DES CONGESTIONS PULMONAIRES
Les lésions que l'on observe dans les poumons des
sujets morts de dothiénentérîe, revêtent un caractère particulier; si Ton est obligé de reconnaître que l'in* flammation joue un grand rôle dans le mécanisme de leur production, il faut aussi avouer que ces lésions inflammatoires sont loin de présenter tous les caractères des phlegmnsies franches, et que la congestion des vaisseaux est portée chez elles à un degré remarquable. Nous allons exposer d'abord quelques opinions émises sur la nature de ces lésions pulmonaires.
Louis (1) nous dit qu'il a rencontré la splénisation 19 fois, Fin flammation au premier ou au second degré, 17 fois; rhépatisation était rare, et dans 3 cas seule* ment, elle occupait un lobe presque tout entier* Grisolle dit à peu près la même chose, et insiste encore plus sur la fréquence de la splénisation,
M, Bouîllaud parle à plusieurs reprises de la nature des lésions pulmonaires; dans la clinique de la Charité (2), il les appelle un enchifrènement général des bronches,une pneumonie bâtarde» Dans la ^oso^^rap/u'tf nièdicaîe {3), il dit qu*on rencontre bien quelquefois des pleuro-pneumonies vraies, soit primitives, soit intercurrentes ; mais la lésion la plus fréquente est
(t) Louia, loc. cit., t. I, p. r»28,
(2) BoiiillautI, 1837, L. I, prU-
(3) Bouillaud, lt{46, t. II J, p. IM.
— VyS —
une splénisation qui se trouve surtout à ia base et en arrière des poumons; celle ci se rattache à ces inflara* mations vdscutaires et àcette infection du sang qui constituent lélément le plus essentiel de la fièvre typhoïde.
M. Jaccoud ne donne pas même toujours le nom de splénisation à l'état du poumon ; les lésions pulmonaires consistent, suivant lui^ en un cataiThe bronchique qui produit, en oblitérant les petites bronches, le cullapsus des lobules voisins, Tatélectasie; on trouve encore la congestion hypostatîque avec ou sans œdème, plus rarement la splénisation, très-rarement les pneumonies lobaire et lobulaire.
Delarroque (1) appuie encore plus sur l'absence d'inflammation vraie dans les poumons destyphiques; il admet le catarrhe des bronches, Tengouement pulmonaire ; la pneumonie est rare, et son dév^eloppement est presque toujours le produit accidentel d'une cause physique extérieure.
M. Bazin a traité la question qui nous occupe dans sa thèse ijiaugurale (2) ; îl s*élève fortement contre Topinion de Laënnec, qui fait des lésions pulmonaires dans les fièvres une inflammation bronchique; il y voit seulement une hyperémie à laquelle il donne trois degrés : le premier n'est contesté par personne ; le second est souvent décrit comme étant une hépatisation, mais M. Bazin démontre qu'il ne s'agit que des lésions appelées splénisation, carnification, et qui ne sont que des degrés diflerents de la congestion ; le
(f) iJdiirpoquc, loc. lil., t. I, p, i2, 43, U« (STj Bazin. 'ïUbw du Ptvrîs, n" 300. 1834.
— ïjj —
troisième degré est Tapoplexie pulmonaire, La congestion pulmonaire peut être tellement intense qu'elle devient le phénomène principal de la maladie. Lorsqu'on trouve à l'autopsie une inflammation réelle du poumon, c*est une véritable complication, très-rare, et qui ne rentre pas dans le tableau de la fièvre typhoïde.
L'opinion de M. Bazin a trouvé un appui dans celle de M, Béhier(l); le professeur de rHotel-D'eu affirme également la nature spéciale des lésions pulmonaires dans la fièvre typhoïde : ce sont des congestions, et la complication phlegmasique est très-rare, M. Béhier recherche dans les caractères anatomiques de la lésion les preuves qu'il ne s'agit pas là d'une inflammation réelle; la couleur, le poids, l'absence incomplète de crépitation, etc., peuvent être attribués à rhyperéraie, aussi bien qu'à Tinflammation; l'absence d'hépatisation est caractéristique. Enfin, si la congestion est trop intense, il survient de Tapoplexie*
Comme les deux auteurs qui précèdent, M, Chèdevergue pose en principe que les manifestions pulmonairesde la fièvre typhoïde sontde nature congestive; elles s'accompagoent souveot de sécrétions séreuses qui remplissent les alvéoles pulmonaires, et se terminent quelquefois par une inflammation spéciale ou par une véritable apoplexie. Mais, ce qui caractérise les remarques de cet auteur, c'est qu'il s'attache à différencier les lésions dues à une congestion active de celles qui constituent une pneumonie hypostatique ;
(1) Béhier. De la ÛhvTH typhoTdi* à forme Ihomdqiie et de mr\ traitemcnl ; ^^ch. géit, df* fftéd , iiov» 1837.
celle-ci se développe toujours à la partie inférieure et postérieure des poumons, et n'a pas de limites bien tranchées; Tautre est bien circonscrite; elle-^e montre en un point quelconque du poumon, dans les premiers temps de la maladie et elle suit une autre marche. D'un côté, il y a congestion torpide, de l'autre une congestion active.
Sans doute. M, Chèdevergne a donné là des caractères excellents pour différencier une hyperémie active d'une congestion hypostatique; mais il arrive sou* vent qu'un mouvement, qui présentait au début tous les caractères de la spontanéité, prenne une autre valeur par la suite. Lorsque les râles sont mobiles, que la congestion passe des poumons à la peau, ou au cerveau, ou à Tintestîn, on est fondé à déclarer que ce mouvement est actif; mais, lorsque le malade, épuisé parla longueur ou la gravité de révolution morbide, reste étendu sur le dos, que le cœur perd de sa force, que le sang perd ses qualités nutritives et se décompose, rhyperémie active se transforme peu à peu et fait place à une stase de sang dans les capillaires pulmonaires, qui n'est autre chose qu'une congestion passive, une pneumonie hypostatique.
En définitive, il nous semble que les recherches anatomo-pathologiques conduisent à ce résultat que les lésions pulmonaires qui surviennent dans le cours de la dothiénentêrîe sont de nature congestive. La splénisation, qui est Tétat le plus fréquent dans lequel on trouve les poumons après la mort, n'est, d'après Rindfleisch, autre chose qu'une congestion» Mais nous pouvons présenter d'autres considérations qui con-
duisent au mènie résultat, M. Béhier insiste sur ce fait que ces complications pulmonaires sont mobiles, et surtout que leur intensité est en rapport inverse evec celle des congestlonscutanées. En effet» nous avons rapporté dans le chapitre 1" Tobservation d'un cas dans lequell'apparitiondes soeurs a coïncidé avec la disparition des accidents pulmonaires; la27* observation de M, Chèdevergne est un fait du même genre; enûn, parmi les observations qui vont suivre, on pourra remarquer plusieurs faits indiquant combien sont mobiles ces tésions|lpulmonaires,|quand elles sont actives* Dans l'observation 12, on a pu voir des symptômes thoraciques menaçants succéder à des entérorrhagies, à des sueurs abondantes, et disparaître avec la plus grande rapidité à la suite de quelques ventouses scarifiées. 11 nous semble donc que cette mobilité des sj^mptômes, qui nous révèlent une lésion des poumons, que cette alternance que Ton observe souvent entre eux et les congestions de la peau soni encore des preuves à apporter en faveur de l'opinion que nous soutenons , à savoir que les lésions pulmonaires, dans la dothiénentérie, sont principalement de nature congestive.
C'est encore un argument à employer en faveur de notre thèse que de montrer avec quelle facilité souvent on fait disparaître les râles, la dyspnée, la toux, à Taide des moyens révulsifs ou des émissions sanguines. Ceci est reconnu depuis longtemps, car Hildenbrand avait déjà formulé Tutilité de la saignée dans le cas de complication pulmonaire dans le cours du typhus. M, Chauffard déclare également que la saignée n'est
utile dans le typhus que lorsqu'elle est opposée aux lésions pulmonaires. Les observations de M. BoaiU laud sont, à cet égard, particulièrement intéressantes; on voit avec quel succès habituel sa méthode de trai* tement attaque les congestions pulmonaires, maison voit aussi quelle est la gravité de ces phénomènes morbides, puisqu'ils résistent quelquefois à un traitement aussi actif- Dans sa Clinique (1), nilustre professeur compare deux cas; l'un, plus bénin, selon toutes les apparences, s* est cependant terminé par la mort, qui fut causée par une grave lésion pulmonaire; le second, bien plus grave à première vue, s'est terminé par la guérison ; mais on n'observait dans un tableau rempli de symptônnes sévères, aucun signe grave de manifestation thoracique. A côté de ces faits, on peut placer ceux qui suivent, surtout les observations 11 et 12 ^ qui sont de beaux exemples de rutilité des émissions sanguines dans les faits qui nous occupent.
M, Béhier, dans le mémoire déjà cité, préconise un traitement qui lui a donné de beaux résultats : il couvre le corps de son malade de ventouses sèches, et, par la lecture des observations, on voit que Tamélioration succède toujours à ces applications, surtout quand on les a faites en grand nombre (100 ventouses en vingt-quatre heures). On voyait souvent dans ces cas de petites ecchymoses à la place des ventouses, mais il n'y a jamais eu d'ulcérntîon ni de suppuration. Il nous semble que, si la lésion attaquée par des sai-
(1) Bouiltftud, l. l.p.Tt.
gnées ou par un déplacement forcé du sang vers la peau était une inflammation, elle ne céderait pas aussi rapidement, et que c'est encore une preuve de la nature congesttve d'une lésion, que sa disparition rapide à la suite de pareils moyens*
Nous allons rapporter plusieurs observations qui nous semblent être de bons exemples des diverses apparences que peuvent revêtir les congestions pulmonaires.
Om. XVIL — DothiéoenttM'ii! lenl», ndyiiamique : épîstaiîs, diarrli&e, délire modéra ï con^slloii pultTioiiaire double^ peu iiilunMet puis plii'i vive, puU se locAJise & gauche^ di.Ttiiiui? pt^u à peu, puk rcpAmft % dtalic, oùelk^ prend u{ie grande intensité; cyanûse, adynamle» — Convalescence Ion te, ^ Ouériso». — Durée: 5S jours onvimn.
C..., 22 aos, domestique, à Paris depuis? mois, entre le 24 janvier 1873, salle Saiul-Ruch, n** 5, service de M. MoisaeDet, HÔtel-Dieu.
Cette femme est d'une bonne santé habituelle ; elle eut dans son enfance une maladie grave qu'elle ne peut décrire ; depuis plusieurs semaines elle est sujette aux maux de tête et aux symptômes de rembarras gastrique. Il y a neuf jours, frisson violent qtji s'est reproduit les jours suivants avec moins de force; céphalalgie très-vive» étourdissements sans bourdonnements d\îreilîe ; inappétence, soif ardente, sueur par moments ; douleurs et ballonnement du ventre sans diarrhée ; courbature, douleurs articulaires, faiblesse; insomnie et rêvasseries; deux épistaxis abondantes.
Le 24 soir. Décubitus dorsal, somnolence, égarement des idées^ peau sèche, rugueuse et chaude; teint subictérique; pas de fuliginosités des lèvres ; la langue est sèche, grise, rouge sur les bords; soif ardente et céphalalgie. Respiration haute et un peu rapide, toux rare, pas de crachats; sonorité normale de la puitrine, râles sonores disséminés. Ventre ballonné, sonore; douleur spontanée localisée au flanc droit, pression très-douloureuse. Courbature violente, lumbago; douleurs musculaires et articulaires très-vives, sans gonflement des articles. Urines abondantes et chargées. Pouls médiocre, à 108" T. A. 40,4.
Le 25. Insomnie, agitation, subdélirium ; une selle; même ètiQ du reste ; ï\ i 12, T. A, 40,2, Ip^ca slibié.
Soir. Evacuations abondantes par en haut : UDe selle liqttidi très-abondante; fatigue. PouU à 120, T. A, 33,2.
Le 26, Une aeïle; rêvasseries cette nuit, rnsontinic ; une tache rosée. Même état des poumons. Pouls à 112* T. A» 39, H,
Le 27. FuUginosités sur les lèvres, langue peu humide; uae •eule selle hier, dure, amenée par un lavement* Dauleun abdominales vives, bailonnementt nombreuses taches ro»^e^. rilciic* nnres nombreux. Pouls à 112, T. A. 39,3.
Traitement, 2 verres d'eati de Sedlit^*
Soir. Vives douleurs à Tépigastre, pas de selle ; tuux fréquentt, respiration haute et ptmible, faiblesse, fatigue. Le ctieur s*afîaihlit; les deux silences sont é|;aux ; pouls dicrote, à 126: T. A. 4Q,Q.
Le 28, Deux setlea liquides cette nuit; subdélirium ; respiration pénible ; râles sous-cr<^pitants secs, fins ; prostration marque^ teinte bleue de la peau, moiteur. Pouls à 116, T. A. 3^.
Traitement. Vin de quinquina 60 gr.
Soir. Somnolence, grande faiblesse ; 120 pulsations, T. 40*.
Le 29. Deux selles liquides, pas de délire ; toux grasse, respiration plus facile, plus calme; aux deux bases, râles à bulles plut grosses, inégales; pouls à 112, T. A, 39,6.
Soir, Cyanose, respiration fatiguée; pouls dicrote à 120^ A. 39,8.
Le 10. Délire actif cette nuit; langue sèche, haleine fétide; somnolence, cyanose ; râles sonores disséminés, râles sous-crépitants seulement à la base gauche. Pas de selle; pouls dicrote, faible, dépressîble à 108; les bruits du cœur sont faibles «t sfiurds ; prostration extrême. T, A. 38»6.
Traitement, Toujours 60 gr. devin de quinquina ; afl^uslon froide*
Soir. Cyanose, une selle. Pouls à 112, T. A. 39,4.
Le 3t. Deux selles liquides; la malade a assez de force pour s*asseoir sur son séant; les bruits du cœur sont plus nets; 124 pulsations, T. A. 39". Même traitement.
Soin Pouls à 120, T. A. 39,3.
l**'' février. Nuit tranquille, pas de selle, sueur; les râles sonores ont presque absolument disparu; râles muqueux seulement à gauche; pouls h 124, T. A. 39^.
Traitement, Deux verres d*eau de Scdlitz; ut suprà.
Soir, 121 pulsations, T* A. 39,8,
Le 2. Trois selles; affaiblissement, cyanose d*uiî bleu foncé, 124 pulsations, T. A. 38,8.
k Traitement. Vin de quinquina, 60 gr, ; lotions vinaigrées. Soir. Pouls à tie, T. A. 39,6.
Le .'i. Prostration, coloration de la peau d'un bleu pale; Iang:ue bleue; le ventre nfïédiocrement ballonné; respiration pénible; râles sous-crépitanta nombreux dans le tiers inférieur du poumon droit; pouls à 128; T. A. ,39/i.
Traitement, Ut suprà : douze ventouse» sèches côté droit de la poitrine.
Le 4. Deux selles, dont une s^^Ude ; langue sèche et bleue : la cyanose est remarquable; la malade ne peut plus se lever, gémit à chaque moment* Râles plus fixes et plus abondants qu*hier ; pouls dicrote, k 136, T. A. 3S,2.
Soir. PtiuW à 116, T. A. 39,2.
Le 5. Truis selles molles; la teinte de la peau eut rouge; somraeil cette nuit ; la malade est plus forte, la tète est plus libre 5 pouU à 116, T. A. 38,2.
Soir. 124 pulsations, T. A. 40, L
Le 6. Délire cette nuit; la malade est retombée dans son état d*accablement; pouls à 132, T. A. 'à^.Pï,
Soir. Foula à 128; T* A* 39,5; somnolence et cyanose.
Le 7. Somnolence agitée; grande faiblesse; les raies sous-crépitants remontent au-dessus du milieu de la fosse soj&'épineuse^ ù droite; une selle. Pouls, 120, T* A. 38,5,
Soir. 116 pulsations, T. 39,7.
Le 8. Deux selles molles ; râles senublables à droite, quelques bulles et rhonchus à gauche; face pâle; le ventre est encore un peu sensible. Pouls à 112, T. A. 38,3.
Soir. Pouls à 136, T. A. 40,4; frisson.
Le 9. La malade a vomi sa tisane; amaigrissement; mêmes râles; on cesse les lotions vinaigrées, Pouls, IQfj, T, A. 38,3.
Soir. 132 pulsations, T. A, 39,9. Epistaxis légère.
Le 10. xVlême état; pouls 1 16, T. A. 38,4.
Soir. 128 pulsations, T. 38,2; somnolence.
Le 11. Faiblesse et somnolence; face pâle, amaigrissement; ventre souple, indolent; deux selles molles; râles sonores à gauche; h droite, râles sous-crépitants, remontant jusqu'à Tèpine de Pomoplate. Pouls, 108, T. A. 37, i».
Le 12. Pouls, 128; T. A. 39". Sulfate de quinine, 0,50.
Soir. 128 pulsations, T. A. 39.2.
Le 13. Prostration marquée, fuliginosités des lèvres et dea depts; délire modéré cette nuit; pouls, 108, T A. 37,3.
Traitement* Vm de quinquina, 120 gr. Potion arec musc, (
Su! fa te de quiDÎne, 0,50.
Soir. 120 pulsatioos, T. A. 39".
Le 14, Une selle; les râles ont bien diminué; les bruit» du^ sont nets; appétit, le pouls est bon, à 96, T. A, 37".
Soin Pouls, 120, T. A. 38,4.
Le 15. Pouls 96, T, A. 36,8; deux selles.
Soir. Pouls 116, T. 37,8.
Le 16. 3 selles ; convalescence. On supprinae le musc. Pouls à I T. A. 36,9.
Soir. 108 pulsations, T, 37,8,
Le 17. Pouls 92; T. A. 37,4; soir, pouls 92, T. 38-,
Le 18. Appétit; râles sonores; quelques bulles à doîte; dur la fièvre a disparu absolument.
Le 20. Deux selles molles, les râles ont disparu.
Le l^"" mars. Quelques coliques, constipation.
Le 11. La malade part pour le Vésinet.
Voici un cas dans lequel la maladie s'est train avec une lenteur insolite ; à plusieurs reprises, oa| noté la teinte bleue asphyxique de la peau, l'affaibli sèment du cœui% la faiblesse, la prostration de la ma^ lade; aussi, y avait-il tout lieu de craindre une ter* minaison fatale, car la plupart des symptômeij annonçaient une adynamie fort grave. Mais les phétj mènes observés du côté des poumons nous apprirent que leurs lésions avaient un caractère de mobilité qui devait diminuer ce que le pronostic avait d'alarmant. En effet, les premiers signes indiquaient un catarrhe bronchique modéré; au 13' jour, apparurent des râles sous-crépitants fins, indiqu^int que la lésion s'était étendue jusqu'aux fines bronches, des deux côtés; au 15*, les râles bullaires avaient disparu à droite ; au 18*^, les signes de congestion pulmonaire étaient bien peu intenses; mais au 19*, le poumon droit était envahi à son tour, on y entendait des raies bullaires fîns^ qui
poitrine. Respiration gcnée, peu fréquente ; on entend à droite des râles sibilants et ronflants* Le cœur est sain. Peau moite, pouls
IÀ 104, T. 39^6. Soir, diarfhée jaunâtre , abondante ; pouls à 100, jT. 40»4.
Le IL Délire très-actif cette nuit; on mit la camisole; même état qu*hier; les poumons sont remplis de râles sonores, et on entend aux deux bases des raies sous-crépiiants. Pouls à96, T. 39,2. Soir, délire actif, pouls à 100, T. 40". A huit heures^ coma avec respiration stertoreuse, mort à quatre heures du matin.
Atttopsie. — Thorax. Pas d'adhérences des plèvres. Le poumon , droit est volumineux, lourd, d'un rouge brun uniforme; son tissu là la coupe se présente sous la forme d'une boue rouge, friable; ■■gorgée de sang spumeux; la crépitation se sent encore, mais ïe [tissu plonge au fond de l'eau; les trois quarts inférieurs du pou- [lon gauche sont absolument dans le même état. L'air ne pénétrait îonc que dans les alvéoles d'un quart d'un des poumons. Le cœur est sain; Taorte présente des plaques sdéreuses, Abdomen. Le côlon présente quelques points de sa muqueuse congestionnés ; le ceccum présente une coloration rouge trè^mar^ )uée. Les plaques de Peyer les plus voisines de la valvule sont largement ulcérées; les follicules clos îe sont également; les lésions srdinaires de la dothiénentérie s'observent sur le tiers inférieur Ide l'intestin. L'estomac est sain; les ganglions mésentériques sont un peu volumineux et rougeâtres. La rate a triplé de vo-
Ilume, et son tissu est ramolli. Le foie est gros mais ne semble pas altéré. Les reins sont fortement congestionnés. Encéphale. Les méninges ne sont que légèrement congestioniiées; le tissu cérébral est sain, de bonne consistance, sans ramol-» lissement aucun. Le liquide ventricuîaire est peu abondant. Le sang est partout violet, poisseux, et nulle part on n*a pu trouver un seul caillot.
Malgré la persistance du délire, il semble qu'on doit rattacher la mort à la congestion si soudaine et si rapidement envahissante des poumons» puisque Tencéphale ne présentait que des lésions beaucoup trop légères pour expliquer la mort* Cependant, on pourrait encore mettre en ligne de compte Tétat du sang, qui devait être privé de la plus grande partie de ses propriétés nutritiveSé
A la suite de ce fait de congestion violente et rapidt] en voici un autre dans lequel des lésions pulmonalrnl antérieures, de nature tuberculeuse, ont dû contre] buer à maintenir le mouvement fluxionnaire diripl vers les poumons, ce qui a donné aux phénoménal thoraciques une intensité suffisante pour causer lil mort* Nous la ferons suivre d'une observation de coa-l gestion pulmonaire succédant à des symptômes ceré-l braux, et dont rintensite a toujours été en ougmefi^j tant jusqu*à la terminaison fatale, ce qui est la mârdiel la plus habituelle des hyperémies pulmoniiires lars-j qu*elles ont pris le caractère de la fixité.
0b9. XIX* — Dotliiéne literie chez un tuberculeux. — Sueurs; ooogB pulmonaire ; diarrht'^e; dyspnée croissante. — Mort (mr asphyxie. *-««lopsie. — Pueumoniia luberculeusCf engouement des poumons. — Dork:
ni mil PS
21 jaura
X,,., boulanger, 30 ans, entre le 27 décembre 1866, dans le i«f' vice de M. Oulnaont, saUe Saint-Charles, n-» 23, Lpariboisîère*
Malade depuis quinze jours, il s'est fait soigner à Creil, et il est venu à Paris hier pour entrer à Thôpital ; sa maladie a détyail par un frisson suivi de sueur^ de fièvre, de mal de tète et de dotleurs d'estomac; la fîêvre et la céphalalgie ont été très-violenliBi pendant huit jours : bourdonnements d'oreille, insomnies, cittchemars ; pas de diarrhée, inappétence et soif; toux et quelques crachats.
Etat actuel, — Pâleur et sueur; pouls à 90; céplialalgie, doulair h répigastre, augmentée par la toux; celle-ci est grasse, crachâU visqueux et jaunâtre»^ rouilles depuis ce matin ; ventre ballonoé, taches rosées sur le ventre et le dos. Hàles sibilants dans le po^ mon droit en arrière, raies muqueux à la base gauche et audessus raies sous-crépitants fins. Purgatif,
Le 29. Ventre ballonné, cinq selles; surdité, céphalalgie, sta* peur; fièvre vive et sueur, pouls plein et fort, à 104. Toux, crachats visqueux et jaunâtres, dyspnée; raies muqueux et sibilaal à la base gauche, et râles plus fins au^essus.
Le 30. Surdité, mêmes râles; pouls à 96.
Le 31. Abattement, pêûu chaude, pouls fort, à 116. Ballooneroenl considérable, gargouillement, diarrhée abondante, douleur vive dans la fosse iliaque droite.
l**"" janvier. Pâleur de ia face, chaleur vive de la peau, pouls à 120; surdité; affaissement, prostration considérable; les jeux sont fermés à moitié, la bouche entr'ouverte laisse couler un peu de salive; langue sèche et noire; le malade ne peut pas parler et ne répond que par signes ; diarrhée très^abondante ; le malade fait sous lui; ventre très-ballonné. Toniques.
Le 3. Pouls dicrote, irrégulier, à 110; somnolence, torpeur; même diarrhée.
Le 4. Agitation; Us yeux sont ouverts, brillants, la face est pâle; pouls dicrote, irrégulier, à 120; carphologie; dyspnée, toux fréquente, sans crachats; râles muqueux très-abondants des deux cotés de la poitrine. Le soir, délire actif; mort le 5 au matin.
Autopsie. — Abdomen. — Le gros intestin est ballonné, mais sain. L'intestin grêle présente un grand nombre de plaques de Peyer ulcérées et de follicules clos larges et développés, dont la plupart sont ulcérés; congestion de la muqueuse. Les ganglions mésentériques sont violets, du volume d'un grain de café. La rate est amollie, friable, un peu augmentée de volume. Le foie est gros, de couleur brune avec quelques parties noirâtres, friable, ramotU.
Thorax, — Chacune des plèvres renferme un peu de sérosité ; le sommet du poumon droit est dur, lourd, renferme des granula» tions jaunes opaques, entourées de pneumonie ardoisée; le reste du poumon est de couleur violette ; à la coupe, il s'écoule un liquide spumeux, couleur lie de vin, mélange de sang et de sérosité ; le tissu est friable, crépite encore.
Dans le péricarde, on trouve 50 grammes de sérosité ; le cœur décoloré renferme des caillots fibrineux mous, jaunâtres, élastiques.
Encéphale. — La pîe-mère est rouge, injectée, mats le cerveau est au contraire pâle et vide de sang.
Obs. XX. — Dothiénentérie grave, — SynqstAmes cérébraux; sympUimca pulmûnaircs succétlaot aux premiers et aiigmeatant d' itï te n si té jusqu'au mort* — Autopsie. -« Durée : 25 jours.
D..» (Célestine), âgée de ÎÈ ans, domestique, née en Alsace, arrivée à Paris depuis trois mois, entre le 3 octobre 1672, saUe Saint-Bernard, n" 8.
Casalis» 6
L^état de stupeur de la malade et aon ignorance de la française ne \m permettent pa» de donner des renscij bien nets; on parvient à savoir qu'elle est malade depi jours & peu près, qu'elle a eu de la fièvre sans frisson, du nu! tête, mal au ventre, de la diarrhée; elle n'a pas craché de n'a pas saigné du neit; elle était très-faible et très-gèn^e respirer*
Etat actuel, 4 octobre. Cest une jeune fille d'embonpoint naire, couchée sur le dos, et qui se trouve dans un état coinpW de stupeur et d'anéantissement: les veux sont cerné*, secs; le joues rouges, surtout à droite, sur un fond subictérique: 1» bouche est entr'ouverte, les lèvres sont croûteuses, les dents tujigineuses et douloureuses; la langue est couverte d'un enduit $« et jaunâtre; la soif est intense* mais la malade boit peu, car «lie n*o pas la force de prendre son verre et ne le demande pas. Docleur de tête modérée. Le ventre est ballonné, il y a du gargouillement k droite» pas de tache rosée visible: selles nombreuses^ Liquides et jaunes. Dyspnée modérée; on trouve dans les poumons des râles sonores abondants et quelques bulles disséminée-. et de respiration soufflante au sommet droit ; il j a un peu d« toujc, sans crachats. Le pouls est sec, bondissant, à 108, T. A. 3S,4* Les bruits du cœur sont sourds*
Traitement : Cataplasmes, bouillon, potages; potion avec seras* nitrate de bismuth, 4 gr.
Soir, Même état : pouls è 120, T, 40^4.
Le 5. La malade s'est levée cette nuit dans son délire: ce matiA elle est tranquille, mais est encore plongée dans la stupeur; peau est sèche, ardente. Le pouls est à 128, T. A. 40,2. Ladiarrhi s*est arrêtée, le ventre est ballonné; on trouve un mélange taches rosées s'effaçant sous le doigt^ et de boutons d^acné qi résistent à la pression digitale. Les râles sont moins abondants dans la poitrine.
Traitement ; potion avec esprit de Mindererus, 4 gr, musc, 0,40, 2 lavements^ 2 ventouses scarifiées à la nuque*
Soir r pas de diarrhée; subdélirium; pouïs à 128, T. 40^*
Le G, Cette nuit, subdéUriiira, rêvasseries, mais pas d'agitatiod la malade répond bien mieux aujt questions; la peau, la boui sont toujours sèches; le ventre est ballonné, les taches vraies peu nombreuses; pouls dur, à 128, T. A, 39,2.
Même traitement, moins les ventouses.
Soir, Le pouls est dicrote, un peu irrêgulier, à 12S; pas selle, sauf avec les lavements. T. 39,8.
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m Le 7. Déliré tranquille, sécheresse de la peau et de la bouche,
■ raie mêningitique; le ventre s*aplatit, la peau du ventre se plisse
sous la main comme dans la méningite* Hàles sonores abondants;
crachats adhérents, lég.jrcment visqueux, contenant un peu de
sang; pouls à 128, régulier, T. A. 39^
Traitement : huile de ricin^ 40 gr., 2 ventouses scarifiées h la nuque; potion avec esprit de Mindererus sans musc.
Soir. Même état de sécheresse de la peau; une seule selle, pouls à 132, T. 40,2.
Le d. Subdélirium, somnolence mêlée à un peu d*agitation; les urines sont rares, la peau et la bouche toujours sèches ; les yeux sont fermés, et la malade ne parle pas; une seule selle cette nuit, 124 pulsations, T. A, 3^',
Traitement î une affusion froide; esprit de Mindererus; ventouses sèches dans le dos.
Soir. Somnolence, raideur du cou qui porte la tète en arrière ; 128 pulsations, T. 40,6.
Le 9, La nuit a été tranquille, la figure est calme et reposée ; il y a eu une selle abondante hier soir. On entend du souffte à la pointe de Fomoplate à droite, des râles sonores et muqueux dans le reste des poumons; la base droite donne h la percussion un son obscur; le pouls est à 124, T. A. 39,3.
Même traitement, vésicatoire à la base droite.
Soir. Rougeur de la face à droite; pas de selle; pouls à 140» T. 39,8,
Le 10. Délire actif cette nuit, la malade s* est levée souvent; décubitus dorsal ce matin, face três-calme, naturelle; la peau du ventre est souple» raais sèche; quelques ecchymoses ont paru à la place où avaient été appliquées les ventouses du 8» Râles souscrépitants lins à la base droite. Le pouls est à 128, T. A, 39^2. La peau est toujours sèche.
Même traitement.
Soir. Agitation toute la journée, pas de selle; pouls, 140. T, 39,4; on ordonne un lavement purgatif.
Le IL Le lavement a déterminé une selle très-abondante; la nuit a été agitée. Le cou a perdu »a raideur, et la malade demande le bassin et le crachoir. La peau est toujours sèche. Crachats visqueux, aérés, avec une teinte sanguine ; à la base droite, râles sous-crépitants fins. Pouls dicrote, à 132i T. A. 39,4.
Traitement : ajouter une potion cordiale.
Soir. La peau moins ardente a tendance à la moiteur; pouls i 128, T, 39,2.
Le 12. Somnolence. cyanc»« de la face. A la base droite, tnatiîi, sauffle, râles Bus; le ventre est pUt, la pcaa est sèche, 12$ publiions, T. A* 38,6.
Soir. La malade répond bien, ouvre les jeux: la peau est noîâs «èche; on parvient à faire prendre un peu de potage; coitstip»tion. On ordonne un lavement purgatif.
l>e 13* La malade semble sortir de son abattemetit et a pris avec plaisir du bouillon; la langue est htunide« la peau mcàxa sèche ; il j a eu une selle abondante. Les signes stétlioscopiquei sont les mêmes, mais la respiration est très-calme, FcMils à IW, T. A. 37,8.
Même traitement.
Soir 5 même état; pouls à 132, T. 39t4»
Le 14, Hier soir, selle spontanée; à la suitet délire violent et vive agitation; la peau, ce matin, est sèche et ardente, le pouls faible et dépressible, à 128; les phénomènes pulmonaires sont toujours les mêmes. T. A. 37,5.
Traitement : julep avec 50 gr. de rhum; alTuston froide. Soir, peau chaude, un peu humide ; la malade est calmée; pouls à 132, T. 39***
Le 15* La face se creuse; respiration plaintive^ sans dyspnée réelle; la peau est sèche^ le souffle remonte jusqu'au milieu de l'omoplate, avec des râles bultaircs fins aux deux temps. Pouls k 128, T. A. 38,2.
Traitement : rhum» 50 gr. ; vin de quinquina, lAvement purgalif, vésîcatoirc h la cuisse.
Soir. Cyanose, gène de la respiration; la malade refuse obstinément du bouillon oudu potage* une selle abondante. Pouls faible, dicrote, rcpulier, à 148, T. 40,2.
Le 16. Somnolence continuelle; cette nuit, un peu d*afptatioD; les extrémités se refroidissent; même état du reste; pouls à 132, très-faible, T. A. 37,8.
Traitement : rhum, vin de quinquina, bordeaux. Soir, Même somnolence, mais la cvanose a fait place à la rougeur; les mains et pieds sont chauds, la peau est chaude sans ardeur. Pouls plus fort, mais dicrote et déprcssible à 148,
Le 17. La malade a beaucoup maigri ; la face est rouge, somno* lence entrecoupée d'agitation; une selle a été amenée par un lavement purgatif; respiration réf^^ulière et haute; le souffle remonte jusqu'au sommet, mêmes raies ; pouls à 128, T. A. 37,8,
Traitement : 2 gr. de sulfate de quinine dans un quart de lave* ment ; le reste, ut suprà.
Soir, Le lavement o^a pas pu être gardé ; peau moite ; pouls h 162, T. A. 40,6.
Le 18. La peau a perdu sa sécheresse ; selle hier soir; la malade répond aux questions par des mots inarticulés ; pouts à 116, T. A 37,8. — On tâchera de faire avaler du sulfate de quinine.
Soir, La malade a pris 0,25 de sul/ate; elle en prendra 25 autres; pouïs à 156, T. A. 39,4.
Le 19. Somnolence tranquille; la malade a demandé du café; figure colorée, langue humide ; une selle. Mêmes phénomènes pulmonaires. Pouls à 124, T. A. 37*8.
Trait. 0;75 de sulfate de quinine.
Soir, Le sulfate n'est pris qu*à cinq heures | pouls, 140, T. A. 39,6.
Le 20. La malade a pris le sel de quinine, du café au lait. Ce matin, cyanose, narines pincées, se dilatant à chaque inspiration, langue noire; faiblesse Jtrès-accusée. Souffle, râles sous>crépitantSt Pouls, 132, T. A. 38,2.
Même traitement.
Soir, T. A. 39,6.
Le 21. Cyanose, somnolence, faiblesse considérable; pasde selle; pouls faible et dépressible, à 144. T, A. 38,1.
Soir, Coloration légère de la face; la malade a bu son vin et sa potion de Todd ; pouls à 160, T. A. 39,3.
Mort dans la nuit, sans agonie.
Le 23. Autopsie. — Encéphale. Les méninges sont congestionnées assez fortement, surtout à droite, h la voûte ; elles se détachent facilement des circonvolutions ; la substance cérébrale est dure, saine, sans congestion; ilnVa pas de sérosité dans les ventricules*
Thorax. Dans la plèvre gauche, il y a quelques adhérences des deux feuillets, sans épancheraent; au sommet du poumon, emphysème ; en arrière et à la base, congestion légère. Du c6te droit, la plèvre est saine; le lobe supérieur est emphysémateux, le lobe moyen en partie dur, rouge, violacé; les divisions des lobules sont nettes à Textérieur; le tissu à la coupe est dur, ne crépite pas, rouge avec quelques lobules grisâtres; peu de liquide^ pas d*hépatisation réelle, mais le tissu coule au fond de Teau. Les bronchioles renferment du muco-piis» Le lobe inférieur est fortement congestionné.
Le cœur est de volume normal, pâle, sans être gros ; sur le bord libre de la valvule raitrale se trouve une nodosité assez épaisse, et derrière on voit quelques petits caillots fibrineui, récents.
Abdùmen. Le foie a son volume et sa consistance normaux; couleur est jaune.
Les reins, un |ieu féales, toot nofmauJL.
La mie c»t petite, ferme, saioe.
L*iiite*ttD gTè\c est ratatiné; les plaques de Peyerprésen* tilcératio&s énormes sur une lenteur de deux mètres; Ici voîsmesdu caecum ont un rebord roage TÎf, ép^is ; les ait' pltts pàteSf et les boonrelets manquent autour de quelque qui semblent en voie de cicatrisation. Congestion de In muqtievie.
Le gros intestin est météorbé, injecté : les folIictiJes dos saillants.
Examen dtM mtiÊcits. Les faisceaux primitifs présentent fm d*a Itérations; on rencontre divers de^^'^de dégénérescence gruiseose, granuleuse, de très^rares blocs vitreux:; la plupart des fibm altérées semblent en voie de régénération*
Il ne faudrait pas croire que les congestions actives et iixéea avec ténacité sur le poumon fussent toujours aussi graves que les précédentes; les sdignées dt M, Bouillaud,. les ventouses sèches de M, Béhier, d'autres moyens encore peuvent être employés avec succès. Voici un exemple de ce que peuvent les vésicatoires en pareil cas; cette puissante révulsion a fait disparaître des râles qui devenaient de plus en plus abondants, au moment où les autres sj-mptomes marquaienti au contraire, de la tendance à diminuer d'intensité. Cette aggravation des lésicns pulmonaires devenait d*autant plus menaçante que Ton voyait bien, par l'amélioration de Tétat des autres organes, que le moment de la convalescence s'approchait, et que les signes stéthoscopiques auraient dû alors diminuer d'abondance et de gravité.
On». XXÎ. — DolliJi^^neiil^'rie à forme thapafîque. — Di^but pendant Jes règles^l artfit des règles; diarrhée, pas d 'c- pis t axis ; congestion pulmonaire crois- T flûntc uL larjngiit'; un VL^sicataire jugo la congcalîon des poumons.-* Durée : 22 jours environ,
G... (Léotitine), 20 ansi blanchisseuse, née à Rouen, entre le 20 février 1872, salle Saint-Bernard, fi« 26, service de M* Queneau de Mussy, remplucé par \L Curnit.
Cette femme, d'une bonne santé habituelle, est malade depuis six jours; ses rîïgk'S plus abondantes que de coutume se sont arrêtées brusquement au quatrième jour de Tépoque; des douleurs abdominales ont paru de suite, avec de la soif^ de Tinappétence, et une diarrhi^e abondante ; peu de céphalalgie, pas d'ëpis^ taxis. Le 18 février les douleurs augmentèrent, et il sortit par la vitlve un peu de sang.
Etat actuel, 21 février. — C'est une femme de taille moyenne, de constitution régulière t Tembonpoint est conservé, mais les chairs sont molles. Décubitus dorsal; figure fatiguée et abattue* Langue rouge sur les bords et h la pointe, avec enduit grisâtre, sôche ; lèvres sèches et fuligineuses, gencives de même. Inappétence; le ventre est douloureux à la pression, porte des taches rosées; diarrhée modérée. Haies sibilants disséminés dans la poitrine, toux grasse. Souffle k la base du cœur, l'*'* temps; la tête est lourde, Tintelligence nette, mais il y a de la fatigue et du malaise. Pouls à U2, T. m'\
Le 22. Peau chaude, soif, trois selles liquides. Pouls â 112, T. 3Ô",L Soir, pouls în 116» 1\ 40%
Le 23t Pas de selle, ventre ballonné, gargouillement» langue très-rouge et sèche; les râles sont plus abondants. Pouls, 120, T. 40%L
Traitement. Deux verres d*eau de Sedlitz; vésicatoîre à gauche de la poitrine, en arrière. Soir, pouls 108, T. 40^,8*
Le 24. Six selles hier; peau sèche, pouïs faible; ventre ballonné. Râles sonores et muqucux plus abondants aux sommets qu'aux bases. Pouls, 120, T. 39", 8. Eau de Sedlitz. Soir, pouls, 108, T. 40",4.
Le 25. Six selles hier : le ventre est moins ballonné, la bouche devient humide, et la langue est moins rouge, T. 40*. Soir, pouls à 112, soif, chaleur sèche des membres, pouls dicrote, à 10â« T. 39'%3.
Le 26. La malade se sent mieux, est un peu plus animée; la langue et les lèvres sont plus humides, la peau est moins sèche et chaude. Un enrouement qui a débuté il j a deux jours devient de Taphonie. Râles sous-crépitants nombreux. Pouls ù ÎÏO, T. 38", 9.
Onction avec huile de croton sur le cou*
Soir, pouls à 108, T. 40«,4.
Le 27. Appétit; les râles sont plus nombreux que jamais; pouls k 96, T. 38'»,9. Vésicatoîre, une côtelette. Soir, pouls à 100,
— sa—
Ijc 2S* — * Appéiit, enrcweroeDti tme setile selle; oa ne peut ui* l culter à cause eu réskaioire; pouls à d2, T* 37** Sair, pcmli | 112, T, 38%8.
Le 29. Sommeil; une Mille selle, liquide ; tcmx fréquente, a- J rouemeot, râles sîbilaots disséminés. Pools à 74f Tf 'S&*S* Snô; ' pouls à SO, T. d7*«4. On alimeute la malade.
t""^ mars, La toux diminue, les selles deviennent solide**
Le 2. La toux et T enrouement ont dispara , les ràle^ din Tappélit est vif, les digestions sont bonnes.
Le 7. Part à la campagne.
Dans le chapitre premier, nous avons fait remar* quer qu'il semblait y avoir un certain antagonisme entre les phénomènes cutanés et les congestions pulmonaires; celles-ci nous ont paru moins graves oa de moindre durée dans les cas où des sueurs conti* nuelles se montraient pendant la période active delà dothiénentérie. Nous avons recherché ce que devc» naient les manifestations thoraciques dans les cas d'épistaxis répétées, et il nous a semblé que, lorsquuti malade perdait fréquemment du sang par le nez, ses poumons étaient moins exposés à se prendre d'uoç i manière sérieuse. La déperdition sanguine fré-^ * quemment répétée et naturelle doit avoir une influence au moins aussi puissante que celle des sai* gnées et des ventouses; Fépistaxis annonce une congestion sur la muqueuse de Schneider, par conséquent un mouvement fluxionnaire actif extérieur, et rhémorrhagîe a pour effet de modérer les hyperémie» internes. De toutes les observations de fièvres tj' phoïdes avec épistaxis répétées que nous avons â notr disposition, nous présentons ici celle dans laquelle les phénomènes pulmonaires ont été les plus ma On peut voir qu'ils n'ont pas été inquiétants.
Ob8. XXII. -^ Dothiéneniérie régulière; diarrhée; épistaxis continuelles et modérées; congestion pulmonaire intense^ mais localisée; convalescence rapide, — Durée : 21 jours environ •
L..., 21 ans, journalier, prussien, entre le 22 février 1867, salle Saint-Charles, n» 32, service de M. Oulmont, Lariboisière.
Cet homme a toujours joui d*une bonne santé jusqu'au moment où il est venu habiter Paris, il y a un an ; il eut alors une maladie aiguë de poitrine. Il y a dix jours, malaise, inappétence, lourdeur de tète ; au bout de quatre jours, céphalalgie vive, courbature, affaiblissement, vertiges, fièvre et frissons ; soif, diarrhée à raison de cinq selles par jour.
Etat actuel. Le 23. C'est un homme très-grand, de constitution régulière, à chairs molles. Décubitus dorsal, prostration, face rouge et grippée; surdité, parole embarrassée, mais la langue française lui est peu familière. Céphalalgie violente, vertiges; douleur vive au côté droit de Tabdomen, gargouillement, trois selles liquides cette nuit ; la langue sèche est couverte d'un enduit jaunâtre très-épais; pas de taches rosées, ventre ballonné, résistant, sonore. Peau chaude et moite, T. A. 40^,2 ; pouls irrégulier, dicrote, plein, à 96. L'impulsion du cœur est forte, les bruits sont normaux. La respiration, lente et tranquille quand le malade est en repos, deyient rapide et serrée quand on le fait asseoir ou parler ; pas de crachats, pas de bruits anomaux dans la poitrine.
Traitement. Infusion de 0,50 de poudre de digitale, potages.
Le 24. La figure est meilleure,] la surdité a diminué. Il y a eu hier dans la journée un fort accès de fièvre, avec céphalalgie, rougeur de la face, malaise extrême. Hier soir et cette nuit, écoulement de sang par la muqueuse nasale, mais le sang tombait dans la gorge; crachats nombreux de caillots noirs. Cinq selles liquides, douleur du ventre; sonorité à droite de l'abdomen, matité à gauche, taches rosées lenticulaires. La langue est blanche, la bouche sèche, l'haleine fétide, Pouls plein, à 84 ; les bruits du cœur sont plus sourds. T. A. 390,6. Même traitement.
Le 25. Hier, accès de fièvre fort, à la même heure qu* avant-hier. Peau chaude, pouls large à 84, T. A. 39<»,8. Céphalalgie ; ventre ballonné et douloureux à droite; taches rosées, quatre selles liquides. Toux rare, crachats assez abondants de caillots noirs venant du nez; râles sibilants dans la poitrine, surtout à gauche. Même traitement.
Le 26. Même état, fièvre; deux selles liquides; pouls à 84, T. A. 39«,6.
Le 28* Il y a toujours dans rapr&s-midi ane forte recrud^jseeûce i de ia fièvre» arec sueur. Lèvres croûteuses, face pAle, suante, ce- \ phalalgîc î ventre douloureux, mou, pas de selle hier* Rcsptmtion i courte, rapide, gênée; ràlea sibilants dans les deux poumom: j râles aous'crépitants dans un pmni limité du poumon droit, » i arrière. Epistaxis abondante hier; en outre, des caillots noirs 8<iBl) rendus continuellement dans les crachats. Pouls plus faible, àH, | bruits du cœur sourds; T. A. 38^2.
1*^"^ mars. Figure pale, peau tiède; une selle. Pouls à 60, T^ A> j 37*. Toux grasse, crachats muqueux, mêmes râles.
Le 2. Même état, pouls irrégulier, à 54 ; T. A* 36», 8* DeQxseUei' liquides; toux rare, les râles ont disparu, sauf à la base droite.
Le 3, Figure bonne, légèrement colorée; crachats sanglants, rien dans la poitrine; pouls irrégulier, à 44; T, A* 36**, G.
Le 4. La diarrhée a cessé» appétit; le ventre est iodolent^ li langue se nettoie; pouls faible, irrégulier à 48 ; T. A. 36° ^ô. Vu portion.
Le 5* Même état ; le malade maigrit ; pouls régulier, à 60* T. .i 'M**S* On supprime la digitale.
Convalescence régulière, grand appétit* Exeat à Vinconnes k i\ mars.
Cette observation, qui est celle que nous avons entre
les mains où les phéaomènes thoraciques ont été la plus graves devant des epistaxis fréquentes, pourrait servira défendre cette opinion que les hémorrhagies nasalesHoiitent les congestions fixéessur les poumons. Oit trouve dans la thèse de M» Ernest Labbée (i) un cas de dothénentérie accompagnée d'une bi'onchite capillaii'e des plus intenses, suivant l'expression de Tauleur. Une première hémorrhagie intestinale fut suivie d'un abaissement de la température et d'une grande diminution dans lesrâles; bientôt l'état redevint aussi grave qu'auparavant, mais une nouvelle hémorrhagie intestinale apparut, la température baissa pour de
(1) E, Laibbée. Thès»^ inaugurale : De la température et du pouls dans la fièvre typhoïde, eLc ; 18«>9, jj, SL
bon, et, en même temps, les phénomènes thoraciques s'amendèrent tandis que des sueurs profuses indiquaient une véritable crise. Devant un pareil fait, ne peut-on être autorisé à penser que Thémorrhagie intestinale a joué un rôle important parmi les causes de la rétrocession des accidents pulmonaires?
Nous avons avancé, dans le chapitre précédent, que les hémorrhagies intestinales qui succédaient à un mouvement fluxionnaire actif avaient pour premier résultat de faire disparaître ou de diminuer Thyperémie au point où elles avaient lieu. Il était intéressant de rechercher si les crachements de sang avaient une heureuse influence sur les congestions pulmonaires. Il s'agit, bien entendu, d'hémorrhagies dues à des apoplexies pulmonaires, et non pas d'hémoptysîes qui seraient causées par une dyscrasie intense : celles-ci sont d'une gravité tout exceptionnelle. Il doit se passer dans le poumon ce qui se passe dans les autres organes; etM.Fonssagrives(l)faitremarquerqu*unehémoptysie qui résulte d*une congestion active doit dégorger les vaisseaux des lobules qui étaient le siège de la lésion, et a par conséquent un heureux effet; cette hypothèse, d*une simplicité si remarquable, aurait cependant besoin du contrôle de faits précis, et les pneumorrhagies sont fort rares. La plupart des auteurs n'en parlent pas, et M. Bazin qui rapporte deux observations d'apoplexie pulmonaire, n'a pas signalé Thémoptysie; Delarroque admet qu'on peut quelquefois reconnaître l'apoplexie aux crachats sanglants, mais il ne donne
(1) Fonssagrives. Thérap. de la phthisie pulmoDairc^ etc., p. 63. 1866.
aucune observation. Enfin, quand nous aurons rapptii que Louis n'en parle pas, on devra nous concéder qoi c'est là un fait bien rare. Une fois, des parents nom I ont décrit des crachements de sang très-abondaût* chez une petite fille que nous avons observée trop tard à Sainte-Eugénie ; nous n'avons pu constater queda filets de sang dans les crachats, et doutant c^ue leshemorrhagies qu'on nous décrivait ne fussent [que des épistaxis, nous ne reproduisons pas robservatioa; du reste, l'enfant a guéri* Nous avons vu quelq^iei crachats sanglants venant des poumons chez le sujet de l'observation IV qui a bien guéri. Enfin, notre ami Rendu nous a donné une précieuse observation que nous consignerons ici, qui montre une apoplexie puU monaire avec crachats sanglants, et qui ne s'accompagna de phénomènes inquiétants que lorsqu'une broncho-pneumonie envahissante se fut développée autour du foyer. Le malade a guéri assez facilement.
Om, XXU!, (CoTiiïniinîquéc par M* le Dr H. Rendu.) — Fièvre typlioidtl forme muqueuse, en appurence bî^nigne ; symptômes thoracîquea gni^vs; COQ gestion et apoplexie pulmotmirefl, — Guêrison,
Humbert (Jean), 20 ans, de la Hesse; entré le 18 août 1S73, salle Sftinl'LéûD, n" 17. Sort le 13 septembre.
Cet homme est malade depuis une quinzaine ; fatigiie et courbature, puis épistaxis, diarrhée, mal de ventre, fièvre le soir. La figure est asseiE vuUueuse, l'air absorbé; il se plaint surtout de mal de tête et de diarrhée ; il tousse depuis quelques jours. Le pouls est fréquent et rapide, h. 115; la langue sèche et rouge à ït poiote, le ventre un peu ballonné, quoique assez souple* On constate l'absence presque complète de taches lenticulaires sur Tabdomeu, mais il en existe dans la région rénale. Il existe un degré' notable de congestion pulmonaire.
Limonade vineuse, pot. avec 4 gr. d'cxt, mou de quinq. Catû plasmes.
Mêmes svmptômcs les jours suivants; ballonnement du rentre plul(î>t augmenté» quelques taches rosées disséminées surtout dans le dos, peu apparentes sur le ventre. Congestion pulmonaire assez forte» mais sans souffle (ventouses sèches). Le pouls se maintient à 110 pulsations, et même tombe à 90 au bout de quelques jours ; là peau CHt moite, la langue sale mais humide.
Le 24, On trouve quelques crachats visqueux et sanglants d*ex- Budat pneumoniqye; l'auscultation fait entendre en un point cir-' conscrit de la fosse sous-épineuse droite une expiration souftlante. Du reste, aucune aggravation de l'état général ; ventouses sèches.
Le 25. Crachats sanglants, visqueux, plus abondants, état général passable; pas de diarrhée; 100 pulsations. La percussion at* tentive révèle de la matité à la base gauche ; â ce niveaUi pas de murmure vésicuîaire» quelques râles» pas de souffle. Vésicatoire»
Le 26. * Crachats ecchymotiques très abondants; mêmes signes stéthoscopiques. Pot. ext. de quinquina, kermès, 0,20.
Le 27. Dyspnée, sueurs profuses, pouls rapide et ondulant. On entend vers la moitié inférieure du poumon gauche un souffle assez profond et étendu; au-dessous, murmure vésiculnire faible et presque nul. Les crachats passent par toutes les teintes de l'ecchymose, il ne se fait pas de nouvelle hémorrhagie, mais il parait Y avoir de la pneumonie autour du foyer apoplectique. On supprime le kermès, on donne 60 gr. d'alcool rectifié; ventouses sèches.
Le 28. Mêmes signes stéthoscopiques ; état grave, pneumonie envahissante, sueurs. Phosphate de chaux contre les sueurs, vésicatoire.
Le 29. Amélioration subite, bien que les signes soient les mêmes; dyspnée moindre, température plus basse, langue humide, œil plus éveillé, bailonneroent du ventre moindre. Soir: pour la première fois, il n*y a pas de redoublement de fièvre dépassant 120.
Le 30. Le mieux continue ; le malade répond beaucoup mieux aux questions, il n'est plus oppressé ; pouls mou, dépressible, à 90. Le souffle diminue d'intensité, il n'y a presque plus de crachats ecchymotiques. Le pronostic est évidemment beaucoup meilleur.
2 septem^bre. L'état du malade est meilleur; il s'est levé un peu dans la journée dans le fauteuil, mais la respiration est encore soufflante, et il crache encore quelques crachats ecchymotiques. A droite existent des raies sibilants et sonores.
Le 10. Le malade se lève, marche, mange bien, digère bien. Ëxeat à Vinccnnes le 15 septembre.
Quoique ces quelques faits semblent indiquer
que les malades qui crachent du sang* ce qui io plique la présence d*ane apoplexie pulmonairt,De| soient pas plus en danger que les autres, cependant lij petit nombre d'observations que nous a%*ons pu iis- 1
cueillir ne nous permet pas d*avoîr â ce sujet um opinion bien fixée.