OBSERVATION IT
OTITE, MANIE AIGUE, ACCIDENTS . NERVEUX ÉPILEPTIFORMES, ' SULFATE DE QUININE, GUÉRISON
La nommée B., âgée de dix ans, entrée le 14 novembre 1877, est malade depuis trois mois. Elle est atteinte de très fortes douleurs de l'oreille droite accompagnées d’un écoulement purulent.
Au dire des parents, cette enfant a été prise depuis la même époque d'accidents nerveux, rares d'abord, qui se sont multipliés d'une facon effrayante depuis quelques jours. Dans ces crises, toujours d'après les parents, la malade devient pale, les yeux restent ouverts. Elle s’agite et crie, mais il n’y a pas de perte de connaissance. Pas d’incontinence d'urine ou des matières fécales. Bon appétit, jamais de fièvre. L'écoulement d'oreille a disparu.
Dès le lendemain de son entrée, la malade a été prise d’une crise violente qui a duré plus de vingt minutes. Pendant tout ce temps, d'après la religieuse du service, elle a poussé de véritables hurlements comme un chien, cherchant à mordre et à déchirer tout ce qui l’entourait. Il a fallu plusieurs personnes pour la contenir. Bromure de. potassium, trois grammes par jour.
(1) Bouchut, Gaselle des hôpitaux, n° 134, pp. 1065, 1878.
LSTOSREE
20 novembre. — Après s'être bien portée depuis cinq jours, l'enfant a été prise d'un nouvel accès, mais incomplet cette fois. La malade s’est tout à coup enfoncée dans «on lit, la tête dans son oreiller, poussant quelques plaintes de temps à autre. Lorsqu'on lui parlait, elle s’agitait avec une sorte de fureur, repoussait violemment son interlocuteur, disant qu'on l'ennuyait, qu'elle n'était pas malade et qu’elle avait enr * de dormir. Elle s’est endormie, en effet, pour se réveiller bien portante au bout de quelques heures. Elle ne se rappelle pas ce qui s'est passé.
25 novembie. — Nouvelle crise à laquelle nous avons assisté. L'enfant pousse des rwgissements. Elle projette violemment les bras à droite et à gauche. Elle bondit, cherche à mordre et déchirer ses draps. Son corps se convulse alternativement en avant, en arrière ou latéralement. La sensibilité est intacte et les pupilles égales; il est si difficile de
la maintenir à quatre personnes qui la meurtrissent et lui
prennent les cheveux pour empêcher sa tête de frapper sur les fers du lit que j'ordonne à l'instant de l’endormir par le chloroforme. Une compresse chloroformée placée sous le ne” arrête l'accès en une minute. Au bout d’un quart d'heure, la malade se réveille. Elle est calme, et, bien qu'un peu étourdie, elle répond très bien aux questions qu'on lui adresse. En dehors des attaques, la santé est bonne, l'appétit excellent et les digestions régulières.
6 décembre. — Les accès se renouvellent deux ou trois fois par semaine. Ils ont toujours le même caractère et on s’en rend toujours maitre par le chloroforme.
10 décembre. — Sulfate de quinine, un gramme tous les jours.
28 décembre. — Ce que n'ont pu faire le bromure de
potassium et le chloral a été fait par le sulfate de quinine, à la dose d’un gramme par jour. Elle en prit dix-huit grammes en tout. À partir de ce moment, les crises ont diminué et aujourd'hui l'enfant n'a plus d'accès. Elle paraît guérie. L'écoulement a disparu depuis deux jours. Exeat, 10 février 1878. Guérison.
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