OBSERVATION X
Rupture dêturèthre. *- Vréthrùiomie e:tterne* {Due à robiigeance de mon
ami Maurei.)
LoLassier (Charles), 'lO ans, entro le tl septembre 1S70 à i^hôpiUl Necker, dans ïe service de M. Guyon*
Ce malade, employé dans rusineCail, étanl monté sur une macliinot tomba d*uiie hauteur d'un mètre environ, les jambes écarlëes, sur une barre de fer transversale. Tout le choc fut reçu sur lo périnée. Le malade venait de déjeuner, et il n'avait pas uriné depuis une heure. Malgré la douleur trôs-violente, malgré Thémalurie qui a pjia rut aussi tut, il continua h travailler quelques instants. Deux heures plus lardj les souffrances produites par l'impossibilité absolue de la miction étant venues se joindre aux douleurs primitives, il dut interrompre son travail. Puis, voyant qu'il no pouvait uriner, il entra à riicîpital vers onze heures du soir, dix lieures après raccidont.
i/interne do garde appelé constata une distension profonde du périnée, produite par Tépanctiement sanguin qui remontait vers lo scrotum etalh^it jusqu*au pli inguino-i^crotaL Le méat laissait écouler du sang. La vessie s'élevait jusqu'à 3 centimètres au-dessous de Tombilic, On essaya en vain de passer une sonde n" IH pour évacuer Turine; la sonde, arrivée au niveau du pubis^ se perdit constammenl dans une poclie pleine de sanj^. Mémo insuccès pour l'introductioa d'une bougie filiforme.
Bain prolongé. Lavement îaudanisé.
Le "18, le lendemain, le malade n'tivait toujours pas uriné, et les mêmes symptômes existaient. On décida dès lors Turéthrotomic externe.
Le malade étant placé sur le bord de son lit, dans la positton de ta taille pérînéale, une înciâîon fut pratiquée sur la ligne médiane, allant de la racine des bourses jusqu'au-devant de Fanus, La peau et Taponévrose superficielle incisées, on tomba sur un vaste foyer sanguin au fond duquel le bulbe se montrait nettement sectionné.
Dans un deuxième temps, le bulbe, qui était rompu transversalement, fut incisé dans le sens de sa longueur, de manière k permettre aux instruments d'atteindre plus facilement le.^ deux t>outa sectionnés de Furètlire. Cette incision donna lieu à une hémorrha^ie en nappe assez abf>ndanle, qu'on essaya en vain d'arrêter par des ligatures. Prenant ensuite une sonde, on Tintroduisit par le méat, et le boul qui ét^it sorti par la plaie périnéalo fut conduit avec le doigt
vers Icî bout poslérieur. La vessie se vitlo très-facilement, La plaio [ rinëale donnant toujours lieu à un auinlcraenl sanguin assez abondant, on le pansa avec de la charpie imbibée d'eau de Pagliarî, la^^H quelle ftiL maintenue par un bandage en T. ^M
Le 2sï, léger mouvement fébrile* Langue aabiirriiïe» La sonde a bîeii^ fonctionné, ^i
Le3Û, pas de tlèvre. On pan^e la plaie avec du glycërolé phéQlqud^| Le malade perd une grande quantité d'urine par le périnée. ^*
Du 'àÙ septembre au '10 octobre» il n'y a rien de parliculier à noter L'état général reste excellent. La sonde est changée trois fois dans intervalle de temps. La plaîe, au 'iO octobre, est Irès-miniine, et donne passage qu'à quelques goultes d'urine mêlées de pus.
Qu'on se reporte maintenant à l'observation IV de poche urineuse, et il nous semble permis d'affirmer que pareille opération avait été pi'atiquée dès le début, comm dans le cas précédent, ce molade eut guéri. On se ra pelle en effet qu'il a pu supporter son traumatisme sa éprouver d'accidents généraux, et qu'il n'a succombé ei définitive que lorsqu'est survenue une altération générale de son économie. La puissance de sa vitalité était donc largement suffisante pour n*ètre même pas inco; mode par cette incision périnéale.
Ainsi donc pour ces cas nous croyons pouvoir être trè: affirmatif, et d'après nos maîtres, nous considérons cette conduite comme la seule rationnelle,
Un point plus délicat à déterminer est le suivant : L'incision périnéale a créé une ouverture pour l'émission de l'urine, faut-1 laisser la sonde à demeure jusqu'à 1 cicatrisation complète ? Rien de précis ne peut étr donné. C'est au chirurgien à juger par lui-même, à voî comment la sonde est supportée. Il est certainement bien important de la laisser à demeure le plus longtemps possible, d'empêcher ainsi que l'urine ne vienne se mélanger avec du sang et des tissus contus, lesquels sont susceptibles de se gangrener très-aisément, mais il est non moins important que le sujet puisse supporter
tait
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la sonde. A voir ce qui se passe journellement chez les malades, qui les uns sont très-tolérants, qui les autres sont d'une susceptibilité extrême, il nous est difficile d*ôtre plus affirmatif.
2° Q.ue convient-il de faire, la maladie une fois confirmée ?
L'unanimité des auteurs à ce sujet simplifiera beaucoup notre tâche :
a. Donner issue à la suppuration.
6. Rétablir le cours normal de Tarine et laisser, s*il est possible, une sonde à demeure pour empocher l'urine de s'infiltrer de nouveau dans les tissus.
Différents procédés pourront être employés, Turéthrotomie externe, Turéthrotomie interne, la divulsion. Je n'ai rien à en dire de particulier ici.
Mais pour l'incision périnéale qui doit être faite pour réaliser la première de ces indications, il m'a semblé que la méthode de mes maîtres, M. Verneuil et M. Guyon, était des plus rationnelles, et devait être employée dans tous les cas. Il est généralement conseillé de faire l'incision périnéale dans le point où paraît saillir le plus l'infiltration d'urine. Tantôt c'est à droite, tantôt à gauche, tantôt sur la ligne médiane. En se rappelant simplement la structure du périnée, on sera convaincu que Vincision doit toujours être faite sur la ligne médiane et aller jusquà V aponévrose moyenne inclusivement.
Cette incision sur la ligne médiane permet d'éviter la section des artères, et par suite les hémorrhagies. Les plans horizontaux, tout aussi bien que les plans verticaux des aponévroses se trouvent divisés, le dégorgement des deux parties latérales peut facilement s'opérer. Cette méthode que nous avons vu constamment employer par nos maîtres nous a paru suffire dans une foule de cas, non-seulement pour les infiltrations péri-
néales ou périnéo-scrotales, mais aussi pour celles qui remontaient sur les parties latérales du pubis.
3" Si l'on a affaire à une infiltration diffuse, et qu'ellcj ait gagné les parties antérieures et latérales de Tabdc men^ on se trouvera obligé de recourir à autre chose.
Rétablir tout d'abord le cours normal de Furine laisser une sonde à demeure est la première indication là comme ailleurs.
Eliminer les produits de décomposition qui se sont formés, et limiter rinllammation diffuse, doit être la seconde indication. Ces vastes infiltrations ne se rencontrent que chez les individus dont l'organisme est détérioré, de sorte qu'elles révèlent rétat de cet organisme plutôt qu'elles n'en sont la cause productrice. Il importe donc au plus haut point de ne pas faire perdre du sang à ces malades, car cette perte de sang les affaiblirait encore et la résorption des produits putrides se ferait avec une^ nouvelle activité, ^
La cautérisation au fer rouge de toutes ces parties obvie d*une part ù ce danger, et de Tautie modifie puissamment la vitalité des tissus. C'est à ce moyen que j nous avons vu nos maîtres recourir dans plusieurs occa-^| âions, et lui devoir des succès en quelque sorte ines* Dérés.
DE Là