Au reste , la haine est une passion turbulente
(i) Abadu».
qui agile l'ame violemment , et dont tous les effets sont si sensibles, qu'il n'y a peut-être pas de tlier* momètre plus exact, si je puis me servir de ce terme, pour connoître le degré de véhémence qui se trouve dans nos autres affections. Voulez -vous connoître combien vous êtes jaloux de toutes les marques de distinction qui peuvent vous élever au-dessus de vos semblables, car peut-être que votre cœur vous trompe à cet égard? vous n'avez qu'à considérer la violence de la haine que vous concevez pour un homme qui refuse de rendre hommage à vos titres , et qui s'oppose à vos prétentions. C'en est là le degré et la mesure. Vous ne ti'ouverez jamais rien de si fidèle , pour vous aider à découvrir le fond de votre cœur.
7. Mais c'est assez d'avoir reconnu en peu de mots les principes généi'aux des mouvements de notre ame; et, pour ne point troubler l'ordre que la nature même des choses semble nous indiquer, entrons maintenant dans le détail de tout ce qui est jjropre à former l'esprit et à lui donner la justesse , la force et l'étendue qui peuvent lui convenir ; après quoi nous parcourrons successivement les différents objets qui se rapportent encore aux devoirs envers nous-mêmes (ci~dess., II) , c'est-àdire tout ce qui peut contribuer essentiellement à notre conservation , à notx'e perfection et à notre félicité, en observant néanmoins de ne pei'dre amais de vue la formule générale que nous avons
établie , puisque nous devons sans cesse nous ressouvenir que nous ne sommes pas ici pour nous seuls , que le bien commun renferme avant toutes choses la règle de nos véritables intérêts, et que nos habitudes méritent le nom de vertus ou celui de vices, selon les rapports de convenance ou d'opposition qu'elles ont avec lui (/. IV, c. xi , 8% 9% i4*, i5', 18% 19* et 2 1" rinc).