OBSERVATION I
Délire et folie par lésion de l'oreille
Garçon âgé de six ans; a eu la rougeole il y a trois ans, et une bronchite chronique il y a un an, pour laquelle on l’a envoyé à Nice. Là, il a eu la scarlatine et après guérison et desquammation complète de la peau, il a eu une otorrhée à gauche qui dure depuis trois mois.
Depuis cette otorrhée, il entend mal de cette oreille, il souffre quelquefois de la tête et il a des crises nerveuses fréquentes, tous les jours ou plusieurs fois par jour et même la nuit. Il n’a pas de vertiges, ni de perte de connaissance, ni de vomissements, ni de mouvements de propulsion. Il semble égaré, furieux, se précipite sur sa mère pour la frapper des pieds et des poings ou avec ce qu’il trouve sous sa main. Il vocifére bruyamment contre elle, demande un couteau. pour la tuer. Il casse tout autour de lui, puis cela se calme, il pleure, embrasse celle qu'il voulait tuer et la crise recommence bientôt avec les mêmes caractères. Le bruit de la scène est si vif qu'on le fait partir de l'hôtel où il loge.
Même état chez le docteur Thermes, avenue Malakoff. Enfin, on le traite par desinjections de chlorhydrate de morphine à doses croissantes. On commence par un quart de centigramme. Au bout de la troisième, grande amélioration. La mère l’emmène en Angleterre. On n’en entend plus parler.
(4) Bouchut, Gazette des hôpitaux, pp. 1091, 1877.