D'UN COTÉ DU CORPS
(hbmianestésie) ET Dl SIS IIUTIOIIS AVIG CBRTAniS LÉSIONS DES CBNTIIS OPTO-STRIÉS
La plupart des auteurs qui se sont occupés de rhémianesthésie, et parmi eux je citerai surtout Briquet (1) et Landouzy (2), regardent ce symptôme comme Tapanage exclusif de Thystérie. Mais avant eux Demeaux avait déjà vu que rhémianesthésie peut accompagner Thémiplégie; il en cite un cas à la lin de sa thèse inaugurale.
En 1859, Ludwig Turck (4), publie quatre observations suivies d'autopsies, au moyen desquelles il met en évidence la relation qui existe entre la perte de la sensibilité générale et spéciale d'un côté du corps, et certaines lésions des centres opto-
(1) Briquet. Traité pratique et thérapeutique de l'hystérie. Paris, 4859.
(2) Landouzy. Traité de Thystérie, Paris, 1846.
(3) Demeaux. Thèse de Paris, 1843, des hernies crurales.
(4) L. Turck. Ucber die Beziehung gowisser Krankeitsherde der grossen gehirmes zur anàsthesie (Aus dem XXXVI, Bande, § 191, des Jahrganges, 1859, der si tzungsbcri tâche des mathem nutur classe des Kais. Akadercie der Wissenschafteo.
striés. Dans la séance du f G mars 1 872 M. Magnan présenté à la Société de biologie unalcooliqpie alteînt d^hémiâiiMlliésîey et à œltc occasion M. I0 professeur Charcot cite des faits qui lui sont particuliers et dans le^uels îl fait remarquer la coexistence de ranesthéâia, de la faLhleâgô et du tremblement du c^té paralysé.
Nous empruntons à une traduction du D' Mièr* Mjew^ki, médemi de la dinique de Psyirfiiat riede S*-Pétersbourg, l'exposé du travail de Turck. Nous avons' cru devoir y joindre une planche schématique tirée de l'ouvrage du prof. Huguenîn, de Zurich, sur Tanatomie du système nerveux. Cette planche représente une coupe transversale du cerreau pratiquée immédiatement en arrière des tubercules mamîHaires. On constate en Texaminant, que les principaux centres gris d'un seul liémisphère, qui sont h ce niveau au nombre de quatre ^ forment ])ar leur disposition deux triangles disposés inversement. L'un (a), le plus interne, ne renfermant que la coiidie optique, a le sommet tourné en bas ; l'autre (b, c, g), composé de trois amas gris distincts, présenteau contraire en haut son sommet marqué par le noyau intraventriculaire du corps strié (b). La base de ce dernier triangle est formée en dehors par la bandelette téniœforme ou avantmur (g)^ en dedans par le noyau extra-ventriculaire du corps strié (c). Ce noyau ^ appelé ausï-i noyau lenticulaire à cause de la forme qull
(I) Alî(î^mf»me Talhologie der KnmUeitpn des Ncr\Tn?}*9tcm«,
présente qti«nd on le considère dans son ensemble el par sa partie externe, est subdivisé en trois segmente concentriques 1,2, 3, dont le plus externe a reçu le nom de putamen.
Le grand courant des fibres pédonculaîres se divise en amvant dans cette sorte d'archipel, et
a Couche optique.
b Noyau coudé ou noyau intraventriculaire du corps sirté.
c Noyau lenticulaire ou noyao exin^\en(ricu1aire du corps
strié avec «es troid divisions, (i Capsule interne.
« Capsule externe.
/'Com«ffe rayenMinte.
g AvaiH-flMir ou liaiiitieletle (ëwieforaie. h Insula.
i Corps calleux.
donne ainsi naissance à plusieurs courants secondaires qui ont reçu chacun un nom particulier. La masse de fibres blanches interposées entre la couche optique et le noyau lenticulaire est désignée sous le nom de capsule interne (d). La capsule externe (e) sépare le noyau lenticulaire de Tavant-mur. Enfin entre lavant-mur et la substance grise du lobule de Tinsula se trouve une bandelette blanche dont l'étude ne nous intéresse pas* Ces diflerents faisceaux de fibres nerveuses se réunissent de nouveau en dehors du noyaucaud^ pour former la couronne rayonnante ou grand soleil de HeiL Hâtons-nous de dire, pour être plus exact, que pour Wagner et Kolliker, pour Luys et d'autres anatomistos, la couronne rayoïmante n'est point seulement le prolongement des pédoncules cérébraux, mais aussi la réunion des fibres qui, du centre blanc hémisphérique ou mieux de la couche corticale, se dirigent vers la couche optique où elles se terminent en grande partie. Nous n'en donnerons qu'une seule jjreuve. Le diamètre des fibres nerveuses de la couronne rayonnante n'est pas généralement le même que celui des fibres qui composent le pédoncule cérébral (KoUiker et Wagner).
Ceci posé, revenons au travail de Turck, Deux des malades qui en font l'objet présentaient de Vhémiplégie, de riiémianesthésie de la sensibilité générale avec anesthésie du goût, de l'odorat et de la vue. L'autopsie démontra: chez Fun un ramollissement très-étendu du centre blanc de
rhémisphère gauche comprenant les deux tiers externes de la couronne rayonnante, chez l'autre un foyer hémorrhagique situé à la partie externe de la courbe optique gauche, intéressant aussi en partie la capsule interne.
Dans les deux autres cas, où la sensibilité générale était seule compromise, les lésions consistaient, pour le premier, en trois foyers de ramollissement dans rhémisphère droit, occupant, mais avec des intervalles libres, Tespace compris entre le noyau caudé et le noyau lenticulaire, de sorte que la couronne rayonnante était séparée, par places, de la capsule interne et de la couche optique.
Dans le second cas, il existait deux anciens foyers hémorrhagiques dans l'hémisphère droit, l'un situé au bord supérieur et externe de la couche optique qu'il débordait légèrement, l'autre dans le troisième segment ou portion externe du noyau lenticulaire du corps strié.
En résumé, dit M. Magnan dans son ouvrage sur l'alcoolisme, couronné par l'Académie de médecine (1), la partie externe et supérieure de la couche optique, le noyau lenticulaire, la capsule interne et la couronne rayonnante, telles sont les parties intéressées; mais on doit le remarquer, dans tous les cas, môme quand la lésion siège dans le noyau lenticulaire du corps strié, elle dé- Ci) Magnan. De Talcoolisme, des diverses formes du délire alcoolique et de leur traitement. Paris, 1874. Adrien Delahaye, éditeur, p. 231.
Virenque. -
passe cette limite pour atteindre dans une certaine étendue la couronne rayonnante de Reil
qui est en réalité la région le plus souvent compromise.
On peut trouver nne explication de ce fait dans les recherches analomiquos sur la circulation de r encéphale, récemment publiées par H* Duretdans les Archives de physiologie (janvier 1874). Les artères principales du corps strié, dit cet auteur, ont la direction générale suivante : elles se portent d'abord de bas en haut et de dedans en dehors, puis se dirigent d'arrière en avant, en décrivant une courbe à convexité externe. Cette disposition rend compte de la forme de certains ramoUiësements qui aiTectent une direction longitudinale d'arrière en avant et |>euvent occuper successivement la partie externe du noyau lenticulaire, de la capsule interne et de la loto du noyau ventriculaire.
Ces faits, conformes à ropinion de Todd et de Carpenter sur le siège encéphalique de la sensibilité, sont en contradiction avec les résultats obtenus par Longet (I) et par M, le professeur Vulpian (2) qui placent dans la protubérance annulaire le siège de la sensibilité générale et des sen* salions auditives et gustatives.
(l) Longet* Anatomîe et physiologie du système nerveux. Paris, 18 'ri.
(i) Vulpian. Physiologie du système nerveux.