SAME
tentivement cette membrane, on y voit de petits ilots bruns, et au centre de ces ilots des globules de pus. En la séparant de l'os, om constate que la coloration brunâtre est plus intense et les globules de pus en plus grande abondance que sur le côté opposé.
La pie-mère de cette région est intimement unie avec la substance corticale et lorsqu'on cherche à détacher cette membrane, on enlève en même temps des portions de pulpe cérébrale. Il existe sur tout le lobe temporal gauche du cerveau, les lésions caractéristiques de laméningo-encéphalite.
Temporal gauche. — La face antérieure du rocher paraît soulevée. Sur cette même face, il existe en arrière et en dehors de l'hiatus de Fallope une perte de substance qui permet l'introduction d'un stylet de trousse, et qui communique avec l'oreille moyenne. De ce trou, il part deux fissures: une en arrière très-courte ; la seconde est dirigée de dehors en dedans et s'étend jusqu'au trou ovale.
La paroi antérieure du conduit auditif externe est completement détruite et ce conduit communique avec la caisse du tympan et la cavité glénoïde.
La chaine des osselets n'existe plus. La cavité glénoïde, le tubercule zygomatique, le condyle articulaire et l’apophyse coronoïde du maxillaire inférieur présentent les signes de la carie.
Quant à la balle, elle est logée dans la partie du rocher qui se trouve immédiatement en dedans de la cavité glénoïde, et elle n'a pu arriver à cet endroit qu'en suivant de bas en haut et d'avant en arrière la face externe de la branche montante du maxillaire inférieur et en traversant ensuite l'échancrure sigmoide de cet os.
Cette observation a suggéré à M. Boyé les réflexions suivantes :
1° Cette femme était-elle aliénée au moment où elle a commis son crime ?
SRE
2 Quelle part doit-on attribuer à la blessure de la tête et au nouveau genre de vie de la malade, dans la production de l’aliénation mentale?
Pour répondre à la première question, je crois qu'il est utile de rappeler au lecteur que D... avait un caractère très mobile et très irascible ; que de plus, la vie qu’elle menait depuis un assez grand nombre d'années avait eu sans doute pour conséquence d’émousser en elle toute espèce de sentiments.
En présence de cette absence de sentiments mo raux, de ce caractère irascible, de ce dégoût de la vie, de sa condamnation à 12 ans de travaux forcés et cinq ans de surveillance, du rejet du pourvoi en cassation, de sa bonne conduite pendant plus d’un an à la maison centrale, on a le droit de conclure que D... a agi dans la plénitude de sa raison, et qu’elle était responsable de son crime.
Quant à sa tentative de suicide, elle n’est que la conséquence de son homicide, et si Esquirol et Bourdin ont soutenu que le suicide est toujours une maladie et toujours un acte d’aliénation mentale, je dirai avec Legrand du Saulle, ainsi qu'avec la ma- Jorité des médecins et des moralistes de notre époque, que le meurtre de soi-même n’est pas toujours un acte Insensé, et qu'il n’est point invariablement dépourvu de liberté morale. 4
La présence de la balle dans le rocher a amené soit par contact, soit par voisinage les désordres qu'a révélés l’autopsie (carie, méningo-encéphalite), et c'est ce corps étranger qui est la cause première d’aliénation mentale chez cette malade. On se trouve