‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 24 sur 70 · C . Tige commandant l*aigiiille da dynamomètre · texte numérisé non relu

C . Tige commandant l*aigiiille da dynamomètre

jious avons dérmi par capacité respiratoire? Évidemment non, car il nécessite dos efforts et no permet . pas la satisfaction eomptrte de roxpiralioru

• 6' Pneumo-dynmimmèire de Maihku, — Le pneiimodynamomètre île Mathieu (fîg, 25) n'est pas plus un spiromètre que le pnéomètre de Maréelifil; il ne adonne pas le ehiiïre de la capacité rospiraloire, mais bien la mesure de la force des muscles expiratours. C'est en somme un dynamomelre vésical adapte k un tube respiratoire AB.

Y'%> 2G, — Spiromètre de Bout) in non qo 006(110 Je le Galanlf).

En soufflant par remboueliure A, la plaque B étant appliquée sur les lèvres, on fait saillir plus ou moinn la tige C hors du tube. Cette lige commande Faiguille d'un cadran; elle est maintenue dans le tube par un ressort à boudin.

7* Spiromètre de BotiduK — ^Le spiromètre de Boudin (fjg. 26 et 27) est une vessie en caoutchouc à parois molles, affaissées et nplaties sur elles-mêmes, lorsque Tair n'y est pas introduit de force. Cette vessie, munie d'un tube respiratoire, est supportée pnr un cadre d'acier percé d'un trou à sa partie supérieure. Ce trou husse passer a frottement très-

-osdoux une règle graduée en bois fixée au milieu dé la paroi supérieure de la vessie.

Le sujet fait une expiration dans le tu6è, la vessie se gonfle; mais comme sa paroi inférieure rencontre le cadre d'acier, elle ne peut s'étendre de ce côté; tout le mouvement d'expansion se fait alors vers là partie supérieure et soulève la règle graduée.

Cet appareil est mauvais. En effet, le caoutchouc résistant d'autant plus à la pression et se dilatant d'autant moins qu'il est plus distendu, la pression

¥\q. 27. — S^iiromlMre de Boudin jjonfié. (Modèle G.ilante.)

intérieure dans la vessie varie à chaque instant do l'expérience. 11 en résulte que chaque degré de la règle ne correspond pas à une même capacité. De plus, la vessie peut en se gonflant s'étendre latéralement. Il y a donc un mouvement d'expansion qui n'est pas communiqué à la règle, et par conséquent erreur dans l'indication spirométrique ; erreur qui s'accentue même d'autant plus que le degré d'expansion de la vessie est plus considérable. En outre, cet instrument nécessite un efl'ort de la part du sujet pour vaincre l'élasticité du caoutchouc et ne

permet pas la satisfaction complète de l'acte expira toi re.

S"" Spiromètre à soufflet [de Mathieu. — Mathieu a construit un spiromètre très-simple qui se rapproche deTinstrument de Boudin. C'est unsoufflet rendu aussi léger que possible, dont l'un des plateaux est flxe et Tautro libre et mobile devant une échelle graduée ; au bec est adapté un tube respiratoire muni dnn embout La légèreté de toutes les pièces du soufilet, Tabsencede touieélasticité rendent Irès-faiblo Tefforl à faire pour amener la dilatation et permettent la satisfactionà peu près complète de Tacte expiratoire.

9* Pneumatomètre de Bonnet de Lyon {!)• En 1856, Bonnet de Lyon, présentait a I* Académie des sciences, sous 1g nom de pneumatomètre^ un nouveau spiromètre construit sur le principe du compteur à gaz (2).

Un cylindre-enveloppe creux supporte un axe sur lequel se meut une roue à augets* Cette roue à augets se compose de quatre petites boîtes prismatiques triangulaires en communication d*une part avec une loge cylindrique centrale, d'autre part avec le cavité du cylindre-enveloppe, Le gaz arrive dans la loge centrale de la roue à augets et sort par une ouverture pratiquéeà la partie supérieure du cylindre-enveloppe. L'appareil est rempli d*eau jusque un peu au-dessus de Taxe, de manière qu'il y ait toujours hors de Teau une ouverture de communication entre le cylindre

(l) ïk>nnct (de Lyon). Application dti compteur à gaz à In mesure de la respiration. (Comptes rendus de l'Académie des sciences, i85i, t. XUI, p. 519 et XLUI, p. 214).

(5) Voyez ; Dictionnaire des Arts et Manufactures de Laboulaye, art. Eclairage^ une figure scliématiquc du compteur à gaz.

— excentrai et Fun des augets, qu'il n'y en ait jamais qu'ane> et que celte ouverture soit celle qui communique avec un auget, actuellement sous Teau.

Le gaz arrive dans le cylindre central, passe par le seul orifice qui lui soit offert, soulève Tauget, et le remplit. Mais dès que rorifice de communication de Tauget avec la cavité du cylindre extérieur émerge de VeiiUy rorifice de communication du même augetavec le cylindre central rentre sous Teau, et un autre auget se met on communication avec le cylindre centraL

Une aiguille marque sur un cadran le nombre de tours et de fractions de tours, exécutés pnrles cylindres , par conséquent le nombre de fois que chacun des augets s'est empli et vidé, soit la quantité de gaz qui a passé.

Excellent appareil pour l'industrie le compteur h gaz constitue un médiocre spiromètre qui présente le défaut de bien d*autres, celui d'exiger un effort qui mette le système en mouvement. En donnant k Tappareil le plus de légèreté [possible, on peut copendanl atténuer ce défaut ; mais on ne peut arriver à supprimer la résistance que l'eau oppose aux ailes des augets pendant leurs mouvements de rotation.

10" Pnemimèireà kfilke de J. Gtiillei (1) En 1856, Guiilet a imaginé un spiromèlro [très-portatif construit sur le modèle de ranéraomètre de Combes, qu^il a appelé pnemhnèire à hélice (figure 28). 11 se compose d'un tube T un peu incurvé, muni d'un embout U, offrant une portion droite UïD, flexible aux environs de T embout. Dans l'intérieur

(l)J, Guiliet. Description d'un nouveau spiromètre (UullDtms de TAradômie de médecine. 18^6, t, XXI, p. 9o3.) Rapport pur Bouilland, (t, XXU, p. 203.J

de la portion droite rigide est un axe A A supporte par une traverse ; cet axe rigklo se prolonge jusque

Fi^. :i8. — l*nctisJmHre i liéiicc de Su fi Gui II l.

0. EniboDt lîa tube respiratoire- — I T D. Tube respiratoire. — T D, Porluti droile du tube. — D D, Portion mcurvée dti lube. — A A. A\rfci}trnl du tub\ — R. Hélice. - C» Pas de vis de l'axe* — B et F, ftoues deniers — il. i adr-n commandé pnr ia roue P à 48 d- nLs, — F, A\e de la roue P à 4S dfdls- ~~ S. fladratt dfvarrt leqiiel se meul raifiuitk V, — P. Aipille commandée par la roue Ë à IjO dents — £. Aie de U roue E à HO detiLs.

dans la portion courbe, dont il rencontre lu paroi concave en C; il traverse cette paroi h frottements très-doux. A rextrémité intérieure de Taxe est une hélice 41 ailes délicates en mica; a rextrémité exlé* rteure un pas de vis C. Cette extrémité extérieure et tous les organes qui suivent sont contenus dnns une caisse métallique, Lepasde vis commandedeux roues dentées E etFii axes concentriques mais indépendants c et/. L'une porte Taiguille P d*un compteur qui marque sur un cadran fixe S, divisé en autant de parties que la roue a de dents, soitSO, les unités du nombre

de tours de rhélice ; l'autre roue dentée n'a qUe 48 dents; par conséquent lorsque la premiçre, qui à 50 dents, a fait un tour complet, elle a fait un tour plus 2/48, soit 1/24 ; elle porte un cadran mobile R divisé en 24 parties, et chaque fois que rhélice fait 50 tours, l'aiguillé se déplace, par rapport a ce cadran mobile, d'une division de ce cadran; le compteur enregistre donc le nombre de tours de Thélice de i à 1200. La construction de ce pneusimètre rappelle à la fois la sirène de Cagïiiard-Latour et surtout Tanémomètre de Combes.

En supposant, pour plus de simplicité, que les 0 des deux cadrans coïncident et que l'aiguille soit aussi au 0; pour obtenir le nombre de tours qu'aura faits l'hélice, après avoir soufflé par l'embout de la portion droite du cylindre, on n'a qu'à noter le nombre de divisions qu'a parcouru l'aiguille sur le cadran mobile et sur le cadran fixe. Si lo premier de ces nombres égale 21 et le second 14, l'hélico aura fait 21x50+14, c'est-à-dire 1064 tours. Sachant d'ailleurs que l'instrument donne passage à 3 centimètres cubes d'air pour chaque tour d' hélice • il sera passé alors 1064x3 ou 3 litres 192 d'air par le spiromètre. Chaque pneusimètre a d'ailleurs son coefficient déterminé pour le cas d'une vitesse correspondant au moins à un demi-litre par seconde, vitesse inférieure à celle de l'air pendant la respirition.

Cet instrument nécessite bien un effort, mais cet effort égal à une pression inférieure à un demimillimètre d'eau est insignifiant. Le pneusimètre de J. Guillet peut donc être considéré comme bien

-^ ÔR -

supérieur h Inus ceux que nous gavons décrits jusqu'à présent,

ir Appareil de MmTf/ pour enregistrer les mornements de F air inspiré ou cxpinK — Un grand réservoir de 200 litres de capacité environ est muni de deux tubulures ; h Tune s*adopte un tube respiratoire, à Tautre un tube qui se rend au tambour d*un polygrapbe. A ebaque inspiration l'air du réservoir se raréfie; cette raréfaction transmise par le tube au tambour produit une cbute du levier; à chaque expiratii>n la pression augmente dans le réservoir et lo tambour, dVjù ascension du levier.

Une autre disposition meilleure est la suivante ; Même réservoir avec mêmes embouchures : Tune munie d*un tube respiratoire ; dans le réservoir une ampoule de caoutchouc gonflée mais non distendue ; cette ampoule communique par un tube qui passe par la seconde tubulure du réservoir, à laquelle il s'adapte hermétiquement, avec un tambour de polygraphe. Chaque inspiration raréfiant l*air du réservoir, Fampoule intérieure se gonfle et le tambour se déprime. Chaque expiration augmentant la pression dans le réservoir, Tampoule se déprime elle tambour se gonfle.

On obtient ainsi un tracé graphique^ véritable tracé spirométrique. Pour en conclure plus exactement le chiffre de la capacité pulmonaire, il faut cependant faire Texpérience complémentaire que voici. Mettez le réservoir en communication avec le tube respiratoire d'un spiromètre de liutchinson rempli d'air; pressez avec la main sur la cloche jusqu'à ce que l'air expulsé ait soulevé le levier enregistreur au niveau du maximum de la courbe obtenue. Notez

-. 99 -« la capacité indiquée alors par Téchelle; soulevez ensuite la cloche jusqu'à ce que le levier soit redescendu au niveau minimum de la courbe et notez de nouveau le degré spirométrique indiqué par Téchelle. De ces deux notations extrêmes se déduit le volume de Tair qui est passé du réservoir dans la cloche pour produire l'écart du levier dont on cherchait la valeur en litres et en centilitres. Le sujet respirait dans le réservoir, on le remplace. par le gazomètre.

12'' Tube branché de Marey (1). — C'est un tube par lequel on respire et qui communique directement avec le tambour d'un enregistreur au moyen d'un tube plus petit branché sur son trajet.

Les mouvements respiratoires établissent dans le tube par lequel respire le sujet en expérience des courants d'air successifs qui augmentent ou diminuent la pression dans l'ampoule du poly graphe.

13« Anapnographe de Bergeon et Kastus (2). — L'anapnographe (fig. 29) donne à la fois laduréedes mouvements d'inspiration et d'expiration, les variations de pression du courant d'air à tous les instants de la respiration, et le débit de la pompe thoraciquc, c'est-à-dire la quantité d'air inspiré ou expiré. Nous ne pouvons donner ici que la description générale de cet appareil délicat et renvoyons pour les détails au travail publié par les auteurs.

Au sommet d'une colonne de laiton de 0"15 à 0"20 de hauteur, dont le socle est formé par un enregis-

(4) Gazette hebdomadaire, 1868, p. 580, note 3, 2» colonne.

(5) Bergeon et Kastus. Recherches sur la physiologie médicale de la respiration àFaide d*un nouvel instrument, Tanapnographe, Paris, 1869.

trr?ur h cylindrp semblable h celui du eardiog'mplie, est une boîte métallique earrée d*environ O"', 04 de cùté et do 0"*, 02 d'épaisseur* Le plafond de cette boîte présente en son milieu une arête vive, de ehaque

Fi(î. 29, — An^jpuoeinjjlic Je ijtr<;i im £t knJslus.

A. Orilîcc du tulic rc^piratoiri!* *- V. Vahf. — K R Boutous de régljje

des rc&sorls^ — S. Eilrétnité du levier écrivant.

côté de laquelle il deerit une eourbe parabolique k coneavîté inférieure. Une valve verticale V, dont le bord supérieur taillé en biseau est placé en regard et aussi près que possible de Farete, divise la boîte en deux compartiments égaux sans communication Tun avec Tautre lorsque la valve est ou repos dans le plan vertical. Cette valve, qui est une mince

(D CfUe fifîure représenle î'apparril primilif ; nous fi*avons pu nioir celle de rapparfil modinéel perftcUoiïué , elle doQne pourtant une bon se idée de l'anap- DOgraptiie.

.- lai lamed'alnminium d'une légèreté extrême, est mobile avec un axe horizontal auquel elle est fixée près de son bord inférieur. Au repos de Tappareil, elle est équilibréedans laposilion verticale, pardeux ressorts très-doux et par le levier dont il va être question.

Au-dessous et à une certaine distance de Taxe, la valve présente deux petits crochets exactement opposés. Deux ressorts à boudin antagonistes en partent et viennent parleur extrémité se fixer à des boutons de réglage qui permettent de tendre plus ou moins mais toujours également ces ressorts. L'un des ressorts est tendu, de telle sorte qu'il ne puisse jamais permettre à la valve sous Taction d'une respiration même très-forte un écartement de plus de o degrés ; le second est alors amené au moyen d'un bouton de réglage R, à une tension parfaitement égale au premier, ce dont on s'assure en vovant si la valve est placée exactement dans le plan vertical.

Les extrémités de Taxe, terminées en pointes, traversent à frottement très-doux les parois de la boîte et sont reçues dans doux chapes creusées dans des vis d'acier bien trempé, serrées de façon à obtenir le contact des pointes au fond de leur cavité. Tout mouvement de latéralité est ainsi évité ; les frottements sont diminués, Car ce sont les extrémités pointues dé l'axe qui portent dans le fond des chapes. Partant de l'axe avec lequel il fait corps, reliant ainsi l'indicateur ou la valve à l'enrcgisteur, se trouve le levier écrivant S parfaitement parallèle à la valve. Ce levier est vertical; cette direction verticale et parallèle à la valve présente, sur la direction horizontale ou perpendiculaire à la valve, l'avantage de supprimer la nécessité d^un contre-poids et par cdn-

séquent do diminuer la masso el rinertie de TapparoiL En second lieu, un levier horizontal équilibré n'aurait repris la position d*équilibre que par une série d*osciIlations ; un levier horizontal n'eût été que dans un équilibre instable.

Des deux parais de la boîte parallèles a la valve, Tune est absente, l'autre est perforée d'une large ouverture circulaire h laquelle s'adapte le tube respiratoire.

L*enregi3treur n'offre rien do bien particulier, il déroule son papier horizontalement en face de la plume du levier.

L'embout (fig. 30) est appliqué sur le nez, conduit

fiÙHiAT ^TCOLUti

Fig, ao. — £n]bout de Taaapiio graphe (Deui mcHl^les).

respiratoire physiologique. Il se compose, comme une sorte de trompe, d'une partie évasée dans laquelle on place le nez et d'un tube inextensible qui va à la boîte métallique.

Nous ne saurions trop recommander cet appareil dont la délicatesse et l'exactitude n'égalent que le facile maniement-

14« Procédé de Gréhant[\), — Grchant reconnaissant que ni les spiromètres ni Tanapnographe, ni aucun autre instrument ne permettent de déterminer la capacité pulmonaire absolue, emploie la méthode suivante :

(l) GrébanL Recherches physiques sur la respiration df^ rhomme. Thèse, Paris, 1864.

Il admet d'abord, cequi cependant n'est pas rigourousemont vrai, RegnauH et Reiset (l) Font montre, que l'hydrogène n ost pas sensiblement absorbédan s les poumons. Dès lors, il fait inspirer un volume déterminé d'hydrogène et enjoint d'exécuter plusieurs mouvements respiratoires , en ayant soin do faire passer le gaz de l'expiration dans un vase clos sous une cloehe renversée sur Teau et de faire aspirer ces mêmes gaz pendant F inspiration en évitant soigneusement rinlroduction de Tair extérieur dans les paumons ou sous la cloche. Après cinq ou six mouvements respiratoires, le mélange de rhydrogène et des gaz des poumons est homogène. Il en recueille une certaine quantité et en dose l'hydrogène. Si jrest la capacité pulmonaire, t^Io volume d'hydrogène respiré; F le volume du mélange soumis à Tanalyso, v' le volume d'hydrogène contenu dans ce mélange,

— ^ —, d ou il est aise de tirer x ::^ —r

Appareil, — On peut employer pour faire la mesure une cloche à robinet quelconque ; mais une cloche à robinet à trois voies permet d'établir facilement la communication entre la bouche et Tatmos* phèreou la cloche, et de faire l'inspiration de rhydrogène aussi lot rexpiration dans l'air terminée. Il faut se garder avec grand soin d'approcher du sujet n'importe quel corps en ignition sous peine do faire détonner danii ses poumons le mélange d'air et d'hydrogène. Ce procédé très-ingénieux est malheureusement plus scientifique que pratique.

15" Procédé de spiroméirie de Bouc/mi. Spirométriê

njîlegnîiult et Ueiset. ReçhorcheschimiqucsBur la respirutioiides animaux des diverses classes (Ann. do chimie et de physique, 1849),

automatique (I). — « On peut se passer de tonl appareil mécanique pour faire la spîromélrie et s1l ne s'agit que de savoir quelle est In capacité approximative des poumons, on pourra employer mon procédé qui est le plus simple de tous. Le médecin met son oreille sur un des eûtes de !a poitrine d\nu^ pej^soiun: deliout ou assise, puis il lui enjoint de compter à haute voix depuis un jusqu'à 100, pendant que lui-même tient compte du nombre des inspirations qui se produisent dans ce laps do temps. Cela varie de quatre a cinq chez l'Ivomme bien portant, tandis que chez les sujets malades de pleurésie et notamment chez les ]>hlhisiqur'S, le nombre des mouvemenls inspiraloires qui ont lieu est de 8 h 9 et quelquefois 30 à 40. J'ai même vu des cas de pleurésie où les malades étaient obligés de respirer entre chaque chilTre prononcé par eux. C'est ce que j'ai appelé spiroméirîe automatisai''. Elle n*a rien de rigoureux, mais elle donne la mesure de la gène respiratoire. »

Nous croyons nécessaire de tenir compte du temps employé par le sujet pour compter jusqu'à 100 , b^ nombre des inspirations devant être évidemment proportionnel à la rapidité avec laquelle se fera Topération. Nous ne saurions du reste trop recommander ce procédé si simple et si pratique. Au lieu d appli* quor Toreille sur la poitrine du sujet on peut tout simplement appliquer la main.

Conchtswn, La spirométrio ne mérite guère jusqu'à présont de prendre place parmi les moyens d'investigation clinique. Pour la pratique journalière, le procédé de lîûuchut suflit amplement. Si Ton veut un

(1) Bouchut. Pathologie générale. -

espèce de lésion valvulaire; c'est là une hardiesse dangereuse ; dangereuse il est vrai surtout pour Tamour-propre du médecin, que d'afficher une telle prétention. Nous avons vu, pour nous, un médecin distingué, consulté par un chirurgien qui se méfiait de son oreille, apposer sa main sur le cœur du malade, et annoncer magistralement un souffle au premier bruit et à la pointe ; mais il ne put vérifier ce symptôme par l'auscultation et se trouva compromis par là aux yeux du chirurgien et des assistants. La palpation met l'observateur en éveil, elle lui fait soupçonner ce que l'auscultation seule peut assurer définitivement.

Les règles générales de la palpation s'appliquent à la palpation de la région précordiale ; elles consistent à poser franchement et d'aplomb toute la main à plat, si l'on veut avoir une sensation d'ensemble, puis la pulpe des doigts réunis en palette sur la région correspondant à la base ou à la pointe du cœur, si Ton veut analyser plus complètement la sensation perçue.

Percussion et auscultation du comr. — Ces deux procédés d'exploration n'ont pas d'instruments spéciaux.

La percussion du cœur doit être modérée à moins que cet organe ne soit profondément enfoncé derrière le poumon.

Les uns donnent le précepte de percuter des parties sonores vers les parties mates, d'autres recommandent une marche contraire. Pour obtenir les limites du cœur(cÉrr(//(?;/i^/m),il faut percuter suivant cinq lignes : l'une verticale, longeant le bord droit du sternum ; la seconde oblique, de la pointe, reconnue

JeaDoel* 9

par la palpation, vers le miliou de la clavicule droite ; une Iroîsièrae oblique de gauche à droite et enfin la quatrième et la cinquième horizontales.

L*auscuUation du cœur réclame le plus souvent l'usage du stéthoscope. On s'est efforcé de désigner des points d'élection sur lesquels doit s*appliquer Toreille ou le stéthoscope. Nous croyons que pour être complet l'examen doit porter sur toute la région,

De la cardmjmphie. — La cardiographie a pour objet de représenter en tracés graphiques les mouvements de la pointe du cœur, comme la sphygmographie de représenter les mouvements de la paroi artérielle,

La cardiographie a d'abord été employée aux recherches physiologiques ; Tanalogio conslatée au moyen du polygraphe entre les tracés obtenus directement sur le cœur mis à nu par la vivisection et les tracés obtenus sur la région précordiale, a naturellement conduit les observateurs à se servir de cet ingénieux instrument, convenablement modifié pour éclairer le diagnostic des maladies du cœur» Marey dont nous aurons tant de fois Toccasion d'invoquer les travaux a attaché son nom à cette branche du diagnostic; mais il Tant reconnaître qu'il avait été précédé par Upliam (de Boston) et Ch, Buisson (i).

Nous allons d'abord donner la description du polygraphe, puis des cardiographes d'Upham, de Buisson et de Marey, et enfin de Tappareil dont s'est servi Pctain pour étudierles dédoublements des bruits du cœur.

Du pohjgraphe, — Le polygraphe est un appareil destiné à amplifier et à em^gistrer toute espèce do mouvements,

(1) Ch. Buissoiii quelques recherches sur la ciictilatîoo du sang, à Talde des apprreilâeBregîâlreurs. Thèse de doctorat. Paris, I87é.

^ 123 — L*idoe mère en est due à Ch. Buisson : si deux ampoules élastiques sont réunies entre elles par un tube, tout changement de pression opéré dans Tune d'elles, se transmeltra intégralement à l'autre ; dès lors en appuyant sur Tune on dilatera l'autre et ViCê versa.

Partant de ce principe, Marey après de nombreux essais s'est arrêté au dispositif suivant:

Un tube flexible met en communication deux ampoules élastiques remplies d'air. L*une, appelée tambour (fig. 36) a la forme d'une lentille biconvexe fixée par une de ses faces sur un plateau rigide, elle est recouverte sur Tautre par une rondelle d'alumînium aussi légère que possible. Le plateau qui porte ce tambour est assujetti à un curseur qui se meut le long d'une tige verticale. A la partie supérieure de ce curseur est adaptée horizonlale-

B ment une plaque en laiton rectangulaire qui vient porter au-dessus du tambour Tarticulation d'un levier

H porte plume. Ce levier, très-léger, s'articule près de son point d'attache à cette plaque horizontale, avec une petite fourchette soudée au milieu de la rondelle d'aluminium qui recouvre le tambour. Pour cela

B cette fourchette supporte un axe mobile qui traverse

Fiff. 36. — LeTÎer do poli^phc de Marey.

— !34 — Grâce îi cet artifice les mouvements du levier sont complètement dépendants des mouvements du tambour, à conditian toutefois, qn'îl ny ait aucun jeu entre les différentes pièces de rappareil dont les frottements doivent être pourtant aussi doux que possible,

A l'extrémité du tube est la seconde ampoule destinée h recevoir le mouvement a enregistrer.

Toute augmentation de pression dans cette seconde ampoule en chasse l'air vers le tambour qui se dilate et soulève le levier; toute diminution de pression produit un effet inverse. Si donc Ton iixe cette seconde ampoule contre une sonrce de mouvement de telle sorte que celui-ci se traduise en variations do pression, Ton verra le levier s'animer d'oscillations, reproduction fidèle du mouvement initial.

Sur la plaque soudée au curseur qui supporte le levier se voient deux têtes de vis, Tune, qui est sur le plat de cette plaque, élève ou abaisse à volonté Tarticulation du levier; Fautre, située à rextrémité de cette plaque opposée à celle qui porte l'articulation, sert à allonger ou à raccourcir le levier en approchant ou éloignant cette articulation du centre du tambour.

Cette faculté d'élever ou d'abaisser le levier, de le rapprocher ou de T éloigner du centre du tambour, permet de mettre Tappareil au point, c'est-à-dire de mettre le levier de façon qu'il oscille autour de Thorixontale, et d'augmenter ou de diminuer l'amplitude de ses osciltations.

Le levier oseille devant un papier glacé sur lequel il écrit, ou devant un cylindre noirci (fig. 37). Il est à cet effet ronni a son extrémité d'une plume fine en-

crée. Lo papier pressé par doux disques d'ivoire contre un cylindre lournnnt par l'effel d'un mouvement

d*horlogerio so dévido d'une bobine sur lequel il est enroulé.

Chez certains sujets, los battcmonts du cœur sont assez forts pour produire un mouvement visible à

rextérieur.Upham, de Boston, profita de cette remarque, llprit un entonnoir dont le pavillon se terminait par une membrane, et dont le bec se continuait avec un tube en caoutchouc allant au tambour du polygraphe, et rappliqua sur le point où il voyait battre la pointe du cœur. Il obtint ainsi un tracé très-satisfaisant. C'est un appareil semblable qu'il employait dans le but de traduire par des sonneries de différents timbres les mouvements de roreillette et du ventricule dans ses expériences sur un nommé Groux^ qui portait une fissure congénitale du sternum.

Procédé de Ch . Bumon. — Gh . B uîsson se serva it auss^ d'unentonnoir avec ou sans membrane obturatrice sur le pavillon; le tube communiquait avec une ampoule sur laquelle s'appliquait le sphygmographe de Marey*

Marey proposa successivement plusieurs appa' reils.

Le premier cardiographe qu'il employa était un stéthoscope de Kœnig, muni d'un seul tube communiquant avec le tambour du polygraphe. (Voy. cidessus p. 46*}

Plus tard, pour éviter la cause de perte de la sensibilité résultant de la compressibiiité de Tair emprisonné entre deux membranes élastiques fortement tendues, le mouvement de la seconde membrane devant, dans ces conditions, être notablement plus faible que celui de la première, Marey substitua à Pair un liquide, Teau, et obtint ainsi des tracés très-sufOsants.

Enfin ^ il s^est arrêté à l'appareil suivant :

Une çfipsidp de bois (fig. 38), munie d'un tube mé tallique qui relie sa cavité par Tintermédiaire d'un tube en caoutchouc au tambour d'un polygraphe

remplace l'ampoule libre do col instroment. Sur lo bord de celle capsule est fixé un ressort dont la pression est réglée par une vis que Fon voit saillir de la surface convexe de la capsule. A rextrémité de ce res- ■ sort est articulée une plaque d'ivoire dont la largeur est de 0" Ot a 0°* 02, Le polygraphe et Tonregistreur sont connus. L'opérateur, pour se servir de cet ap-

Fl0« 38.— Capiute OQ ir&Qsmêttear du eirdiognpbe de fllarty.

"pareil, cherche d'abord par Tinspection et le palper le point fixe où bat la pointo du cœur* En faisant asseoir le sujet ou le faisant pencher du côté gauche, Ion arrive souvent à rendre apparents des battements [que Ton n*avaît pu trouver d*abord-

La pointe du cœur reconnue, il applique sur elle la plaque d'ivoire fixée à rextrémité du ressort, et appuie exactement la capsule sur la paroi thoracique. Alors do deux choses Tune, ou bien il voit osciller le levier du polygraphe, ou bien il n'observée pas d'oscillations. Mettant alors la main restée libre sur lavis adaptée à la capsule, il augmente ou diminue par tâtonnement la pression du ressort et de la plaque ■ d'ivoire, jusqu'à ce qu'il ait obtenu des oscillations B aussi amples que possible.

Une disposition spéciale permet do n'approcher Te

cylindre enregisfreur du levier qiio lorsque leslAlon-

nements ont cessé. L'appareil mis au point, l'opérateur approche donc le papier de l'extrémité du levier, et fait marcher le mouvement d'horlogerie en poussant ou retirant l'arrêtage.

On comprend que les mouvements de la pointe du cœur qui projettent en avant la p.aroi thoracique, produisent dans la capsule des variations de pression en rapport avec leur rhythme.

Le cardiographe de Marey est le meilleur que nous connaissions. C'est un instrument précieux appelé à rendre de grands services.

Potain 8*est servi pour étudier les dédoublements des bruits du cœur d'un cardiographe dontlacajpsule était remplacée par uii stéthoscope muni de deux tubes en caoutchouc, dont l'un allait à l'oreille et l'autre au polygràphe ; il a pu ainsi constater, sur le tracé qu'il obtenait, des oscillations qui étaient l'imagt de ce qu'il entendait

Cette disposition, l'auteur le reconnaît lui-même, est au fond très-défectueuse. En raison du tube acoustique qui met la cavité du stéthoscope et dû tambour du polygràphe en communication avec l'extérieur, les variations de pression dans l'intérieur de l'appareil devaient être très-atténuéés.

§ IL Exploration du pouls.

Lu paipation et F exploration sphymographique sont lés seuls procédés employés pour arriver à la connaissance des signes fournis par le pouls.

De la paipation du pouls. — La paipation du pouls fournit des signes bien autrement précieux que la paipation précordiale. L'étude de ces signes

noïjs éloignerait de notre siijot(l). Qu'il nous suffise de dire où et comment Ton doit tAter le pouls, et co que l'on doit étudier dans le pools.

Le pouls s'explore ordinairement à l'artère radiale; mais cela n*est quelquefois pas possible, soit que le malade refuse sa main, soit qu'une fracture, un bandage, une vive douleur locale s'opposent à l'exploration, A déf^uit de la radiale, on tute ou la faciale ou la temporale. F*our explorer le pouls radial, il faut appliquer sur rarlere la pulpe des trois doigts index, médius et annulaire, rapprochés et rangés de niveau, le pouce passant sur la face postérieure du membre. On donne le précepte de se servir de la main opposée h celle dont on lAte le pouls, de telle façon que l'index soit toujours du côté du carpe.

Quant aux qualités du pouls qu'il s'agit d'apprécier, oe sont la fréquence, la force ou la tension, la dépressibilité, la mollesse ou la dureté, la régularité,

La fréquence s'estime par le nombre de pulsations comptées dans l'espace d'une minute.

Dans la pratique, on compte ordinairement pendant un quart de minute seulement, en se servant d*une montre à secondes , et l'on multiplie par quatre (2).

Appiicatîon du métronome d r exploration du potih.

(I) Voyezla bibtiographio de co sujet : E. Oînlrac, ouvr* cité, t, I, p. 402 (bis).

(^jFloyer. The physîcîans Pulsewatch.or Essay to pxpîaiiithoartof reoling Ihe puise and to impart it by lhcptilsewatch,Lofidon,1707.

— liordeti. Rccherrhcs sur les crises; CVI,

— Doubla, SôméioiiquOi t, il, p, Ui et 168.

— DoBn<5, Archives générales de médecine, 2*^ s^rie, t. IX, p, i3î ^ Gin trac» Ouvr, cité, t. I, p 407 (bis).

— En 1839, Dubois (d' Amiensfi ) proposait de se servir du métronome pour apprécier la fréquence du pouls.

On sait qu'on peut régler cet instrument de manière à donner à ses oscillations la fréquence voulue. Dubois (d'Amiens) réglait l'instrument d'après la ficéquence évaluée du pouls.

On avait dès lors des notions exactes sur la régularité du pouls, son égalité, ses intermittences, ses redoublements.

On pouvait, de plus, ce qui est difficile par le toucher, compter au delà de 200 pulsations par minute. On sentait le pouls par le toucher, on voyait ses oscillations, et de plus on les entendait.

Mais on reconnut bientôt que ce procédé d'explo* ration n'était pas pratique et n'offrait pas les avantages que lui attribuait son auteur.

Le palper renseigne très-bien sur la fréquence du pouls; mais il devient insuffisant pour l'appréciation des autres qualités, surtout en comparaison du sphygmographe.

Sphygmographie. — Un sphygmographe est un instrument d'exploration qui dessine et figure les quedités du pouls. Il fait voir ce que sent le doigt. Gr&ce à lui, le pouls s'écrit et se décrit lui-même.

A une sensation dont l'analyse est difficile, fugace et incomplète , il substitue un fait permanent , une image.

C'est à Vierordt qu'est dû le premier sphygmographe (2). Sanctorius (3) avait bien son pulsiloge ; on

(i) Bulletins de rÂcadémie de médecine, i839.

(i) Vierordt, Lehre vom Arterienpuls in gesunden und krankhaften Zustanden, Braunsch'weig 1855.

(3) Comment, primi libricanonis Avîoennœ,V6net. 4(>00«- Meth. vitand. error., lîb. V, ch. vil, ^ 709.

connîiissaît bion le sphygmometre de Hérisson (1); mais ces appareils n*avaiont doiino aucun résultat sérieux et pratique. Ils n'ont qu'une importance historique secondaire; nous les passerons sous silence.

En Angleterre, King avait réussi a rendre visibles les pulsations du pouls veineux par l'artiOce suivant:

D*nn (il de cire u cacheter, ou mieux de verro étiré à hx lampe, il faisait un levier rigide et très-léger. Il collait, au moyen d'un peu de suif, Tuna dos extrémités de ce (il dans le voisinage de la veine k explorer transversalement à celle-ci et en Fappuyant sur elle. Les expansions et les resserrenif^its alterna tifs du vaisseau se traduisaient a rextrémité Hlircdu levier rigide par des mouvements amplînés et très-appréciables, Vierordl mit ce principe à profit.

Sphy<jmo(jraphe de Vieronlii^l). — Le doigt qui reçoit l'effort de la colonne artérielle est allcrnativement soulevé, de même la jambe et le pied, lorsque le creux poplité d*nn coté est appuyé sur le genou do Tautre coté. Ce phénomène a inspiré à Vierordt ridée du premier sphygmographc clinique qui ait été construit. Son appareil est compliqué mais trèsingénieux (fig. 40).

Une potence ou un support quelconque est muni de deux étriers situés Fun au-dessus de Tantre,

Ces deux étriers supportent chacun un axe horizontal, /// ticc. Autour de chacun do ces axes oscille, comme un fléau de balance sur son couteau, un levier du premier genre, à bras d'inégale longueur ab et fg. A l'extrémité du bras le plus court du levier

(l) S6ance de rAcadémic dos Sciences du l^' srptonibro 183V,

Ou s^'anct) df* l'Acad<'mî<?de médecine diiT mars !83S* ifi.) Marey. Physiologie de la circulation du sang.

- m — inférieop, est une cupule qui reçoit des poids P* Le bras lo plus long do chacun des leviers va s*arlicLilor fiu milien d*iin axe mm et nn parallèle h celui qui

Fuj. 4a. - Spbyt;mjG"plie de VierjidL

ah. et fg^ d«uî leviers de lonfîu'^iir ïnépiç » — Ai «t ec. aiRs du mouvement de cei \tntf%, les aies soit supportés par les étriers rcprt-sentés par des liytirs poncloées, - mntnn. cadre métal Uque articulé avec les leviers. — P. plnqu rie laiton qui s'applique sur Tarière. — i*P* cupaks qti' rcçolveot les poiJs de5tiiie"i à rael* tre le ^ystùmi ca équilibre. — R- arlére» — i. qiindrc enregistreur. — 0. pinceim oti plume.

sert de point d^ippiii au lovieri et supporté par un cadre mélalliquo mmnn^ auquel est attaché un (linceau 0^ le cadre est incliné en raison de ce que les deux leviers sont d' inégale longueur, le supérieur étant le moins long, 11 est destine à transformer en une ligne droite les oscillations du levier inférieur, c'est un véritiible parallélogramme do Watt, Les deux leviers sont rendus ainsi solidaires Fun de Tautre; tout mouvement de Tinférieur est communi* que au supérieur.

Supposons le levier inférieur isolé, articulé au cadre : le cadre à chaque mouvement d'ascension du levier resterait vertical, mais changerait de plan passant dans un plan de plus en plus rapproché du

poîni d'appui du levier ; mais combinons au mouvement du levier inférieur, un mouvement de bascule du cadre, autour de Taxe par lequel il reçoit le levier. Le mouvement du levier élève le cadre et tend à le rapprocher du point d'appui e c, mais le mouvement de bascule tend au contraire à Téloigner du point d'appui e c ; si donc ce mouvement do bascule est proportionnel au mouvement d'approche vers le point d'appui, il Tanaihile et il ne resta plus qu'un mouvement d'ascension du cadre dans un même plan vertical. Ce mouvement de bascule est produit par le levier supérieur qui, comme nousTavons dit, plus court que le levier inférieurp reçoit bien son mouvement de lui, mais n'exécute pas un arc de cercle aussi grand que lui, il en résulte que lapartie inférieure du cadre s'élève plus que la partie supérieure, c'està-dire un mouvement de bascule de ce cadre ; et si la différence de longueur entre te levier est calculée de telle façon que le mouvement de bascule qu'elle produit soit proportionnel au mouvement de rapproche vers le point d'appui, qu'engendrerait le levier inférieur isolé ; la correction se fait et la plume llxée au cadre décrit une ligne droite. Cette plume oscille devant un cylindre mu par un mouvement d'horlo* gerie. Auprès du point d'appui e c du levier inférieur sur le bras le plus long, est fixée une tige verticale terminée par une plaque d'ivoire destinée à appuyer sur Tartère que Ton explore. Dans les cupules PP' du même levier, on met des poids qui établissent l'équilibre.

Quelque bien équilibré qu'il soit, cet appareil eât lourde massif et par conséquent inerte* Dès lors il est paresseux, et oscille difficilement. Il conserve en

— 1»5 — raison de «on inertie une vitesse acquise qui introduit dans les tracés qu'il donne des éléments étrangers au mouvement artériel.

Enfin en raison de sa paresse, il reste indifférent aux petits accidents de l'impulsion artérielle et ne les traduit pas.

Spkygmographe de Marey (1). — Marey a fondé sa réputation scientifique en inventant cet ingénieux instrument, au moyen duquel il a su reconnaître, les types si remarquables du pouls dans les maladies du cœur. Le sphygmographe de Marey (fig. 41 ), se compose d'un support, d'un levier, d'un point d'appui pour ce levier, et d'un mouvement d'horlogerie enregistreur.

Le support est une pièce de laiton coudée, à angle très-obtus, dont les deux branches sont d'inégale longueur; Tune a près de 0",15, l'autre 0",05. La plus courte branche est plate, large de 0",045; sur celle de ses faces qui regarde l'intérieur de l'angle, est fixé le mouvement d'horlogerie ; c'est une caisse rectangulaire haute de 0",025 environ, longue de (H)30.

La plus longue branche pleine d'abord, se termine en cadre rectangulaire HQ portant sur celui de ses pe-

Fig. 41. * sphygmographe de Mafey.

(I) Marey . Pbystplogie de laclitulation du stuig. Paris 1883) p. Il9-i8l.

tita côtés lo plus éloigné du sommet do Tangle Q, Tarticulalîon G du levier porte-plume, sur lequel presse

un peLit l'cssort Ires-doux, et sur son petit cùté le plus rapproché de l'angle E, une autre articulution qui commande lo couteau mobile EBI) sur lequel repose le levier, (fîg. 12). L'un a dune ainsi un système de

r^=t/îSlii;i

Fig- 42. — RQ lonfjwe brandie de la monture, — EBD levier porte-couleiiu. — E arliciilalion cfe ce leviiT. — C arliculalîon ilu levier portc-iitume, — K ressort et plaque d'ivoire j^ppuyant sur rartî?rc. — P vis réglant îa pression du ressort K — T vis servant à élever ou à abaisser le Jcvier porte-plume* — W pas de la vis T il travns le levirr Eir,

deux articulations qui se commandent Tune Tautre, Tout mouvement imprimé à rarticulation du levier EB se transmet par T intermédiaire du couteau D au levier porte-plume et à l'articulation G* Le levier EB est traversé en N par une vis TN qui appuie elle-même sur le ressort K en contact avec Tartère. Ce ressort est à la partie pleine de la longue branche de la monture par une vis P qui permet d'en régler approximativement la tension. A son extrémité libre, légèrement reeourbée, ce ressort est muni d'une petite plaque d'ivoire qui porto sur rarlère.

On comprend le mode de transmission des mouvements. La plaque d'ivoire et le ressort reçoivent les mouvements de Tarière et les communiquent à la vis T qui appuie sur le ressort; cette vis commande la pièce qui porte le couteau et lui imprime tous ses

mouvements* Ces mouvements déjà amplifiés en raison du bras de levier qui sépare le eouteau du point d'implantation de lavis, sont enfin communiqués par le couteau au levier porle-plume qui les ampli De.

Pour fixer Tappareil au bras du malade (car il est fait pour Tartère radiale), de chaque côté le long de la longue branche de la monture sont fixées par des articulations, deux pièces de métal portant des crochets destinés ii servir de points d'attache à un lacet dont on enroule le membre en expérience* Le lacet complète donc, en arrière du poignet, une sorte de bracelet formé en avant par Tinstrumenl tout entier.

Pour manier cet instrument Topérateur reconnaît d'abord par le palper digital ordinaire, la situation de Tartère qu'il veut explorer ; pour plus de sûreté, soit avec un crayon, soit avec n'importe quel instrument dermogniphique, il en marque la trace sur la peau. Mais rartère radiale est longue; quel point de son trajet doit-il choisir? La seule réponse à donner à cette question est qu'il doit choisir le point où les battements artériels sont le plus sensibles à son doigt. Ce point sera au poignet et en général près de rarticulationradio-carpienne. Là en effet, Tartère saisie entre le doigt explorateur ou la plaque d^ivoiro du ressort d'une part, et de Taufre part la surface osseuse rf^présrntée par rextrémité inférieure du radius, ne peut fuir vers les parties profondes. Sur la trace de l'artère il applique la plaque d'ivoire du ressort, en maintenant l'axe de Tinstrument dans la direction de Taxe du membre, le mouvement d'horlogerie dirigé vers la racine du membre. Relevant alors le levier et introduisant la paume de la main

entre lo levier ainsi Soulevé et le corps de rappareil, il saisit à la fois et F instrument et le poignet du sujet; puis il soulève tout le sysLème (bras et appareil), et se lîàte de fixer rinstrument sur Tavant-bras h l'aide du lacet, puis il repose doucement le membre sur le plan qui doit le supporter (!)•

L'appareil est dès lors fixé^ reste à le mettre au point. G est ici qu'entre en jeu la vis P, en la tournant d'un coté ou de l'autre, on met le ressort dans un étal de tension plus grand ou plus faible. Les doigts sur la tête de la vis P, l'œil fixo sur la plume, ' l'opérateur tend ou détend le ressort jusqu'à ce que à la suite do tâtonnements il reconnaisse que les oscillations de la plume sont aussi amples que possible. Le plus souvent alors la plume n'est pas en face du papier. En maniant la visT il peut élever ou abaisser cette plume, en un mot la mettre au niveau voulu en élevant ou abaissant le couteau.

Lorsque la plume est mise en contact avec le papier, les oscillations s'arrêtent le plus souvent; il ne faut pas a'en inquiéter, dès que le mouvement d'horlogerie est mis en activité et que le papier marche/leâ oscillations reprennent.

Le mouvement d'horlogerie offre à étudier des pièces situées sur une des faces latérales, et la disposition dt; sa face supérieure destinée à recevoir le plateau porte-papier.

Les pièces situées sur la face latérale sont la clef etFarrêtage. La clef est la pièce ordinairement placée au milieu de la face latérale, elle a la forme d'une

(i) Lorain, Eiudûa de môdooînû clinique Jaitas avec Taîde de la méthode graphique et deg api>areJlB cnregiatretirs; le Pouls, ses vapiatîoDset ses Tormes. Paris, i8T0,

virole ordinaire, il faut évidemment avoir soin de la tourner dans le bon aeiis, de remonter Tappareil à chaque expérience^ de le monlor toujours avec douceur, en s*arrèlanl u la moindre senaation d'obstacle.

L'arrêtage est cotte barre verticale située près du bord postérieui* de la face latérale; cette pièce articulée a son extrémité iiiféricuro est susceptible dun mouvement de bascule en arrière; une fois Tappareil monté, on le met en marche en portant la pièce d'arrétage en arrière, on rarrète en remettant cette pièce dans sa position verticale primitive.

Sur la face supérieure, on remarque deux bords saillants creusés d'une rainure, et muais, chacun en leur milieu, d'une roulotte qui vient aflleurcr la rainure, et à leurs extrémités de petits ressorts.

Au milieu de cette face supérieure, se voit encore une fente longitudinale laissant saillir de près d'un millimètre hors de la boîte une roue dentée*

Le plateau porte-papier est composé d'une mon* ture et d'un plateau. La monture se compose d'une lame horizontale do métal, destinée h s'adapter aux rainures des bords saillants de la boîte du mouvement, longue de 0'''12 àO°*15. A la face inférieure de cette lame est soudée une tige de laiton carrée dentée sur sa face libre, en un mot une crémaillère destinée à s*en* grener avec la roue dentée qui fait saillie sur la face supérieure du mouvement* Sur la face supérieure de la lame sont vissées deux tiges verticales, Tune à une ex* Irémilé, l'autre aux environs de l'autre extrémité, un peu en retrait sur le plan médian vertical de la lamelles deux tiges maintiennent le plateau en aluminium haut de 0"'02, long de 0«*12 a 0"*15. La première présente une rainure qui reçoit Tun des

bords du plateau, Faulre un ressort qui coîfTe le

plateau. Pour fixer le pfipier, on le pince entre la

rainure et le bord du plateau d'une part, et le ressort

et le plateau d'autre part.

Critique du sphygmograplie de Marey. — Ducheck, reproche au mouvement d'horlogerie de n'être pas régulier. Ce reproche n'est justifié que par la mauvaise construction de Fappareil dont se servait cet auteur.

\M\Q. {Thèse inaugurale^ Uirecfd, 1866) (1) veut pour que rinstrument soit parfait, qu'il réalise les conditions suivantes :

l** Que son mouvement d'horlogerie fonctionne bien; 2* Que le mouvement du ressort équivale à la pression artérielle; 3** Que le mouvement du ressort équivale au soulèvement du ressort ; 4* Que ni le ressort, ni le levier niaient des mouvements propres; 5* Qu'il n'y ait aucun frottement.

Il constate encore Timpossibilité d'avoir un mou-' vement d'horlogerie tout à fait régulier,

Sandcrson [Handbookof the Sphyfpnographe: beiag a guide to its use in cUnical researeh^ by /, Surdon Sanderson F. R, S. physivian lo îhe hospilal for Consum* pHoHy ete, London, 1867) fait d*abord quelques observations sur le mode d'application de rinstrument. ri Le mode d'application employé par Marey est imparAiit, Tinstrument au lieu d'élre fixé solidement assujetti sur le squelette, est seulement maintenu par le lacet pour le temps très-court où il sera possible d'obtenir rimmobilité des muscles du malade. 9 Pour remédier à cette imperfection, après plusieurs

(l^ Hivc, De yiibvgïUûgraiir cii do sphygniugraphiache Curvc^ thèse. Utreohl imû.

- Ul — essais, railleur sest arrête au dispositif suivant : à rextrémité de rinstrument est ajustée une plaque rectangulaire en cuivre qui s'applique sur le leudon du long fléchisseur propre du pouce, et occupe respace compris entre ce tendon et Tépino du radius, cette plaque est (îxée solidement à l'aide d*uue forte bande de caoutchouc qui entoure le poignet. Par ce moyen, la charpente du sphygmographe est appuyée fermement sur une surface osseuse, et I*axe du levier est maintenant à une distance constante de Tartère. Cette bande de caoutchouc n'est-elle pas douloureuse?

E. Mach a signalé une cause d'erreur (1), H a montré que la descente du levier déterminée pï^r Faction du petit ressort qui presse sur lui ne reproduit pas fidèlement le retrait artériel, et en est jusqu'à un certain point indépendante. Mach, pour remédier à ce défaut, articule le levier avec le couteau. Marey a du reste adopté cette articulation du levier avec le couteau dans son polygraphe,

Sphygmographe de Béhier (2). — Le plus parfait qui

F»|î. 43. — Sphygmografih^ de Béliier.

(i) Mach, ZvkV théorie der Puls^vcllenzeichner (^Med. Jabrbuc der Zeitschrin dcr Ge^cUschaft dcr Acrzte, 18*»H, § 47),

fî) Bôhicr, DescriDlion do mûdilicalîôns apportées au suhygmographe. (EnUelm de rAcadémie de médecine, 1868, t.XXXïlî^paiS*

- Ui —

ait été proposé ; il est construit sur If modèle de Finslruraent de Marey, mais présente sur lui les avantages suivants.

Le levier est articulé avec le couleau suivant l'indication de Mach. Le support F qui s'applique sur le bras n'est plus articulé avec la longue branche de la monture, il lui est soudé et est plus large, mais le perfectionnement principal porto sur le ressort. Les indications do Tinslrument de Marey dépendent de la pression que le ressort exerce sur rarlère, pression qui varie d'une expérience à Tantre et que Ton ne peut graduer. Béhier a ajouté à rinstrument un dynamomètre qui permet de mesurer cette pression. Ce dynamomètre est joint à la vis G qui permet dans rinstrument de Marey d'augmenter ou de diminuer la tension du ressort. De plus, grâce au support rifride qui porte sur le bras^ ce n'est que lorsque l'instrument est lixé^ que le ressort appuie surTartère par le jeu de lavis.

La plaque qui porte le papier est plus longue, elle est maintenue dans sa course par une roulette qui empoche les oscillations dans le phm vertical.

Quant au dynamomètre voici comment il est disposé, la vis qui règle la tension du ressort engrène une roue dentée, fixée horizontalement près d'elle, et qui porte des divisions représentant des grammes. Au centre de cette roue est une aiguille indépendante. Dès lors Fappareil une fois appliqué, on tourne lavis jusqu'à contact du ressort avec la peau au niveau de Tarte re ; ce simple contact établi, on met Taiguille au zéro puis on tourne la vis jusqu'à ce que le chiffre qui représente en grammes le degré de la pression que Ton a voulu donner soit devant Faiguille.

fi3 -

Sphygmographe ifp Lfmguei{i). — Cet ingénieux ap* pareil ost fondé sur un tout autre principe que Tins* trumenl de Marey.

Il se compose d*un mouvement d'horlogerie M,

Fig. 44. — Sphygmocrnpbe de LoDfraet,

M* moQTfmpnt d'horlogrrk' — L Tcuille de papier.^ R. colonne «apport de rinslrutûpnl- — 1>. sorte. — tiS. Ussi^aui pour le bras. — F. aie autour dique lournc U roue il* — H- mue porl€-plum'!. — G, pîurae. — A, ll|fe vertictle ippuyant Burrârière. — CC. double ressert qui m^jintient la tige A, —E* potence qui fail suite à h lige A et e^^mmasde li roue H.

(fig. 44) qui déroute horizontalement une bande de papier I , porté sur une colonne verticale K le long et autour de laquplle onpeut le faire mouvoir a Faide

(l. Longuet, Bulletin derAcadéraie demédeciae, 1^8, t, XXXnfp p. 962.

d'un mouvement rapide (crémaillère) et d'un mouvement lent (vis). Celle colonne esliixée dans un socle D en bois, sur lequel sont deux tasseaux NN pouvant s*écarter plus ou moins en glissant dans des rainures ^t qui servent à maintenir le bras du sujet en expérimentation. Elle jouit d'un mouvement autour de son axe.

A la caisse du mouvement d'horlogerie est adapté le reste de l'appareil, supporté par deux cadres placés l'un au-dessus de Tau Ire, le bord supérieuide celui qui est le plus élevé est de niveau avec le plan supérieur de la caisse du mouvement d'iiorlogerie. Ce bord supérieur est un axe F qui porte une roue H se mouvant autour de lui. A cette roue est adaptée une plume G à l'aide d*une pince k pression et d'une articulation. Cette plume repose sur la bando de papier sur laquelle elle écrit un trait horizontal, à chaque arc de cercle décrit par la roue. Une tige verticale A terminée à sa partie inférieure par une très-petite plaque, destinée à être appliquée sur l'artère, traverse à frottement tt'èsdoux le cadre inférieur, où elle est maintenue par un double ressort CC, qui la ramène toujours de haut en bas, quand elle a été soulevée de bas en haut par le choc artériel. Cotte tige commande la roue dont dont iJ a été question, de telle sorte que chacun de ses mouvements d^ascension ou de descente communique à cette roue un mouvement de rotation dans un sens ou dans un autre, et par conséquent à la plume un mouvement de va-et-vient horizontal* Les mouvements sont imprimés à la roue près de son centre de façon que leur amplitude soit augmentée à sa circonférence et par conséquent que les traits de la plume représentent ces mouvements amplifiés.

. Ces mouvements de la tige A sont imprimés à la roue H par le mécanisme suivant : La tige A est surmontée d'une potence qui s'élève au-dessus de Taxe de la roue. Cette potence supporte un fil qui s'enroule autour de l'axe F et s'y fixe. Un second fil, qui peut du reste n'être que le prolongement du premier, s'enroule en sens inverse sur Taxe F et va s'attacher inférieurement a la tige A elle-même. On comprend que, lors des mouvements d'ascension, le premier fil se déroule et donne à la roue un mouvement, tandis que le second fil s'enroule davantage ; au contraire dans les mouvements de descente , le second fil se déroule tandis que le premier s'enroule et imprime à la roue un mouvement en sens contraire du mouvement produit par l'ascension de la tige A. La tige A communique en même temps ses mouvements à l'aiguille I d'un dynamomètre placé laté^ ralement, qui indique la pression exercée sur l'artère à tous les instants de l'expérience, et de plus la force de la pulsation. Cette transmission de mouvements se fait de la façon suivante : La tige verticale A supporte une branche horizontale B, qui passe dans une rainure pratiquée sur l'un des côtés du cadre supérieur. A côté de cette rainure, sur un pivot, est fixée l'aiguille du dynamomètre, qui n'est autre qu'un levier du premier genre à bras inégaux, coudé à angle très-aigu, dont le sommet est au point d*appui ou articulation. La branche B, fixée à la tige A, butte contre le plus petit bras de levier, qui la reçoit dans une rainure, le soulève en glissant sous elle , lorsque la tige A monte, et l'abaisse lorsque la tige A baisse; le plus long bras, qui est l'aiguille, s'anime de mouvements concordants; un

eilérftn est fixé devant la pointe de cftte aiprtiille.

Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de réppter ici les détails que Longuet donne lui-même sur l'application dp son instrument. Cet auteur s'exprime ninsî :

a Mode d'apptimîion. — L Le mode d'application «de rinslrument consiste à plaeer le bras dont on a veut explorer Tartere sur la planchette, entre les «deux tasseaux, de façon telle que le bord cubital n du poignet soit toujours le plus rapproche de la « crt^maillère, et que le plan osseux du radius, sur « lequel passe le vaisseau artériel, soit placé sous la tt plaque d'ivoire. Le poignet est maintenu dans cette i{ position par le rapprochement des tasseaux.

a Le mouvement d'horlogerie étant monté, il suffit <i de tourner la vis engrenée sur la crémaillère pour «abaisser l'instrument sur l'arlére dont le trajet est <c marqué soit pas une raie faite avec Tongle, soit par « un trait d'encre, ou seulement reconnu par la palci pation. »

t( Lu pression doit s'exercer graduellement et par «saccades légères jusqu'à ce que la roue décrive de c petites oscillations; alors, en tâtonnant un peu, en w diminuant ou augmentant la pression, il sera facile «d'arriver au maximum d'amplitude des oscilla- (ctions. Ce maximum obtenu, Tappareil est en bonne «position, La bande de papier est alors engagée sous «le rouleeu et la plume (îxée par sa pince sur la roue, «de façon que la pointe soit au milieu du papier.

«Le levier d'échappement (arrélage du mouvement a d'horlogerie) est abaissé et le papier glisse pen- «dant que la plume décrit un mouvement de va et «vient.

a Quelques précautions doivent être prises pour «assurer la réussite de l'opération :

« !• Le patient doit être prévenu de F innocuité de Tap" mplieation de t appareil pour éviter une émotion qui a agit considérablement sur la circulation, et qui peut • modifier complètement un tracé; 2^ Il doit être «placé de manière que sa position soit pour lui la «moins fatigante possible ; 3® On lui recomman- «dera de respirer comme à Tordinaire et de ne faire «ouo/n mouvement; 4** L'appareil étant placé, si la «roue n'exécute aucun mouvement ou de faibles os- « dilations avec un pouls fort, il faudra faire varier «légèrement la position du bras, soit en dehors ou en «dedans, soit en avant ou en arrière; car, dans ce «cas, l'artère n'est pas bien comprimée; 5' L'encre «doit être préparée avant l'application de l'instru- «ment; la plume doit être essayée, puis amorcée; «6** Il est nécessaire d'éviter que des mouvements «soient communiqués au bras en expérience, soit «par le malade, soit par l'opérateur lui-même, soit «par les assistants.

«II. Pour, prendre le tracé du choc cardiaque, il «suffira de tourner la crémaillère sur son axe jusqu'à «ce que la plaque d'ivoire soit hors de la planchette, «et de fixer la planchette sur la poitrine, parallèle- «ment au sternum, par quelques tours de bande.

«III. Pour prendre le tracé de la fémorale, une «disposition semblable sera prise, et la planchette «sera fixée parallèlement à la cuisse.

«IV. Chez les nouveau-nés, la pulsation produite «par le soulèvement des fontanelles peut être utile à «connaître. Pour en obtenir le tracé, il faut simple- «ment tourner la plaque d'ivoire de telle sorte que

«son grand axe soit parallèle au grand axe de la u rente de la planchette, faire descendre la tigo entre «les bords do la fente et appliquer rinstrument sur «la tète de Tenfant de manière que la plaque divoiro u louche la fontanelle.

«V. Quand on applique unsphygmographe de Ma- ««rey sur la radiale d*un sujet bien portant» il est fa- «cile de remarquer combien la pression de la, vis <i agissant sur le levier fait facilement varier et la «forme et Tamplitude du tracé»

«La connaissance de la force exacte de celte pres- «sion est très-imporlante à connaître.

u Voulant savoir, par exemple, quel effet produit ftsur la circulation un agent thérapeutique quelt( conque, il est nécessaire de prendre un tracé avant «et un tracé après l'administration du médicament, « Si rinslrument de Marey est employé, et s'il faut (t l'enlever dans FintervaHe de Tinseription du pre- « mier et du deuxième tracé, il sera à peu près imposffsible, pour le deuxième tracé, de retrouver exacte- «ment les mêmes conditions dans lesquelles le prettmier aura été pris, conditions dépendant : a V Do la position de Tappareil sur le bras; a 2** De la force avec laquelle le ruban fixateur aura « été serré ;

« 3" De la pression du levier sur l'artère; ce levier, «descendant plus bas que le point d'appui, exerce «déjà une pression qu'il est impossible de connaître «parce qu'elle dépend de la force avec laquelle le «lien est serré, pression qui agit même avant la «fixation définitive de TappareiL

«Avec le nouvel instrument, les conditions d'ap-

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«plication ne peuvent pas varier, et la pression peut «être connue grâce au dynamomètre.

a VI. Un autre avantage qu'offre le nouveau sphyg- «mographe, c'est de n'exercer aucune pression sur «les veines du bras, et, par conséquent, de ne point «modifier les conditions de circulation dans ces «veines, dans les capillaires, d'où elles naissent, et, «par contre, dans les artères. En effet, la région «anti-brachiale, au lieu d'être comprimée circulaire- «ment sur une étendue de plusieurs centimètres, ne «subit de pression qu'en trois points très-limités: «les deux apophyses inférieures des os de l'avant- «bras et l'artère. — La circulation veineuse se fait «donc très-librement.

«VIL Plusieurs autres modifications méritent en- «core d'être signalées : 1** Lebras mobile de la plume «peut s'élever ou s'abaisser sur la tige fixe, et alors «augmenter ou diminuer la hauteur du tracé. Dans « les tracés si peu amples des insuffisances auriculo- «ventriculaires, cette modification a une assez grande «utilité; 2' la plume elle-même , par sa position hocrizontale, est beaucoup plus maniable que celle de «l'appareil Marey, dont la plume verticale est si dé- « favorable à l'inscription, et qui, à cause de sa lon- «gueur, décrit un arc de cercle au lieu d'une ligne «droite dans les tracés très-amples; 3® la bande de «papier qui reçoit l'inscription étant très-longue, «permet de noter des modifications qui n'apparais- «sent que de loin en loin (intermittences ou irrégu- «larités) ; 4* le mouvement de progression de la «bande est plus rapide, ce qui donne à la ligne de «descente une plus grande amplitude; 5** la mobilité «des tasseaux sur la planchette facilite la prise de

«(racés chez los cnftiiits Ires-jeunes tout aussi bien «que chez les adultes; G** lu mobilité de liv crémuilct 1ère sur son axe permet de porter la plaque d'ivoire a hors de la planchette et de prendre des tracés, soit «de la fémorale, soil de la pointe du cœur, soit des «fontanelles; 7° la position verticale de la lign prin* ttcipole peut être transformée en position horizon- «tale, ee qui peut avoir une ctîrt*MÎne utilité par les *( expériences physiologiques sur la respiration ou la «circulation, n Cet appareil n'est pas très- répandu, nous croyons qu*il mériterait de Télre. Il est simple, facile h appliquer, s'accommode à rexploratîon de' toutes les artères accessibles. Peut-être, piir exem^ pie, est-ce lui demander plus qu'il ne peut donner,^ quoi qu'en dise son inventeur, que de lui demander d'exprimer la force de la pulsation artérielle.

Méthode de Czermak [i). — Une méthode sphygmographique tout autre est celle de Czcrniak.

Cette méthode consiste à enregistrer le pouls avec un levier sans poids qui écrit sans frottements et qui ne change rien à Tétat do Tartére sur laquelle on expérimente. Ce levier est un rayon de lumière.

Czermak prend une lentille bi-convexe, au foyer de cette lentille il place Fartère sur laquelle est fixé un très-petit corps opaque qui en subit toutes les oscillations. L'image du corps en mouvement est reproduite amplifiée au second foyer de la lentille dans une chambre noire. Au foyer est un papier sensible sur lequel se reproduit Timageen mouvement. Le papier est mû par un mouvement d'horlogerie,

(1) Sitzungsbor. dor k. k. Akademie der Wisscusch al'teD, Ji gang 47, p. 4Î8.

Conclusion. — L'inspection, la palpation, la percussion et l'auscultation du cœur n'offrent aucune difficulté pratique et suffisent aux besoins journaliers de la diagnose. La cardiographie est une branche de physiologie .pathologique des plus fructueuses. Le cardiographe de Marey est le meilleur que nous connaissions. Tout clinicien doit savoir le manier.

L'appareil de Potain pour l'étude des dédoublements des bruits du cœur est ingénieux en principe mais demande des perfectionnements.

Le palper fournit des renseignements exacts sur la fréquence et permet d'apprécier vaguement les autres qualités du pouls. La sphygmographie affirme ce que le palper faisait soupçonner des qualités du pouls. Le sphygmographe de Marey, modifié par Béhier, est un instrument excellent. Le sphygmographe de Longuet a des avantages sérieux sur le précédent, mais il a le défaut d'être quelquefois infidèle et rebelle.

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