‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 68 sur 70 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Cette étude serait bien incomplète si nous avions eu l'intention de traiter de toutes les congestions qui peuvent être observées dans la dothiénentérie ; nous avons passé sous silence celles du foie, des reins, des organes génitaux delà femme, de la muqueuse nasale, des muscles. Quoique leur intérêt soit grand, cependant elles sont beaucoup plus rares et moins importantes que celles dont nous avons essayé de présenter l'histoire; du reste, plusieurs d'entre elles ont déjà été décrites bien mieux que nous ne saurions le faire.

En jetant un rapide coup d'œil en arrière sur les observations que nous avons insérées dans cette thèse, on voit que Ton pourrait, d'après leur lecture, formuler un certain nombre de propositions. A propos des symptômes congestifs cutanés, on a pu voir que ces hyperémies étaient bénignes, qu'elles semblaient limiter la portée, la gravité des congestions internes; l'hémorrhagie de la peau, lorsqu'elle est liée à une dys^ crasie générale, doit seule être considérée comme d'un fâcheux pronostic ; les épistaxis sont rares dans les cas où la sueur est abondante. Les congestions intestinales ne semblent pas avoir une bien grande gravité ; les diarrhées, les hémorrhagies fluxionnaires n'amènent Tadynamie que lorsqu'elles sont trèsabondantes, les hémorrhfigies dyscrasiques ont un

— liscaractère pernicieux qu'elles tirent de leux cause pr

tnière, Taltération du sang. Les congestions pulma naires sont fâcheuses; prolongées, elles causent Ta phyxie ; intenses, elles amènent rapidement la moni il semble que lessueurSî les épistaxîs^ les entérorrba ] gies aient influence sur elles et dinninuent leur inte site. Quant aux phénomènes congés tifs cérébraux, < sont les plus graves de tous; les sueurs, les épistaxi^ la diarrhée, diminuent ou disparaissent devant euiî| cependant, on peutencoreespérerlaguérison lorsque 1 pouls ne prend pas le caractère de fréquence progrès sive analogue à celui qu'il présente dans la troisièn période de la méningite.

Telles sont les conclusions qu'on pourrait tirer ( ce travail; mais il peut suggérer encore d'autres rê^ flexions qui ne seront sans doute pas déplacées ici*

La fièvre typhoïde est une maladie qui atteint tou les organes de Téconomie d'une manière ou d'un autre; aussi voyons-nous ceux qui en meurent suc comber à des phénomènes très-différents. Les uns peuvent résister aux accidents qui résultent de Tai faiblisse ment du cœur, de la destruction du foie, d| Taltération du sang, etc. Les autres sont emportés pa des phénomènes congestifs exagérés dans leur fore oo dans leurs conséquences. Cependant, dans toutT' dothiénentérie, chacune des causes de mort existe, mais elle se développe peu, la plupart du temps, elle n'existe qu'à l'état de menace.

Dans ce cas, on voit s'établir un équilibre entre les symptômes ordinaires de la dothiénentérie; ils sont tous modérés, aucun ne prédomine sur Tautre, ne

vient gêner l'évolution régulière de la- maladie, et lorsque celle-ci «est terminée, l'organisme reste modifié^ aflfaibli, mais vivant et en voie de régénération. Ce sont là Jes cas simples, les cas heureux; mais cette sorte de pondération est en définitive assez rare, et le plus souvent l'équilibre se trouve détruit.

Il peut l'être de deux façons : ou bien par prédominance des phénomènes de destruction, ce qui produit une adynamie ou une intoxication exagérée; de ces faits, nous ne uous occupons pas ici : ou bien par prédominance des phénomènes congestifs, ce que nous avons essayé de traiter dans cette thèse ; ou bien encore, l'adynamie apparaît en même temps que des congestions exagérées et leur donne un caractère de torpeur, de passivité du plus funeste augure, sur lequel nous avons insisté en plusieurs endroits.

Nous nous sommes efforcé de donner aux lésions dont nous avons parlé le caractère d'hyperémies; nous leur avons rattaché bon nombre d'hémorrhagies ; nous avons dit que ces lésions pouvaient se changer en inflammations réelles, qui cependant sont rares, et conservent toujours un caractère spécial. Ces trois processus, inflammation, hyperémie, hémorrhagie, sont trois symptômes pour ainsi dire d'un même acte qui les produits tous trois, la fluxion. Derrière les phénomènes congestifs, hémorrhagiques, inflammatoires, lorsqu'ils sont actifs, bien entendu, se cache un mouvement primitif fluxionnaire.

Dans toute dothiénentérie, avons-nous dit, se développent des faits de congestion, d'inflammation, d'hémorrhagie ; dans toute dothiénentérie, par conséquent

réside un nnouvement fluxionnaire ; c'est un des iUments constituants de la maladie, un des plus importants, à coup sûr le plus intéressant ; nous avons cd pour but dans cette thèse détudier quelques-unes de ses manifestations* Nous le voyons se présenter sons deux formes bien différentes : tantôt il se fixe, tantôt il est mobile. Lorsqu'il est fixe, sa valeur dépend de l'organe qu'il frappe; s'il s'attache à la peau^ noiu avons vu que les autres phénomènes fluxîonnarres internes étaient restreints dans leur développement, par conséquent que la maladie poursuivait son évolution régulièrement, que le malade guérissait; s'il s'attache aux poumons, il y a bien des chances pour que la lésion qu'il produit, et qui a pour caractèrit d'être envahissante, empêche Thématose et cause h mort, si on n'institue pas un traitement qui ait pour effet d*appeler î\ la peau le fluxus dirigé sur le poumon ; s il se porte sur l'intestin, il peut déterminer des hémorrhagies; etsVil ne disparaît pas devant elles, il en produit d'autres qui amènent une anémie fl* cheuse ; enfin, s'il fi'nppe le cerveau, ses conséquences sont déplorables et la maladie suit une marche toute spéciale qui aboutit presque fatalement à la mort. Si le mouvement fluxionnaire demeure fixé sur plusieurs organes avec une grande intensité, on comprend aisément que la maladie soit plus grave encore.

Mais, lorsque le mouvement fluxionnaire est mobile, qu'il ne se fixe sur aucun organe, qu^il passe de la peau au poumon, du poumon à la peau, puis à 'intestin, et réciproquement, sa valeur a bien changé. N'ayant pas le temps de blesser profondément le point

sur lequel il porte, épuisant sa force sur plusieurs organes, sur lesquels il passe sans appuyer, il ne constitue pas un danger sérieux. Mais il peut se fixer et devenir ainsi une menace vis-à-vis du malade; aussi le médecin doit-il surveiller ses allures avec l'attention la plus soutenue, chercher à le fixer sur la peau, ou l'y appeler toutes les fois qu'il semble avoir une certaine tendance à devenir immobile, à envahir d*une manière menaçante un des organes importants de l'économie.

Cazalis.

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TABLE DES MATIÈRES

AVANT- PROPOS 5

GHAP« I. — Des congestions cutanées i2

CHAP. II —-Des congestions intestinales... 37

CHAP. III. — Des congestions pulmonaires 67

CHAP. IV. <— Des congestions cérébro-spinales 94

CONCLDSIONS IH

Parent, imprimeur de la Faculté de llédeoioe^ rue Mr-le-Prince»3L

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