OBSERVATIONS
Dans ce chapitre nous avons réuni un assez grand nombre d'observations, et nous les avons, d’après l’ensemble de leurs symptômes, groupées en quatre classes.
1° Observations dans lesquelles la lésion de l'appareil auditif peut être considérée comme la seule cause des troubles intellectuels.
2" Observations dans lesquelles la maladie de l'oreille ne joue qu’un rôle secondaire dans la production des troubles psychiques, ceux-ci étant sous la dépendance directe d’autres facteurs étiologiques, tels que l’hérédité, les bourdonnements, etc.
3° Observations dans lesquelles la maladie mentale est en quelque sorte absorbée par la prédominence d'un symptôme, l'hallucimation auditive.
4° Observations dans lesquelles la lésion donne au délire l'aspect complet d’une maladie mentale.
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On pourrait admettre une cinquième classe dans laquelle on ferait entrer les observations d’aliénés porteurs d’une lésion de l'appareil auditif, sans que le délire ait la moindre relation avec cette lésion qui peut n'être considérée que comme une simple coïncidence. Mais il serait banal d'insister sur ce fait qui ne présente aucun intérêt tant il est vulgaire. Tout le monde sait, en effet, qu'il peutexister dans l’organisme deux processus morbides sans qu'il y ait entre eux la moindre relation ; d’un autre côté, on ne peut ouêre, dans les asiles, étendre les soins de propreté à une région aussi exiguë que le conduit auditif externe; aussi, y a-t-il d'innombrables cas d’aliénés porteurs d’un bouchon de cérumen, qui, par un séjour prolongé modifie plus ou moins la membrane du tympan et derrière lequel se cache presque toujours un peu d’otite sèche, sans que leur délire en soit le moins du monde modifié.
Nous avons adopté une classification, afin de mettre un peu d'ordre dans l’exposé de nos observations, et nous les avons groupées suivant l'ensemble de leurs symptômes, afin de nous tenir autant que possible sur le terrain clinique. Sans doute, elle pêche par plus d’un côté, et telle observation pourrait bien être classée ailleurs; mais si l’on était trop absolu quand il s’agit de grouper des malades, on courrait grand risque de se trouver en présence d’une difficulté insurmontable, chaque sujet ayant üne physionomie spéciale, dépendant du sexe, de l’âge, de la résistance cérébrale, de l’hérédité ou d’autres conditions étiologiques.
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