‹ Essai sur les variations de l'uréeChapitre 7 sur 70 · TG · texte numérisé non relu

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elle était encore plus cDasiderable, Entre les chiffres de 23 gr. 80, 20 gr. et 24 gr. 78 d'urée, correspondant aux jours fébriles, je trouve pour l'intervalle apyrétique 16 gr. 70, — 10 gr 42, et 19 gr. 75.

Un autre effet de l'intoxication paladéenne, plus lent à se produire, c*est ranémie et la cachexie. La constitution du sang et des organes hématopoïétiques est altérée; les échanges nutritifs diminuent et par suite les déchets organiques.

Observation [.

Homme âgé de 46 ans ; constitution assez robuste. Après un an de séjoAir en Turquie, il a eu quatre ou cinq accès de fièvre intermittente, guéris par le sulfate de quinine. Mais il est resté dans un état de faiblesse qui Ta forcé de renoncer à son travail et de rentrer en France» H eftt survenu, en outre, de Toedème aux membres inférieurs. Aujourd'hui tO décembre 1873, deux mois après le début de la maladie, cet œdème a disparu, Tappétit retient peu à peu; le teint est pâle et anémique. Traitement : 2 litres de lait; chiendent nitrê; perchlorure do fer, 4 gr. ; A'in de quinquina.

Une première analyse des urines a donné 13 gr. d'urée pour 1,550 gr,

11 décembre. Quantité d'urine, 3,800 gr. ; urée, 16 gr. 15; pas d'albumine.

Le 13. Quantité d'urine, 5,000 gr. ; urée, 23 gr*

On voit qu'avant le traitement, Turée était considérablement diminuée. Son augmentation rapide a pour cause la diurèse et surtout les progrès de la santé générale.

Ces effets du miasme paludéen sur rorganisme longtemps soumis à son influence peuvent coïncider avec les accès fébriles. L'urine des jours pyrétiques renferme alors une proportion d'urée qui peut être en désaccord avec Tintensité de la température ; mais

elle est presque toujours supérieure à celle des jours intercalaires. Ed voici un exemple :

Obs. U, — (Hôpital Saint-Antoine^ Balle Saint-Lazart ^ iervicê de M, Cadet de Gassicourt.

Le nommé L».,, âgé de 35 ans et de constitution assez chétive, est* depuis le 15 octobre 4873, latteinl de fièvre intermittente, amaigrissement, faiblesse, perte de l'appétit. Accès irrêguliers.

3 novembre. Accès à huit heures du matin, T. 41,2, P. 90. Le malade a pris, hier, 1 gr. 50 de sulfate de quinine. Le lendemaiii, à la même heure, analyse des urines : volume 800, densité 1,023, urée 12 gr. 60.

Le 4. Pas d*accès. Le malade a pris^ hier, 2 gr. de sulfate de quinine. Température du matin, 38,6; P, 88; T. du soir, 39*4. Urines: V. i,250; D. 1,017; urée 8,45.

Le 5. Pas de frisson, sueurs abondantes. 2 gr. de sulfate de quinine, hier et ayjourd*hui. Température du matin, 38,2; T. du soir, 39,8. 1 degré d*aliraents. Urines : V. 900; D. 1,025; urée, 8 gr. 70.

Le 7. Hier, accès, pas de sulfate de quinine; aujourd'hui, purgatif; diarrhée abondante. Le malade ne mange que des bouillons. Ce matin, à dix heures, accès violent: P. 110; T. 42". Urines : V. 750; D. L015; urée, 5 gr. 64.

Ce violent accès est le dernier. A partir de ce jour, on administre 2 granules de dioscoride. L'appétit et les forces reviennent rapidement.

Le 15. Urines: V. 2,400; D. 1,013; urée, 14 gr. 40.

Les urines ont toujours été peu colorées et sans dépôt.

Le jour du premier accès observé, la quantité d'urée est supérieure d*un quart à celle du lendemain, mais elle ne dépasse pas 12 à 13 gr. La différence s*efface les jours suivants ; et le 7 novembre, une abondante diarrhée fait tomber le chiffre de Turée à 5 gr. 64 malgré le pi as violent accès. On ne peut attribuer cette diminution qu*à la débilité du sujet et à Tin- Duencedu sulfate de quinine et de la diète. Ordinairement, l'action de ce médicament s or l'urée est moins sensible; elle s'adresse plutôt à la manifes-

tatioB thermique. Chez un autre malade, qui présentait des accès de fièvre intermittente irréguliers et rebelles à la quinine, la guërîson n'a été définitive qu'après dix jours de traitement (1 gr* 50 à 2 gr. de sulfate de quinine). L'urée est tombée brusquement de 20 gr. à 15 et 12 gr. ; la température, qui avait résisté également, est revenue le même jour au degré physiologique pour ne plus le dépasser,

Accès fébriles, — On a constaté aussi une augmentation d'urée avant le frisson, un summun de chaleur et d'urée pendant le frisson et une diminution relative à partir de ce moment, dans la fièvre hectique des tuberculeux (S. Ringer), et au début des maladies fébriles (Desnos),

Les lésions des voies urinaires et des conduits biliaires, certains troubles nerveux donnent lieu quel^ quefois à l'ensemble des symptômes qui constituent Taccès de fièvre, La succession de tous les phénomènes est la môme; mais leur apparition n*est plus aussi régulièrement périodique que dans Ilntoxicutioa paludéenne, et l'analyse des urines n'indique pas toujours les mêmes modifications de la nutrition, On trouve quelquefois un abaissement de Furée et des autres matières organiques, au lieu d'une augmentation. Faut-il alors attribuer l'excès de température à la combustion d'autres substances thermogènes? Il est probable que Texhalation pulmonaire donnerait souvent la raison et la mesure de la fièvre. Mais si cette analyse était encore négative, si l'on ne pouvait pas démontrer une production exagérée de calorique» on serait alors autorisé à invoquer l'influence du système

nerveux sur la répartition de la chaleur. Il existe, dit M. Gubler, une espèce de fièvre dans laquelle la force, mise en jeu par les combinaisons chimiques de Tor* ganisme, évolue en partie sous forme de chaleur, sans se fixer dans la substance musculaire ou nerveuse.

M. Hœpffner (thèse de Paris, 1872) explique de cette manière un cas de fièvre, observé chez une femme de 45 ans, dont les accès apparaissaient principalement vers les époques menstruelles (la malade n'étant pas réglée). Après un trisson, survenaient des accidents nerveux qui duraient deux ou trois jours; la température dépassait 40" ; l'analyse des urines montrait un abaissement de tous les éléments et surtout des matières organiques.

Dans certaines coliques hépatiques, on rencontre une fièvre précédée de frissons et suivie de sueurs (Monneret). M. Martineau a noté une élévation de température de 41% sans frisson initial. Quoique les urines n'aient jamais été analyées, je cite ces faits pour les rapprocher du suivant, que M. Regnard a communiqué à la Société de biologie (1873) : chez un malade atteint de lithiase biliaire et présentant des accès de fièvres, la courbe de Turée et celle de la chaleur étaient en discordance complète. Il y avait dans l'urine fébrile une faible quantité de leucine et de tyrosine. Les jours d'accès, la température s'élevait à 39^ et 40**,5 ; l'urée descendait à 9 gr. et même 4 gr., tandis qu'elle était normalement de 12 à 15 grammes. — M. Charcot admet que ces frissons sont dus à la résorption des matières biliaires plus ou moins septiques, par suite d'éraillures des conduits biliaires causées par la migration des calculs. On pourrait

— i^O — peut-être attribuer à cette même cause la diminution

de l'urée, s'il est vrai que les sels biliaires ont une influence dissolvante sur les globules du sang. Mais il ne faut pas non plus oublier Tinfluence des troubles digestifs : lorsqu'un calcul ou autre obstacle empêche la bile d'arriver dans Tintestin, il en résulte un déficit considérable dans l'apport nutritif, une insuffisante élaboration des aliments, d'où les effets d'une diète relative, c'est-à-dire une diminution de Turée,

Choléra, ^ Au début de cette maladie, la production de l'urée est sans doute exagérée, mais l'ischurie met obstacle à son élimination. La faible quantité d'urine que Ton peut recueillir en renferme quelquefois une proportion supérieure à la normale; et encore ce fait est loin d'être général* M.Desnos cite des cas où l'on n'a trouvé que 7 gr. 20, - * 7,3x5, — 8 et 9,5 d'urée par litre; la proportion des matières extractives semblait, au contraire, augmentée. Voici, d'ailleurs, des résultats plus précis obtenus par Chalvet :

Dans les urines d*un cholérique qui dî* lirait :

Urée. , . . , des traces impondérables.

Matières extractives. , . . 4 gr. p. IjOOO Dans le sang ;

Urée 3,G0 p. 1,000

Matières extractives, . . 19,60 p. i,000 Période de réaction, rétablissement de la fonction rénale :

Urée 28,60 p, 1,000 d'ufine.

Matières extractives. . . 22,00 —

n y avak 700 grammes d^urine en 24 heures.

Les produits excrémentitiels s'accumulent donc dans l'économie. C'est à leur rétention qu'il faudrait attribuer, d'après cjuelques auteurs, Tétat typhoïde

du choléra pendant l'asphyxie. Avant cette période, Turée s^élimine, quoique imparfaitement, par des voies anormales ; les vomissements, les déjections et la sueur suppléent la fonction rénale. Aussi, les cholériques répandent quelquefois une odeur urineuse; on a même observé, dans des cas très-rares [12 fois sur 800, d'après Drasche), une farine blanchâtre formée de graisse et d*urates, déposée sur la peau par la sueur desséchée, et d'autres fois une véritable cristallisation d'urée (Hamernick, Schottin , Grieisinger, etc.)* MM Liou ville et Grippât ont rencontré un cas semblable ; il y avait sur la peau de la face et du cou une efflorescence d'aspect cristal! in que l'examen chimique a reconnu pour deTurée (Soc. de biologie, 1873).

On pourrait croire que, chez les cholériques, la surface digestive supplée encore plus efficacement Témonctoire rénal. Il n*en est rien, ou du moins, c'est ce qui résulte de quelques analyses faites pendant la dernière épidémie (Juventin, thèse de Paris, 1874), Des quantités considérables de matières vomies renfermaient peu d*urée (0 gr. 15 au plus), les matières fécales encore moins ou pas du tout; les urines n'en contenaient que des quantités minimes : 0 gv, O045, — 3 gr. 48, — 6 gr., — 8 gr. C'est dans le sang qu'elle s*accumule^ et ce qui le prouve d'une façon aussi frappante que l'analyse directe, c'est l'augmentation d'urée qui accompagne l'hématurie chez les cholériques: ce même observateur rapporte un cas où la proportion s'est élevée à 45 gr. ; elle est redescendue à 14 gr. à mesure que le sang a disparu des urines.

Typhus, — C'est une des maladies où la dénutrition,

est le plus rapide. Pendant le summum, Vogel a trouvé les chiffres de 40, 50 et 55 grammes d'urée. Avec la chute graduelle de la fièvre, elle arrivait à 20 grammes et se relevait pendant la convalescence. Cette diminution n'est pas toujours un signe de boa augure; car, à l'approche de la mort, on l'a vue s abaisser à 20, 10 et 5 grammes.

Fièvre typhoïde. — Dans Vétat typhoïde, la désintégration des tissus étant suractivée^ il en résulte une augmentation d'urée et de matières extractives, dont la rétention constitue, avec la température élevée qui accompagne les combustions interstitielles, l'imminence des accidents ataxo-adynamiques. De là, Tindicatîon des médicaments capables d^abaisser la température et d'exagérer le fonctionnement rénal, lorsque les divers émonctoires ne peuvent suffire à débarrasser Téconomie des substances excrémentitielles accumulées dans le sang, Ces faits, exposés dans la thèse de M. Hoepffner (1872), y sont démontrés par de nombreuses analyses faites au laboratoire de clinique de THôtel-Dieu, et par des observations recueillies dans le service de M. le professeur Béhier,

Ctt état morbide se rencontre dans des maladies outres que la dothiéneotérie, Chalvet est un des premiers qui Taient attribué à une intoxication parles matières extractives, qui entrent pour une grande part dans l'augmentation presque constante que présente la somme des matières organiques durant la fièvre typhoïde, et dont la courbe est parallèle à celle de la température. L'urée, au contraire, dépusse rarement la moyenne physiologique (Hirtz)» C'est ce qui

-►83résulte aussi de mes observations. En étudiant les rapports de ce principe avec les produits similaires, M. Hirtz a constaté que ces derniers étaient au maximum pendant que Turée était au minimum. Avec la défervescence, les matières extractives sont tombées à 12 gr., l'urée étant à 32 gr., tandis que, pendant l'acmé, il y avait 45 gr. d'extractif et 23 gr. d*urée. Hepp a observé ce rapport inverse dans de nombreuses analyses.

On pourrait se demander si le fait est le même dans la composition du sang que dans celle des urines, et si le rein laisse filtrer avec la même facilité ces divers principes. Chalvet, qui avait fait la même observation que les auteurs précités, pense que l'accumulation des matières extractives ne tient pas à leur production exagérée, mais bien à une diminution de Turée, qui serait pour elles un diurétique naturel, et il explique aussi l'action favorable de l'alcool par ses efifets diurétiques. MaisTaction de Turée, introduite dans l'organisme, n'a pas confirmé cette hypothèse ; nous avons vu, en effet, qu'elle s'élimine assez rapidement, sans augmenter la masse des urines ni la somme des matériaux solides. L'hypothèse d'une production exagérée de matières extractives est bien plus admissible.

C'est au début de la fièvre typhoïde que l'urée est le plus augmentée; elle diminue ensuite, surtout dans les formes adynamiques, et se relève vers la convalescence. D'après ce qui précède, toute évacuation abondante et brusque de l'urée, dans le cours de la période fébrile, doit être regardée comme une crise temporaire de bon augure. C'est ce qui arrive quel-

qnefoîs au début de la convalescence; il existe alors un autre signe dont la valeur est d'autant plos grande qu*il coïncide avec un flux urinaire, c*est la chute de la température. Cependant rhypersëcrétion de l'urée, à ce moment, n'est pas le cas habituel ; il y a un abais^ sèment de ttvutes les matières organiques, qui porte plus constamment» il est vrai, sur les principes extractifs (Hœpffner)*

Les observations qui suivent n'offrent pas une grande variété; la plupart de ces fièvres typhoïdes ont présenté une faible intensité et suivi une marche régulière. Mais il n'est peut-être pas sans intérêt de connaître les variations de Kurée dans une maladie débarrassée des complications qui modifient si souvent son évolution.

Obs. ni. — Fièvre typhoïde.

Homme âgé de 19 ûhs, habitaDt Paris depuis un an. Début de la maladie le 18 octobre 1873. Le malade a éprouvé des frissons et une violente ciplialalgie. Le 20 octobre, il a été obligé de suspendre son travail. Pas d*épistîixis; coliques et diarrhée. Il est entré à r hôpital Seint-AntoÏDe (salle Saint-Lazare , n' 10, service de M, Cadet de Gassicourt), le 30 octobre. Les symptômes précédents persistent; en outre, on constate de la douleiir et du gargouillement dans la fosse iliaque droite et quelques taches noires douteuses; la langue est sèche et légèrement fuligineuse, la parole tremblotante* Anorexie complète, soif vive. Sueurs la nuit. Peu de toux, quelques râles sibilants* Diarrhée légère. Abattement asseye prononcé.

31 octobre. Insomnie. Pouls assez fort, 92* — Limonade %*ineuse» 2pots; julep diacode; extrait de quinquina, 3 gr. ; potages; vins de Bordeaux» un verre, et vin de Bagnols*

3 novembre. Le malade ne se plaint plus de céphalalgie ni d'aucune douleur^ mais il a de Tinsomnie et un peu d'agitation; soif ardente. Les taches abdominales sont toujours rares et même douteuses. Le malade a eu cinq ou six garde-robes diarrhéiques, après avoir pris un verre d*eau de Sedlitz, Le même régime et le même traitement sont continués. P. 95, fort et régulier.

I.e 4. Insomnie, nausées, diarrhée légère» soif vive; peaU sèche et brûlante; langue moins humide. L'abattement est plus pronoiicé.

Le 5« Mêmes symptômes plus accentués; coliques rares; un peu de ballonnement du ventre; diarrhée.

Le 6. L'insomnie persiste; le ventre moins tendu* On n'entend presque pas de râles.

Le 7. Sécheresse de la peau. Les taches abdominales ont disparu ; pas de météorisme; diarrhée.

Le 8» L'assoupissement est toujours prononcé. IJy ancanmoins un peu d*flmélioration dans Tétat général. Selles diarrhéiques.

Le 10. Même état général. La soif est moins vive; diarrhée et coliques légères; un peu de tympanisme abdominal*

A partir de ce jour, la maladie ne présente aucun phénomène particulier, et Tétat général s'améliore graduellement. l,e traitement n'a pas changé. On entretient toujours la liberté du ventre avec de Teau de Sedlitz. Le 15 novembre, on ajoute au régime des potages, un peu de viande ; Talimentation est graduellement augmentée, et à partir du 19, le malade prend deux ou trois degrés de nourriture.

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