‹ Essai sur les vaisseaux lymphatiquesChapitre 5 sur 7 · L. c., clu 11, p. 55, 58 et suiv · texte numérisé non relu

L. c., clu 11, p. 55, 58 et suiv

Sheldon 1 trouva, comme Lieberkühn , les ampoules sur le ca^ davre humain. Il les a vues de differentes formes : le plus souvent bulbeuses , comme les représente cet auteur, tab. 1 , fig. 2 ; quelquefois en amas (tab. 1 , fig. 3); d’autres fois il les a trouvées isolées , comme cela est représenté à la première planche de son propre ouvrage. En examinant celles qui étoient en amas, il a quelquefois cru voir les orifices au sommet des ampoules, ce qu’il n’a pas remarqué en les observant séparément: de sorte qu’il avoit des raisons pour douter si l’apparence d’orifices, dans les villosités en amas , ne provenoit pas des interstices entre les différentes ampoules.

Le professeur Rudolphi 2 examina les villosités intestinales sur un grand nombre d’animaux. Dans l’homme il les trouva digitiformes, et il n’y vit jamais de vaisseaux sanguins, ni dans les intestins enflammés, ni dans les intestins injectés. Il croit, par conséquent, que les vaisseaux qu’on a cru y apercevoir, étoientsitués audessous de cette tunique. Sur un cochon de lait il trouva dans les villosités un canal vide; mais il n’a jamais vu d’ampoule, ni d’orifice , et rejette ces derniers comme inutiles. M. Rudolphi ne paroît pas avoir remarqué des villosités pleines de chyle, sans quoi il n’auroit pas manqué de le dire. Il croit que l’absorption se fait sur toutes les surfaces par des orifices tellement fins qu’ils échappent à nos sens. En parlant des figures que les différens auteurs en ont données, il croit que celle de Cruikshank est inexacte; qu’on y voit les villosités solitaires, ce qui n’existe pas: leur forme est totalement fausse. Il admet que Bleuland 3 donne de ces vil-

1 L. c. , ch. 2 , p. 37.

1 Anatomisch-physiologische Abhandlungen ; Berl . , 1802 : iiber die Darmzotten.

3 Vasculorum in inteslinorum tenuium tunicis , subtilioris anatomes opéra detegen~ dorurn , descriptio , icon. pict. illustr .; Traj. ad Rhen. , 1797, m-4.0

losités injectées une figure très-jolie, mais qui n’est que rie pure fantaisie. Celles de Hedwig 1 lui paroissent les plus naturelles.

Le dernier auteur qui, je crois, ait parlé des villosités intestinales, est A. Mecicel2, qui dit que leur figure dans l’homme est celle d’une languette étroite, un peu contournée en spirale: il n’y admet point d’artères. Les injections les rougissent bien , mais toujours on trouve de la matière épanchée dans l’intestin; preuve qu’elle avoit transsudé : or, cette apparence de vaisseaux ne résulte que de la transsudation dans les cellules delà villosité ; car fauteur en a trouvé qui e'toient injectées à la pointe seulement, sans qu’on y vît de vaisseau qui s’y rendît de la base. Les orifices n’existent pas, et ils sont, comme l’a déjà remarqué Hewson (?), inconciliables avec la forme foliacée des villosités. Il est évident que M. Meckel conclut de l’aspect des villosités vides à leur forme véritable : elles sont arrondies quand elles sont distendues par le chyle, et l’on pourroit à aussi juste titre prétendre que les veines sont aplaties, parce que leurs parois se touchent quand elles sont vides de sang.

J’ai eu moi-même occasion de voir les villosités intestinales remplies de chyle sur le cadavre d’une femme morte deux heures après son repas, à la suite de la rupture d’un anévrisme de la crosse de l’aorte dans la trachée-artère. Les tuniques intestinales étoient couvertes de lactés remplis d’un chyle blanc -jaunâtre. La tunique veloutée se trouva parsemée de villosités distendues de chyle, les unes isolées, les autres en groupes. Je rencontrai de même, dans la tunique interne de l’estomac, des radicules absorbantes , contenant un fluide blanchâtre et formant de petits réseaux par leur entrelacement.

' Disquisitio ampullularum Lieberkiihnianarum physico -microscopica , sect. 1 , resp. G. T. Tilesio; Lips., 1797, irc-4.0

1 Meckels Deutsches Archiv fiir die Physiologie , 5 ter Band , 2 tes HeJt : über die Villosa des Menschen und einiger Thiere , von A. Meckel, mit Kupf.

La plupart des villosités que j’examinai, avoient la forme d’uri ovoïde pointu et un peu recourbe' à son sommet. Soumises successivement à toutes les lentilles du microscope de Dollond , elles me parurent bien être un peu rugueuses vers leur extrémité libre, mais jamais je ne parvins à y voir un orifice distinct. Quelques villosités moins remplies de chyle ne seloignoient guère de la forme cylindrique.

En examinant les villosités intestinales d’un fœtus dont les artères étoient injectées, je leur trouvai la forme d’un cylindre trèslégèrement aplati sur les côtés et un peu plus large à sa base qu’à son sommet qui étoit arrondi. Dans chacune il y avoit trois et le plus souvent quatre artères; l’injection avoit passé dans les radicules veineuses, et ces radicules, unies aux extrémités artérielles, formoient un réseau élégant, surtout vei’s l’extrémité libre de la villosité. Toute la surface de la membrane qui revêt extérieurement la villosité, étoit parsemée de pores, dont je ne pus reconnoître au juste la nature.

Telles sont, je crois , les diverses observations qui ont été faites sur les orifices des lactés. S’il me falloit opter entre ces descriptions, je me de'ciderois en faveur de celle de Crujkshank , comme étant la plus claire , quoique je n’aie rien vu de semblable dans mes propres recherches.

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