéron (§§ 81 et 92). Si l'on ne doit pas rechercher l'amitié par intérêt, l'intérêt accompagne l'amitié. On rencontre cette pensée à la fois chez Plutarque [de adul. et amico, 8) et chez Cicéron (§§ 31 et 86). De même pour le proverbe : l'amitié est plus nécessaire que le feu et que l'eau. Il n'est pas douteux qu'il vienne de Théophraste. —Aristote prétend que les amitii's fondées sur le plaisir et sur l'intérêt ne sont pas durables (VIII, .'!) ; Cicéron, que si l'intérêt faisait l'amitié, elle périrait avec lui (§ 32). L'expression conrjlutiniire dont se sert Cicéron, rappelle celle employée par Plutarque, xoXX^'o!; {de mitif. muUilud., -i). — Il faul être prudent dans l'amitié et ne pas trop se hâter, disaient les Péripatcticiens ; c'est aussi l'opinion de Cicéron
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Aussi bien ces recherches minutieuses aboutissent à un assez mince résultat. On ne saurait uftirmer que Plutarque, lorsqu'il écrivit ses opuscules sur l'amitié, avait entre les mains le traité de Théophraste, et nous ne voulons pas décider s'il s'est servi de plusieurs auteurs ou d'un seul. Il y a chez Plutarque beaucoup de choses si opposées à l'esprit de Théophraste qu'elles décèlent une origine stoïcienne. Cicéron, de son côté, examine tantôt telle question, tantôt telle autre : cette absence de plan ]>o.rte à croire qu'il n'a pas imité d'ouvrage grec. Nous arrivons ainsi aune conclusion tout à fait opposée au témoigu .ge d'Aiilu- Gelle. Mais il faut reniar<iuer que c'est un défaut des érudits de vouloir trouver des rapports entre des ouvrages complètement indépendants l'un de l'autre. Aulu-Gelle dit que Cicéron a inséré dans son dialogue avec beaucoup d'art et d'habileté ce qu'il empruntait à Théophraste. L'habileté n'existait peut-être qu'aux yeux d'un critique prévenu, et Cicéron n'avait pas songé au traité grec, ou même ne le connaissait pas. Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons aujourd'hui vérifier le dire d'Aulu-Gelle, puisque l'ouvrage de Théophraste est perdu. Mais les fragments qui en restent n'ont qu'un rapport éloigné avec le dialogue de Cicéron sur l'amitié.
Si l'on étudie le Livlius, on n'y trouve ni la sévère analyse d'Aristote, ni les tines remarques psychologiques qu'avait dû faire Théophraste. Cicéron ne mentionne pas nettement les trois sortes d'amitié fondées sur le plaisir, l'intérêt ou la vertu. Il secontente dédire qu'il ne peut y avoir amitié qu'entregens de
qui l'ait rpmaïquer parScipion que chacun peut dire combien il a de chèvres et rie brebis, personne coinl)ien ii a d'amis. — Une parole célèbre de Theoplirasto, rapportée par Plutarque (de [rat. amore, 8), c'e^t qu'il ne fout pas aimer avant de juger, mais juger avant d'aimer; Cicéron exprime la même pensée (§ 8.")). — Pour engager à ne jias aimer trop vite, Aristote rappelle le proverbe qui dit que pour l)ieti se connaitre il faut avoir mangé ensemble plusieurs boisseaux de sel. On retrouve le même proverbe chez Cicéron (| 67) et chez Plutarque (de frrit. amore, 8). Comme il vient ici immédiatement ?près '.a pensée de Théophraste citée plus haut, il est probable qu'il se trouvait lussi chez ce philosophe.
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bien (1). Il prouve cette proposition pendant tout le discours de Lélius. mais cela sans ordre et au hasard. Il déclare que Famitié n'est pas fondée sur l'intérêt (2), et il annonce (3) qu'il va passer aux amitiés viilgaÂres, qu'il appelle aussi communes ouldijèrc^i (4); mais il ne les étudie pas avec la pénétration et l'exactitude d'Aristote. Il dit (ô) qu'il y a dans l'homme un sentiment inné qui fait que les âmes se lient entre elles. Un peu plus haut (6), il avait rappelé la doctrine d'Empédoi-le sur l'amitié et la discorde. Mais il n'a cherché ni le principe métaphysique, ni l'origine naturelle de l'amitié. ;^=^^==z^ ■' ^"Dans le 0.e senectute Cicéron prête à Caton des idées et des sentiments que le vieux censeur n'a jamais eus; Lélius, au contraire, a pu penser tout' ce qu'il dit. Il considère l'amitié sous le point de vue civil et politique (7). Aristote avait déjà cru que l'amitié véritable ne pouvait exister qu'entre citoyens d'un même État. Lélius a surtout en vue les liaisons entre hommes politiques, comme celle qui existait entre lui et Scipion. lirecommande vivement de ne pas sacx'ifier l'avantage de l'État au plaisir ou à l'intérêt de nos amis (8).
Montaigne cite (9), après Cicéron, la réponse de cet ami de Tibériu-s Gracchus, qui avouait qu'il aurait mis le feu au Capitole, si Gracchus le lui avait demandé; mais, au lieu de blâmer cette parole, comme fait Lélius, il l'approuve. « Ils étaient, dit-il, plus amis que citoyens, plus amis qu'amis ou qu'ennemis de leur pays, qu'amis d'ambition et de trouble. »La difl'érence des deux points de vue. antique et moderne, sur l'amitié se marque nettement ici. Aux yeux des anciens, l'amitié n'est qu'une association fondée sur le plaisir, l'intérêt ou la vertu, mais qui doit toujours être subordonnée au bien de l'État (10). Pour les modernes, l'amitié, quelle qu'en soit l'origine, n'envisage qu'elle-même.
(1) V, 18.— (2) VIII,î;6.-(3)XX[, Tfi.— (4) Leces. .KXVI, 100.— (S) VIII, il. — (6) VII, 24. — (7) Nos concitoyens, dit-il," doivent nous être plus cliers que les étrangers, nos proches ijuc ceux qui ne nous sont de rien (V, 19). — (8) XI, 3(i. — (9) Esmis, I, 27. — (10) C'était l'objuction qu'on faisait k Matins, resté tidèle, après les ides de murs, à la mémoire de Cévr (.^j fam., XI, 28).
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Non seulement elle n'exige plus une sorte d'égalité, mais elle peut exister entre des personnes de sexe dift'érent. -' Cicéron recommande d'arrêter l'élan de l'àme qui se porte à aimer, et de commencer par connaître le caractère de l'homme dont nous voulons faire notre ami (1). Déjà, avant Cicéron, Aristote disait que pour être amis il fallait avoir mangé ensemble plusieurs boisseaux de sel. Les modernes, au contraire, admettent qu'en certains cas l'amitié peut naître tout à coup. Telle fut l'amitié de Montaigne et de la Boétie. « Nous nous cherchions, dit Montaigne, avant que nous être vus. Nous nous embrassions par nos noms. Et à notre première renconti'e nous nous trouvâmes si pris, si connus, si obligés entre nous que rien dès lors ne nous fut si proche que l'un à l'autre. » C'est ici un exemple de l'amitié-passion ; dans les amitiés de cette sorte, on ne saurait admettre le mot d'Aristote : « 0 mes amis, il n'y a point d'amis! » ni le précepte de Bias: aimer comme si l'on devait haïr un jour, haïr comme si l'on devait aimer. Pour composer le de amicitia Cicéron n'a pas dû se servir
, d'un modèle grec; car l'ouvrage latin ne renfernie^que des idées commiînësr déveloi^pées sans ordre, avec des amplifications et des répétitions tout oratoires. Cicéron, encouragé parle succès de son de senectiUe ("2), voulut écrire un opuscule semblable sur l'amitié. Mais ce sujet était plus difficile. Alors il suffisait de connaître, pour les avoir éprouvés déjà, ou pour être menacé de les éprouver bientôt, les ennuis et les compensations de la vieillesse, et un talent souple et gracieux comme celui de Cicéron pouvait trouver sur l'âge ingrat d'ingénieux développements. Mais la nature de l'amitié est proprement un problème moral ; pour le traiter il faut la pénétration et l'exactitude d"nn psychologue. De plus Aristote avait presque épuisé la question et probablement Théophraste n'avait plus rien laissé à glaner dans le champ de l'amitié. Il ne restait donc à Cicéron qu'à
(1) XVII, f)3. — (-2) • Vous me dites, écrit-il à Atticus (XVI, 3), qu'en lisant ; « 0 mon clier Tiliis. si jamais... • (premières paroles du de senectute), vous y trouvez un cliarnie toujours nouveau. Eh bien I voilà qui me met tout à fait en verve. >
19S CHAPITRE VTI.
exposer les idées de tout le monde en les relevant pa.r la beauté de son style. Aussi bien il n'avait pas connu ni éprouvé une de ces amitiés exclusives qui font qu'on découvre dans ce sentiment des profondeurs inconnues : il n'avait pas, comme Montaigne, eu son la Boétie.
' Cependant l'amitié de Cicéron et d/Atticus,! est bien connue. C'est à Atticus que Cicéron dédia le Lcelius, comme le Calon l'Ancien. Atticus parvint à la vieillesse, non pas en servant la république, comme le vieux censeur, mais en se tenant à l'écart du gouvernement. Comment Cicéron pouvait-il approuver cette conduite, lui qui impose à tous les citoyens l'obligation de s'occuper des affaires de leur pays ? C'est qu'Atticus sut résoudre le difficile problème d'inspirer de solides affections en restant en deçà du sacrifice pour ses amis, et se faire pardonner sa neutralité en politique par des chefs de parti, comme Cicéron et Brutus (1;. Pour cela il ne ménagea ni son temps ni sa peine. Il ne se mêla des discordes civiles que pour faire effacer quelques noms des listes de proscription, ce qui lui était facile, car il avait à la fois des amis parmi les prescripteurs et paimi les proscrits. Ce ne sont pas là de grands sacrifices, ni un dévouement héroïque. Il ne faut pas oublier toutefois ([ue la bonne volonté d'Atticus était de tous les jours et qu'elle touchait peut-être plus les contemporains que les services éclatants qui ne peuvent être que rares. Mais leur rareté même et leur éclat font que seuls ils viennent à la connaissance de la postérité, tandis qu'elle ne sait rien des bons offices de chaque instant.
Atticus dut mettre sa gloire à survivre à tant de guerres civiles qui avaient emporté les plus illustres citoyens. Cependant il faut convenir qu'il vaut mieux périr victime de son dévouement à son parti, comme Cicéron, que de se laisser mourir de faim quand on est attaqué d'une maladie incuiable,
(i) Cependant Cicéron lui écrivait (XIV, -20) : « Osez-vous bien citer Épicure, et vous écrier : Point de politique I Kh ! ne voyez-vous pas la mine que ferait Brulus :~i de tels propos? »
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coiniae fit. Atticus. Celui-t-i aussi aurait pu se montrer un peu moins empressé de fréquenter la maison d'Antoine et celle d'Octave après le meurtre de Cicéron ; il y a certaines amitiés qui imposent delà réserve. Le sévère Aristote n'aurait pas vu dans Atticus celui dont on peut dire qu'il est un autre nousmènie.
Le livre I <lu « <le iiatiira «leoruiii»,
Lf! de natura deorum. — Le livre I. L'exposilion de Velleius elle fragment du T-.ip: eiai^ziai de Philodènie. Le passage correspondant de Cicéroii vient du modèle de Piiilodènie, probablement Zenon l'Épicurien. Le début du discours de Velleius semble imité de Phèdre. La critique de Cotta est inspirée d'un Stoïcien récent couime Posidonius, plutôt que d'Antioclius.