‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 61 sur 70 · JU · texte numérisé non relu

JU

(}[ié, i\ \ — DotliiéiaiiUnio rêjfulièrp; diarrhù<j abondante icougestio» |>uliTioiiaiFo irittuse ; îiL'mojitysie ; carpbologR' ; pas d'épislaxi» ; sueurs ; Ucliçs bleues. — Durée : 2^1 jours un viron»

A,.* (FraQ(^ois)i lô anS| garçon d'hutel, de la Savoie, entre, le 22 octobre 1873, salle Saînte-Jeanne, n" 66, Hôtel-Dieu, service de M. Miiissenet.

Cet homme n'a jamais été malade, soit dans son pays, soit h Paris^ qu'il habite depuis deux ans; le 15 octobre, il fut pris de frissons légers qui se renouvelèrent les jours suivants, i^urtout te soir; en même temp^i survinrent de la céphalalgie, des bourdoD^ nements d'oreille, des ctourdissementSf surtout la nuit; courbature et douleurs lombaires; diarrhée abondante et tout à fait Uquidc; hier soir des sueurs ont paru pour la première fois : il n'y a pas eu d'épistaxis.

Etat actuel. — Le 23. C*est un homme de taille ordinaire, bien musclé^ la face ne semble nullement altérée; du reste, il n*y a plus de céphalalgie: la langue est sèche, rouge au milieu et cou* verte d'un enduit blanchâtre sur les bords; ventre un peu ballonné, douloureux à la pression, surtout à droite; gargouillement: sur l'abdomen on trouve des tache» bleues ou ardoisées très-abondantes et presque coniluentes; elles s'étendent aussi sur la base de la poitrine; on observe aussi quelques taches rosées lenticulaires; trois selles très-abondantes depuis hier. i>n ne trouve rien d'anomal dans les poumons ni au cœur; pouls & 120, T* 40,2. Ipéca 2 grammes; bouillons, potages, bordeaux.

Soir. Vn peu de fatigue; pouls h Itr», T. 40,2,

Le 24. Subdélirium cette nuit; le malade a quitté son lit, a voulu se promener. Ce matin, étourdissements; langue un peu humide, sale; trois selles abondantes, ballonnement du ventre. Ilàles ronflants et sibilants, avec quelques bulles disséminées. Soubresauts des tendons du poignet* Fouis à 108, T. 40,2* Vin de quinquina <iO grammes. Le soir, pouls à IIG, T. 39,9.

Le 25. Insomnie, rêvasseries; la face est toujours calme; il y a eu de la sueur ce matin; le ventre est toujours douloureux, couvert de taches bleues; diarrhée abandante; mêmes râles; carphologic. Les urines sont excessivement foncées et chargées de sels, sans albumine. PouU à 112, T. 40". Le soir, pouls à 108, T. 40,3.

Le 20. Les yeux sont excavés, le malade n'a pas dormi; céphalalgie, bourdonnements dWeille; coliques assez fortes, diarrhée abondante, soif très-accusée ; il a eu cette nuit beaucoup de sueurs et de la dyspnée; on ne tniuve dans la poitrine «|ue de-* rAles sn-

nores, mais il y a aussi de Tanginc. Inouïs â iQ8, T, 40"* Le dyspnée assez intense sans que l'état de la poitrine puisse Tev pUquer, douleurs vives de la gorge et gonflement de» amygdate^;^ pouls à 108, T. 4Q«.

Le 27. Rêvasseries; la cèpbalalgie a disparu; toujours de (a carpholagie; les taches bleues palissent et disparaissent, mais les taches rosées deviennent nombreuses ; le ventre est três-sensible. La respiration est gênée, il y a des râles sous-crépitants à la ba<e gauche; pas de sueurs; pouls à il2, T, 40*». Ventouses 20, ï^e Siiir, accès de dyspnée; pouls h lOB, T. 40,L

Le 28» La face prend une expression de fatigue; faliginnsité* des lèvres; les taches bleues ont disparu ; l*angine rend la dèglatitîon très-pénible; râles sous-crépitants à gauche, et muqueui â droite. Dix ventouses. Pouls à 108, T, 39,3.

I^e 29* Un peu de délire cette nuit. Sueur» abondantes. Ce matin, carphologie; hémoptysie de sang noir, intimeraent tnéléftux crachats; il est impossible que ce sang vienne du nez ou du pharynx. Le ventre et la poitrine sont couverts d*une éruption trèsabondante de taches rosées. Il y a de la matitê aux deux bases en arrière, des raies sous-crépitants dans toute la hauteur du poomon gauche, et dans les deux tiers inférieurs du poumon droit. Sueurs. Ipéca 1,50, ventouses. Le pouls est à 96, T. 39,2. Le soir, pouls i04, T. 39, L

Le 30. Sommeil léger; i'angine a disparu; les raies bulUires ont disparu à droite, sont moins nombreux à gauche; il j a encore des crachats sanglants; la diarrhée se modère. Pouls à 96, T, 38,8. Vin de quinquina 120 grammes. Le soir, pouls A 96,

Le 31. Sueurs cette nuit et ce matin; la langue est humide; le ventre ballonné est moins douï*iureux; l'éruption semble s^éteiadre. Les râles buUaires sont localisés à la base gauche; le sang n'est plus méîé aux crachats^ il est noir, en grumeaux séparés, et semble venir de lîarrière-gorge: pouls 96, T. 38,6. Le soir, pouls 92, T. 38,8.

i*T novembre. Sueurs assez abondantes; même état; pouls à 8i, T. 38,3. Soir, pouls à 96, T. 39,6.

Le 2. Sommeil, sueurs légères; les taches disparaissent, mais la diarrhée persiste; il n'y a plus que quelques râles sibilants, les crachats ne sont plus sanglants; pouls à 92, T. 38,3. Soir, poub à 92, T. 39,3.

Le 3. Sueurs; même état. Inouïs à 96, T. 38"; soir, pouls à 1Ô8, T 39»2.

LS 4« Sueurs; le ventre s'aifaîâse; pouls à 84^ T. H7,5. Soir, pouls à 90, T. 37,6.

Le 5. Sueurs abondantes, appétit; diarrhée persistante; pôuls à 84» T. 36,8. Soir, pouls 84, T, 37,4,

Le 6. Amaigrissement rapide, appétit, langue belle, les ràJes ont disparu, La diarrhée persiste encore quelque temps; mais le 7, rappétii est tellement fort qu'on alimente le malade, dont la convalescence est trèa-régulière» Il part ô Vincennes le 15 novembre*

Ce sont bien là des exemples de fièvres typhoïdes sérietises, ficcompagnées de symptumes cérébraux et thoraciques graves, et cependant fort régulières dans leur marche et heureuses dans leur terminaison. Il est impossible de dire que ces résultats favorables sont dus uniquement à la sueur qui a persisté dans ces deux cas, mais on peut avancer que la congestion active et permanente de la peau n*a pas été inutile, et on peut croire que les phénomènes thoraciques, par exemple, eussent acquis une gravité plus grande si la peau n'eût pas été constamment le siège d'une hyperémie considérable et d'une déperdition sudorale en rapport avec cette hyperémie, s'irtout quand on voit des cas dans lesquels les manifestations thoraciques n*ont pas été plus étendues, mais où, la sueur e fait défaut, se terminer par la mort malgré tous les efforts du médecin.

Dans l'observation I, les sueurs ont été accompagnées d'une éruption qu'on rencontre quelquefois dans la fièvre typhoïde, Les taches abdominales et thoraciques étaient pour la plupart acuminées ; elles ne disparaissaient pas gous le doigt, et beaucoup d'entre elles se sont terminées par suppuration. Il s agit là d'une éruption d*acné, que nous avons rencontrée

plusieurs fois, et dont parlent quelques observateurs. Elle est Tindice d'une pouîisée vers la peau, puisqu*eUê| accompagne la sueur et la roséole typhoïde, et a une! valeur analogue à celle de ces deux phénomènes. Oal a remarqué souvent que le nombre des taches roséesi était plus élevé dans les cas bénins. M- Jaccoud [lu dit que la fièvre typhoïde est d'autant moins grave»] aboutit d'autant plus sûrement à îa guérison que la roséole est plus abondante; ninis il ne voit là qu'un fait] d'expérience, et ne veut pas impliquer par là une] compensation entre le processus cutané et le processas] intestinal, ce qui est pour lui derhypothè'se pure. Pas] plus que M. Jaccoud^ nous ne pensons que réruptioaj cutanée soit en raison inverse de Téruption intestinale, mais il peut être permis de croire que son intensité est en rapport avec l'état congestif de la peau, et que plus rhyperémie du tégument externe est intense, fl plus les hyperémies internes sont ordinai renient modérées M. Chauffard donne aux exanthèmes» dans les ^ maladies typhoïdes, une grande importance, et quoi*^ qu'il s'agisse du typhus dans l'ouvrage où nous avons trouvé cette opinion, il nous semble que rien ne s'oppose à ce qu'on puisse l'appliquer à une maladie aussi voisine que la dothiénentérie. Pour ce savant professeur, les changements (2) dans Texanthème pétéchiûl* révèlent la véritable connaissance du typhus conta*! gieux ; le mouvement poussé sans entraves vers laj peau combat les mouvements morbides internes, eti

(1, Jac5coud« Traité do pai1i« luL, t. 11^ p< 151.

(2, CUatifTjfiL Ktiirle cîîntqiip ilu typhus contAgioujf, p, 27; Ig.îO.

suscite une expension sfilutaire. Une gravité considérable de la maladie entrave ce mouvement fluxionnaire vers la peau, parce que les forces vitales oppri* mées n*ont plus assez de valeur pour reprendre leur activité ordonnée. Si l'équilibre des grandes fonctions est troublé comme dans sa source, si la cause morbîfique détruit incessamment toute utile réaction, Texanttième sera rare, A la suite de ces assertions, basées sur une connaissance approfondie de la maladie dont il s'occupe. M, Chauffard rapporte un cas de typhus rapidement mortel, à marche fatale, dans lequel Téruplion a manqué absolument. De semblables faits trouvent leur analogue dans l'histoire de la dothiénentérie, et nous verrons que les sueurs, la roséole et les autres manifestations cutanées sont réduites à leur plus simple expression dans les cas les plus graves, principalement dans ceux qui s'accompagnent de phénomènes cérébraux intenses.

Si Fimportance des congestions cutanées est grande quand elles durent pendant toute la maladie ou une longue période, comme dans les cas précédents, elle n*ebt pas moindre non plus quand elles apparaissent comme phénomène de courte durée au milieu ou vers la fin de ta période d*état de la dothiénentérie. Delarroque(l) est un de ceux qui appuient le plus sur ce fait; il refuse aux sueurs du début toute utilité; mais, pour lui, les sueurs qui surviennent à partir du neuvième jour ont une grande action sur la marche de la maladie, et surtout sur le pouls; elles ont le carac-

(i; D*îWroi]iie, Traité deïa fièvre typhoïde, 1847, t. I, p. 152,

tère d'évacuations. Il cite à ce propos Kopinion de Hildenbrand et de Huxham qui ont observé, sinon notre dothiënentérie, au moins les maladies typhoïdes, ' Il faut remarquer que dans la période d'état, ou bieo au début de la convalescence, les sueurs peuveot bien se montrer sous leur forme ordinaire, mais souvent elles ne se révèlent que par rapparition desudamina. Or, Louise nié à cette éruption le caractère sudoral, et son autorité est telle que les auteurs qui Tont suivi ont dû la discuter, Bouillaud.Delarroque, Trousseau, MM. Chèdevergne et Jaccoud sont unanimes pour déclarer que les sudamina représentent de la sueur, et c'est à ces éruptions tardives de vésicules sudorales qu^on a surtout attribué le caractère de phénomènes critiques.

Les observations suivantes sont des exemples défaits de ce genre; dans la première, l'apparition d'une éruption de sudamina a coïncidé avecla disparition de signes indiquant une congestion bronchique et pulmonaire; dans la seconde, le délire a disparu au moment où apparaissait une éruption semblable. Nous ne voulons pas dire que ces symptômes graves n'ont disparu que par suite de la déperdition humorale qui s'est faite à la surface de la peau, mais nous demandons la permission d'insister sur ce point, que ce sont des symptômes de congestions internes diverses qui disparaissent au moment où se montrent des symptômes de congestion cutanée.

Ofia. V. — Dotbiencntérie bénigne. — Pas d'épîslaxii. — Conifeation pnlmoniiîe qui diâparatt au début delà coDvalesccnco au moment d'tino éruplîmi de sudaminaî diarrhée. « Durée : 22 jours.

X..M 7 ans, à ParU depuis quatre ans^ entre, le 22 septembre 1870, Sûlïe Sa in te -Marguerite, n" 11, service de M. Triboulet, hi^pital Sainte-Eugènie.

Cette petite filîe eut l'année dernière yne stomatite ulcêro membraneuse ; elîe est malade depuis^ troiî* semaines, soufîrant du ventre et de la tète ; depuis cinq jours, elle a la fièvre, la diarrhée, vomit facilement et se plaint beaucoup ; un a noté de la surdité et du délire la nuit,

Cest une enfant de taille moyenne; la face est colorée, les lèvres et les dents sont sèches: la langue est sèche, rouge, fendillée ; les paupières sont presque fermées. Le ventre est peu baïlonné, presque indolent, sans taches* Il y a dons les p.iumons des râles sibilants et quelques bulles vers les bases. Le pouts est à

Traitement : JyL a%^ec oxymel, lavem., catapl.

Le 23. Il y a eu deux selles liquides cette nuit ; le ventre est très-douloureux; les ràle?4 sont les mêmes ; l'enfant a Tair plus éveillé ; pouls à 124.

Le 24, Un peu d*agitation cette nuit; deux selles; râles sibilants nombreux. Pouls à 112. Le soir, on note : plusieurs selles liquides, toux, peau sèche et froide, pouls â 112.

Le 25. Deux selles, raies sous-crépitants et sibilanls; Tenfant semble sortir de son abattement; pouls à lOÔ.

Le 28. La langue e.^t bonne; Fenfant demande à manger; le ventre est un peu sensible ; sudamina nombreux ce matin; il y a deux selles diarrhéiques ; on n*eutend plus dans la poitrine que peu de raies sonores* Pouls à 100.

1«' octobre. La respiration e>t absolument normale ; le ventre est encore douloureux, et il y a deux ou trois selles liquides par jour. Pouls à 88 ; peau fraîche et moite*

Le 6. L'enfant est maigre et pale, mais a repris son appétit et sa vivacité. Pouls à 75.

Le 9. Ëxeai.

Obs» VI, - DoUii6ttenlérie rAgalit«rc. — E(ii8lafi«^ dvlire, congeslion pnliiio* ttaire, <lhrrli<5« . — Le délire cesse au moraoiild*uu<? <>ru|ilioii déaudafllifii, — ' Duré» : 24 jours otivîfoii.

C... (Nclly), 7 ans, née à Lille, entre, le 2'* novembre 187U«alJe Saînte-Mar^eritc, n** 19, service de M. Tribouîel, hôpital Sajal(>» Eugénie.

Cette enfant, de bonne santé habituelle, est malade depuis huit jours; elle accuse de la céphalalgie, de la fiôvre et des frissons [< soir, de rinappélence el de la soif; il v a eu de lo constlpatloo et un saignement de ne^E.

Le 25. C*esl une fillette de taille moyenne, d*embonpoijit s*tiçfaisant; la face e^t colorée, la faiblesse et le tntitaise sont ^u accentués ; il y a de la céphalalgie, des douleurs d'estomac et du ventre. La langue est humide et grisâtre, le ventre souple, tinpco ballonné ; une selle normale. Dans la poitrine, râles sonores; fièvre très-vive.

Le 27. Le malaise est plus accentué; il y a eu hier, pour U première foi'^, deux selles en diarrhée et des vomissements ; te ventre est très-douloureux. Délire le soir.

Le 28. Emétîque avant la risite : 0,05» Vomissements abondants, suivis d'un affaissement marqué; la face est rauge» et le» jeux brillent avec un éclat remarquable ; le ventre est très-bftllonné, douloureux, sans taches rosées» Râles sous-crêpitants nombreux, surtout à droite. 11 j a au cœur du souffle avec piaulement au premier temp^ à la base. Pouls h 12Ô.

Le 29, Hier soir, fièvre vive; délire la nuit. Ce matin, Tenfant seplaint continuellement et tousse fréquemment. Ventre ballonné; trois selles liquides; mêmes râles, même souÙle du cœur; pouls à 124.

Depuis le 27, l'enfant prend tous tes jours 2 gr, de bicarbonate de soude.

Soir. Fièvre et agitation ; pouls à 132. On amène ta sœur de cette enfant, atteinte d'jine dothiénentérie dont le début remonte à plusieurs semaines.

Le 30. Emétique avant la visite : O^Ùh cent. Ce vomitif e«t sans effet. Il y a eu du délire toute la nuit. On trouve une tacbe rosée sur le ventre. Les poumons ne présentent que des raies sibilants ; le coeur est toujours dans le même état. Pouls & 120.

!«*" décembre. Abattement, somnolence, plaintes continuelles. La face est rouge, la langue sèche; le ventre est ballonné, tendu, dur ; trois selles liquides. Délire toute la nuit ; raies sibilants avec

quelques bulles. La peau est un peu moite., le pôuls bondissant et dépreîisibte» à 120.

Le 2, La nuit a été presque calme; rabattement a diminué ; une éruption de sudamina courvre le ventre; le pauls à 120.

Le 3. Limonade magnésienne avant la visite. La face est eolorée, mais le délire a disparu; il y a un peu de dyspnée, des râles sonores» et quelques bulles disséminées. Le souffle s*entend toujours aussi fortement au cœur; pouls à 120.

Le 4. Nuit calme; deux ou trois selles liquides; le ventre est dur et ballonné; la peau est fraîche, mais sèche; pouls à 116.

Le 5. Limonade avant la visite. L*enfant est assise tranquillement sur son lit, pâle, et commence à maigrir; la langue est humide, la peau fraîche et bonne; le pouls à %^ mou, asse2 déprcssible. Il y a de Tappétil; la diarrhée est la même.

Le 8. Amaigrissement rapide» appétit; le ventre perd son ballonnement, devient indolent ; la diarrhée diminue : la fièvre est nulle.

Le 12, Convalescence rapide; exeat.

Si on voit apparaître des symptômes cutanés au moment où disparaissent des signes d*hyperémies internes, on peut voir aussi la peau se sécher au moment où le poumon et le cerveau deviennent le siège de lésions plus intenses, ou au moment d'une hémorrhagie intestinale (obs, iO, 12, etc.).

Nous avons observé plusieurs fois une éruption assez rare dans la fièvre typhoïde : les taches bleues. Celles-ci ne se montrent d*ordinaire que dans la fièvre synoque; cependant, plusieurs auteurs en ont observé dans la dothiénentéric» Trousseau dit qu'elles ne se montrent que dans les cas bénins ; M. Jaccoud ne leur donne aucune valeur; M, Chèdevergne est disposé à leur accorder le bénéfice de la bénignité, comme manifestations congestives sur la peau, et pense qu'elles se rapprochent des phénomènes hémorrhagiques*Deux fois nous avons pu observercestaches sur des malades

qui ont succombé à des formes graves ; un de ces cas j est également un bel exemple de congeslîoDS cutanées de naturefàcheuse,de sueurs accompagnées de cj^anose, derefroîdissementdesextrémitéSjde faiblesse du cœur; nous donnons cette observation comme offrant le type de l'hyperémie torpide ou passive de la peau.

Ces. VIL — Dothiéneutérie fiQommle. — Sueurs, pas d'épisUxJs, diarrhée.^ Congestion pulmcoalrc* — Adynanîic profonde, dégétiérescencc du opuf » *— Mort — Autopsie. — Dur^ : 20 jôu».

N.»,, 23 a as, maçon, de la Nièvre, entre le 23 novembre 1872, salle Saînte-Agnès, w 16» H6tel-I)ieu.

Il dit que depuis six semaines il sent quelques douleurs abdominales^ un malaise vague; il perd Tappétit et a la bouciie mau* vaise. Il y a six Jours^ survint un violent frisson qui se renouTela les jours suivants; céphalalgie, courbature générale intense, sueurs irrégulières, accablement et perte absolue des forces; tta vomitif amena quelques Yomisscmcnts et plusieurs selles, mjiii depuis deux jours il n'y a pas eu de garde-robe et les urines furent très-peu abondantes. Le quatrième jour de sa maladie 0 fit un fort excès de boisson, au dire des gens qui font amené.

Etat actueL'2'â novembre, soir. — C'est un homme de grande taille, fortement musclé, blond: décubitus dorsal, accablemeot général, plaintes continuelles, La face est couverte de sueur, la langue est un peu sèche, blanche, mais il n'y a pas de fuLiginosités. Céphalalgie frontale très-forte, bouche mauvaise; peu de toux, quelques crachats muqueux. Le ventre est sensible à peu près partout également , il n'y a pas de gargouillement , pa* de ballonnement : la vessie est vide. Dans la poitrine des raies aonores nombreux sont répandus partout; il n'y a pas de bruit anomal au cfieun Le pouls régulier, assez faible, est à H>ë, T. A. 39,8'

Le 24. Etourdissementa, légère dyspnée, même malaise; on trouve des taches bleues dans le dos, mais pas de taches rosées; ie malade n'a pas été à la selle; ta peau est chaude et suante. Le pouls à 116, T. A. 39,6.

Soir, pouls à 108, T. 39,2.

Le 25. Le malade tombe dans un état d'inquiétude et de prostration morale très-fàcheux ; le ventre est plat, peu douloureux, uji

lavement a amené hier soir une selle ft>rt abondAnte; lâches rosi*es lenticulaires fort nettes, le» tachei bteues s^effacent. La peau est chaude, rouge, un peu moite; les râle» ont diminué. Le pouls à 108, T. A. 39,4,

Traitement. Bordeaux, potages; lavement, 2 ventouses scarifiées h la nuque.

Soir, pouls k 108, T. 40,2.

Le 26. Le ventre reste plat, ïl n*y a eu qu'une selle hier ; les taches rosées sont plus nombreuses; le malade refuse de manger, accuse un violent mal de tète et un découragement profond ; le poul?, faible, est à i08, T. 39,3,

On ajoute au traitement 2 gr, d'extrait de quinquina.

Soir, pouls à 108, T. 39,4.

Le 27.* Encore plus de découragement qu*hier; le ventre est souple, une seule selle: dans la poitrine les râles sibilants ont beaucoup diminué, mais on trouve au sommet droit à la percussion une résistance au doigt notable et un son un peu plus obscur; au cœur, les bruits s'accompagnent d'un susurrus et sont sourds. Quand on asseoit te malade * le pouls disparait presque entièrement, il bat 120 fois, T. A, 39,0.

Traitement. Extrait de quinquina 5 gn, vin de quinquina, bordeaux, fomentation^^ de vin aromatique.

Soir, pouh à i24, T. 40,6.

Le 28, Même prostration i pas de diarrhée; au sommet droit-, respiration rude et râles sibilants localisés. Pouls filiforme â 116, T. 39,8.

Même traitement et de plus vésicatoire derrière TaisseUe droite.

Soir, pouls à 120, T. 40,5.

Le 29, Il y a eu hier trois selles en diarrhée après un lavement ; îe malade dort presque cimtinuellement, mais il y a eu cette nuit un peu d'agitation; les aliments, même le bouillon, sont obstinément refusés. Les bruits du cœur sont sourds, ont presque la même intensité, les deux silences ont la même durée; le pouls est dépressible et disparaît au moinde mouvement, à 108, T. A. 39,4.

Soir, pouls à li2, T. 40,2.

Le 30. La nuit a été agitée; il y a eu trois selles en diarrhée; l'état du ventre, du cœur est le môme : au sommet droit en arrière, raies sonores et retentissement de la voix. Le pouls a toujours les mêmes caractères, à 120, T. A. 39,6.

Soir, pouls à 120, T. 40,(j.

l-^»- décembre. Même état; agitation la nuit, pouls à 108, T. A, 40,4.

Sojr. T. 40,6.

Le 2. Délire continuel cette nuit ; ce matin somoolcDce; il j i eu hier six selles en diarrhée ; le ventre est un peu ballonné; U respiration est pénible, les râles sonores se snnt étendu» et cachent le*» bruits du cœur. ï<es extrémités sont froideÉ», la face est cyanoaée ; le vésicatoire se couvre de sphacèle ; le pouli imperceptible est à 128» T» A, 39.5,

Traitement. Infusion d'an géli que avec teinture de cannelle, potion de Todd à 80 gr. Extrait quinquina 5 |^», vin de quinquina et bagnolf».

Soir, le malade a un peu plus de Tofce, la feinte bleue i disparu, les extrémités sont chaudes; poula à 120, T- 40»8.

I.e 3. Délire léger continuel; la face est plus rouge, la tangue un peu humide; il y a eu une ftelle hier; pas de baltonnemenl du ventre, La peau est bonne, mais le malade ne cesse de parler d« «a mort certaine et refuse absolument tout aliment. FouU à lUi T. A, 38,8.

La dose de vin est portée à 500 gr.; un ordonne sulfate de quinine 0,50.

Soir, .sueur abondante, ef^itation, délire asaex actif, Poula tnu* jours très-faible, à lt6. T. 40,6.

Le 4. Délire continuel; le malade refuse 1^ sulfate de quinin* et Fexlrait de quinquina; les raies sonores sont três-nombretii; le pouls est mieux marqué, a 104, T. A. 39". Même traitemenL

Soir, délire, sueur froide, pouls dicrote, à 116, T, 40,2,

Le 5. L'agitation a été moindre; il n'y a eu qu'une selle hier; la peau est chaude, suante; la face rouge, les lèvres et la tangue sont un peu humides. Le malade se plaint toujours, mais il articule moins bien et il tombe dans une somnolence marquée; même état des poumons et du cœur; Tcschare du vésicataire e^t tombée; les urines renferment un peu d*albumine* Le pouls e«l dicrote, très-faible, à 112» T. A. 39,3. Même traitement.

Soir, pouls à 136, T. 40,8.

Le 6p Hefroidissement considérable; cyanose; le malade n'a même plus la force de se plaindre; râles trachéaux, pouls insensible, on croit trouver 11(>, T. 37,4. Mêmes toniques^ on essaiera de mettre du sulfate de quinine dans du café.

Soir, pouls absolument insensible, T. 40,6; mort à mioilît.

Autopsie, — Cavité crânienne» — Méninges injectées ; le cerveau est dur, les membranes s'enlèvent facilement; les parties grises sont très-colorées; le tissu cérébral est fortement injecté dans tous les points.

Thorax, — Le poumon gauche €st très-congestionné dans toute sa hauteur; à la coupe, le tissu est rouge, gorgé de sang qui renferme beaucoup de finen bulles d*air; plusieurs lobules présenteat la coloration noire de Tapoplexie pulmonaire. A la base plusieurs lobules sont durs^ affaisses, privés d*air et tombent au fond du vase (atélcclasie).

A droite, des fausses membranes pleurétiques récentes recoururent le bord postérieur du poumon, surtout dans la moitié supérieure ; le poumon présente la même congestion que Topposé.

Le péricarde renferme un y erre à bordeaux de sérosité limpide, mais on ne tnïuve pa^ d'épaîssissement ni de vascularisation de la membrane; le tissu du cœur est mou; si on saisit Torpanc par les vaisseaux, le cœur droit s'affaisse tout entier, le gauche presque entièrement. Le muscle cardiaque est pâle, jaunâtre ; les artères ne sont pas oblitérées dans leur trajet visible h rœii nu.

Le sang est poisseux, diffluent, violet.

Les ganglions bronchiques sont énormes, mous, gorgésdesang noir.

Abdomen. — Les plaques de l'ejer sont à peine indiquées %'crs la valvule de Bauhin ; on trouve sur deux d'entre elles une pustule blancber lenticulaire, analogue à une pustule vaccinale, sans ulcération ; quatre autres pustules de ce genre s'observent dans les trente derniers centimètres de Fintestin grêle. Une très-grande quantité de petit? points blancs, paorentèriques, parsèment le gros intestin et une partie de Fintestin grêle*

Les ganglions mésentériques ont à peine augmenté de volume,

La rate est dure, d*Qn volume double du normal.

Le foie est petit, mou, flasque, se déchire: il offre une teinte jaune, graisseuse, avec plaques violettes.

Les reins sont pales.

Les muscles sont poisseux, secs, d'un rouge clair.

Ejcamen microscopique des muscles, — Les muscles de la vie de relation sont peu altérés ; il n'y a pas de dégénérescence cireuse, mats on trouve des gtmttelettes brillantes assez nombreuses^ et en certain» points une multiplication des noyaux peu accentuée. En revanche^ les libres du coeur présentent des granulations graisseuses innombrables, qui emplissent les libres, désagrègent les fibrilles, et même ont envahi les noyaux*

Celteobservation est remarquable à plusieurs égards; d'une part, la question de la nature de la maladie est

discutable; la lésion des plaques de Peyera fait défaut, on n*a observé que quelques papules sur desfo^ licules isolés, et l'éruption psorentérique du morbm m ucostds décrite par Roederer et Wagler; les cas de ce genre sont rares» mais on en trouve quelques exemples dans les ouvrages de ChomeU Louis, Forget, A cette absence presque complète de Ténanthème spécifique s* est ajoutée l'absence de la lésion spéciale des muscles, connue depuis les travaux de Hoffmann, Zenker, Ha^^em ; déplus, les ganglions bronchiques étaient plus malades que les ganglions mésentériques. Cepen* dant, il semble bien qu'on ne puisse pas donner a ce cas extraordinaire un autre nom que celui de fièvre typhoïde, et ce fut l'opinion de notre excellent maître M. Gueneau de Mussy, qui voulut bien nous donner les indications nécessaires pour retrouver dans la littérature médicale des cas semblables. Par une singu* lière coïncidence, notre ami J. Renaut, alors interne à l'Hôtel-Dieu, observait dans le service de M, Fauvel un cas analogue, et M. Charcot a bien voulu insérer ces observations dans les Archives de physialogic, (1873, p. 227).

Au point de vue spécial qui fait le sujet de cette thèse, on remarquera dans cette observation une congestion de la peau presque continuelle, se révélant par les sueurs, les éruptions de taches bleues et de taches rosées lenticulaires abondantes, qui d'ordinaire ne s'observe que dans des cas bénins, et qui accompagnait ici un fait de la plus haute gravité* C*est que, chez ce jeune homme, on a eu à combattre une prostration morale considérable, et surtout un aflTaiblis-

sèment du cœur porté à un degré extrême, une adynamie complète; le pouls filait sous le doigt au moindre mouvement qu'on imprimait au bras; les bruits du cœursourds et faibles indiquaient bien letat graisseux qu*on a trouvé àTautopsie, et que Stokes a si bien décrit* Cet état du cœur/rétat du sang qu'on a remarqué post mortem ont donne aux congestions qui se sont montrées chez ce malade, un caractère fâcheux de passivité. La cyanose de la face, l'impression de froid laissée par la peau et la sueur qui la couvrait, malgré un traitement tonique des plus énergiques, indiquaient de îa manière la plus nette la torpidité de la congestion, et par suite sa mauvaise nature.

Parmi les phénomènes morbides qui ont leur siège dans t'épaisseur du tégument externe et qui peuvent avoir lieu dans le cours d*une dothiénentérie, nous devons donner une place importante au purpura. Sans doute, ce n'est pas seulement à un mouvement congestif qu'on doit rapporter exclusivement la production de ces petites ecchymoses ; il faut attribuer a la lésion du sang, à la lésion des capillaires une grande part, et peut-être la plus grande, dans la production de ces hémorrhagies. Cependant, dans un fait que nous avons pu observer dans le service de notre excellent maître, M, Oulmont, nous avons pu voir que, tandis que des ecchymoses se produisaient sur la peau, certains organes internes étaient le siège de congestions dont la violence était extrême, et il nous a semblé que si certains parenchymes avaient été soumis à des mouvements fluxionnaires désordonnés, il

n'était pas impossible qu'un semblable mouvement se fiXt aussi dirigé sur la peau.

Obs. Vni. — DothiêtiiînlMa hùmorrbagi'jue. — Purpura. — Cotjgeîtifx.^ violentes dou organes Internes. — Mort, — Autopsie. — Durée : H jl^cti environ .

V.., (Denise), 16 ans, entre le 30 mai 1868, dans la salle Saint^ Marie, n» 12, service de M. Oalmont, Laribaisi^re-

Elle en dan» un tel état de stupeur et de faiblesse qu'eilc oc donne que peu de renseignementâ; elle est malade depuis un mou et couchée depuis huit jours. En ce moment, elle peut à pdae parler; étendue sur le dos, elle ne remue pas; la bouche est fali» gineuse et sèche» ïa face rouge; toute la peau est couverte de pur* pura violet. Le ventre est ballonné, peu douloureux; on distingut sur le ventre des taches ros-ées lenticulaires. Surdité, pas du délire; râles soU5-crèpitants Irès-abondâDts. Pouls fort et sec, I 112*

Le 31i Même état^ la faiblesse est excessive,

1'*'^ juin. Coma, stertor; la malade est à Tagouie, pouls filifonse, à 140. Mort dans la journée.

Autopsie. L* estomac présente à sa face externe des ecchymo»ei nombreuses. Plusieurs plaques de Peyer sont ulcérées. La rate est volumineuse, sans consistance et de couleur noire- Le foie présente des plaques jaunes graisseuses, mêlées h des parlits rendiic:^ noires par une congestion énorme.

Les reins ont une coloration bleue ou noire; à la coupe, il i'é' coule beaucoup de sang.

Les ovaires sont volumineux; on trouve un gros caillot sanguii au milieu d'un deux.

Le cœur présente des ecchymoses nombreuses sou» le péricarée et une colùration noire de son tissu.

Les poumons volumineux, d'un rouge noir, sont gorgés desanf TÎolacé qui s*écoule par les coupes.

Le cerveau présente à la coupe un piqueté abondant, une teinte très-foncée de la substance grise; les méninges sont épaissies, opalines, et offrent quelques points d*adhérence avec ta substance cérébrale.

Oq voit dans cette observation le cœur, les reins, les poumons, le cerveau envahis par des congestions

intenses; mais le purpura existe non-seulement sur la peau, mais encore sous le péricarde elle péritoine. Faut-il penser que les causes qui ont amené les hémorrhagies et celles qui ont produit ces hyperémies soient différentes, ou plutôt^ faut*il admettre que ces deux ordres de phénomènes ont entre eux des relations dansle mécanisme de leur production? C'est à cette se* conde opinion que nous nous rattachons, tout en déclarant qu*une hyperémie ne peut expliquer du purpura qu'à la condition qu'il s'y joigne un état morbide du sang et une lésion des capillaires.

Si, pour expliquer la production de ces petites extravasations sanguines, nous pensons qu'il faille invoquer trois conditions dont chacune comporte en ellemême un danger sérieux, on voit que nous considérons le piirpura comme un symptôme de haute gravité ; en effet, si sa présence indique en même temps une lésion grave du sang, une altération des capillaires et une tendance aux congestions violentes, la valeur de ce phénomène est singulièrement importante. Il n'en est pas toujours ainsi, et on doit avoir égard aux circonstances dans lesquelles se montre cette éruption. Lorsqu'elle paraît, comme dans le cas précédent, escortée de tous les symptômes d'une dj'scrasie gêné* raie, certes le pronostic est excessivement grave. Mais il y a des organismes qui présentent une tendance innée, une prédisposition spéciale aux hémorrhagies; bien des hémophiliques ont continuellement sur la peau des taches purpuriques ; si un individu de ce ^enre est atteint de dothiénentérie, l'éruption qu'il pourra présenter n'aura pas une grande valeur.

^ :iii —

C'est là ce qu'on peut constater dans quelques ca Mais nous devons ajouter cependant que l'éruption purpurine généralisée des fièvres typhoïdes graves se présente ordinairement avec des caractères de confluence qui n'existent pas dans l'éruption discrète» qui ne constituera, chez un dothiénentérique hémophilique, qu'un simple phénomène de peu de valeur.

II est encore deux points sur lesquels nous attirerons l'attention avant de terminer ce chapitre. Ea premier lieu, nous ferons remarquer que les phénomènes congestifs cutanés n*apparaissent que bien rarement dans les fièvres typhoïdes à forme cérébrale; il semble que le coma ou le délire n'existent pas en même temps qu'une hyperémie active de la peau, et on verra dans le courant de cette thèse combien les éruptions de taches rosées elles-mêmes sont amoindri es dans ces cas graves. En second Heu, il nous semble digne de remarque que les épistaxissotit fort rares dans les cas où se sont montrées les diverses manifestations congestives ou inflammatoires de la p^au. Dans les observations que je viens de rapporter, le saignement de nez n'a été noté qu'une fois (obs, 6^,etil s*agit d'un cas oii la sueur n'a paru qu'au début de la convalescence. Les epistaxis ontjlieu ordinairement au moment de Téruption de taches rosées, mais il semble que, si des congestions cutanées actives paraissent à cette époque, elles enraient Thyperémie de la muqueuse nasale, et que la déperdition sudorale empêche la déperdition sanguine par le nez.

Page 1