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Bésumé. — Les symptùmes de la maladie ont été si légers, qu*on a pu douter un instant du diagnostic. I/analyse des urines a donné constamment un résultatbien rarement observé dans les maladies fébriles : quoique la température ait été peu élevée, il est étonnant de voir la quantité d'urée osciller entre des chiffrés aussi faibles que 12 et 7 gr^ La crise urinaire a commencé le dixième jour, en môme temps que rabaissement de la température; il y a eu 2 gr* de plus d'urée. Le lendemain, cette excrétion revient à 8 gr. 56, Vers le vingt et unième jour^ il y a une légère exacerbation fébrile qui ramène Turée de 5,86 à 11,45 Quand le malade est sorti de Thôpital» ses urines ne contenaient que 7 gr. 68 d'urée. L'acidité des urines a toujours été faible ou nulle. Comment expliquer cet abiiissement de la quantité d*urée? Chez ce malade, la diète prolongée a dû faire sentir d'autant plus son influence que la fièvre était moins intense; le poids et la force du sujet étaient au-dessous de la moyenne, et il y avait un alcoolisme de longue date.
Fiivres éruptives .— On a peu étudié les changements de l'excrétion urinaire à toutes les périodes d'une même fièvre éruptive, il n'existe que des résultats isolés, appartenante des cas différents. M. Andral a trouvé une grande quantité d'urée le deuxième jour d'une fièvre d'invasion (30 g, p, 1000); le jourdeTérup* tion, Chalvet en a obtenu 18 g,24 pour 380 g, d'urine. Bien d'autres analyses ont été fnites à un moment donné de la variole ; mais on ne peut, avec ces résultats, poser la formule des variations de Furée, durant le cours entier de la maladie. M, Laborde a fait des
recherches plus iionibrcuses et plus suivies. Mais rimperfection du procédé dont il s*est servi» et la négligence de certaines précautions, usitées en pareil cas, enlèvent beaucoup de valeur à ses observations. Il s'est contenté, pour évaluer la quantité d'urée, de la précipitation du nitrate obtenu en versant Facide sur les parois du verre qui contient l'urine. Ce procédé, si on peut lui donner ce nom, indique seulement qu'il existe une quantité relativement grande d'urée ; mais cette même quantité peut exister dans des urines étendues, sans donner lieu à aucune précipitation.
Cet. observateur a rencontré beaucoup d'urée dans la variole, la rougeole^ Vérysipcle et surtout la varioloide. Cette production exagérée est un phénomène fugace, et, sur une soixantaine de cas, il a pu remarquer que Texcès d'urée ne se montrait qu'un ou deux jours avant l'éruption et un ou deux jours après* Jamais i elle n'a donné de précipité après le quatrième jour. (Cela peut tenir à un flux urinaire plus abondant; mais cette circonstance n*est pas indiquée.) L'auteurj insiste sur rintér(>t de ce fait, dans les cas où l'absence " d*éruption rend le diagnostic difficile; la précipitation du nitrate d'urée permettrait alors d'affirmer qu'on a affaire à une varioloïde. C'est ainsi qu'il a pu exclure Thypothèse d'une méningite au début, et d'un ér^^sipèle, dans un cas où il y en avait toutes les apparences.
Les varioles eonfluentes graves donnent de Talbumine, du sang ou de Tacide urîque en forte proportion, mais moins d'urée. On pourrait donc, d'après la quantité de ce principe, diagnostiquer une variole ou
une variolûîde, «En un mot, ce serait un signe de bon augure, i»
Ces recherches incomplètes méritent d'attirer Fattention de ceux qui voudront les poursuivre dans des conditions plus rigoureuses. 11 est certain que l'analyse du sang et le dosage comparatif des matières extractives fourniraient des résultats intéressants.
L'action du froid semble augmenter la proportion d'urée dans les fièvres éruptives (Laborde\ sans doute en modérant le diaphorèse et l'exanthème, et en activant le fonctionnement rénal,
h^rougeole et la scarlatine donnent lieu à une augmentation d'urée et de matières extractives plus considérable que dans la variole; l'urine est aussi plus abondante. En un mot, les reins semblent jouer ici un rôle dêpurateur plus important que Ténanthème et Texanthème. L'éruption va riolique» au contraire, dit Chalvet, ne pourrait être suppléée par une crise urinaire. Cette dernière proposition semble en désaccord avec les faits précédents. L'élimination plus abondante des déchets coïncide souvent avec une éruption plus discrète; et, d'ail leurs, pourquoi le rapport fonctionnel qui existe entre les reins et la peau cesserait-il d'être vrai dans la variole? Pourquoi l'éruption variohque ne serait-elle pas secondée et ses dangers prévenus par la dépuration rénale? Toutefois, cette hypothèse, fon* dée sur Tanalogie plus encore que sur des faits particuliers, a besoin d'une démonstration plus rigoureuse.
Eysipble, — Les urines donnent, au début, un diaphragme d'acide urique et un précipité de nitrate
d'urée, qui disparaissent assez rapidement (Durante}, On manque de faits pour établir les relations, sans doute intéressantes, qui doivent exister entre les différentes périodes de cette maladie et l'excrétion urinai re.
Nous avons dit que le diagnostic différentiel y puiserait peut-être des données utiles»
Urticaire, — Les affections cutanées, qui s'accompagnent de fièvre, déterminent parfois une abondante élimination d'urée. Le cas où Andral a rencontré le chiffre le plus élevé de ses analyses était un urticaire grave avec mouvement fébrile très-intense.
Dans les urines de Vembarras gastrique et de la courhature fébrile^ on obtient par Tacide nitrique une épaisse couche de nitrate d'urée, qui disparaît en môme temps que rexcitation fébrile,
Chalvet a toujours trouvé un excès d'urée et d'extractif dans les urines de la fïènre éphémère^ et dans le sangdes animaux chezlesquels il produisait ûnefièvre gastrique artiûcielle.
Pneumonie. ^Pendant la période fébrile, le chiffre de Turée peut arrivera 40,50, 60 et même 70 grammes; le maximum s'observe vers le deuxième et le troisième jour.
La chute de l'urée et de h^ température n'a lieu qu*après le cinquième jour; elle peut être de 18 à 20 gr, et plus.
La convalescence commence à ce moment, mais le retour de la moyenne normale se fait encore attendre (Vachsmuth, Vogel),
Les matières extractives dépassent aussi le chiffre normal pendant la fièvre, et leur diminution annoncele début de la convalescence, à moins qu'elle ne coïncide avec des symptômes graves; ce qui indiquerait une rétention de ces matières dans le sang (Hœpffner).
La courbe de Turée et celle du chlorure s'entrecroisent. Ce fait est peut-être plus sensible dans la pneumonie, mais il ne lui est pas spécial. Le chlore diminue jusqu'au point de disparaître, dans certains cas, au moment de Thépatisation, tandis que les crachats en contiennent beaucoup. On sait, d'ailleurs, qu'il existe dans les exsudatset les tissus en voie de formation. Mais Beale a exagéré l'importance de ce fait dans la pneumonie, en lui attribuant la diminution des chloruresdans les urines.
Il est inutile de dire que les chiffres indiqués plus haut varient avec les pneumonies et les individus. Ce qui est certain, c'est que l'urée augmente parallèlement à la température ; quand la fièvre tombe, l'activité organique s'est ralentie et l'urée peut descendre au-dessous de la normale. Avant cette période, le traitement a pu aussi enrayer la dénutrition fébrile. C'est ainsi qu'agit l'alcool à haute dose ; son action porte surtout sur les matières extractives dont Taccumulation dans le sang, suite d'une production exagérée, peut déterminer des accidents redoutables. Cette médication a fourni les plus heureux résultats à M. le professeur Béhier.
Il ne faudrait pas s'attendre, sur la foi de certains auteurs, à trouver dans tous les cas de pneumonie une augmentation considérable d'urée. Sans doute, cette excrétion devient supérieure à la moyenne phy-
siologique du malade ; mais elle peut être au-dessous des moyennes générales. La diète, le repos^ l'état an* térieur delà nutrition, et surtout Talcoolisme peuvent maintenir Turëe au-dessous de 30 grammes, malgré rintetisité de la fièvre et la gravité des symptômes.
Obs. Vil, ■ — Pneumonie.
Homme, âgé de 18 ans, peintre en bâtiments, malade depuis le lu novembre tÔ73. Ce joar-là, il a été pris assez brusquement d'une douleur dans le côté gauche et d'un violent frisson. Aucun traitement n'a été fait avant le 16 novembre, jour de son entrée ù J'hùpital Saint-Antoine (salle Saint-Lazare, service de M. le D»* Cadet de Gassicourt).
A gauche et en arrière, vers le tiers inférieur de la poitrine* on trouve un peu de submatité, des râles crépitants un peu gros et la respiration soufflante. Ces signes occupent une grande étendue et sont éloignés de roreille. La pneumonie parait profonde. Depuis le début, Tanxiété est extrême. Il y a peu de toux et d*expectoration; crachats rouilles. Langue blanche et sèche; soif vive; un peu de délire dans la nuit du 16 nu 17; constipation; sueurs abondantes; sensation pénible de chaleur; céphalalgie frontale vive* Le 16 novembre au soir, T. 39,8; le lendemain matin, P, lOtJ, H. 38, T. 40,4. Le malade affirme qu'il boit très-peu de boissons alcooliques.
17 novembre. 8 ventouses scarifiées; kermès, 0 gr* 10; potages; 24 centilitres de vin de Bordeaux: mauve, 2 pots. Urines trèscolorées, troubles, légèrement alcalines, sédimenteuses.
Le 18. Hier, pas de selles, et, le soir, beaucoup d'oppression et de malaise, et 40,4 de température rectale. Pas de sommeil, agitation et délire la nuit. Langue très-blanche, diarrhée, sueurs abondantes. Céphalalgie plus violente; toux pénible, expectoration diflicile et peu abondante. Mêmes signes à Fauscultation; le souflle est peu intense, Matia, P. 102, f<ïrt et régulier, T, 40,4, R* 40; soir, T. 40**. — Même régime; kermès, 0 gr, 15; lavement avec 15 gr, de follicule!* de séné; 8 ventouses scarifiées. Urines acides, moins colorées.
Le 19. Un peu de sommeil et de mieux-être. Moins d'oppression ; toux moins pénible; crachats visqueux, peu abondants et uniformément colorés; ràl^ crépitants gros; souffle très-faible. Céphalalgie plus violente le soir. Constipation. En raison de la fièvre, de la vigueur du malade et de l'absence toujours affi^rmôe
d*alcoolisTne^ on prescrit ce matin une saignée de 300 gr. Couenne très-épaisse. Même traitement. Matin, P. 104» T. 40,5; soir, T, 40,6.
Le 20. Insomnie, agitation, délire; soif vive, néanmoins la ■ langue est moins saburrale, Texpectoration plus abondante et (plus facile, le pouls moins fort, et Tétat général semble amélioré. ■On entend des râles plus gros, et quelques-uns au second temps [de la respiration. Les crachats, plus aérés, sont toujours adhé- [rents et de même couleur* Constipation, Rien n'est changé au Ptraîtement. Matin, P. 100, T. 40,4; soir, T. 39,2.
Le 2i. La nuit précédente a été encore troublée par de Tagitation et du délire qui s'est prolongé jusqu'à la visite du matin. Le malade ne se plaint plus de céphalalgie. Il j a eu des sueurs abondantes la nuit; ce matin^ la peau est sèche, la soif vive. Pas de souffle, gros raies dans une grande étendue. Potion avec 0»30 de tartre slibié, par cuillerées. La journée est calme; la nuit il survient une diarrhée abondante; les selles sont involontaires et les urines nVmt pu être complètement recueillies; sueurs peu abondantes. Léger délire. Matin, P. 102, T. 40,6.
Le 22. Râles de retour, crachats moins visqueux et presque décrilorés. Diarrhée toujours abondante. Même potion stibiée. Matin, P. 102, T. 40,3.
Le 23. Un peu de sommeil accompagné d*agitation. La sonorité est revenue; on entend de gros râles dans une grande étendue; rexpectoration est plus facile. Diarrhée. La persistance du délire, malgré ramélioration de l'état local, fait interroger de nouveau le malade sur ses habitudes antérieures, et Ton finit par découvrir qu'il n'est pas tout h fait exempt d'alcoolisme. On prescrit 2 grammes de teinture de digitale. Urines très-acides.
Le 24. Nuit calme. Le malade se trouve mieux, mais Toppression est plus forte; les crachats, plus visqueux, contiennent un peu de sang. On trouve, à l'examen de îa poitrine, un peu de submatité, des râles crépitants plus fins, et un léger souffle tubaire. Ces signes occupent la même région qu'au début et dépassent même en haut la première limite. Peau haiitueuae; diarrhée. Matin, P. lUO, R. 34, T, 4t),H. Même régime; teinture de digitale, 3 grammes.
Le 25. Le souffle s'entend avec les autres signes dans la fosse sous-épineuse et au-dessous de Taisselle. La nuit a été calme ; peu de sueurs, pas de diarrhée. Le pouls est petit et présente quelques irrégularités, à 100; R. 28, T. 40,1. Même prescription. Urines pâles et légèrement alcalines.
Le 26. Sommeil la nuit dernitre; sueurs légères. Respiration bien plus facile; crachats peu adhérents et décolorés^ souffle et
râles fins à l'inspiration dans le point indiqué plua haut et aux deux temps dans les parties environnantes. Langue humide et moins blanche; peu de soif. Constipation, Potion de Tood; suppression de la digitale. Matin, P. 70, R, 30, T. 37,5*
Le 27. Mieux prononcé. Insomnie^ mais sans agitation; sueurs nocturnes. Un peu d*app^tit. Potion de Tood, Matin, P. 56, R. 30» T. 37.
Le 28, Sommeil; peu de sueurs; Icvngue humide. Constipation, Encore un peu de submatité; soufUe faible; râles sous-crépitants fins dans toute la hauteur de la poitrine. Même traitement; le malade mange un peu de viande. Matin, P. 54, H, 28^ T. 37".
Le 29, Le souffle a disparu. L'appétit est plus prononcé. P. 62, R. 32, T. 37.
Le 30. L'alimentation est augmentée et bien supportée (viande, œuf, fruits).
3 décembre. Le malade est guéri, mais il ne peut encore se lever. Amaigrissement et faiblesse considérables. Le malade mange un degré de nourriture.
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