‹ Essai sur les vrais principes, relativement à nos connoissances les plus importantesChapitre 45 sur 76 · III. Tels sont les principaux conseils que nous · texte numérisé non relu

III. Tels sont les principaux conseils que nous

donne la raison. Ce sont autant de maximes qui,

tirées de la nature des choses , et en particulier

( '63 ) de la naLure de l'homme, cl de l'élat où il se trouve, nous font connoîli-e ci; qui lui convient esseuliellement, et renferment les règles les plus nécessaires pour sa pi-rfeeliou et sa félicité (i).

Ces principes généraux sont d'ailleurs d'une telle nature , qu'ils nous arrachent , pour ainsi, dire, notre assenlimeut; en sorte qu'une raison éclairée et tranquille, dégagée des préjugés et du trouble des passions , ne peut s'empêcher d'en reconnoître la vérité et la sagesse. Pourrois-je ne pas sentir combien il me seroit utile d'avoir toujours ces principes présents à l'esprit , afin que, par l'application et l'usage que j'en ferois dans les cas particuliers, ils devinssent insensiblement la règle uniforme et constante de mes inclinations et de ma conduite ?

En effet , de telles maximes ne sont pas de simples spéculations ; elles doivent naturellement influer sur les mœurs, et être d'usage dans la pratique. Car à quoi serviroit d'entendre les conseils de la raison, si l'on ne vouloit pas les suivre , et de quel prix seroient des règles de conduite qui nous paroissent évidemment bonnes et utiles , si l'on refusoit de s'en servir ? Nous sentons nous-mêmes que ce flambeau n'est fait que pour nous aider à régler nos mouvements et nos démarches. Si l'on

(i) Principes du droit naturel^ i" part. , chap. vi , § 6.

( '^'4 ) a ni.mqnr do suivre les maximes donl nous p.ir- Jons , on se désapprouve soi-même , et l'on se condamne, comme on désa|)prouv<; aussi tout autre ([ui est dans le même cas : mais a-t-on suivi ces maximes ? c'est un sujet de satisfaction intérieure; on s'approuve soi-même , comme on appi'ouve également les autres qui ontaj^i de cetU; manière. Ces sentiments sont si naturels, qu'il n'est guère en notre pouvoir de penser autrement. Je me seiis forcé de respecter ces principes comme une règle qui convient à ma nature , et d'où dépend mon ])onlieur.

( 't'^ ) LIVRE TROISIÈME.

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