‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 41 sur 70 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

Rétrpcissement de Vurêthn. — Infiltration urineuse des bourses^ de la verge et de la paroi abdominale. — Mort.

Il s*agit d'un homme de 62 ans qui entre le soir, à neuf heures, à la salle Saint- Vincent, dans le service do M. Guyon. Il se trouve dans un état comateux. Couché sur le dos, la figure immobile, les traits sans expression, il ne perçoit aucune espèce de sensation extérieure.

L'infiltration d'urine existait vers les bourses, qui étaient trèstumdfiées, vers le périnée, et remontait du côté de l'abdomen. Un vaste phlegmon existait sur la paroi de l'abdomen et la racine de la cuisse à droite, et remontait jusqu'aux côtes. Les bourses étaient extrêmement tuméfiées, rouges, tendues. Une odeur d'urine et de putréfaction s'exhalait de toutes ces parties.

Une longue incision fut faite au périnée et prolongée assez avant du côté des bourses. Il s'écoula une grande quantité d'urine puriforme.

Il meurt trois jours plus tard sans qu'on ait tenté autre chose, car il était resté toujours dans son état comateux, et on ne pouvait obtenir aucune réponse sérieuse.

Autopsie trente-huit heures après la mort.

Cerveau. On trouve une notable quantité de liquide céphalo-rachidien, trouble, blanchâtre, d'apparence laiteuse.

Poumons. Pas d'abcès. Congestion intense des deux côtés, surtout pour les lobes inférieurs.

Cceur, Le cœur droit renferme un caillot blanchâtre, qui s'étend dans les deux artères pulmonaires.

Aorte athéromateuse.

Reins. Les reins offrent un aspect blanchâtre ou blanc marbré tout spécial. Il n'y a pas de dégénérescence granulo-graisseuse, mais une sorte d'infiltration purulente généralisée.

Les bassinets sont agrandis, distendus, ainsi que les uretères.

La vessie offre de nombreuses colonnes; elle est dilatée, et contient de l'urine puriforme.

Rétrécissement très-étroil siégeant au niveau du bulbe.

La paroi abdominale était pleine de pus infiltré.

^ V. •- Indications thérapeutiques.

i**he traitement des contusions profondes de rarèthre nous occyperij tout d*abord. Nous savons que les chutes sur le périnée peuvent aboutira la rupture complète du canal de Turèthre. Les deux bouts s'écartent Vnn <||fl Tautre, avec d'autant plus de facilité, que souvent i^^ existe en nn^me temps un décollement de la muqueuse;^— s'étendantà lou 2 centimètres. Un épancliementsanguiiH plus ou moins abondant se produit dans toutes les parties contuses.

Essayerde passer une sonde doit Hve la première règle à tenir, et dans le cas de réussite, il faudrait la laisser |^| demeure. Mais compter sur un pareil bonheur serait s^" préparer bieu des désillusions, et il est nécessaire de s^^ tenir prêt à toutes les éventualités. ^|

Toute tentative de cathétérisme aj^ant échoué, que pratiquer? A cet égard nous ne pouvons mieux faire que de citer les paroles mêmes de Reybard. c II fautfairele débridement de la tumeur sanguine logée dans les parois uréthrales. Ce débridement sera pratiqué de dehors en dedans à travers le périnée; il comprendra non-seulement les couches extérieures au canal , mais encore toute T épaisseur de celui-ci, commençant par la membrane externe â|H finissant par la muqueuse. » Se fondant sur les données de la physiologie pathologique, Reybard n'hésite point, et la thérapeutique qu'il conseille se trouve tout à fait d*accord avec la pratique des chirurgiens éminents: c'est également la formule de mes maîtres MM, Vcrneuil et Guyon, et l'observation que nous citons est un exemple remarquable de succèSp

Page 1