‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 35 sur 70 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Le sieur L. D..., cuisinior, âgé de 37 ans, entre le 17 mai 1870 à riiôpital Neckcr.

A eu cinq ou six blennorrhagics dans son jeune âge. Il eut, il y a vingt mois, un premier abcès urineux, suivi d*un second un an plus tard, puis d'un troisième en mars dernier. Depuis quelques jours est survenue une quatrième collection urineuse située au périnée, un peu à gauche de la ligne médiane, et ayant le volume d*un gros œuf do poule.

La bougie no 6 passe difficilement au méat et pénètre ensuite, sans aucune peine, jusqu'à la vessie. Le méat présente un rétrécissement dû à la rétraction cicatricielle d'un chancre situé en cet endroit, il y a plusieurs années.

La prostate n'offre rien de particulier, sauf un volume un pou supérieur à droite.

Une incision sur la ligne médiane est faite sur-le-champ, et le doigt introduit dans la cavité de l'abcès permet de constater que ses limites atteignent en arrière le voisinage de l'anus, et en avant le scrotum, qui se trouve môme envahi par l'urine dans une petite étendue. L'écoulement d'urine par la plaie est assez abondant.

On pratique Vuréthrotomie du méat avec l'instrument de Giviale, puis, prenant une «onde n<i 18 de la filière Charrière, on la passo sans difficulté dans toute l'étendue du canal. Quelques jours après, l'incision périndale se trouvait cicatrisée, et le malade s'en allait guéri de son infiltration et de son rétrécissement.

On ne voit pas trop ce qu'il y aurait à reprendre dans ce fait, et la critique que Ton en pourrait faire. Tout au plus pourrait-on arguer que ce n'est qu'un fait, qu'il est isolé, et que cet isolement lui nuit. A cela on peut ré-

pondre que cet isolément est son seul défaut, et nous

allons du reste le faire disparaître par rapport de deux nouvelles observations que nous avons eu l*occasion de voir dans le service de M. Guyon.

OBSERVAnON IK

Boguet (Jean), hgé do 4î) ans, cuire le 20 novembre à Thôpilal Neckcr.

Il dit avoir eu, il y a une quinzaine de jours, une luméfaeUon du |jérinée, située immédiatement en arrière du scrotum, luaiéfacliou qui a élé incisée par M* le Dr Jourjon. ïl en est sorli du pus, et à ta suîlû do rurine.

A son entrée h l'Kôpilïil, on constate une petite induration se prolongeant à travers les tissus jusqu'au canal de i'urothre et à travers iaquelle s^écouîe de Turine au moment de la miction* De plus, au méat, il offre un rétrécissement qia ne laisse passer que le n" 6, Ce rétrécissement est survenu h la suite d"'un chancre,

La ditataîion du méat settl e&t faite les jours suivants, et lorsqu'on est îirrivé au u° ^<* de hi Illière Çharrière, on a pu francliir complètement tout le canal avec ce môme n° i^J. C'est dire qu'il n'y avait de rétrécissement qu*au méat, et pas ailleurs.

Les urines sonl acideif^ et non albumineuses.

Le troisième cas que nous avons observé sera publié plus loin dans les faits cliniques, mais nous devons dire ici qu'il est le plus concluant de tous, car il s'agissait d*une véritable inliUration de tout le périnée, à la ^ suite de laquelle le malade a succombé {Voir Tobs. VI). ^|

Voilà trois faits pour la démontratîon d'un point, qui i se comprend en quelque sorte de lui*méme, si l'on veut j bien se reporter aux considéirations pathologiques dans H lesquelles nous sommes entités tin peu plus haut; à cette cause principale, vient-il peut-être s'en adjoindre une autre, la contrature de la portion musculeuse de Turètbre, contracture déterminée par le contact de l*urîne en un point enflammé. M.Verneuil semble même donner à cette dernière une certaine importance* Quelle que soit au reste l'explication théorique» il nous semble permis de

dire que la rupture de la muqueuse a lieu dans son point le plus faible et que ce point peut se trouver fort éloigné de Vobstacle.

3° L'urine a pénétré dans les tissus, quelle sera sa marche, quel sera son mode de propagation? M. Denonvilliers, par la description des aponévroses du périnée, nous a donné la clef de tous ces phénomènes, et c'est à sa description anatomique que nous devons nous reporter pour bien comprendre le passage suivant, que nous extrayons du livre de M. Voillemier.

« La marche de Tinfiltration urineuse est très-diflférente suivant le point de l'urèthre qu'occupe la solution de continuité. Lorsque celle-ci siège un peu en avant de la région membraneuse ^ ce qui est le cas le plus commun, l'urine, retenue en haut et en arrière par l'aponévrose moyenne, en bas et en avant par l'aponévrose superficielle, commence par s'épancher dans la loge comprise entre ces deux plans fibreux. Rencontrant, du côté de la cavité pelvienne, une barrière presque insurmontable, elle se porte en avant dans le tissu cellulaire lâche des bourses et des aines. Dans cette dernière direction, elle trouve peu d'obstacles : elle envahit le pubis, les côtés du tronc et les lombes; on l'a vue s'étendre jusqu'à l'épine inférieure de l'omoplate et jusque sous l'aisselle. Elle peut encore contourner l'épine antérieure et supérieur de l'os coxal, gagner les fesses et la partie supérieure des cuisses. Quand la déchirure intéresse la portion membraneuse, l'infiltration limitée en bas par l'aponévrose moyenne, en haut par l'aponévrose supérieure, s'étend en arrière sur les côtés du rectum, dans les fosses ischio-rectales et jusque dans le tissu cellulaire souscutané de la marge de l'anus. Profitant parfois de quelque éraillure des plans fibreux, ou suivant le trajet des nerfs et des vaisseaux, tantôt elle traverse l'aponévrose moyenne, s'épanche entre elle et Taponévrose superfi-

cielle, et se comporte comme je l'ai dit précédemment; tantôt elle se porte en htmt, gagne les fosses iliaques et quelquefois le tissu cellulaire sous-péritonéal jusqu'à une très grande hauteur, le long de la colonne verte- ' brale. ^M

Si Furèthre a été déchirée dans sa partie antérieure, ^1 l'urine passe rapidement dans le tissu cellulaire hache des bourses et de la verge; mais les désordres sont rarement considérables^ à cause de la position superficielle de ces paîi:ies et de la facilité qu'on a de limiter l'infiltration au moyen de quelques incisions. »

Nous avons tenu à être bref dans cette première partie ; nous n'avons rappelé que très-sommairement les faits parfaitement conpus et démontrés, tout en insistant ^ sur quelques points qui ont paru moins acceptés. Et si ^| nous voulons résumer ces derniers» nous verrons que ■ nous avons surtout insisté sur les altérations granuleuses de la muqueuse uréthrale, ayant lieu dans toute son étendue, que ces altérations se poursuivent et, arri- fl vant à la vessie, y déterminent une hypertrophie plus ou ™ moins grande, double fait pathologique qui explique comment Turine peut se frayer un passage dans un point souvent fort éloigné du rétrécissement, comment aussi rinfitration peut se produire à une si grande distance,

§ II. ^^ — Conditions relatives à la qualité de Vurine.

L*urine a une composition qualitative ou quantitative des plus variables- Pour ne prendre que le point seul de son acidité, quelle variabilité! Tantôt c'est à Tacide urique ou aux urates qu'elle doit de rougir le papier de tournesol ; tantôt c'est au phosphate acide de soude, ou â l'acide oxalique, etc. D'autres fois au contraire Tu ri ne, loin d*étre acide, présentera un état intermédiaire entre l'état acide et Tétat alcalin, elle sera neutre. D'autres fois

— is —

encore elle sera alcaline, et cela sans qu'il y ait décomposition. Tout le monde sait» en effet» que, si on vient à examiner son urine après avoir bu du vin blanc à jeun, on est presque certain de la trouver alcaline.

Bien plus grandes encore seront les variabilités, si Ton envisage l'état pathologique. Chaque urine a pour ainsi dire son aspect propre, son caractère spécial. Non-seulement il s'y trouve des éléments organisés, cellules épithéliales, globules de pus, globules du sang, qui subissent là une putréfraction, ou tout au moins hc\tent la décomposition chimique de Turineet la font passer de Tétat acide à Fétat alcalin. C'est déplus l'acide sulfhy* drique, le sulfhydrate d'ammoniaque, le carbonate d ammoniaque etc., que Ton rencontre, et qui vont donner à Turine des propriétés septiques plus accentuées.

Mon but n'est pas de faire l'histoire de la composition du liquide urinaire, ni de faire voir ses variations qualitatives ou quantitatives, pas plus que de montrer la décomposition successive de ses divers principes élémentaires. Les iediquei" seulement, rappeler en quelques mots leur réalité, telle a été ma pensée.

Et maintenant voilà où j'en veux arriver. Puisqu'il existe des urines à composition tout à fait différente, ces urines au contact des tissus organiques vont se comporter différemment, leurjmuvoir osmotique ii'ctant plus le mùnic. Je ne voudrais pas assimiler le fait de Finliltration urine use, ou du moins ses résultats, à un sioipîe courant osmotique ; mais il y a quelque chose dans ce sens, et la composition élémentaire des liquides influe considérablement, beaucoup plus qu'on ne pourrait le croire.

Qu'on veuille réfléchir un instant sur le fait de la pénétration du liquide urinai re dans Tintimité des tissus. Poussé avec force, il déterminera la rupture de quelques faisceaux deti^su conjonctif, peut-être même de quelques capillaires, et dans certains cas pourra arrivera former Muron» 3

une petite tumeur. Si la force de propulsion est moindre, il s^inliltrera, dans le sens propre du mot, à travers les i espaces lacuoeux du tissu conjonctif, et formera une sorte d'œdème urinaire. Une fois arrivé dans les tissus^ ce ^ liquide va être soumis aux lois Q$motique$ dont nous^^^ devons la connaissance à uu savant illustre, Dutrochet. » Se trouvant au contact intime des parois des vaisseaux capillaires» il va se produire entre le liquide unnaire d'une part, et le liquide sanguin d'autre part, un courant plus ou moins intense à travers cette membrane amorphe. Et si nous ne pouvons déteniiiner avec précision les détails de ce courant, nous sommes assurés qu'il s*eii produira un, lequel pourra être à Tavantage de !*urine, si ce liquide offre une composition très-riche en substances salines; lequel au contraire se fera en faveur du liquide sanguin, si l'urine ne possède qu'une faible densité. ^Ê J*ai essayé de vérifier jusqu'à un ceilain point la réalité ^1 de cette idée à priori, et prenant l'albumine dissoute, j'ai pratiqué les expériences suivantes pour me rendre un compte exact de la force endosmotique plus ou moins grande qui allait se produire suivant la qualité de l'urine.

Exp. I. -« Une urine, alcaline après une exposition de

24 heures à Tair, renfermant quelques globules de pus, et devant son alcalinité à du carbonate d'ammoniaque, i est placée dans de la baudruche* Cette baudruche est liée ^B à la partie supérieure, de sorte qu'on a un véritable petit " sachet parfaitement clos. On plonge dès lors ce petit sachet dans une dissolution d'albumine. (La dissolution a été obtenue en ajoutant au blanc d'œuf de l'eau, puis une goutte d'une solution de potasse, et en agitant le mélange avec une baguette de verre.)

On a soin de ne faire plonger le petit sachet que par sa partie inférieure^ de façon à ce que la dissolution al bu mineuse ne se trouve en contact avec Tu ri ne que dans

ses 2/3 inférieurs. Vingt-deux heures après, le sachet est retiré, essuyé avec soin, et on vide dans un tube le liquide qui s'y trouve renfermé. Ce liquide est très-alcalin. Ajoutant alors quelques gouttes d'acide acétique , il devient acide ; puis chauffant le tube, on voit se dégager une foule de bulles gazeuses, qui entraînent avec elles quantité de grumeaux d'albumine coagulée. Après l'ébullition du liquide, on voit surnager à sa partie supérieure une masse de 1 cent, de hauteur, ressemblant en appa* rence à de la mousse, et qui en réalité se trouve ôtre un mélange de bulles gazeuses et de grumeaux albumineux. De plus dans le liquide nagent une foule de grumeaux semblables. L'addition de l'acide nitrique ne les fait nullement disparaître. Ce liquide est donc devenu trèsalbumineux, (Nous devons ajouter que cette urine renfermait par elle-môme une petite quantité d'albumine ; mais la quantité, contenue après son séjour dans la dissolution albumineuse, était au moins dix fois supérieure.)

Exp. IL — J'ai expérimenté de la même manière avec une urine acide, laquelle par le refroidissement laissait déposer une énorme quantité de granulations d'urates. Cette urine, non albumineuse, mais riche en urates, d'une densité de 1025, a produit les résultats suivants :

Le liquide, après 22 heures de séjour dans la dissolution albumineuse, était devenu légèrement alcalin, et de jaune foncé qu'il était, avait pris une teinte blanchâtre. Après avoir ajouté une goûte d'acide acétique pour le rendre acide, la chaleur donnait immédiatement un coagulum, et l'on voyait flotter nombre de granulations qui ne se dissolvaientpoint par l'acide nitrique. Toutefois la quantité d^albumine était environ moitié moindre avec cette urine acide (urates et acide uriflue) qu'avec l'urine alcaline dç l'exp. I. (Carbonate d'ammoniaque.)

Exp, IF. — M(}me expérience a été faite avec une urine

transparente, jaune pàJe, conservant sa transparence malgré le refroidissement, faiblement acide (phosphate acide de soude), d'une densité de 1018; après 22 heures de séjour, l'urine était devenue alcaline. L'addition d*une goutte d'acide acétique la rendit acide, et la chaleur produisait un précipité granuleux^ moins abondant que le précédent {Exp. Il), précipité qui ne se dissolvait pas par Tacide nitrique,

Exp, IV. — Même expérience avec une urine pâle, transparente , conservant sa transparence malgré le refroidissement, très-faiblement acide (phosphate acide de soude), d'une densité de 1012.

Le résultat final fut le suivant. Le précipité granuleux était ex trèmenieni faible f bien plus faible encore que dans Texp. IIL

En résumant ces quatre expériences, et considérant la force osmotique qui s'est opérée de la dissolution aîbumineuse vers le liquide urinaire, on arrive aux chiffres suivants. Prenons par exemple le chiffre 10 pour exprimer la quantité d'albumine qui s est osmosée dans Texp. I, nous aurons le chiffre 5 pour Texp, II (densité de Turine ^: 1025), le chiffre 3 pour l'exp. III (densité de Turine ^= 1018), et seulement le chiffre 1 pour l'exp. IV (densité de l'urine :.,:- 1012),

Ces quantités numériques ne sont pas à coup sûr mathématiques; elles ne sont qu'approximatives; elles expriment simplement les diversités qui existent pour les courants osmotiques suivant les qualités du liquide urinaire, et elles ne l'expriment que pour Talbumine.

Mais injectons ces m(5mesurinesdans le tissu cellulaire des animaux ou de leurs muscles, Voyons comment elles vont se comporter avec les tissus organiques ; voyons si les résultats seront semblables et identiques. Nous

relatons tout au long ces expériences, et leur exposé en dira bien plus que toutes les discussions auxquelles on pourrait se livrer.

Exp. I (bis), -^ Lapin gris de 3 mois environ, fort, vigoureux. On se sertdeTurinen®!, alcaline, renfermant du carbonate d'ammoniaque quelques globules de pus, et quelques cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.

On lui fait dans les muscles du dos une injection brusque de 5 grammes d'urine.

On lui fait dans le tissu cellulaire sous-cutané de la cuisse gauche une injection brusque de 5 grammes d'urine.

On lui fait dans le tissu cellulaire de la cuisse droite une injection lente de 10 grammes d'urine, en ayant soin de presser le liquide à mesure qu'on l'introduit, de le niveler en un mot.

Le lendemain il paraît abattu ; le 2* et le 3** jour il présente le môme état d'abattement. Sa vigueur est presque anéantie

On le tue au commencement du 4* jour; il était sur le point de périr.

Dos. On trouve un abcès creusé au milieu des muscles du dos, avec infiltration purulente de ces muscles, décollement des aponévroses et infiltration purulente du tissu cellulaire.

Cuisse gaucftc. A la cuisse gauche se voit une infiltration purulente du tissu cellulaire , non localisée , s'étant étendue à presque toute la cuisse.

Cuisse droite. L'infiltration purulente est beaucoup plus étendue encore.. Elle n'est pas bornée à la cuisse, mais elle a gagné le sacrum et arrive jusqu'à l'aine. Forte odeur ammoniacale.

Exp. II {bis), — Lapin blanc, de 3 mois environ, fort.

/igoureux, On se sert de Tu ri ne n'^II, acide, Jaune foncé, riche en urates, d'une densité = 1025.

On lui fait dans les muscles du dos une injection brusque de 5 grammes d*uriiie. Une partie en ressort, de sorte qu'en réalité rinjection est de 2 à 3 grammes seulement.

On lui fait dans le tissu cellulaire de la cuisse gauche une injection brusque de 5 grammes d*urine.

On lui fait dans le tissu cellulaire de la cuisse droite une injection lente de 10 grammes d^urine, en ayant soia de régal iser au fur à mesure de son introduction.

Il est trouvé mort au commencement du 5* jour.

Dos, Congestion intense de tout le tissu cellulaire souscutané correspondant à T injection. Dans les muscles on constate une très-légère infiltration purulente, mais pas de décollement aponévrotique.

Cuisse gauche. On voit dans le tissu cellulaire une infiltration purulente, localisée, ne s*étendant pas loin.

Cuisse droite. L'infiltration purulente du tissu cellulaire existe sur toute la cuisse et a gagné le sacrum.

Exp, III (bis), — Lapin blanc» de 3 mois environ, fort, vigoureux. On se sert de Turine n^ III, acide Jaune pâle, d*une densité :^ 1018.

On lui fait dans les muscles du dos une injection brusque de 5 grammes d'urine, mais il ee ressort une certaine quantité.

On lui fait dans le tissu cellulaire de la cuisse gauche une injection brusque de 5 grammes d'urine.

On lui fait dans le tissu cellulaire de la cuisse droite une injection lente de 10 grammes d*urine, en ayant soin de régaliser au fur et à mesure de son introduction.

Il est tué au commencement du 5" jour,

Dos, 11 existe simplement de la congestion du tissu

cellulaire et une infiltration sanguine des musclesdu dos; mais il n'y a pas de pus.

Cuisse gauche. On trouve du pus infiltré dans le tissu cellulaire, en petite quantité, et tout à fait localisé.

Cuisse droite. L'infiltration purulente est étendue à toute la cuisse; elle ne s* étend nia l'aine, ni au sacrum.

Exp. IV [bis). Lapin blanc de 3 mois environ, fort, vigoureux. On se sert de l'urine n** IV, acide, pâle, transparente, d'une densité de zz: 1012.

On lui fait dans les muscles du dos une injection brusque de 5 grammes d'urine.

On lui fait dans le tissu cellulaire de la cuisse gauche une injection brusque de 5 grammes d'urine.

On lui fait dans le tissu cellulaire de la cuisse droite une injection lente de 10 grammes d'urine, en ayant soin de l'égaliser au fur et à mesure de son introduction.

Il est tué au commencement du Séjour.

Dos. Dans les muscles du dos on ne trouve qu'un peu d'infiltration sanguine, mais pas la moindre trace de pus.

Cuisses gauche et droite. Un peu de congestion du tissu cellulaire, mais pas la moindre trace de pus ou d'infiltration purulente

Ainsi voilà quatre urines, dont la première est alcaline et les autres acides. Chacune d'elles a agi différemment : l'urine n**I produisant une suppuration abondante, fétide, s'accompagnant de décollements aponévrotiques , en d'autres termes formant un véritable phlegmon diffus. Que de divergences pour les autres urines, qui cependant étaient toutes acides. L'urine n**II, dont le pouvoir osmotique était égal à 5, a également produit de la suppuration, mais cette suppuration était franche, nullement gangreneuse. De même pour Turine n* III, ayant un pouvoir osmotique égal à 3, même suppuration franche. Quant à l'urine n° IV, son pouvoir osmotique représenté

pari, était si faible qu'elle n'a rien produit. Elle a absorbée tout entière avec la plus grande facilité sans déterminerde courants exosmotiques. Jusqu'à un certain point elle peut être assimilée à Teau qui s'endosmose d*ordinaire dans son entier sans amener la moindre suppuration, au moins dans les cas où les tissus sontsaias,

A ne considérer que ces simples expériences faites avec Vuri ne acide, on voit qu'elles s'éloignent considérablement des idées qu'ont avancées MM, Simon et MenzeL Ces auteurs, se fondant en effet sur plusieurs injections pra* tiquées sur des chiens, ont exprimé cette opinion que Furine acide ne produisait aucune espèce de suppuration, et qu'elle était toujours facilement résorbée.

Cette opinion, prise dans son sens absolu, ne peut Ôtre acceptée* L'urine acide est bien certainement moins dangereuse que Furine alcalinepar fermentation, mais de là à prétendre qu'elle est toujours résorbée sans produire de la suppuration, c'est ce que nous ne pouvons accepter, c'est ce que nos expériences démentent.

Je donne ici textuellement les conclusions de M. Menzel, et je placerai en regard quelques-unes de ses expériences, qui, i\ mon sens^ démontrent Tinverse de ce qu'il prétend (1).

M i^ L'urine acide normale ne possède aucune propriété phlogogène ou septique et ne produit pas la gangrène, en vertu de sa constitution chimique.

« 2** Il est impossible d'obtenir pai* la voie expérimentale une gangrène qui dépende de la pression de l'urine infiltrée dans les tissus,

«3** Les phlegmons gangreneux arrivent au périnée, comme dans toute autre région du corps, à la suite de contusionsou à la suite d'inoculation de matières septiques. >

{t) Je prie mon ami et collègue M, Maureï rie vouloir bien arceplor 1 ici mes remerrîmonts pour ton ohligpanre à me truduim la^J^^^/fij ml'dkak ito tienne, (Mars et avril 1870,)

Voici maintenant ses expériences :

€ a. Le prépuce d'un chien noir fut fendu, et on introduisit dans Turèthre un barreau de laiton relativement gros, droit et mousse à la pointe. Je perforai Turèthre à la courbure sous-pubienne et arrivai jusque sous la peau. Cela fait, je liai le pénis du chien. Trois jours après, on sentait au périnée, au pénis et au scrotum une très-dure et très-douloureuse tumeur. La vessie était distendue. Le septième jour de l'opération, toute la peau du périnée à gauche était gangrenée et déjà en partie tombée. Des parties voisines, la pression faisait sortir du pus sanieux. Quinze jours après l'opération, le chien était guéri avec une petite fistule urinaire.

« b. Afin de mieux démontrer que c'est la contusion et la mortification des tissus qui, dans les lésions de l'urèthre, provoque la gangrène, je fis une fausse route avec un instrument aigu, évitant toute contusion. L'incision fut faite au niveau de la courbure sous-pubienne et arriva jusqu'à la peau du périnée. Pénis lié derrière le gland.

€ Le lendemain, abattement du chien. Le périnée, le scrotum, le ventre jusqu'aux côtes, et les cuisses étaient fortement gonflées. La tumeur était modérément tendue au scrotum, élastique au périnée, ondulante à l'abdomen. Après quarante heures, le chien fut trouvé mort.

Autopsie faite au mois de juillet, plusieurs heures après la mort. Un liquide roussâtre en quantité considé^ rable, presque clair, fut trouvé partout. Ce liquide était infiltré dans le tissu cellulaire sous-cutané et intra-musculaire pour les muscles. Ce liquide était alcalin, trouble, et renfermait des globules rouges et des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien. Il bouillonnait par l'addition d'acide acétique.

€ Cette expérience démontre que môme une très-vaste

quantité d'urtne ae détermine ni gangrené, ni phtegm s'il n'y a pas eu de contusion préalable, m

Et c'est avec ces expériences que cet auteur prétend pouvoir affirmer que l'urine acide ne jouit d'aucune propriété phlogogène ! Leur simple lecture dément complètement son dire. Tout ce qu*elles peuvent lui permettre d'avancer, c'est que les urines acides lui ont donné trois séries de résultats : 1* la résorption dans la plupart des cas; 2*^ de la suppuration dans deux cas; 3'> de la gangrène dans un autre cas.

Je tenais essentiellement à citer ces faits contradictoires, afin de montrer leur désaccord avec les conclusions, et je demande la bienveillance de mes juges pour cette longueur.

L'urine acide est moins grave, moins pernicieuse certainement que V urine alcaline, surtout quand celle-ci est alcaline par fermentation, et qu'elle renferme par cela môme des produits gazeux ammoniacaux, du carbonate d'ammoniaque, du sulfhydrate d'ammoniaque, etc. Mais, de là à son innocuité complète, il y a loin. En relatant deux des expériences de M- Menzel, on a pu voir que cela était faux. Si Ton veut lire maintenant les quelques expériences que j'ai faites à ce sujet, on verra que l'urine acide est loin d'être innocente. Si, dans quelques cas, je n'ai rien obtenu, dans la plupart il y a eu de la suppuration et mÔme de la gangrène. Tout dépend des qualités de Furine, de sa composition chimique. Ne connaissant pas exactement la composition élémentaire de chaque urine, nous regrettons de ne pas donner plus de précision.

Les expériences de Chossat, de Lehmann et de bien d'autres, ont démontré la variabilité de la composition des produits urinaires, suivant le moment du jour» suivant la nourriture, suivant les liquides ingérés, suivant la fatigue musculaire, suivant le travail intellectuel.

L'urée, Tacide urique, etc., sont en quantité plus ou moins grande, et Ton peut dire, sans crainte d*ôtre démenti, qu'il n'y a pas une seule urine absolument semblable à elle-même. Sans vouloir entrer dans des détails qui nous entraîneraient beaucoup trop loin, et qui du reste ne sont pas de notre compétence, nous diviserons les urines en trois catégories : les unes qui sont riches en sels, les autres qui en renferment une très-minime quantité, et les troisièmes qui sont intermédiaires. Pour notre part, nous croyons que les premières sont infininiment plus à craindre. Ainsi, tandis que les urines qui sont pauvres en sels ne détermineront rien ou presque rien, une suppuration légère, les autres, riches en sels, amèneront au contraire de la suppuration, parfois même de la gangrène.

Avant de donner Texposé de nos expériences, nous tenons à dire que Tinjection d*eau purene nous a jamais offert le moindre résultat suppuratif. Sur plusieurs de nos animaux, nous faisions des injections d'eau comparatives du côté opposé, en la poussant avec force, soit dans le tissu cellulaire, soit dans l'épaisseur des muscles, et jamais nous n'avons vu apparaître la plus petite suppuration. Un peu de vascularisation, et c'était tout. Jamais nous n'avons aperçu la moindre trace d'oedème.

Exp. V. — Lapin de 3 mois environ, fort, vigoureux.

On lui fait dans les muscles de la cuisse droite une injection brusque de 5 gr. d'urine acide pâle, ne déposant pas par le refroidissement.

On lui fait dans les muscles de la cuisse gauche une injection brusque de 5 gr. d'eau.

Deux jours plus tard, on lui fait sur les parois latérales de l'abdomen une injection lente de 15 gr. d'urine acide, riche en urates. L'injection est faite lentement, et on a soin d'égaliserle liquide, de façon à le faire circuler dans le tissu cellulaire.

II est tué deux jours plus tard.

Dans les muscles de la cuisse gauche, on nô trouve rien (eau).

Dans les'muscles de la cuisse droite (urine acide, p&le), on trouve un peu de pus infiltré au-dessous de l'aponévrose musculaire.

Sous la peau de la paroi antérieure de l'abdomen (urine acide, riche en urates), on trouve une infiltration purulente avec œdème de tout le tissu cellulaire d'alentour dans une zone de 5à 6 cent, de diamètre*

Exp. VL — Lapin de 2 mois environ.

On lui fait dans le dos une injection brusque de 5 g d'urine acide, riche en urates.

On lui fait dans le pli de l'aine, à droite, une injection brusque de 3 gr., et, à gauche, une injection lente de2gr

Quatre jours plus tard, on lui fait dans le dos un nouvelle injection brusque de 5 gr. d'urine.

Le lendemain, il est trouvé mort. En disséquant au ni veau du dos, on voit une infiltration purulente de tous les muscles de la masse sacro-lombaire avec une foule de points gangrenés* Ils sont séparés tes uns des autres po cette même infiltration purulente. A la partie supérieure elle s'étend jusqu'aux cotes, qui, sans ùive prises d'une façon appréciable, nen ont pas moins laissé Finfiltration atteindre la plèvre. Il existe une pleurésie pseudo-membraneuse et du liquide purulent dans la cavité. Les poumons sont noirs, gorgés de sang qui semble s être extravase, mais ils crépitent encore.

Dans les plis de l'aine on ne trouve rien.

Exp, VIL Lapin de 2 mois environ.

Même série d'injections que pour le précédent et la même urine. Il survit.

De plus, cinc] jours après, on lui fait à la partie anté-

rieure de son épaule, à droite, une injection avec 5 gr. de son urine, et, à gauche, une injection d'eau de 5 gr.

On le tue troisjours plus tard. Dans les endroits de la première série d'injections, on ne trouve plus que de la vascularisatipn intense, avec un peu de pus infiltré, mais en très-minime quantité.

Vers Tépaule gauche (eau), il n'y a rien, ni injection, ni abcès, ni pus infiltré.

Vers l'épaule droite (urine alcaline du lapin), se voit une infiltration purulente de tout le tissu cellulaire de la région.

Les résultats que nous avons obtenus sont les mômes que ceux de M. Menzel; seule l'interprétation est différente. A l'inverse de cet auteur, nous croyons que l'urine acide est nuisible, et que cette nocuité provient surtout de la quantité de sels qui s'y trouvent contenus. De cette quantité, en effet, résultent des phénomènes osmotiques différents, et par suite des conséquences variables.

On pourrait peut-ôtre objecter que ces injections ont été faites sur des lapins, dont l'urine est normalement alcaline par le carbonate de chaux qu'elle renferme, et l'on pourrait ajouter que l'urine acide pour ces animaux peut être assimilée à de l'urine alcaline vis-à-vis des animaux qui l'ont naturellement acide. Cette objection, nous l'avons prévue, et si Ton veut bien lire les expériences que nous avons faites à ce sujet, on verra qu'elles abondent tout à fait dans notre sens. Elles sont un apport nouveau en faveur de l'idée que nous défendons, à savoir que l'urine est plus ou moins nuisible suivant la quantité de sels qu'elle contient.

L'urine des lapins est alcaline, toujours alcaline, et cela tient à son genre de nourriture végétale. De plus elle renferme une très-grande quantité de sels qui, se précipitant sous forme de granulations, lui donnent un

aspect trouble, blanc jaunâtre. Injectée dans cet état» elle a toujours produit de la suppuration, et même daDs| un cas de la gangrène. Injectée après filtration, c'est-à-' dire après séparation des granules de carbonate de chaux »j elle a également produit de la suppuration.

Exp. Vlil. — Lapin de 3 mois environ.

On lui fait dans les muscles du dos un injection brusque de 5 gr. de son urine, et dahs le tissu cellulaire souscutané de la partie latérale de Tabdomen une autre injection de 5 gi\ Du côté opposé, injection de 5 gr. d*eau.

I! est tué deux jours après. On ne voit rien du coté de Tinjection d'eau, si ce n'est un peu de vascularisation légère du tissu cellulaire. Dans les muscles du dos existe une infiltration purulente dans une étendue de5à(> cent* On trouve également du pus infiltré et collecté en un point dans le tissu cellulaire au niveau de l'injectiou d'urine.

Exp. IX. — Lapin de 3 mois environ.

Injection sous la peau du dos, à gauche, de 5 gv son urine; adroite, de 5 gr. d'eau.

Trois jours après, injection dans les muscles de la cuisse, à droite, de 5 gr. de son urine ; à gauche, de 5 gr. d*eau.

Deux jours plus tard^ ranimai oflfre un grand état d^abattement, et la cuisse droite est paralysée ; elle oflfre au toucher un gonflement considérable.

Il est tué. Sous la peau du dos, on ne trouve rien à droite, et à gauche seulement vascularisation exagérée (urine). Pour la cuisse gauche, rien. Pour la cuisse droite (urine), il y a un œdème déjà trouble, qui remonte du côté du dos, gagnant les parties latérales du corps et la paroi antérieure de Tabdomen. Toute la jambe est également envahie* Du pus se trouve infiltré dans tous les interstices des muscles de lu cuisse. Le nerf sciatique est

enveloppé par le pus. Les muscles sont gonflés, blanchâtres, indurés, et offrent eux-mêmes une infiltration purulente.

Exp. X. Lapin de 3 mois environ.

Même série d'injections que pour le précédent.

De plus, on lui fait à la partie antérieure de Tépaule, à droite, une injection de 5 gr. d*eau ; à gauche, une injection de 5 gr. de son urine filtrée, privée de granulations de carbonate de chaux.

Il est tué au commencement du sixième jour.

Toutes les injections d'eau n'ont laissé aucune trace. Toutes les injections d'urine non filtrée et filtrée ont amené de la suppuration qui, cette fois, a été localisée, et n'avait aucune tendance à gagner les parties voisines.

Exp. XL — Lapin de 3 mois environ.

Injection dans le tissu cellulaire du dos, à gauche, de 5 gr. de son urine ; à droite, de 5 gr. d'eau.

Injection de 3 gr. de son urine dans les muscles de la cuisse droite.

Injection dans le tissu cellulaire de l'épaile droite de 5 gr. de son urine filtrée.

Il est tué cinq jours après. A gauche, sur le dos, on trouve du pus amassé dans le tissu cellulaire, gros comme une lentille, en voie de se résorber. — Dans les muscles de la cuisse droite, on voit une infiltration purulente légère et un décollement limité des espaces intermusculaires. — Dans le tissu cellulaire de l'épaule droite se voit un abcès circonscrit.

Cette urine alcaline, que nous avons employée, n'est pas une urine pathologique; c'est celle du lapin injectée sur lui-même tout aussitôt après son émission. Même dans ces conditions, elle a été nuisible à l'animal.

La conclusion à laquelle nous nous arrêtons est donc la suivante pour l'urine qu'on peut considérer comme

norinale, alors qu'elle se trouve injectée sur des animaux sains.

L'urine ph y sûdogique, acide chez Vhommef alcaline chez le lapin, est loin d*èire innocente.

Elle peut être innocente, $i elle est transparente, limpide, faiblement acide, et ne renferme quune trbs^faible quantité de sels. Elle est nuisible au contraire, et toujours nuisible, quand elfe se trouve riche en sels. Dans ce dernier cas, elle détermine de la suppuration^ pouvant aller jusqu^à la gangrène.

Voyons maintenant ce que va nous donner T urine alcaline par fermentation. La nous sommes pleinement d'nccord avec M. Menzel, et runanimité des résultats et de 1 interprétation est une garantie de ceilitude* M. Menzel prenant de l'urine et la laissant putréfier, a vu qu^elle déterminait toujours de la suppuration et de la gangrène. Voulant de plus savoir si c'était aux vibrions ou aux autres produits putrides qu'il fallait le rapporter, il a filtré cette urine pour retenir les vibrions, et même dans ces cas il a obtenu 1b purulence et la gangrène. 11 est vrai que l'urine dont se servait M, Menzel était artificielle, décomposée par fermentation après un long séjour à l'air. On pourrait donc lui objecter, et avec juste raison, que cela ne se passe pas ainsi dans la nature, et quelques esprits critiques pourraient peut-être nier la valeur de ses résultats* J'ai dû répéter ces expériences en me plaçant dans des conditions plus naturelles, De l'urine alcaline venant d*être évacuée par les malades, jela prenais et je I^injectais à des lapins. Eh bien , dans tous les cas les résultats ont été concordants : il y aeu purulence, gangrène ou tendance à la gangrène.

Exi\ XIL — Lapin de 3 mois environ.

L'urine injectée est une urine alcaline fétide, qui

noircit la sonde d'argent. Injection dans le dos de 5 gr. d'urine.

Au troisième jour on sent une crépitation gazeuse. — Du côté opposé on lui fait une autre injection de 5 gr. dans le tissu cellulaire.

Le lendemain, l'animal est abattu; il n'a aucune vigueur. On le tue.

Vers la première injection on voit un liquide sanieux, sanguinolo-purulent. Vers l'omoplate, du pus se trouve infiltré dans tout le tissu cellulaire sous-cutané. Les muscles sous-jacents à l'omoplate sont disséqués et infiltrés de pus, et les muscles sacro-lombaires sont euxmêmes infiltrés de pus.

Vers la deuxième injection, qui date de 32 heures, le tissu cellulaire présente déjà de la suppuration dans une zone large comme deux pièces de 5 fr.

Exp. Xin. — Lapin de 3 mois environ.

L'urine injectée est ^alcaline, fétide, à odeur ammoniacale, noircit la sonde d'argent.

C'est une urine d'un autre malade, quoique présentant des caractères communs.

Même série d'injections que pour le précédent.

Il est trouvé mort le sixième jour.

Vers les deux injections on a trouvé du pus infiltré; mais de plus, du côté de la première, il y avait une suppuration diffuse, avec gangrène s'étendant le long des parois abdominales, et venant rejoindre le pli de l'aine, qui lui-môme était suppuré.

Exp. XIV. — Lapin de 3 mois environ.

L'urine est faiblement alcaline; acide au moment de son émission ; elle était alcaline deux heures plus tard, et renfermait des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.

Muron. 4

Même série d'injecti

^précédemment.

tions Un le tue neul jours apn sous forme de masses, sous forme de noyaux de la grosseur d*une noix ou d*une aveline. Vascularisation du tissu cellulaire tout autour des abcès.

La conclusion à en tirer est donc que Furine alcaline, par décomj^ositwn est très-dangereu&e, amenant par elle^ même la suppuration et la gangrène,

§ IIL — Conditions relatives à la quantité â^urine et à\ sa force de propulsion*

Si nous réunissons dans le mt^me paragraphe ces deux conditions, c^est que le plus souvent elles se trouvent réunies, c'est qu'elles sont en quelque sorte la conséquence Tune deTautre* Il est en effet difficile de concevoir comment une grande quantité de liquide pourrait s accumuler dans le tissu cellulaire, et former une véritable ^ poche urineuse sans une grande puissance de propulsion, fl A part le cas où l'urine viendrait à s'infiltrer dans un i tissu cellulaire lamelleux, nous croyons le fait impossible. A part la région antérieure de la vessie, où existe une véritable bourse séreuse (cavité de Retzius), et oiifll par conséquent une collection de liquide peut s'amasser, ^^ nous ne pouvons la comprendre dans une autre pai^tie du tissu cellulaire.

Mais puisque Tune de ces deux conditions peut se trouver isolée, nous avons à l'examiner et voir si ce fait d'une notable quantité d'urine accumulée sans bruit, va donner une gravité moindre. A diverses reprises, comme on a pu le voir dans nos expériences, nous avions injecté une certaine quantité d'urine dans le tissu cellulaire des . lapins, avec une très-grande lenteur, en ayant soin d'é-^B galiser le liquide au fur et à mesure de son introduction, " et les résultats auxquels nous sommes arrivés ne sont

nullement différents de ceux qui nous ont été fournis par la qualité de Turine. La suppuration est toujours survenue dans le cas d'urine acide ou alcaline, alors que celle-ci se trouvait riche en sels, et jouissait d'un pouvoir osmotique considérable. La suppuration et la gangrène se sont produites dans le cas d'urine alcaline par décomposition ammoniacale. Enfin, absence complète de symptômes lorsque l'urine acide ne renfermait qu'une très-minime quantité de sels.

Nous citons ici une observation où l'urine s'est accumulée dans la cavité de Retzius , sans amener grande réaction, car c'est à peine s'il y a eu suppuration. Cette collection urineuse, qui s'est formée à la suite d'une simple déchirure de la partie supérieure du canal vers le col vésical, a pu séjourner plusieurs jours dans les tissus sans amener de gangrène. *

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