ICE
cains. Là encore, peu de renseignements; on ne trouve guère que les cas publiés par Rhyss Williams, sir John Roosa, Th. Browne et Toynbee. Et encore, Toynbee s'occupe surtout des complications cérébrales et méningées. Ia même cherché à démontrer que chacune des cavités particulières de l'oreille à, si l’on peut s'exprimer ainsi, une circonscription mo.bide, autrement dit, qu'elle communique la maladie dont elle est atteinte à une division particulière de l’encéphale. Les recherches du savant professeur lui font adopter les divisions suivantes :
1° Les affections du méat auditif externe et des cellules mastoïdiennes déterminent une maladie dans le sinus latéral et dans le cervelet.
2° Les affections de la cavité tympanique produisent une maladie du cerveau.
3 Les affections du ventricule et du limacon amènent une maladie de la moëlle allongée.
Nous ne suivrons pas Toynbee dans cette voie, car elle nous ferait sortir de notre sujet, nous nous contenterons de citer son opinion sur la gravité des inflammations chroniques del’appareilauditif. « Toute personne, dit-il, affectée d’inflammation catarrhale chronique de la couche dermoïde du méat, dela membrane du tympan, ou de la muqueuse de la cavité tympanique, ne peut-être considérée comme à l'abri de la propagation de la maladie aux os du crâne, au cerveau ou à ses membranes, et il suffit alors de la cause occasionnelle la plus insignifiante, d'un aecès de fièvre, d'un rhume ou d’un coup sur la tête, ete.…,
AE
pour amener l'explosion de symptômes qui, en règle générale, se terminent d’une manière funeste. »
En Amérique, la littérature médicale est encore plus pauvre sur ce sujet. Nous ne trouvons euêre que Catlett qui se soit occupéde la question. Il arrive aux mêmes conclusions que Fürstner et constate que les complications mentales des maladies de l'oreille se présentent plus souvent chezles femmes que chez les hommes, dans la vieillesse que dans la jeunesse ; il a constaté aussi que les hallucinations de l’ouïe ont toujours, dans ces cas-là, un caractère triste et très douloureux ; que les aliénés sujets aux bourdonnements d'oreille et aux hallucinations, souffrent de l’msomnie, de la perte de l'appétit, qu'ils sont incertains dans leurs mouvements, irritables et toujours dangereux.
Nous ne saurions mieux terminer cet historique qu’en citant l'analyse d’un travail considérable de M. le docteur Sexton, de Washington, sur les causes de la surdité chez les enfants des écoles et sur son influence sur leur éducation. |
Après un exposé facile de l'anatomie de la physiologie de l'organe de l’audition, l’auteur aborde l’étiologie de la surdité chez les enfants des écoles. Il divise les causes en causes locales et en causes dépendant du grand sympathique. Gette dernière catégorie s'explique par le froid exercé sur la tête et par l'irritation dentaire. L'auteur cite encore l'entrée de l’eau dans les oreilles (bains, douches nasales, etc.), et les autres causes, telles que les exanthèmes, la diphtérie, les angines, les cheveux coupés courts, etc.
Suivant Sexton, l’irritation dentaire a un retentissement considérable sur les oreilles. Beaucoup d'otites seraient dues à l’éruption et à la carie des premières dents, à la sortie de la dent de sagesse.
C'est là une cause tout à fait fréquente des maladies de l'oreille. Sur 80 élèves qu'il a examimé*, un seul a été trouvé absolument libre de douleurs dentaires et quelques-uns seulement avec une dentition presque normale.
Le résultat le plus évident de la surdité chez les enfants est de les décourager. Ils sont découragés à la maison et à l’école, à cause des railleries, des moqueries de leurs camarades, des punitions que leur infligent les parents et les maîtres qui les croient inattentifs et stupides. I faut encore ajouter l’impossibilité d'entendre ce qu’on leur dit, la difficulté consécutive de prononcer correctement les mots, l’ennu qu'ils ont d'entendre leur propre voix et d'avour des bourdonnements variés, tout cela est bien de nature à plonger ces petits êtres dans le découragement le plus profond.
On s’attendra de plus à les voir devenir menteurs, vicieux et d’un mauvais caractère.
Sexton termine par une conclusion d’une erande valeur pratique. « Lorsque, dit-il, la cause de la surdité, chez un enfant, n’est pas connue, il faut pratiquer un examen minutieux de l'oreille avant de le regarder comme étant certainement un fou ou un faible d'esprit.»
Nous avons donné une certaine extension à l'analyse du travail de M. Sexton; car nous croyons que
y ee
l'on ne saurait trop attirer sur cette question l’attention du publie médical et surtout des médecins inspecteurs des écoles. Des études primaires dépend souvent l'avenir des enfants; si done, l’ouïe, le plus intellectuel de tous les sens, est altérée dans ses fonctions, comment transmettra-t-elle, à ces cer-veaux qui ne demandent qu'à se développer, les enseignements du maître, la nourriture intellectuelle ? Car, comme le dit professeur Ball, à l’état normal, les organes des sens sont des serviteurs dociles chargés d'apprêter le festin de l'intelligence ; à l’état pathologique, ce sont des convives importuns qui viennent s'asseoir à ses côtés et réclament énergiquement leur part.
Les médecins inspecteurs devraient donc faire un examen approfondi de tous les enfants dont l'ouïe est défectueuse, quelle que soit la lésion, et ces jeunes cérébraux, comme les appelaient le professeur Lasségue, soumis à un traitement approprié à une hygiène scolaire spéciale, au lieu de devenir de bonne heure de véritables Iypémaniaques, toujours en but aux railleries de leurs camarades, souvent à l'indifférence de leurs maîtres et même de leurs parents, verralent leur intelligence se développer comme celle des autres, et ne seraient pas exposés plus tard, sous l'influence de la moindre cause, à venir augmenter la triste population des asiles.