OBSERVATION
Rétrécissement très-étroit du méat et de îa foBse namcuîaire. ^Adhérences du prépuce au gland. — infiîtration urineuse* — Urêthrotomie, — Infection purulente, — Mort,
Matlits, âgé de 21 ans, de petite taille, assez amaigri, entre le 3 octobre dans nr\ service de médecine à Thôpital Necker, pour un état lyplioïde. Co n'est que deux jours plus tard qu'on s'apemoit qu'il a une infiltration urineuse. M Chauffard incise celle infiilralion sur la partie latérale gauche. Cette inlillration était générale et s'étendait depuis le buibo jusqu'à la partie moyenne de la portion scrotale. On le Fait passer à la satle Saint-Yincent, dan^ le service de M. Guyoïx. Il raconte qu'il se grisait assez fréquemment el que chaque matin il buvait à jeun du vin et de reau-de-vie. Avec un dilatateur à trois branches, on écarte comme on peut le prépuce qui était complètement adhérent au gland, et, après plusieurs tentatives, on unit par introduire une bougie conductrice. Séance tenante, Turétlirotomie interne est pratiquée, d*abord avec la lame n° i^, puis avec la lame n° ^3. On agit ainsi à cause de l'élroilesse el de la dureté du rétrécissement. Ce dernier siégeait immédiatement en arrière du méat et pouvait avoir une étendue de 1 cent, 1/2, Dans tout le reste du canaî^ la Inme dû Vuréihroiùme n*a éprouvé aucune résistance, n'a rien nertiomié^ de sorte que voUà un rètrécisument siégeant au tmat et une infUtration urineuse pèrinèale.
Une sonde n** fo est laissée à demeure. Ddux heures après frisson intense.
L'urine est acide, rouge foncé, déposant fortement par le refroidissement et no renfermant ni cylindres, ni albumine, ni sucre.
Le 11. En voulant passer la sonde qui était sortie, on s^aperçoit d'une porto de substance du canal do !2 à 3 cent., siégeant au niveau de l'ouverture do Tinûltration. On prend alors une sonde, on la fait sortir par l'ouverture uréthrale, puis, reprenant son extrémité, on la conduit avec le doigt introduit dans la plaie sur le bout postérieur, et on l'introduit ainsi dans la vessie.
Le 12. Il a de la fièvre, l!20 pulsations; on constate des indurations phlegmoneuses de chaque côté de l'anus, plus marquées à droite. En écartant les bords de la plaie, on voit au fond la paroi supérieure de l'urèthre. ~ Frisson intense, suivi de sueur dans le courant de la journée.
Le 14. Dès le matin, il a eu un frisson intense. Sa face est altérée; la plaie périnéale est blafarde, les bourgeons charnus sont affaissés. Muguet buccal.
Le 15. môme état fébrile. Langue sèche. Diarrhée.
Le 16. Hémorrhagie abondante pendant la nuit par la plaie périnéale. Un caillot du volume de 200 gr. environ existe au niveau delà plaie et a arrêté l'hémorrhagie. On enlèvo ce caillot, et on met de la charpie imbibée d'eau de Pagliari.
Le 17. Respiration difficile, laborieuse. Langue sèche, noirâtre. Regard éteint. Affaissement complet. Pouls fréquent, petit. Il meurt à dix heures du matin.
Dans le cours de sa maladie, son urine a été examinée différentes fois. Rouge foncée, elle donnait un dépôt jumenteux; acide quand elle sortait de la vessie, elle devenait rapidement alcaline. Dans les divers examens microscopiques qui ont été faits, on n'y a jamais trouvé de cellules épithéliales, de globules de pus, de cylindres hyalins. Il y avait seulement des granulations d'urates et des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien.
Autopsie vingt-quatre heures après la mort.
Le cerveau n'est pas examiné.
Poumons, Il existe dans les deux plèvres du liquide séreux en certaine quantité. Les poumons sont congestionnés, spumeux, et dans plusieurs points se trouvent des abcès métastatiques, les uns complètement purulents, les autres offrant encore de la résistance.
Cœur, Contient des caillots rouges et blancs. Rien aux valvules.
Aarie. Présente des points blanchâtres, des taches blanchâtres, des épaississements partiels de la tunique interne dans une foule dépeints.
Fote. Voltiminoux. A un aspect noirâlro» pigmente, trace persîs* tanto de congesUonfi anciennes ol répétées. ^
Uate. Volumineuse ot ramollie à son centro. OITre dans deux points ^| doux i 11 fil refus réconis, deroiileiir noirâtre?. "
Reins. La capsule fibreuse s'otilève facilement sans rien amener avec elle. A Iei coupe sur le rein gauche, on voit à ses parties supérieure et inférieure deux départenienls vasculaires iioirùLrcs, pigmenlës, coniques, s'éienJant jusrpj'à Ja périphérie de l'organe,
Dans îa substance corlicale, le rein paraît décolori^ et brillant çà et lc\. Uexamon au microscopo montre que les cellules épJlhélialos sont granuleuses et renferment dos granulations j^raisseuses Irôs-fînes dans quelques-unes. Cette dégdnëroscenco est peu étendue.
Ureièrf^. Bien de particulier.
Vessie. Contractée, dure, épaisse. Hypertrophie considérable de la musculeusc. La muqueuse oITro une foule de points occliymolique^, mais elle n'est point enflammée, et glisse parfaitement sur la niusculeuse.
Urèthre. Rien du côté do la prostate. L*uréihro est fendu sur sa f;iCo inférieure. On voit dès lors à sa surface supérieure le tissu du rétrécissement qui est dur, blanchâtre, faisant corps avec la muqueuse cîle-méme et le tissu sous-muqueux. On voit aussi le résultat de Furéthroloniie qui se présente sous forme d*uo sillon léger, déjà en parli'î comblé. Ce sillon est long de l cent. \/i environ.
Les adhérences du prépuce se font sur le gland, tout autour du méat. Elles sont intimes, il y a soudure absolue^ continuité du tissu entre le tissu du prépuce et celui du gland, .
Abcès gangreneux du côté d'^s ischions.
Dans plusieurs veines de la région périnéale on tait sourdre du pus par la pression*
On pourrait multiplier à Tinfini ces observations, car ces cas d'iniiltration de oioyenne intensité sont de beaucoup tes plus fréquents. On les rencontre d'ordinaire chex des individus bien portants, assez vigoureux, ayant une urine acide et possédant un rétrécissement étroit. Ces infiltrations guérissent et se ti*ansforment souvent trajets fistuleux fort difficiles à faire disparaître.
Je passe maintenant aux cas d'infiltration urineusë étendue. L'urine par elle-méine, si elle vient à se décomposer au contact de produits gangrenés peut bien les
occasionner. L'observation VII en est un exemple. Mais ces cas sont rares. Le plus habituellement les malades que Ton observe se présentent tous avec un cachet spécial. Affaiblissement profond, altération complète de l'économie, teinte cachectique en un mot. L'urine s'infiltrant dans ces tissus se décompose rapidement, fournit des gazqui sont eux-mêmes absorbés, et il arrive souvent que Tan reste impuissant. Les observations VIII et IX vienneptà l'appui de notre dire.