‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 23 sur 70 · GS · texte numérisé non relu

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De plus, la difficulté do reconnaître le point pré de répine auquel doit être ramené b ruban donne peu de précision aux résultats. Ces difticultés ont loutefuis été tournées par un artifice très-simple dû, je crois, nu D'' Hare. Il eonsit^te k joindre ensemble par leur première division, deux rubans gradués, à faire incliner lo malade et à placer le point de jonction des deux rubans au niveau de Tépine ; chaque coté do la poitrine a ainsi sa mesure séparée. En bourrant Tintérieur de ces rubans près de leur point de réunion, on fait de celui-ci une espèce de selle, qui s'applique solidement et d*elle-même sur les apophyses épineuses. » Cette modification du D** Hare donne la mensuration de chaque cùlé de la poitrine séparément par une même expérience ; elle est bonne à ce titre; mais elle exige un instrumentation particulière et devient inutile pour la mensuration circulaire totale, si I*on suit les préceptes donnés par Woilleis, (1) que Walshe paraît ignorer complètement.

2* Afûres mensiiraiions du thorax. — La rnemuraiion de r espace inter mammaire a été proposée. Suivant Henri Gintrac (2), dont les remarquables recherches sur les dimensions de la poitrine dans leurs rapports avec la tuberculisalion pulmonaire seront toujours consultées avec fruit, la mesure de rintervalle qui sépare les deux mamelons che2 l'homme donne une idée exacte des dimensions du thorax. Cet intervalle représente le quart de la circonférence au niveau mammaire. Chez l'adulte, il mesure 0™,20 à Tétat

{{) WoîUez, îleeherchns cUniques sur remploi d'un nouveau procédé de mensuration (Société d'observ«ilion^ 1852) etTcaitù des maladies aiguëa des organes rcpiratoires^ Pari?, IHT'â.

(2) Bulletins de rAcad^^mîc de médecine de Paris, iS63, p, 1240, — Bouehutj Pathogie générale. Paris, tS6U, p. ili3.

nonnal, O"^^ ^ ^^ première période de la phthisie, 0^,17 à la deuxième. La mensuration de l'espace intermammaire mérite l'attention des praticiens et doit entrer comme élément de diagnostic dans Tap prédation des dispositions à la phthisie pulmonaire. La mensuration de la hauteur du thorax, du milieu de la clavicule au bord inférieur de la dernière côte en passant parle mamelon a aussi été proposée, mais elle n'est généralement pas pratiquée. N'y a-t-il pas cependant une étude à poursuivre sur les variations de la hauteur du thorax dans la pleurésie ? Quelques travaux ont déjà été tentés sur ce sujet.

Mensuration à l'aide du compas d'épaisseur.

La mensuration par le ruban métrique fournit le périmètre, ou la hauteur, la mensuration par le compas d'épaisseur donne la mesure des diamètres du thorax. Nous décrirons deux compas, ceux de Chomel et de Baudelocque, le chest-measurer de Sibson et le stéthomètre de Richard Quain.

Compas d'épaisseur de Charnel. — Cet instrument ressemble beaucoup au compas dont se servent les cordonniers pour prendre la mesure du pied (podo* mètre), il en diffère en ce qu'il porte sur chacune de ses tiges une plaque mobile large de 0"*,0l ; cette plaque ne peut, comme le ferait une tige étroite, poser alternativement sur un espace intercostal déprimé ou dépressible et sur une côte saillante, condition qui changerait les résultats de la mensuration et pourrait induire en erreur. Cependant le compas de Chomel n'est plus en usage.

Compas de Baudehcque, — C'est un gmnrî compas (fig. 14), d'environ O'",20 de hauteur, dont cluuiue

Fig, IL — Compas d'épaisseur de Baiidclocque, modifié par Broca (l).

branche est composée de deux portions: Tuno, voisine de rarlîcuhition est droite, Taulre est courbe, de telle sorte que, lorsque le compas est fermé, les deux branches incurvées se louch*-nt par leurs extréiuités situées sur Taxe de la porlion droite et circonscrivent un cercle. La braneho droite est le tiers de la fou gueur totale de llnstrument. Au point de jonc-' tion des deux branches est une règle graduée A^ fixée à Tune d'elles et reçue par l'autre dans une rainure. Les graduations de la règle égalent un tiers de centimètre, c'esl-ù-dire qu'il y a entre l'une de ces graduations et le centimètre le même rapport

(1) Dans le campas de Batidclocque, Tmcurvation des brancbôs est plus accenluéû.

qu'entre la longueur tle la branche droite et la longueur totale de Tinstrument.

Pour prendre un diamètre avec cet instrument, on n'a qu'à placer les extrémités des branches courbes aux points aboutissants du diamètre que Ton veut avoir et à lire sur Tare de cercle le degré d'écartement.

Chest-measuTer de Sibson, mesureur de la poitrine {\ ). — Cet instrument (2) est destiné à apprécier l'étendue des mouvements antéro-postérieurs de la poitrine. Il se compose d'une tige graduée ronde divisée en pouces et en dixièmes de pouce. A l'extrémité inférieure de celte tige est articulée, pouvant s'ouvrir jusqu'à l'horizontale, une plaque de laiton recouverte de soie. Sur cette même tige graduée se meut à frottement un curseur qui peut aussi tourner autour d'elle. Ce curseur est muni d'une branche horizontale pouvant s'allonger ou se raccourcir, à l'extrémité de laquelle est un cadran gradué à aiguille que commande une crémaillère verticale. A l'état de repos de l'instrument l'aiguille est au zéro du cadran et la crémaillère abaissée jusqu'à son dernier cran au-desBOus du centre du cadran, position dans laquelle elle est maintenue par un ressort très-doux. Un tour complet du cadran correspond à un pouce (0'",0253) de mouvement exécuté par la poitrine. Chaque division est d'un centième de pouce (0",0025).

On applique cet instrument sur le malade dang

(4) Fr. Sibson, On the mouvements of respiration in dîseasc, and on the use of chest-measurer, in Medico-chirurgical Transactions. i848, Vol. The Thirty-First, p. 355.

(2) Walshe, Traité pratique des Maladies des organes respiratoires, traduit par Fonssagrives.

le docubîtus horizontal et dépouillé de tous vêtements; on glisse sous son dos la plaque de laiton; on ordonne une expiration forcée ou naturelle. A la lin de cette expiration on abaisse le curseur jusqu'à contact de rextr«5railé inférieure de la crémaillère -avec la peau du malade et de telle façon que Taiguille ne dévie pas du zéro* On ordonne riospiralion et on lit sur le cadran le degré le plus élevé qu'y atteint l'aiguille. Ce degré indique ramplitude du mouvement. En raison de la possibilité de faire tourner le curseur autour de la tige graduée verticale et d'allonger la branche horizontale qui porte le cadran, on peut diriger celui-ci sur différenis points de la poitrine sans changer l'instrument de place ni le malade do position.

Un détail à noter encore et qui fera comprendre! comment on calcule avec cet instrument le diamètre antéro postérieur et rétendue des mouvements antérO'postérieursde la poitrine : rinstrùment étant à Fétat de repos, rextrémité inférieure de la crémaillère et le bord inférieur du curseur sont sur une même ligne horizontale; dès lors la graduation qui correspond au bord inférieur du curseur, lorsque l*instrument est appliqué, indique la distance entre le plan horizontal qui passe par le point où la plaque de laiton inférieure est en contact avec le malade^ et le plan horizontal qui passe par le point où touche^ rextrémité inférieure de la crémaillère.

Ainsi, en hsant sur la tige graduée verticale, on a la disUmee dont il vient d'être question ; en lisant sur le cadran, on a ramplitude des mouvements. Cet aiquareil ingénieux mérite assurément Tattention des

^ n ^ cliniciens. Mais le compas crépaissour do Baudeloquo peut tres-bioîi le rem pincer,

Stêthomèire fk Richard Qmin (I) — Une boUo do montre ordinaire en tel métal que ce soit présente au milieu du cadran une acule aiguille. La boîte renferme un mouvement trcS'sim|*le qui met Taiguille en mouvement. Par un trou percé sur l*un de ses eûtes sort un cordonnet de soie assez long pour eirronserire une moitié de lu poitrine, enrt>ulé sur un cylindre contenu dans la boîte et qui agit sur Taiguille. Lorsqu'on tire le cordonnet et qu'on en déroule ()'%006* l'aiguille parcourt un tour du cadran. Ce ticraier est divisé en 50 [iarties égales. Le tirage de six autres millimètres de la longueur du cordonnet fait encore accomplir une révolution complète a Taiguille. Donc deux révolutions sont égales à Û"*,0I2, étendue suffisante pour tous les cas.

On place Finslrument à plat et tenu immobile par deux doigts de la main gaucho sur Tépine dorsale entre les omoplates par exemple; on applique le cordonnet de soie sur le contour de la poitrine, et on le maintient immobile sur le sternum au moyen des doigts do la main droite; lo sujet soumis à rexpérience communique par Texpansion de la poitrine un mouvement au cordonnet qui agit surTaiguille et marque le degré de cette expansion. Cet instrument simple et ingénieux ne vaut pourtant paslec/l^^^/?lfflf.wrprde Sibson, Comme le dit très-bien E. Gintrac (2), il traduit moins bien que cedernier les mouvements partiels des difTérents points explorés,

(1) Union nn^dicnli^* ISiUJ^ p. .^i.>0, ou LonHon Joiiniaï of raudccinc, n& d'octobre <8rt0,

{i) B* Gintrac, Cours 1îiroiif]i!e cl jimliquo de ralbologie intornc ctdeTluïrapic niôdicale, l. 1, p, 388, Paris, 1853, Jeannel 0

Du cyrtométre.

Le Cyriomèire donne à la fois le dessin du périmètre et les diamclres du thorax. Nous décrirons le Stéthomèire de Bouvier ; \t Cyriomèire de Woillez; le Procédé cyrtométnque dit par ies lames de plomb.

Stéthomèire de Bouvier [i). — En 1836 Bouvier présentait à FAcadémie de méclRcine un stélhomètre et indiquait trois procédés fort simples pour arriver Si retracer la périphérie du tronc.

1" On peut obtenir une courbe qui représente la circonférence du thorax, par exemple, en marquant cette circonférence sur la poau par des points assez rapprochés qu'on reporto ensuite sur le papier à l'aide d'une opération géométnque qui n'exige d'autres instt'unienls qu'un compas d'épaisseur et un compas ordinaire (opération plus compliquée, pensons-nous, que ne le prétendait Bouvier,)

2" Le moulage circulaire du trou au moyen de plâtre en reproduit très-exactement la périphérie. (Procédé peu pratique.)

3^ Enlin le Stéthomèire : c'est un cercle en bois traversé par des chevilles dont les pointes s'appliquent autour do la poitrine et décrivent par leur réunion une courbe semblable à la circonférence de cette dernière ; une charnière placée sur Fun des points de ce cercle permet de l'ouvrir pour y engager ou en dégager la poitrine* Ainsi on engage la poitrine dans le stéthomètre ouvert; on ferme la charnière, on pousse doucement les chevilles jusqu'au contact de la peau ; puis on ouvre la charnière, on dégage le sujet, et on ferme de nouveau l'instrument. Il

(1) Dulletina do rAcadémîc de médecme, 1836, t. I, p. 257*

--. 7» est alors facile de retracer sur le papier la coUrbe décrite paroles pointes des chevilles. Cet instrument a été imité par les chapeliers qui l'appliquent à la mesure exacte de la circonférence de la tête.

Cyrtomètre deWoillez (1). — Il no mesure qu'un côté à la fois. C'est une chaîne en baleine (fig. 15), longue

Fig. 15. —Cyrtomètre de Woillcz.

Montrant la disposition des chaînons et lear mode d'articalatlon.

de 0",60 environ, à chaînons aplatis de 0",02 de long sur à peu près, 0°,005 de large, articulés à la Vaucanson, c'est-à-dire de telle sorte qu'ils ne jouent les uns sur les autres que dans un sens, celui de leur épaisseur, en d'autres termes autour d'axes perpendiculaires à leur plan. Le jeu des articulations est à frottements très-durs, do sorte que leurs mouvements nécessitent un certain effort. L'instrument s'applique naturellement dans le sens du jeu des articulations. Si le thorax avait une forme complètement circulaire, la chaîne ainsi articulée se moulerait facilement sur lui et l'on pourrait la dégager sans déformer la courbe qu'elle aurait prise, ses deux extrémités correspondant alors au plus grand diamètre qui serait le sterno-mammaire. Mais il n'en est pas ainsi^ la coupe du thorax rappelle un 8 de chiffre et non pas un cercle, le diamètre sterno-vertébral est plus court que le diamètre costo-mammaire. Dès lors les deux extrémités de la chaîne, moulées

(1) Woillez. Recherches cliniques sur l'emploi d'un nouveau procédé de mensuration dans la pleurésie. Paris, 1857. ^ Dictionnaire de diagnostic médical, i« édit,, 1869.

d'aliord sur le dmmètre slemo-vcrtt'briil no mnnqooraient pas de s^éetirtor en passant par lo diamètre eoslo-mammaîre ; la courbe serait donc drformée. Pour parer à ce f^rove inconvénient, deux chaînons ont leur mouvcun'nt plus libre du e»jié qui ne s'applique pas sur le iburax et ee mouvement est limité jiîir une goupille à un angle très-obtus du cùlé qui s'applique sur le t^iorax; ils jouent autour de leur articulalion comme une porte autour de ses gonds. ^ On va voir quel est le jeu de ses cbnînons. '

Le cyrtometre do Woillez s'applique absolument comme te ruban métritpie (fig. 16 et 17). 11 fnut seulement avoir soin d'njqjliquer le coté où les deux

Fîrf* iG. — rynoinèirc de Woiliri* Manitre de tenir l'inslrutncnt pour rappliqurr*

cnaînons ont leurs mouvements limités* H faut encore, en moulant la chaîne sur le thorax, faire jouer jusqu'à sa limite, c'est-à-dire fermer Tartieulation de ces deux chaînons. Pendant rapplication le sujet doit être en inspiration. Pour enlever Tapparcil, on fait faire au sujet une forte expiration, puis on brise la courbe de la chaîne en ouvrant rarticulation des deux cliaînons mobiles (Og. 18), on retire l'appareil et on le transporto avec précaution sur une feuille de papier préparée. On a donc volontairement brisé la courbe pour en éviter la déformation; Mais la rétablir est facile en fermant do nouveau

Fig. 17. — Cyrtomètre de Woillez. Instrument appliqué, a, point de repère an térieor ; 6, main droite de l'opérateur au point de repère dorsal ; c, main gauche au point de repère antérieur.

FIff. !8. — Clrtomèlre de Woillez. Montrant le jeu des chaînons mobiles.

6. Articulation du chaînon mobile, a. Goupille limitant le jeu de celte articula • tion. c. b, c. Po^itioa de rinstruction. L'articulation du chaînon mobile étant fermée, c.b, d. Position de Pinstrument après Touverturede cette articnlatii-n produisant la brisure de la courbe.

l'articulation des deux chaînons mobiles. Il no rest© plus qu'à tracer au crayon sur le papier la courbe conservée par T instrument. Une ligne droite tirée entre les deux extrémités de cette courbe représente e plan antéro-postérieur du sujet.

On recommence l'opération de l'autre côté en ayant

soin do faire correspondre sur lo papier les extrémités symétriques des deux courbes obtenues.

Cet instrument est simple, mais il faut convenir que Tapplication en est très-difficile. Woillez," après ravoir défendu aver ardeur, Fa abandonné, reconnaissant qnll était avantageusement remplacé par la mensurolion périmélrique du thorax à l'aide du ruban métrique.

Procédé Cf/rtomêtriçur pur ks famés de p/omb, — Ce procédé est fondé sur la malléabilité et le peu d'élasticité du plomb. On prend une lame de plomb de 0",013 h 0'",02 de large sur environ fr,5Q de long et O'^,002 d'épaisseur. Trois points de repère sont choisis et marqués sur le côté du thorax quo Ton veut mesurer: Tun à la base de Tappendice xyphoïde, Taulre en arrière à la vertèbre dorsale correspondante, le troisième sur la ligne verticale passant par lo mamelon. La lamo de plomb est alors appliquée sur l'espace compris entre les deux jalons extrêmes aussi exactement que possible et de telle façon que son bord inférieur passe par les trois points de repère. L'opérateur la saisit alors par ses deux extrémités avec précaution et fermeté et la dégage; il la transporte sur une feuille de papier placée sur une planche, la faisant reposer par son bord inférieur et en marque la trace au crayon.

La lame do plomb s'applique sans aucune difficulte, se modèle bien, mais lorsqu'on en dégage le thorax et qu*on la transporte sur la feuille de papier, il est impossible do ne pas la déformer plus ou moins. On a proposé de contrôler les tracés obtenus par la mensuration des diamètres à Taide du compas d'é-

paisseur et de rectifier ensuite à la main le tracé sur le papier. Cela est possible, mais le procédé n'en reste pas moins défectueux, ses résultats ayant le plus souvent besoin d'une rectification vulgairement appelée coup de pouce.

Un de nos camarades et amis le D' Fournie tourne la difficulté par la modification suivante du manuel opératoire. Au lieu de prendre le point de repère antérieur à la base de l'appendice xyphoïde, il le prend sur la ligne verticale passant par le mamelon, les deux bras étant préalablement fixés symétriquement. Le diamètre le plus grand, le vertébro-mammaire correspond dès lors aux deux extrémités de la lame de plomb. Lorsque le tracé est pris des deux côtés, on en prend un troisième de l'espace intermammaire. Le dégagement n'est plus ici une source de déformation ; restent seulement les difficultés du transport.

Conclusion. — Prétendre faire pâlir l'auscultation et la percussion devant la mensuration est chimérique. Ces trois procédés d'exploration ont leur valeur, mais la mensuration doit être placée en seconde ligne.

La mensuration à l'aide du ruban métrique est difficile, mais donne des renseignements précieux en ce qu'ils sont comparables, les sources d'erreur étant presque toujours les mêmes, et les erreurs oscillant dans des limites assez restreintes.

La mensuration des diamètres du thorax peut être faite exactement à l'aide du compas de Baudelocque*

La mensuration cyrtométrique n'a pas d'instrument fidèle et facile à manier. Le procédé dit par les lames de plomb, modifié comme nous l'avons dit,

est le meilleur. Durosto la mensuration cyrtomotriquo est avanlagouscraent remplacée par la mensuration à Taidô du ruban métrique.

§ IV, Spîrûmétrie.

La spirométrie est la mesure de la capacité rcspi- Iratoire. G*est un moyen d'exploration très-important mais, il faut en convenir» incapable d'entrer dans la prfi tique journalière. Nous ne pouvons nous engager <Ians la dei^eripliun des ditrérenls spiromètres sans nous expliquer d'abord sur ce qu'il faut comprendre par capacité respiratoire. Une respiration est composée d'une inspiration et d'une expiration. L'inspiration introduit l'air pur dans le poumon; Fexpiration chasse Tair vicié parrhématose ; mais le poumon ne se vide pas entièrement à cliaque respiration; il conserve toujours une certaine quantité d'air, Lo volume d'air qui, dans les conditions habituelles, entre à chaque inspiration dans les poumons ou en sort à chaque expiration, représente co que Ton a appelé la capacité reytiraioire et mesure le débit normal de la pompe thoracique.

Une expiration forcée diminue davantage la capacité pulmonaire et en chasse un nouveau volume d'air qui constitue la réserve respiratoire^ laissant encore dans le poumon le résidu respiratoire.

Une inspiration Forcée succèdc-t-elle à une expiration forcée? 11 pénètre dans le poumon outre la quantité d*air reprusentant la capacité respiratoire ordinaire et la réserve un troisième volume qui rcprésente la capacité complémentaire.

La somme de ces trois volumes constitue la capacité vitale ou capacité inspiratrice extrême, laquelle

ajoutée au résidu donne la capacité pulmonaire absolue. La mesure de ces différentes capacités constitue l'objet de la spirométrie.

Quelles sont donc les applications cliniques de la spirométrie? On a prétendu la faire servir au dianosticde la tuberculose pulmonaire. Jusqu'à ce jour, les indications qu'elle a données n'ont pas eu toute la précision désirable.

Nous croyons, pour nous, qu'elle pourrait fournir dans les pleurésies des indications précieuses. La capacité respiratoire d'un poumon comprimé par un épanchement varie avec le degré de la compression qu'il supporte, etce degré avec levolumede l'épanchement. Ne pourrait-on pas dès lors suivre la marche d'un épanchement par l'appréciation journalière de la capacité respiratoire? Cela nous semble possible. Nous ne pouvons cependant appuyer notre opinion sur des faits et des expériences précises.

Schneevoogt a étudié avec soin la spirométrie clinique. De ses études il conclut :

i* Le rapport de la capacité du thorax avec la stature est le plus important au point de vue pratique.

2* Pour les hommes, ce rapport est à peu près le suivant : un homme de la taille de 1",50 doit avoir une capacité thoracique do 2 litres 35, qui augmenté de 52 centilitres par chaque centimètre en plus de la taille indiquée. Pour une femme à stature égale, le chiffre n'est que 2 litres, et l'accroissement par centimètre 30 centilitres.

3* Un écart de 50 centilitres ne permet pas encore de conclure à l'existence d'une maladie pulmonaire.

4° La spirométrie ne se susbtitue pas, mais s'ajoute aux autres méthodes physiques d'investigation.

. 5" Elle est d'un secours utîln pour diagnostiquer les alTections organiques du poumon à leur début, et devrait être employée par ks conseils de révision, les sociétés d'assurance sur la vie, etc.

6* Elle découvre la tuberculisalion à une époque où aucun nuire procédé do diagnostic no la révèle.

7*» Elle assure le diagnostic de la phthisie corfirmée, et elle sert à en mesurer Tétondue, la marche, le progrès ou T amélioration.

.8* La spirométrie peut rendre des seiTÎces dans les cas de pleurésie et de pneumonie, dVmpyème, d'œdème pulmonaire, d'hydrothorax.

9** Dans les laryngites et les bronchites, lorsque la diminution de la capacité thoracique est considérable, elle témoigne de la coïncidence d'une lésion du tissu pulmonaire,

10*' Les afîr'ctions du cœur, exemptes de complications, ne modifient pas la capacité tiérienne du thorax.

Il* Les déviations prononcées du rachis la diminuent.

12* Les tumeurs abdominales diminuent le volume d'air expiré ; la grossesse paraît faire exception à celte loi (100 observations).

IS** L'influence de la faiblesse générale est insignifiante-

14** La spirométrie rend un grand service quand elle dissipe la crainte de la tuberculisalion commençante.

D'un travail important et consciencieux qu*il a publié sur ce sujet, Heeht (1) eonrlnt :

l^'Laspiromélrieconvonablomentemployéefaiiconnaître la capacité respiratoire (ou pulmonaire vitale).

2^ La capacité pulmonaire vitale ne varie pas sen, (l) Thèse de Strasbourg, lïïo5* Essai sur le spiromètre.

siblement chez les personnes qui se trouvent dans des conditions identiques *de taille, d'âge et de sexe.

3® Toute personne qui ne jouit pas de la capacité pulmonaire vitale que comporte sa taille et chez laquelle cette diminution n'est pas expliquée par l'âge, le sexe^ ou une obésité trop considérable, peut être considérée comme affectée d'une maladie de poitrine, ou du moins comme infiniment prédisposée à en contracter une.

4" Dans la phthisie pulmonaire, le spiromètre donne des indications précieuses à une époque où les autres modes d'investigation n'apprennent rien,

5* Tout en appréciant à leur juste valeur la percussion, l'auscultation, etc., nous croyons que la spirométrie, adoptée dans le diagnostic des maladies de poitrine, y rendra de véritables services.

Est-il I possible d'admettre que les quelques granulations tuberculeuses microscopiques du début de la phthisie pulmonaire puissent modifier la capacité respiratoire?

D'après Bonnet, de Lyon, on ne peut hésiter à reconnaître un trouble grave dans les fonctions respiratoires, et à présumer des lésions anatomiques, dès que le plus grand volume d'air que puisse rejeter un adulte en une seule expiration tombe a deux litres, un litre et demi, un litre et surtout à un demi-litre, comme on le voit dans les phthisies trèsavancées et dans les pneumonies doubles. Alors il n'est plus besoin d'instruments fragiles, coûteux, délicats et embarrassants pour asseoir le diagnostic ; il suffit d'avoir une oreille et des doigts. Néanmoins la spirométrie représente un effort considérable dans le sens de la précisionde la physiologie pathologique, elle nous

paraît môriler à ce titre una place dans notre arsonalJ

Hulchinson (1846) (1) est pour ainsi dire Tinvei leur du spiromètre. Les travaux qui ont précédé les' siens sur ce sujet étaient insignilîants :

{^ S(iiromèlre c/e Ilate/iiuson. — Le spiromètre de Hntehinson (fig. 19 et 20], est construit sur le nio* dèle du gazomètre des usines à gaz. Il consiste en une eloehe renversée ou gazomètre, 20, plongeant dans un réservoir d'égalo hauteur rempli d'eau. Deux montîinls^ 9 et 10, surmontent ee réservoir, s'élevant à une hauteur égalo à la sienne, ^t supportent chacun à leur extrémité une poulie, 18. Sur chacune de ces poulies repose une corde, 1 1, qui attachée par l'un de ses bouts au gazomètre, soutient par Tautre un eontro-pnids, 12. Le gazomètre est ainsi équilibré k tous les moments de rcxpérienee. Le gazomètre porte une règle graduée, 15, qui se meut devant un index, 3, fixé au bord supérieur du réservoir, et indique par conséquent la hauteur à laquelle le gaze mètre s'élève. Un tube en U perce le réservoir k sa base; Tune des branches do ce tube remonte jusqu'au fond du gazomètre; l'autre, munie d'un ajutïigp en caoutchouc et d'un embout, va à la bouche du sujet en expérience; c'rst le tube respiratoire, 14. In rohinf*l tui une soupape permet Fentrée de l'air dans ce tube el s*4ippose à sa sortie. Un manomètre h liquide coloré, 6, 7, indique la difTérence de prèssion qui peut exister entre l'extérieur el l'air recueilli par le gazomètre; c'est un tube do verre en U, dont Tune des branches s*ouvre à l'extérieur, et Fautre

(I) nutcbiiison. On Ihe capacily of Iho Itinp^and on tho respinitor)' foncUons. Med, chir, tran. U>ndoa,l8ii», t. XXiX, p, 137.— Ou voyoz ranaJy?p t'aîlç par Lfisù*^ye, dans les Archives g6ii orales de médecine, l}^l4(î.

Béclard* Ëiéments de physiologie .

Fig. 10.— 3|>îrGmèlrc de Huicùinson Fig, 20.

f piromèirc tic Hulcliinsoû après J'expéficnce.

La figure 19 mprésenle î'appareîî au début de rcxpérience . La Dtjurp 20 rrprtsenic le mêrac appareil h h lin Jp i'etpr^nftXT'î» 3, liidci [hé au réservrir infcripur ri uniiquflnt sur la ivpif fjrmJuéc !:>, mobile avec le gaioraèlrc 20, te rliemin pnrcooru pr ce p^.omMrf qu'ind il s'V'lève. Ccl index indique, por con&cqurat, le volume du qth introdutt dans rajiparcil.

7, manomMrf! à liquide coloré mdtquoni la différence de pression qoi peul csisif r enlrc ratérienr cl Tair rrcmlSi ànm k fîa?.oinêire.

8, 8,9* 0, li(îes servatil de fluides h l'awenston dw gaïomtlrc. 10, b.Uis sur Icqiî 1 » si fixée uie poulie à chaque exlrémilé.

If, 11 , cordes qui soub venl li cîoî'be en passant sur les poulies 18j t8,

12, 12, cnutre- poids atl-icliés nn\ corde»,

13, ibcrraorat'tre donnîint la Lempéralure mtérîcure de la cïocbc. 44, H,lub'^ Rspiratoirc-

15, rè(îl€iîr»dué«fi\éc au ga/orai^lre et mobile aVfclnL

16, ouverture supérifure du ïî^xoraetre.

17, boucbor* qui ferme l'otiv* nure IB.

18, 18, poulies.

19, cmboul du lubc respiratoire, io, pît'^m^lrf ou clo^lic.

- 8fl -

[dans le gazomètre? nu-ilossus du niveau du liquide contenu dans le réson'oîr. Un thermomètre, 13, donne la tumpératuro intérieuro de rapporeil» Au fond du gazomètre est une ouverluro, 16, fer- [mée par un bouchon ou un robinet, 17, qui permet de vider rin&trumeut une fois rexpérience fermînée. Lo maniement est simple : le sujet fait une inspiration, oppliquG rcmbout contre sa bouche et expire dans le tube, et par conâéquont dans le gazomètre [flu'il soulève, Lorsque l'expiration est terminée, la soupape du tube en U enferme l'air expiré dans le gazomètre. L'opérateur lit alors sur réchello à quel [degré correspond l'index. L'échelle indique des [centilitres. L'opérateur devra dans son calcul tenir compte de la pression et de la température. Pour la )res8ion en soulevant ou abaissant un peu à la main [le gazomètre on égalise les colonnes liquides du ma- [nomètro. Quant à la température, les livres de phy- Uique donnent des tables qui permettent de ramoner Iles volumes do gaz aux diverses température», aux r volumes à une température fixe.

2^ Spiromètre de Ihdchimon, modifié par lui-même {\ ), — Ilutchinson s*esl encore servi d'un spiromètre dit à cadran. C'est en somme Tinstrument que nous venons de décrire, caché dans une cage de bois, ayant la forme d'une pyramide tronquée à quatre faces. L'échelle est remplacée par un cadran dont l'aiguille est mue à Taide d'un mécanisme simple par les mouvements de la cloche. Une tige métallique traverse la cage en bois et commande le robinet Ûxé au fond du gazomètre. Lo robinet qui règle Tcntrée do Fair

(4) Hecbt, Essai Bur lo spiromètre. Thè^^c de Strasbourg, 1855.

dans le tube respiratoire, le manomètre et le thermomètre sont à l'extérieur.

3* Spiromètre de Wintricà. — C'est encore un spiromètre d'Hutchinson modifié. Les deux montants sont remplacés par un seul qui supporte une seule corde attachée au centre du fond du gazomètre et un seul contre- poids. L'échelle est placée sur le gazomètre et l'index, au bord supérieur du réservoir. Enfin, une lame de verre enclavée dans la paroi du réservoir permet d'apprécier le niveau de l'eau dans l'instrument.

4" Spiromètre de Schiepf (1). — Le spiromètre de Schnepf est construit comme ceux d'Hutchinson, de Wintrich, etc. , sur le modèle des gazomètres des Fi0. 2! .-Spiromètre de Schnepf. -usines à gaz, mais il pré-

V,cylindre de laiton.-TT, tube respira, g^nte plusieurs modifîca-

toire.— A, embout du tube respiratoire. , ^

— c, cloche ou gazomètre.— p, contre- tions avantageuses. L'au-

poids — S.chatne.— R,poulie.-L,échelle.. i jr «x • • /n

- M^moiunt.- G, gSlne qui soutient t^^ur lo décrit amsi (fig.

l'échelle. — N, surface du liquide con- 21) : « Un cvlindre en tenu dans le réservoir. — E, fond du / ' ^

gazomètre. — 0, partie inférieure ou- laiton V, ayant 0"*,35 de verte du gazomôtre. y^^^^^ ^^ q„ jg ^^ ^j^^^

(l) Comptes rendus do l'Acadéinie des sciences, 1856. Note sur un nouveau spiromôlro d'une simplicité et d'une sensibilité extrême.

Ire, forme seulement à sn partie inférieure, à laqurllc est soudé un suclo égalemL^nl cylindrique serl do récipient : un tube T do 0"',013 de diamè^ Ire s'élève verticalenient dans l'iixc du récipient, traverse le fond, se coude dans le socle, d'où Eil sort pour se continuer avec un tube en caoutchouc d\ine longueur variable, mîùs terminé pur une embouchure légèrement conique A; c'est le tube respiratoire. Une clochii C cylindrique, en laiton é/rale» lemeut, de 0'",3Û do haut et do 0"',1G de diamètre, est renversée sur le récipient plein d'eau; elle est maintenue, dans toutes ?DS positions, dans un équilibre stable, au moyen d'un eonlre-poîds P et d'une chaîne Stjui passe sur une poulie H, et dont les anneaux inégaux en poids compensent les variations que subit le poids de la cloche suivant qu'elle plonge plus ou moins dans Teau du récipieut. L'échelle L, dont les divisions de 0 à 5,500 correspondent h des centimètres cubes, est fixée sur le montant M qui soutient la poulie, et qui s'adapte avec précision par la gaine G sur le récipient. ^> Le manuel opératoire se comprend facilement.

Les avantages de cet appareil peuvent se résumer en deux mots : simplicité et précision. Le tube respiratoire ne comporte ni robinets ni courbures, et Fïiir de la cloche avant Tinspiration et après Fexpiration se trouve avoir la mémo tension, sous la même pression, de là rinulilité d'un manomètre, le rétablissement spontané du niveau do Teau dans le récipient et la cloche, la possibilité d'avoir une échelle immobile. La disposition de la chaîne est aussi fort remru'quable.

Les spiromètres dcHulehinson,, de Wintrich et do

Seijuepf sont tous los trois possibles du même reproche. Ils sont Iniis lourds, paresseux et ineHes; Ces défauts 'îonl pourtant trés-atténucs dans rinstrument de Schnepf.

5« Pimmèire (hj. Maréchal, de Brest (1) (fig. 22, 23, 24). — Cet instrument consiste essentiellemeul en un baromètre métallique (lig. 24), formé paî* un tube aplati et courbe, fermé à ses deux extrtmiilés, dont riucurvaliun s'accentue ou s'efîace suivant 1*^ de/j-ré de la pression intérieure qu'il supporte. Au milieu de sa longueur est soudé un petit tube eylindrique, eommunî(|UiUil d'un(^part avec sa cavité, d'autre part

Vue d'cDscmblc.

avec un récipient de capacité environ doux cents

fois supérieure à la sienne.

L'auteur ajoute : « Vu tube en caoutchouc muni

d'une embouchure assez large communique à son

tour avec le récipient; mais avant il se bifurque, cl

des robinets peuvent n volonté faire passer Taîr par

(1) Considérations nirilirales sur ks opprontis canonnicrs au vnisscau-^coîo li> Louis XIV (Archives de médecine eavaïe, juin 18(j6, t. IX, p. -453).

Jean ne U 7

Tune ou raiitre voie, suivant qu'il s'agit de mesurer la force d'inspiration ou celle dVxpiration.

<t Des soupapes en caoutchouc convenablement disposées au-dessous des robinets ont pour^but de re-

médier à la cessation brusque de Teffort maximum qui pressait sur Finstrument dans un sens ou dans

l'autre. Une aiguille indicatrice, relevée aux deux extrémités du tube barométrique, dont elle traduit la course, se meut sur un cadran (fig. 23), en entraînant avec elle des aiguilles à maxima. Celles-ci permettent de lire, même après le retour de l'aiguille principale au zéro de Tinstrument, le nombre de degrés qui représentent la force inspiratrice ou expi^ ratrice. Chaque degrés est équivalent au poids de 1 centimètre cube de mercure. »

Nous n'avons pu voir le pnéomètre de Maréchal, et nous sommes réduit à emprunter cette description au travail publié par cet auteur dans les Archives de médecine navale. Nous ne doutons pas que J. Maréchal n'ait bien conçu ce qu' il voulait nous expliquer dans le passage que nous citons, mais l'a-t-il énoncé bien clairement? Son explication fait-elle bien voir l'utilité des détails de son appareil ?

Le pnéomètre traduit sans doute la valeur exacte des puissances inspiratrices 'et expiratrices, et c'est bien là tout ce que lui demandait son auteur; mais peut-il servir de spiromètre? Peut-il mesurer ce qeii

Fig. 25. — PneanKhdynamomètre de Matliiea.

A. BmbOQtdQ tube respiratoirt.

B. Tube respiratoire.

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