‹ Essai sur les vrais principes, relativement à nos connoissances les plus importantes (volume 3)Chapitre 9 sur 30 · partie du bien commun que nous soyons capables de procurer · texte numérisé non relu

partie du bien commun que nous soyons capables de procurer

dans tout le cours de notre vie. Ainsi nous nous garderons bien

d'hêtre empressés pour des choses peu importantes, et négligents

dans celles d'une grande conséquence , d'être mous en ce qui

concerne le bien public, et ardents à chercher notre intérêt

particulier; mais la mesure de nos efforts, sera le plus ou moins.

de dignité des choses auxquelles nous nous attacherons. Traité

philosoplùque des lois naturelles , dise, prélim. , § a4«

toute action moralement bonne nous conduit or-* dinairement y même pour ce qui regarde les autres hommes ; à les considérer sous le .-point de vue le plus étendu y il suit de là qu'il ne sauroit presque se trouver de contrariété entre ces motifs , ainsi que nous l'avons déjà insinué (III, 3^ 4 etlY^ 4)- Celui par conséquent qui se propose avant tout, comme il le doit, la gloire du souverain étre^ duquel tout dépend , et qui est la source de tous les biens réels j de tous les êtres pris ensemble^ celui-là dis-je , se propose et obtient autant qu'il est possible tout le reste.

C'est donc à juste titre que la loi naturelle revendique ici ce précepte : de ne rien faire où l'on n'envisage la gloire du créateur; sur quoi il faut observer cependant que cette maxime ne parott pas devoir s'entendre dans ce sens^ que notre esprit doive former un acte exprès par lequel il rapporte à cette fin les actions qui n'ont avec elle qu'une liaison indirecte ^ ce qui pourroit quelquefois nous sembler puérile par la disproportion apparente de quelques-uns de nos actes avec cette même fin : mais elle doit au moins se prendre dans ce sens , que nous devons ^ i o être attentifs à ne rien faire qui blesse la gloii'^ de l'être souverainement parfait , ce qui pourroit arriver à raison des circonstances y lors même que Faction seroit bonne de sa nature; 20 que nous devons rapporter à Dieu tous nos actes d'une manière que

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Ton peut appeler virtuelk; ce qui arrive lorsque notre esprit se trouve habituellement dans la dis* position de ne vouloir que ce qui est conforme k l'ordre^ à la raison^ à la volonté du suprême lé« gislateur; nous réservant d'ailleurs à former des actes plus précis de la part de l'entendement^ lorsque nous y sommes naturellement engagés par l'importance de certaines actions qui peuvent être rapportées d'une manière plus directe à la gloire du souverain être^ et où il est essentiel que nous nous représentions cette fin si noble , et, comme nous le disions il n'y a qu'un instant , si capable d'enno* blir tout ce que nous ferons de ce genre > comme certaines études qui tendent à orner notre ame , certains travaux qui tendent à la perfectionner, ou qui du moins sont conformes à l'état dans lequel nous nous trouvons placés : car alors rien n'est plus dans l'ordre que de considérer cet état ^ quel'* que abject qu'il paroisse, comme relatif au système établi par la Divinité , selon lequel il se trouve dans la société des rangs plus ou moins élevés y mais qui tous ont leur utilité propre ^ et font par là même une partie du plan général dont nous venons de parler. En un mot , si nous nous formons un cœur droit et bien disposé^ la nature des choses , la rai* son , nous indiqueront assez ce qui est le plus propre à élever notre esprit d'une manière plus expresse vers son créateur.

Yll. Faisons maintenant une dernière réflexion^

( »07 ) c'est qu'en rassemblant toutes nos idées^ on trouve qu'elles se réduisent à tin très petit nombre , dont il est aisé de bien sentir l'encbainemenVet l'évidence.

Nos actions peuvent être considérées comme autant de causes. Le bien ou le mal qui doivent en résulter en sont les effets. Le bien commun est la fin à laquelle nous devons tendre ^ et tout à la fois le motif cpi doit nous porter à rechercher ce même objet. Enfin ^ la proportion de la cause avec l'effet^ et de l'effet avec le tout que nous devons envisager, voilà à quoi se réduit tout le plan des lois naturelies.

Des habitudes qui seront conformes à ces lois mériteront le nom de vertus , et celles qui y seront contraires celui de vices (III, VII, 2).

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