‹ Essai sur les variations de l'urée et de l'acide urique dans les maladies de foieChapitre 10 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le taux de l’urée, dans les maladies du foie, peut être modifié de deux façons différentes. Tantôt par l’augmentation du chiffre moyen rendu en vingt- quatre heures ; tantôt, au contraire, par la diminution ou même la suppression à peu près complète de ce principe.

Dans l’état normal, les quantités moyennes d’urée varient suivant une fouie de circonstances dont nous n’avons pas à nous occuper ici,. et qui dépendent surtout du mode d’alimentation. D’après Neubaüer, un homme sain élimine, en vingt-quatre heures, de 22 à 35 gr. d’urée ; d’après Vogel, 25 à 40 gr. En Angleterre, on admet généralement le chiffre de 32 gr., quoique d’après Beale ce chiffre soit souvent plus élevé.

A Paris, les moyennes indiquées sont inférieures aux précédentes. Pour Lecanu, on élimine en moyenne, par jour, 28 gr. d’urée. M. Bouchardat admet une moyenne de 25 à 30 gr. M. Boymond, de 20 à 28 gr. Pour M. Robin, le chiffre moyen oscille entre 23 et 30 gr.

L’acide urique existe en très-petite quantité dans l’urine à l’état physiologique. D’après Becquerel et Rodier (I), sur 1000 parties d’urine, la moyenne oscille entre 0.40 et 0,60. Les recherches de Lecanu (2) ont prouvé que des individus de sexe et d’âge différents,

(1) Becquerel et Rodier. Traité de chimie pathologique , 1854, page 283.

(2) Annales des sciences naturelles, 1839, t. XII. p. 283.

soumis à des genres différents d'alimentation, à des influences extérieures différentes, ont rendu, dans l’espace de vingt-quatre heures, des quantités d’acide urique qui ont varié de 0,089 à 1,575.

Il est démontré que l’acide urique s’élimine d’une manière irrégulièrement intermittente, et que son excrétion diffère non-seulement aux diverses époques de la journée, mais encore d’un jour à l’autre.

De ce fait, sur lequel M. Charcot appelle l’attention, il résulte que toute analyse, pour être méthodique, doit porter sur la totalité des urines rendues dans les vingtquatre heures. A cette seule condition, ou peut savoir d’une manière positive, si le chiffre de l’acide urique s’est élevé, a baissé ou s’il est resté dans les limites de l’état normal. Pour plus de sûreté, Parkes et Ranke conseillent même de répéter cet examen pendant une série de cinq à six jours.

Dans l’exposé des faits qui vont nous occuper maintenant, nous suivrons la marche indiquée dans le tableau suivant, dressé d’après les divisions adoptées dans son cours par M. le professeur Charcot.

Genevoix.

Maladies du foie déterminant une augmentation du taux de l’urée.

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