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CHAPITRE IV

DES COKGESTIOXS CÉRÉBRO-SPINAl^ES.

S'il nous a été facile de trouver de nombreux ai affirmant la nature congestîve des phénomènes anatomiques qui se passent dans les poumons pendant cours d'une dothiénentérie, il n'en est pas tout à de même quand on entreprend de faire la ni«Jme étui â propos des lésions cérébrales. Cependant, quelq auteurs nous donnent à cet égard de précieux saignements, et nous demandons la permission de pi senter ici le résultat des recherches de quelque»-»! de ceux qui nous semblent avoir examiné lesfaitsa la plus grande exactitude.

M. Chèdevergne a trouvé, dit-il, trois états morbides dans l'encéphale : une congestion périphérique quj s'accompagnait de sécrétion de sérosit^ ; des exhalations hémorrhagiques, des exsudations plastiques in* flammatoires* Sur l'arachnoïde et la pie-mère, il a décrit la réplétîon des gros vaisseaux, la dilatation des petits, l'iojectioû des capillaires, des apoplexies me*

(1) ChfedeYergne, loc. cit.j^j. iil.

nîngées; à la face viscérale de l'arachnoïde, des plaques rouges, des plaques laiteuses, des corps riziformes. Les membranes présententquelquefois des adhérences, et la couche superficielle du cerveau s'enlève avec la pie-mère ; ou bien, le cerveau est dur. Dans quelques cas, au contraire, la partie corticale des circonvolutions se réduit en bouillie rougeâtre ; c'est une véritable encéphalite, et le tout ressemble absolument à la périméningo-encéphalite des paralytiques généraux. Autour du bulbe et de la moelle, les méninges présentent également des arborisations, des plaques rouges, des plaques laiteuses avec épaississementde Tarachnoïde; ces altérations se prolongent sur les origines de bon nombre de nerfs crâniens ou rachidiens. Toutes ces lésions sont, pour M. Chèdevergne, de nature congestive, et il. appuie fortement et à plusieurs reprises sur ce fait, que Thyperémie est le premier stade de ces altérations, que l'inflammation est secondaire, et de nature toute spéciale, de nature congestive.

Fritz (1) n'a fait que peu d'autopsies de fièvre typhoïde à forme cérébro-spinale ; il décrit cependant une congestion veineuse fort intense des méninges ràchidiennes, des méninges cérébrales, une congestion du cerveau, mais la moelle était saine dans les cas observés par lui.

M. E. HoflFmann rapporte que les lésions cérébrales les plus nombreuses et les plus importantes qu'il ait trouvées, sont Thyperémie veineuse des méninges, la

(1) Fritz, Etude clinique sur divers symptômes splnâilx observés dans là fiôvre typhoïde. Thèse de Paris, 1864.

(2) E. Hoffmann, loc. cit., p. 303.

thrombose veineuse, l'œdème méaingé. Quant à la méningite, c'est un fait très-rare, il n'en a vu que quatre cas dans le grand nombre d'autopsies qu'il a faites. Ce n'est même pas une méningite vraie, c'est plutôt une tendance à la formation de fausses membranes qu*tm processus inflammatoire réeK Dans le cerveau, les lésions les plus fréquentes sont celles de l'œdème^ aiasr qu'un ramollt'isement superficiel en nappes ou en petits foyers, etdes apoplexies capillaires. Dans lesfojers de ramollissement on trouve une grande quantité de pigment brun, indice probable d'extravasations san* guines. On voit aisément que M, HoflFmann donne une grande place aux phénomènes congestifs parmi les lésions cérébrales du typhus abdominal, et restreint plus que personne le rôle de rinflammation.

Dans les quelques faits qui vont suivre, ainsi que dans certains de ceux qui précèdent, on peut trouver plusieurs descriptions des lésions qui accompagneot les symptômes cérébraux de la dothiénentérie : ce sont des congestions méningées plus ou moins intenses, rarement Tépaississement inflammatoire de l'arachnoïde (obs. 9, 24J, une fois seulement le ramollissement de la couche superficielle du cerveau ; enfin, l'hyperémie encéphalique* D'après ces observations personnelles, surtout d'après les descriptions d'auteurs qui ont fait des nombres considérables d'autopsie, nous nouscroyonsendroitd*affirraerquerh3^perémie occupe certainement la place la plus importante parmi les lésions qu'on retrouve à l'ouverture du crâne des typhîques.

M. Jaccoud rapporte le résultat des observations de quelques auteurs qui ont poussé plus loin leurs investigations Lebert a trouvé dans le cerveau une dégénérescence graisseuse des capillaires; Buhl a constaté par l'analyse chimiqueuneaugmentation notable d'eau dans la pulpe cérébrale, et il fait de cet œdème aigu la condition organique des troubles cérébraux du début et de la période d'état; Meynert a vu dans un cas de dothiénentérie à forme méningitique des altérations destructives des cellules cérébrales et la congestion des vaisseaux ; dans un autre cas à symptômes insolites, Lindner a trouvé un exsudât gélatineux à la surface du cerveau et une hyperémie intense des plexus choroïdes. M. Hoffmann a étudié d'une manière approfondie bon nombre de cerveaux de typhiques morts à la suite de phénomènes cérébraux. 11 a trouvé au microscope, dans les foyers de ramollissement que nous avons mentionnés tout à l'heure, des corps granuleux, des cellules ganglionnaires remplies de granulations pigmentaires, à contours indécis, offrant Tapparence d'éléments en voie de destruction ; plus rarement, les fibres nerveuses réunies en faisceaux ont présenté l'aspect de la dégénérescence graisseuse. Ces lésions peuvent être suivies de l'atrophie du cerveau. Ne sont -ce pas là les indices d'une destruction plus ou moins considérable des éléments constituants du cerveau ? Et en lisant les résultats de ces recherches, en les rapprochant des symptômes qui leur sont concomitants, n'est-on pas fondé à penser que dans ces fièvres ty-

(1) Jaccoud. Path., t. II, p. 738.

Cazalis. 7

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phoîdes le cerveau pourrait bien être soumis à une sorte de destruction analogue à celle des muscles, à celle du système lymphatique intestinal ! Ce qu'il nous importe surtout de considérer, c'est que, à côté de ces lésions destructives, et leur étant liés peut-être d'une manière intime, bien qu'inconnue encore, se trouvent des phénomènes de congestion et d 'œdème dont nous nous occupons plus particulièrement ici.

Après avoir indiqué quelles sont les altérations les plus habituelles des centres ncij^eux, nous allons essayer de passer en revue les symptômes auxquels on peut les reconnaitre. Remarquons d'abord que, quelle que soit la bénignité d'une dothiénentérie, on y trouvera toujours des symptômes dits nerveux ; le malade le plus calme, le plus sain d'esprit en apparence, aurd toujours un certain vague dans les idées, présentera de la difficulté à faire obéir ses muscles, et, une fois guéri, sera tout étonné de se sentir comme réveillé d'un long sommeil, n'ayantsouvent qu'une mémoire confuse du temps où il était soumis à l'évolution d'une fièvre typhoïde, même la plus bénigne.

Le délire est un des phénomènes les plus fréquents dans la dothiénentérie ; mais il est bien loin d'avoir toujours la môme signification. On peut éloigner tout d'abord le délire alcoolique, qu'on reconnaît à ses caractères particuliers, et qui ne nous occupera pas ici. Restent alors le délire violent et le subdélirium; ce dernier est fréquent ; il peut apparaître à toutes les périodes; au début, s'il indique une certaine perversion de nutrition des circonvolutions cérébrales, il ne peut cependant pas suffire ù caractériser la forme méningée

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d'une dothîénentérie ; souvent à cette période, presque toujours dans les suivantes, il indique l*unémie cérébrale, ou plutôt rinsufûsance nutritive du sang, et il cède aux toniques et à l alimeiitâtion ; ce délire, ordinairement très-léger, prendcependant une assez grande intensité lorsqu'il succède à des hémorrhagies importantes, et on peut le voir redoubler à chaque saignée danè les observations qui nous ont été laissées par les écrivains des époques antérieures. On peut lui donner comme caractères (Chèdevergne) d'être passager, variable dans sa force, beaucoup plus indiqué dans certains moments que dans d'autres, surtout pendant la nuit, de redoubler à chaque déperdition organique considérable. A côté de ce détire, il faut placer celui qui apparaitquelques jours ou quelques heures avant la mort des malades, dans toute autre forme que la cérébrale, et qui peut être causé soit par l'anémie, soit par lintoxication du sang, soit par une congestion passive due à la faiblesse du cœur ou à l'insuffisance de la respiration* On voit que si on élimine ces divers délires, il ne reste que peu de cas de délire actif, réellement dû à un mouvement fluxionnaire actif dirigé vers le cerveau. Celui-ci parait quelquefois au début, où il ressemble atout autre délire des maladies aiguës ; le plus souvent, il dure longtemps et s'accompagne d'autres accidents cérébraux ; on le reconnaît à son activité, sa violence, à sa persistance; jamais les toniques ne le font disparaître, et en réalité nous ne possédons que peu de moyens de l'attaquer ; les yeux du malade sont brillants, les conjonctives injectées, la face est turgescente. C'est sous l'empire de ce délire qu'on a vu des

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malades accomplir des actes dont on ne les aurait jt^ mais crus capables auparavant, se jeter par la fenêtre,

se précipiter sur le» personnes qui leur donnent leors soins, briser les liens les plus solides*

Le symptôme le plus opposé en apparence au délire est le coma; celui-ci a également plusieurs formes; dans son aspect le plus grave, il succède au délire, et est une annonce de mort prochaine. On l'obserre également à la En desdothiénentéries qui se terminent par Tasphyxie ; dans ces deux cas, on trouve dans le cerveau des inflammations, des congestions actives ott passives, de l'œdème. Dans ses formes les m oins graves, le coma n'est plus qu'une somnolence, qui dure tout le temps de la maladie dî^ns la forme dite soporeuse» Elle peut encore être accompagnée d'une stupeur insolite, d*une hébétude plus marquée qu*à Tordinaire, de subdélirium ; elle semble alors annoncer radynamie, plutôt qu un état congesiif. Enfin, on peut observer une somnolence comateuse au début de la convalescence, et M, Gubler la rapporte alors à une congestion utile du cerveau, M. Langlet (1), qui développe cette opinion, s'appuie sur ce fait, que Tiris est congestionoé dans le sommeil, pour étabUrque le cerveau Test aussi; cette congestion cérébrale légère est utile à l'encéphale i au début de la convalescence, comme lui fournissant des matériaux nutritifs en plus grande abondance au moment où s exécute la réparation de cet organe. Il faut donc la respecter, et respecter par conséquent le sommeil qui en est Tindice, J

(0 LftïJglel. Thèae inaugurale : Elude aur la phyaioîogie du aomiDeîl 1872 p. 7«.

Les symptômes précédents ne peuvent se rapporter qu'à un état morbide du cerveau ; ceux qui vont suivre sont surtout sous la dépendance de lésions des nerfs, de la moelle, du bulbe; ce sont les troubles de la motilité et de la sensibilité.

Les troubles de la sensibilité sont des paralysies ou des hyperesthésies ; les paralysies sensitives sont rares dans ladothiénentérie; Fritz(i)ne leuraccor^dequepeu de valeur ; cependant il cite Wunderlich comme ayant observé Tanalgésie coïncidant avec des ulcérations et des eschares aux extrémités. Au contraire, les hyperesthésies, les douleurs spontanées ou provoquées sur tous les points du corps sont excessivement fréquentes, et Fritz en fait une longue étude; cependant, nous sommes porté à restreindre beaucoup l'importance de ces symptômes dans la fièvre typhoïde. En effet, bon nombre de douleurs sont dues simplement à des lésions locales; celles de Tabdomen, du thorax, peuvent se rapporteraux phénomènes anatomiquesqui atteignent les organes contenus dans ces cavités ; les douleurs musculaires des membres, qui donnent à certaines dothiénenteries une forme tellement particulière que M. Bazin enafaituneforme arthritique, peuvent bien se rapporteraux lésions souvent considérables des muscles. L*hyperesthésie de la peau, les douleurs névralgiques ont été Tobjet d'une étude excessivement approfondie de la part de Fritz; sans doute, ces altérations de la sensibilité sont souvent importantes et indiquent des lésions spinales bien accusées; mais nous avons

(1) Fritz, loo. cit., p' 81.

dû restreindre leur valeur* En effet. M- Triboulet, dSSf nous avons eu l'honneur d'ctre T interne^ recherche! chez tous ses malades les hyperesthésîes diverses, et] cela avec un soin minutieux; nous avons pu votraîQsil que toutes les maladies aiguës fébriles, la plupart des] maladies chroniques s accompagnaient d*hyperesthé-j sies de la peau, des muscles, des nerfs, etc., et lorsque! nous trouyions des phénomènes analogues dans un cas^ de coxalgie et dans un cas de dothiénentérte» il nous était impossible de leur accorder dans le second casJ Timportance que nous leur refusions dans le premierJ

On doit cependant reconnaîti eque deux phénomènes"^ douloureux ont une grande valeur; la céphalalgie n'est souvent qu'un symptôme banal, lorsqu'elle parait au début, cesse rapidement, cède à une épistaxis, à U sueur ; mais quand elle résiste à ces déperditions humorales naturelles, se fixe aufront ou aux tempes soutl la forme d'un bandeau qui comprime la tète, s^accrolll peu à peu, ne cède à aucune médication ou reparaît] rapidement après avoir paru cesser un moraent, c'estl un des meilleurs indices d'un état grave du cerveauJ La rachialgie est plus grave encore ; elle se rapporte j directement à une congestion ou à vne înflammatiotii des enveloppes de la moelle, et s'accompagne de phénomènes musculaires, paralysie ou contracture.

Comme altérations des sens spéciaux, on a noté fort rarement la cécité ; et on sait que la surdité est un des phénomènes les plus fréquents, mais il est impossible de dire quelle en est la cause.

Les altérations de la motilité sont des paralysies ou des convulsions. Les paralysies des muscles de la vie

de relation sont bien rares, et on ne peut les attribuer à des lésions congestives ou inflammatoires. Les con^ vulsions sont bien plus fréquentes ; on a décrit des accès d'éclampsie, de convulsions générales; ceci est rare. Mais on observe très-fréquemment des convulsions cloniques localisées, la carphologie, les mouvements choréiformes des doigts, le tremblement, le trismus ; ces divers phénomènes, s'ils apparaissent isolés, n'impliquent pas un état dangereux des centres nerveux, mais s'ils s'unissent au délire ou aux convulsions toniques, ils indiquent certainement l'existence de graves lésions.

Les convulsions toniques s'observent surtout dans les muscles des gouttières vertébrales; peut-être ferait-on mieux de leur donner le nom de contractures, car elles ne vont pas jusqu'à donner lieu à un tétanos réel ; elles s'accompagnent de vives douleurs, et nonseulement empêchent le malade de s'asseoir, mais maintiennent la tête et le tronc en opistothonos, et rendent très-difficile l'action de mettre le malade sur son séant. Ces faits ont la plus haute gravité, et ne s'observent que dans les cas de congestion ou d'inflammation des enveloppes du bulbe et de la moelle. Il en est de même du spasme de l'œsophage et du pharynx, de la dyspnée nerveuse.

Il serait fort important, pour l'étude que nous faisons ici des congestions cérébro-spinales, de pouvoir rattacher les symptômes dont nous venons de parler aux lésions que nous avons décrites auparavant ; nous avons dit, en effet, que celles-ci étaient de deux ordres : lésions de destruction, lésions hyperémiques' et in-

flammatoires. Quels sont les signes des unes et d^ autres? Le problème est des plus difficiles à résoudre actuellement, et les recherches physiologiques ne doqs donnent que peu d'éclaircissements à ce sujet, de sortt que nous ne nous faisons aucune illusion sur la valeur des quelques observations que nous allons exposer^

Le délire, ainsi que nous Tavons dit tout à l'heure, paraît être dû, dans quelques circonstances, à oeé hyperémie encéphalique; une circulation plus active» l'exagération des phénomènes vitaux des élémeats constituants de la substance grise des circonvolutions, peuvent en rendre compte. Mais ce n*est que lorsqutl s'y joindra d'autres symptômes pouvant être expliqués par les mêmes causes, qu'on pourra certifier que Fencéphale est le siège d'une congestion active ; parmi ces symptômes» nous pensons pouvoir naettre en première ligne la céphalalgie persistante, la rachialgie, la contracture des muscles du cou, les convulsions cloniques. Comme on le voit, c'est surtout un ensemble de symptômes donnant à la fièvre typhoïde un cachet spécial, que nous expliquerons volontiers par Thyperémie.

Il est un autre phénomène qu*on ne rencontre guère que chez les individus qui présentent une congestioa cérébrale intense : c'est le coma. Mais, le plus souvent, il succède au délire, comme l'œdème cérébral et méningé succède à rhyperémie , et malgré ropinion de M. E, Hoffmann, qui serait disposé plutôt à expliquer le délire par l'œdème, nous sommes porté à attri-

buer le coma à ce dernier phénomène qui, du reste, est absolument sous la dépendance du premier.

On voit donc que, sans pouvoir affirmer que tel ou tel symptôme se rapporte à Thyperémie cérébrale, nous pensons cependant qu'on peut la diagnostiquer à Taide d'un certain ensemble de signes qui nous semblent devoir être attribués à cet état particulier du système nerveux central. Il nous reste à rechercher, à Taide d'observations, quelle est la valeur de cet état vis-à-vis de l'évolution typhoïde, quelle est son influence sur le reste de l'organisme.

Les symptômes cérébraux, lorsqu'ils prédominent dans une dothiénentérie, qu'ils lui donnent un cachet particulier, doivent être considérés comme les plus graves accidents qui puissent survenir chez un malade. Les organes dont ils indiquent Tétat morbide, tiennent en effet sous leur dépendance tous les autres organes de l'économie, et, lorsque le système nerveux fonctionne mal , les phénomènes vitaux de chaque partie de l'organisme subissent une grave perturbation qui a pour résultat de modifier l'évolution ordinaire et régulière de la maladie. Il en résulte que les fièvres typhoïdes à forme cérébrale présentent un désordre, un défaut d'harmonie plus ou moins marqué dans leur évolution ; c'est là ce qu'on appelle Vataxie. Lorsque cette ataxie porte sur les fonctions auxquelles préside plus particulièrement le système nerveux trisplanchnique, on dit qu'il y a malignité. Telles sont les définitions données par Trousseau. Ces fièvres typhoïdes ataxiques ou malignes sont celles qui emportent le plus grand nombre de malades.

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Il semble y avoir une sorte d*ântipathie entre Ici congestions et inflammations des centres nçnreui. manifestées par leurs symptômes hfibttueU, et les symptâmes qui correspondent à T existence de cct< taiaes congestions. Cest ai nsï que les hyperémiesctî* tanées sont nulles uu médiocres pendant toute la durée de la maladie ; la sueur manque, les taches rt>sé« sont eà petit nombre ^ la peau est sèche et cùmmt parcheminée. Si, par un traitement bien dirigé, ou parvient à calmer un peu les accidents cérébraux, Il peau et la langue s'humectent aussitôt, mais ces symptômes heureux disparaissent bien vite si les ct^ très nerveux retombent dans l'état d'où ils n'étmU sortis que momentaoémeoL

Nous avons avancé dans le chapitre I^^ que les minifestations cutanées et les éptstax^is n'apparaissent en môme temps que dans des cas tout à fait exceptionnels; aussi, est-il digne de remarque que dans les fièvres ataxiques, où la congestion cutanée fait défaut, les épistaxis manquent très-fréquemment. On en observe cependant ; les unes n*ont aucune in* fluence apparente sur les désordres de l'encéphale, quoiqu'elles surviennent au même moment qu'eux, sous l'influence d'une congestion semblable (obs. 9!; d'autres semblent les calmer, et agissent surtout ei faisant disparaître la céphalalgie (Delarroque)* Mais leur absence est encore le fait le plus fréquent,

D'après les quelques observations que nous avoes pu faire dans le cours de nos études, il nous a pam que la diarrhée était ordinairement très-modérée dam les fièvres ataxiques," la sécheresse du tube intestinal

serait alors de môme nature que celle de la peau. Cependant, dans bien des cas de constipation, la sécrétion intestinale a lieu réellement, mais l'intestin paralysé ne Texpulse pas ; le ballonnement et le gargouillement sont là pour indiquer la présence de matières abondantes auxquelles la paralysie des muscles intestinaux permet un séjour prolongé et nuisible dans l'abdomen.

Si l'on voit les congestions de la peau, de Tintestin, de la muqueuse nasale se restreindre dans les dothié* nentéries à prédominance cérébrale, il n'en est pas de môme des congestions pulmonaires. Celles-ci peuvent manquer (obs. 9) ; mais, le plus souvent, elles sont au contraire remarquablement intenses et tenaces. C'est môme la présence des râles qui permettra de faire au début un diagnostic certain entre la dothiénentérie ataxique et la méningite ; c'est principalement chez les enfants que ce diagnostic offre de sérieuses difficultés. Or, autant dans la méningite simple ou la tuberculeuse, lorsque celle-ci survient comme première apparition des tubercules dans l'organisme, le poumon est sec, les bruits pulmonaires indiquent une absence complète de sécrétion bronchique , autant est fréquente l'existence de râles nombreux chez les enfants atteints de dothiénentérie ataxique. Il y a là un précieux moyen de diagnostic en l'absence de la diarrhée.

Nous allons exposer ici quelques-unes des observations qui nous ont paru oflfrir le type le plus accentué de la forme cérébrale de la dothiénentérie. On verra que c'est par l'étude des faits de ce genre que nous

sommes arrivé aux assertions émises cinjessus, e que celles-ci reposent non pas sur une des vues di l'esprit, mais sur robservatîon attentive des faits.

Dans le premier de ces cas , on voit les phéao- 1 mènes cérébraux franchement accuses; le délire a éti remplacé par le coma ; la contracture des extrémités, , le trîsmuâ, la raideur des muscles du cou sont bteo ea { rapport avec les lésions trouvées à rautopsîe. Remar* quons cependant qu'on n'a trouvé dans le cerveau nij œdème, ni ramollissement inflammatoire, seulemeatj de la congestion révélée par du piqueté sanguin. On ne peut donc mettre les symptômes cérébraux sur le] compte d*une lésion qui n*existait pas. lï y a eu UBe] épistaxis ; les lésions pulmonaires n'étaient peut-être] aussi accentuées que par suite de la présence d'une ca* verne, indice de tuberculose antérieure.

Ob«. XX ÎV, — Dolhiéncntérie & pr{*dominance cepébmle et thOF&ciqr^tf, — 1

à gfiuplic*. — Mort. — Durt'e : 2i joiips enviioiu — Antopsie. — CongestjM 1 (lu tiTveau, é|>ftii4Hissi*iiit!fit des iijt'iiiyjjtî**.

P*** (Claire)» 11 ans, de Paris, entre le 18 janvier 1871^ saUcl Soinlc-Mûrgueritc» n" 15, service de M. Triboulet, Sûiote-Ettgénie.

LVnfant est malade depuis le 4 janTier; elîe souffrait de tète» a saigné du ne^» et toussait. Il n*v a pas de renseig-nementSil la petite malade est amenoe par des voisins qui Tonl Irouvcel abandonnée, et ce n*est que dans la suite qu'on a pu savoir lai dote du déhut.

EtatactueL — 19 janvier. Décubitus dorsal, prostration, surdité, perte de connaissance, dolire; trismus et tremblement des membres; lèvres croùteuses, dents fuligineuses. Le ventre D'est pas ballonné, mais est très-douloureux. Taches rosées; deux selles liquides jaunes depuis hier. Toux grasse, râles sous-crépi ta nts à droite \ pouls k 136.

Le 22. Emétique ce matin, 0,03. Très peu de vomissements, fixité des yeux, raideur du cou; délire continuel et quelquefois violent la nuit, diarrhée, mêmes râles; pouls à 112.

Le 23. Plaintes, délire, raideur du tronc; Tenfant boit avec plaisir; pouls à 116.

Le 24. Le délire fait place à une somnolence comateuse ; pâleur cadavéreuse de la peau ; râles sous-crépitants nombreux à droite ; pouls à 116.

Traitement : Limonade magnésienne, vésicatoire à droite.

Le 25. Maigreur, coma; pouls à 120.

Traitement : Rhum, 10 gr., 6 pilules de camphre.

Le 26. Coma, pâleur, contracture des extrémités ; trois selles en diarrhée; râles à droite, souffle à gauche; pouls à 116.

Le 27. Mort.

Autopsie, — 28 janvier. La pie-mère et Tarachnoïde présentent une teinte opaline sur les circonvolutions supérieures des hémisphères cérébraux; les méninges sont là fort épaissies; la substance cérébrale est dure, et à la coupe, on trouve un piqueté fort abondant.

Les poumons présentent chacun une coloration foncée dans les lobes inférieurs; le tissu est lourd, crépite mal, plusieurs lobules ne s'insufflent pas; à la coupe, le tissu est ferme, il s'écoule peu de sang; plusieurs lobules tombent au fond de Teau. Au sommet droit, petite caverne avec induration alentour.

Le cœur est flasque, pâle.

Quelques plaques de Peyer vers le caecum sont gonflées et injectées, sans ulcération; quelques follicules présentent des ulcérations.

Le foie, volumineux, est mou et décoloré.

Les reins sont mous et d'un gris jaunâtre.

Les observations suivantes sont également caractéristiques; la dernière a moins de valeur, n'ayant pas été suivie d'autopsie; nul doute, cependant, qu'on n'eût trouvé des lésions analogues à celles que présentaient les sujets des autres observations.

— no —

O0S, XXV% — Dotiriéaenk'îiL' a prodominunce c^jn braltr ^ détir^, Gtmv Immua ; [vas d'épititîuis , vomissemi'hl^, — Congestion pulmoDuircOo coma, mort. — DuKc ; 1 jours. — Autopsie.

C. (Gabriellc), 8 ans, entre, le l"" janvier 1870, salle Marguerite, n" 18, service de M. Triboulet, Sainte-Eugénie.

Cette petite fille est d'une bonD€ santé habituelle; depuis qu i|ues mois, son appétit s'était fortement accru.

Le 27 décembre 1869, elle ressentit un léger mal de tête; lel il y eut de l'inappétence i on couche Vcnfant, et au boi^ ques heures, elle perdait connaissance; la face était dt vomissements, refus de boire*, plaintes coDlinuelleSy cépbaiaig et point de côté à gauche.

Etat actueL — !'•'* janvier. Décubîtus dorsal ; la bouche est tn tr'ouvertc ; les lèvres sont sèches, fuligineuses, les narines pa vémlentes, les yeux fixes, les paupières immobiles, h moitié mées. La face est pâle, et légèrement cjanosée. La d' ' ï^ est facile, mais la soif est nulle; le ventre est plat^ d' on produit facilement la raie m^ningitique ; pas de tach. langue sèche; pas de selle* Respiration stertoreuse» pli.:L-i chaque expiration; râles bulleux fins dans les deux bases; piration forte dans le reste des poumons; sonorité normale de 1 poitrine. Le cœur ne peut être ausculté h cause des gé ments; pouls régulier, à 148; peau sèche, aride, pas chaude; II] a une heure, la religieuse a été étonnée du froid de la peaj Convulsions cloniques de peu de durée, perte complète d'intc gence; hyperesthésie de la peau assez générale; douleurs vif de la colonne vertébrale.

Le 2. Convulsions cette nuit ; ce matin, la déglutition est ta possible; coma, stertor. Quatre selles liquides. Soufjle et sous-crépitants fins à la base droite en arrière j à gauche, peu de' râles. Pouls à 140.

Soir. Respiration bruyante, coma ; pouls à 172. Pas de taches rosées; cyanose, vomissements.

Mort le soir.

Autopsie. — Le 4. Le poumon gauche est un peu congestioB en arrière et emphysémateux en avant» Le poumon droit est ce gestionné dans les deux lobes supérieurs; le lobe inférieur* fort rouge, dur, friable, lisse à la coupe, sans hépati*ations*en écoule un sang noir, non aéré ; en avant, ta congestion moindre.

Le cœar est normal , un peu pâle ; il contient un petit caillot cruorique ; les gros vaisseaux sont vides de sang.

La rate est un peu grosse.

Le foie est paie, un peu jaune; la vésicule est vide.

Les reins sont gros, exsangues \ la matière corticale est graisseuse.

L*]ntestin grêle est congestionné sur une longueur de 50 centimètres dans le tiers moyen et le long des 30 derniers centimètres. Les plaques de Peyer sont saillantes» couvertes de saillies et de dépressions, sans ulcération; congestion intense autour; le» fol* licule^ clos se présentent sous forme d'élevures qui ont la rnèmi couleur rouge que le reste de la muqueuse; vers la valvule dâl Bauhin, toute la mur|ueuse est hypertrophiée, congestionnée, de telle sorte que le calibre de l'intestin en e^t très-rétréci. Les ganglions méscntériques sont durs» irès-voluniineui, et violets.

La pie-mère est légèrement congestionnée sur les hémisphères; es gros troncs veineux sont gorgés de sang^ il n*y a aucun épaississement de membranes, et» à la base, Taspect est normal. Le tissu du cerveau est de consistance normale; à la coupe, il y a un peu de piqueté. Un peu de sérosité dans les ventricules.

Examen microscopique des muscles* — La dégénérescence typhoïde des muscles a envahi un grand nombre de faisceaux musculaires^ on observe un grand non^bre de blocs vitreux, des faisceaux atrophiés, d'autres remplis de granulations graisseuses. Il n'y a ce cure qu'une multiplication modérée des noyaux.

Obs. XXVI. — Dothiéneottrie l fiPiîdominance t'értvbrnL'j pas d'épislaxis; coosUp'iîîoti ; diiii-e, trii^mus, slrabisme. — G t ûikJ e ûCctL ration du pouls. — Coogeatioii pulmonaire, ~ Mort, — Durt^c : & jours.

P... (Marie), née en Seine-et-Marne, entre, le 13 janvier 1871| salle Sainte-Marguerite, n" 15, service de M. Triboulet, Sainte- Eugénie.

L'enfant est malade depuis le 9 de ce mois; elle a eu de la fièvre, du mal de tète, des vomissements, quelques convulsions, du délire la nuit i douleurs de ventre, constipation. Pas d'épistaxis.

La face est grippée, subictérique, avec des plaques rouges sur les pommettes ; lèvres sèches, langue rouge et blanche au milieu î somnolence, abattement, cris inarticulés ; l'enfant ne répond à aucune question. Ventre ballonné, sonore, très-douloureux; raideur du tronc; Il faut employer beaucoup de force pour asseoir Penfant. Ràïes sous-crépitants dan» chaque poumon. Pouls è 136*

Trmkeâ^em ^ Jiilefft mv«c kerm^, a,ta« et tO pi<t»cs de Uasm de digîtÀle^

Li i&* Il jr 1 eu hier d^ ¥oiiUJnc»ciits, du délire, qui dm% i»- «on ; la |ieTte de fùiteliigeQce e»l complète : plaiotes et gêmM^

Scrir* Uo Uvemcot a détenniiié d^iï selles ânc^nnes; tzii«ai, fitilglaotîtéi des depts, Pss de t«chcs rosé^es.

Le tS. Même éta t^ «trâbimoie îm . e rteil droit. 1 48 p\iJattti«tL

Trmîteiaeût : Crème de tartre« \ lavemeat avec suliateà

MKide.

Ijc 17. Poe seule selle hier; co tooii A gaycbe^ 136 pulsations.

TimîteoMSQt : Vèsicatoire sur I goyius d*haiie de crolao. Laver

Sd^r. AïKitotioEi extrême; râle trac

Mort dans tu nuit.

Autùpni€t 19 jonvier. — La pie-u niftis n'offre pas d'épaissiisemem m * est fbrteiîiefït va^cularisé^ et on troii**? h la coupe un piqueîi fiifl abondant. Le tU^u cérébral est ferme.

Dans le gros inlestlDf il y a une éruption de grosses pQ$tul!s blanches, analn^aes à celles de vaccifi, sur un fond tr*?s-C'>nctitienne. L,e9 louicuies cios ae i iniesun greie sonx ▼oiuminciix, ulcérés, avec des rebords très-saillants ; les plaques présentent des ulcérations considérables, avec de gros rebords blancs autour; il y a une très-grande différence de niveau entre le fond de ces ulcérations et leur bord ; il en résulte des plissements considérables de rintestin. Outre ces plaques et ces follicules, on obserre une multitude de petites saillies blanches, granuleuses. La moqueuse est rouge ; Tintestin contient du sang noir liquide, mêlé aux matières. Les ganglions du mésentère sont très-gros et bruns.

Le foie est mou, graisseux ; certaines parties noires sont gorgées de sang ; d'autres sont anémiées.

Les deux poumons présentent en arrière une congestion intense, et à la base un tissu durci, violet, crépitant mal et coulant au fond du vase ; les bronchioles pleines de pus aéré.

Les reins sont bruns dans la partie médullaire, gris dans la corticale.

trismils ; raies •qqs-o^é-

o&té gaaebe ; I<p<o^ im a^ec sulfate de soude^ at; pouls à 164.

?re est forteïsent îpjediî.

plaques lactées. Le c*r»f»i

Om XXVII. — Dothi^iientéria ataiiquo; délift, pu d'épisiazis, diarrli4t médiocre ; fréquence itvmodéréo du pouls: cougestion pulmonaire unilatéwle. Mort. — Durée : 13 joura.

M... (Clémence), 9 ans, entre, le 27 janvier 1871, salle Sainte- Marguerite, n\ 10, service de M. Triboulet, Sainte-Eugénie.

Cette enfant, d*uae bonne santé habituelle, mais sujette aux migraines, fut atteinte, le 20 de ce mois, de céphalalgie, malaise et courbature. Depuis ce jour, elle eut de la fièvre, perdit l'appétit ; diarrhée ; délire la nuit et le jour ; les selles étaient rendues dans le lit.

Etat actuel. — Somnolence, prostration ; lèvres croûteuses ; dents sèches et fuligineuses ; langue sèche. Ventre souple, un peu douloureux dans les flancs ; trois selles liquides involontaires ; râles sibilants disséminés dans les deux poumons. L'intelligence est conservée. Pouls à 140.

Traitement : Julep avec oxjmel ; ablutions tièdes. Soir. Pouls à 100.

Le 29. Délire continuel cette nuit ; une seule selle ; face pâle, un peu bouffie ; pouls à 140.

Traitement : Acétate de potasse, 4 gr.

Soir. Pouls à 16'é.

Le 30. Pas de changement. Pouls à 140.

Le 81. Délire, surdité; la face est bouffie. Pouls & 152.

Soir. Pouls à 176.

1«' février. Emétique, 0,03, avant la visite. Face rouge; somnolence ; souffle dans le poumon droit, dyspnée ; pouls insensible, à 160 à peu près.

Le 2. Emétique, 0,03. Coma ; le pouls insensible.

Le 3. Mort. L'autopsie a été refusée.

On voit quelle a été la gravité de ces fièvres ataxiques, puisque la mort est survenue toujours, et souvent à une période peu avancée. Cette terminaison est la plus habituelle, à en juger par les relations laissées par tous les auteurs qui ont écrit sur la dothiénenté* rie, excepté par Fritz; celui-ci a rapporté bon nombre de cas de guérison de fièvres typhoïdes cérébrales; mais, à une lecture attentive, on s aperçoit que cet

C'nzalis. «

iteursi justement regretté, accordait une grande va leur à des symptômes qui, pour nous, n'en ont pas une aussi grande, et que les faits réunis dans sa thèst ne sont pas ceux auxquels nous croyons pouvoir donner le nom de fièvres à prédominance cérébrale. D'autre observations suivies de guérison se rencontrent che; tous les auteurs, et ici, nous remarquerons que plusieurs des médications indiquées comme propres à faire disparaître certains symptômes nerveux graves^ sont des révulsifs cutanés, des moyens de congestion» ner la peau, de rétablir ses fonctions. M. Chèdevergûf préconise les bains; M. Molland (1] a vu la contracture des extrémités céder à des ventouses sèches appliquées le long de la colonne vertébrale. M. Béhier[2] a attaqué le coma avec succès par la même méthode de ventouses qui lui a réussi dans les cas de congestions pulmonaires. Ne doit-on pas voir encore dans ces succès des preuves de la nature congestive de la léslon^

Un des faits les plus fréquents dans les cas de dothiénentérie à forme cérébrale est la fréquence exagérée du pouls ; dans les cas qui précèdent , dans l'observation IX, cette élévation du nombre des pulsjitions a été progressive jusqu'à la mort; aussi, nous semble-t-il qu'il faille accorder la plus grande valeur pronostique à celte fréquence des pulsations. Quaot à sa cause, elle doit résider dans Tétat des centres nerveux, comme on le voit aussi dans les cas de mé-

(l)MofUnd, loc. dt., p. SU, (2) Béliier, loc, cil.

ningite; en effet, la marche du pouls est la même dans la dernière période de la méningite et dans la dothiénentérie ataxique; cependant, dans Tobserva* tion XXVI, les enveloppes cérébrales ne présentaient aucun épaississement inflammatoire. La valeur de ce phénomène doit être énorme au point de vue du pronostic, car, si nous avons vu mourir tous les malades qui l'ont présenté, voici l'observation d'une petite fille qui a montré tous les symptômes de la dothiénentérie ataxique la plus grave, sauf précisément la fréquence du pouls, et qui a guéri sans phénomène critique, presque sans médication, les médicaments employés n'ayant pas agi.

Obs. XXVIII. — Dothiénentérie à prédominance cérébrale et iboraciqne ; délire, cris, raideur du cou ; peu de selles, pas d'épistaxis ; broncho-pneumonie double. — Quérisou rapide^ sans phénomène critique. — Durée : 20 jours environ.

B..., 8 ans, née à Paris, entre, le 20 septembre 1870, salle Sainte-Marguerite, n» 20, service de M. Triboulet, Sainte-Eugénie.

On ne peut obtenir sur cette petite fille de renseignements positifs ; on sait par elle-même qu'elle est couchée depuis six jours, qu'elle a vomi, a eu mal à la tète, a eu la fièvre.

Etat actuel, 21 septembre. — Assoupissement, décubitus dorsal, prostration ; bouche ouverte ; lèvres sèches, fendillées, croûteuses *, dents couvertes de . croûtes fuligineuses ; langue sèche, rouge et fendillée. Surdité apparente, lenteur de la parole, déglutition facile. Le ventre est souple, mou, non ballonné, sensible à la pression dans les flancs et dans les fosses iliaques ; taches rosées pâles ; il n'y a pas eu de selle depuis dix-huit heures Hier, il y a eu une crise d'agitation avec céphalalgie et cris violents ; nuit calme à la suite.

La peau est moite, le pouls petit, à lO'i.Toux grasse, petite, rare ; râles sous-crépitants et souffle au sommet droit.

Traitement : Julep diacodé avec kermès, 0,10. Lavement, lait et bouillon.

Le 22. Emétique, 0»03, arant la visite. Pas d*effet. Hkr m, accès de crie et d'agitation semblable à celai d*aYaiit-liier; Fci. Iknt refuse de boire; raideur du coofUMjnaox «ont lwiU«Bts,iitt, bien ottTerts ; le souilie s*est étendu à dfoifm at on «n enteai à k base gauche. Poulsy 86.

Le 28. Douleurs de coUt torticolis; doiâeuru de rentre tièiconsidérables; les jeux sont ègarla et brillnntn; délire; pesaéi rentre sèche et flasque, quoique lé rentre «oit ballonné. Mèan phénomènes stéthoscopiques ; pouls à 80.

Le 24. Emétique, 0,08. Pas d'effet Les tfMiiauf» dn eou sMt plua riolentes; même état) les réles ,dimlaw«iit nu pea. Poih à 80.

Le 25. Somnolence cette ^niUt;' rentra très-dkralaureux; pea et diarrhée ; souffle et râles eous-erépitasls à dioita ; subdéiiriM; grande fatigue ; pouls f 76.

Le 27. Limonade magnésienne arant la Visite $ peu d*effet

Le 28. Langue bonne, bouche htindde; les jrelbt <Mit perds Icir éclat singulier ; Tenfant a maigri^ pouls, à HO. Râlas aoas^ip» tants, à gauche surtout. La pupille droite est dilatée.

Le 29. Sommeil tranquille ; pas de fièrre ; les selles dorcisseat; le souffle a disparu ; les râles diminuent.

9 octobre. La conralescence a été très-rapide ; exeat.

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