‹ Essai sur les vrais principes, relativement à nos connoissances les plus importantesChapitre 47 sur 76 · t J'appelle u/îiVc;^ l'assemblage de tous les · texte numérisé non relu

t J'appelle u/îiVc;^ l'assemblage de tous les

( '7' ) « vives que nous concevous, comme liés el modi- « fiés pour faire uu menu' loul.

]\ . 3. 10. « Liiifiiiiv.sl ce qui exclut Je soi toute ce Lorne, toute négation, si ce n'est de ce qui " pourroit le rendre véritablement susceptible de cf limites, comme une étendue figurée, divi- « sible , etc.

<f Ou , pour tout exprimer en un mot , riiifinité « positive cowsxslc dans une plénitude si parfaite, f< ([ue toute addition y soit impossible (i).

1 1 . f( L'infini négatif csl entièrement différent. t< On dit en ce sens qu'une cliose est infinie, ce lors qu'on la conçoit toujours susceptible de ce plus. L'imagination s'épuise avant d'en avoir « atteint les bornes ; et il nous est impossible de a les désigner. »

C'est ce qu'on peut appeler proprement Vinassignable , l indéfini. '

12. ce L'idée de l infiniment parfait , répond à ce celle de l'infini réel et positif. Elle exprime un e( éti'e qui exclut de soi toute borne, toute néga-

(i) Il est aisé <Je s'apercevoir que ce n'est pas sur le sens s;raramaticai des termes qu'on doit juger de la nature des choses. Il y a plusieurs idées très positives que nous exprimons par des termes négatifs, parce que nous manquons de mots propres pour bien rendre ce que nous pensons. Par exemple^ nous appelons immortel ce qui doit avoir une vie continuelle , et, dans le sens grammalical, c'est comme si nous disions non moviel.

( ^7^ ) « lion (le perfections absolues el projwcmcnt di- « les, e'esl-à-dire tle toutes celles qui sonl sans « mélange d'aucune sorte d'imperfection, comme " seroit de rendre son sujet susceptible de limites , «et d'en écarter d'autres genres de j)erfection " (ju'il est meilleur d'avoir que de n'avoir pas. »

i3. J'entends par Vintelligence , ou la raison prise dans sou plus haut degré , cette connoissance du vrai ( i ) , qui saisit tous les objets dans la réalité de leur nature et de leuî's propriétés resjiectives, qui cmbi'asse d'une seule vue leur convenance ou leur disconvenance , qui aperçoit , en un mol, tout ce qu'il y a de plus conforme à l'ordre ( 2 ) , tout ce qui peut servir davantage à le procurer, el tout ce qui s'en éloigne.

14. Celte intelligence forme encore ce qu'on peut appeler une science pleine et entière.

i5. La sagesse se trouve à disjioser et à employer les clioses selon leur nature et selon les

(1) ConnoiLre la vciilc , c'est, comme nous l'avons déjà dit, apercevoir les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes , et s en former des idées conformes .n leur nature, c'est-à-dire à leur constitution , et à tout ce qui en est une suite. Liw. I , cha/j. i, c/c/l 39.

{■?.] L'ordre est une disposition des choses relative à un certain but , et proportionncc à l'état , à la place et au rang qui conviennent à leur nature, ou à leurs fonctions. Ci-dessus, lU'. 11, chup. I . di/. 12. .

( >73 ) rolalions qu'elles ont entre elles, selon leurs tlcpcndiiiices réciproques, selon qu'elles sont les plus pi'opresà une certaine^i/i, et , pour tout dire en un mot, selon les idées de l'ordre et du vrai. 16. J'entends ici par rectitude ou justice, non cette qualité particulière par laquelle on se trouve disposé à rendre à quelqu'autre ce qui lui est dû , mais en général un amour constant de l'ordre et du vrai , par lequel on est porté pour tout ce qui est un bien réel , et on est opposé à tout ce qui est un vrai mal , en sorte qu'on procure l'un et on écarte l'autre , autant que cet ordre universel , la nature des choses , ou leurs rapports mutuels le comportent.

17. Dans cette idée de la rectitude ou de la justice, sont comprises la sainteté, par laquelle je n'entendrai ici rien autre cliose que cette rectitude même prise dans toute son étendue; la véracité, qui est une partie essentielle de la sainteté , et qui ne permet pas d'en imposer par de vaines illusions , de faire naître ou même d'autoriser l'erreur et le mensonge ; et enlîn la bonté, qui rend un être bienfaisant, et qui le remplit de miséricorde et de clémence , sans que pour cela il cesse en aucune manière d'être juste.

18. A cette rectitude , à cet amour souverain de l'ordre et du vrai , peut se rapporter encore la prudence , en tant qu'elle dirige un être intelligent et sage à rechercher en dernier ressort la meilleui'e

( -74 ) fin possible , par les moyens les plus propres :i la procurer,

19. Lorsque l'on considère ce qui forme la gloire d'un èlre intelligent, on peut distinguer entre celle qui se trouve dans l'objet même , indépendamment des liommages extérieurs , et celle qui lui vient accidentellement des autres

objets. ■ ; ■

Dans le premier sens , je la définis un accord des perlections ou des vertus convenables à l'être intelligent dans lequel elles se trouvent, d'où il résulte en lui une juste opinion de lui-même, et une satisfaction secrète qui naît de la vue et du sentiment de cette liarmonie.

20. Dans l'autre sens , qui est aussi le plus ordinaire , j'entends par la gloire qui est propre à un être intelligent, la manifestation extérieure de ses perfections ou de ses vertus , en tant qu'elles éclatent dans sa conduite et dans ses ouvrages , lesquels concourent à annoncer dans leur genre, et selon que leur nature et leur destination particulière les en rendent capables , sa grandeur et ses attributs.

Ajoutons ici quelques principes évidents, qui puissent me diriger dans la route que je dois suivre, et m'aider encore à déduire des définitions que je viens de poser les corollaires qui y sont renfermés.

IT. 1". Axiome. «< On peut assurer d'une chose

( «7^^> ) « ce que l'on conçoit tlisliuctement être renfermé « dans l'itlée qui la représente (/fV. I"", cliap. XTj « i" princ.^ c'est-à-dire, en un mot, que tout « ce que l'on conçoit distinctement , est précisé- " ment tel qu'on le conçoit.

:>. <f Ce qui est, est. Une chose est ou ?iest « pas; ou, pour m'exprimer en d'autres termes, la « même chose ne peut pas être tout ensemble et " n'être pas, être telle ou n'être pas telle tout à " la fois, et sous le même rapport. »

C'est ce qu'on appelle communément le principe de contradiction (/zV. I, chap. xi , 7' prific).

3. " Comme opéi'er est une propriété qui n'ap- « partient qu'à l'être, et que le néant n'a pas " l'être , il s'ensuit que le néant , ou ce qui n'est " pas ne peut rien produire; c'est-à-dire qu'il ne « peut être la cause d'aucune chose.

4- « Ainsi tout ce qui existe doit avoir son prîn- « cipe, sa raison suffisante, ou dans soi-même, « ou dans ce qui le produit , en sorte que le prince cipe soit proportionné à l'effet qui en résulte. »

D'où il suit que l'effet ne peut être plus grand, plus excellent que sa cause.

5. Par une suite du même axjome, on ne peut se donner, ni donner à un autre aucun degré de perfection que l'on n'ait pas.

6. Les privations, les négations supposent l'absence de quelque réalité , et, n'ayant par elles-mêmes rien de visible, ni d'intelligible, elles ne

( '7G ) peuvent êlre connues sans le S(îcoui\s des réalités dont elles sont l'absence.

Par exemple, on ne peut avoir une idée du iionctre sans avoir déjà une idée de l'être; on ne peut avoir une idée de ce que c'est que \efaux en général , si l'on n'a déjà une idée du vrai.

7. Tjc tout est plus grand que sa partie, et se forme de toutes ses parties prises ensemble.

8 . Il ne peut y avoir dans le tout que ce qui se rencontre dans toutes ses parties prises ensemble.

9. Je pense , j'existe [liv. I"", chap xi , 2' princ.^. m. Api'ès avoir posé ces axiomes, je reprends la

seconde et la tx-oisième définitions pour en déduire les premiers corollaires.

Deuxième définilion.

« J'entends, par le terme ' ly essence , ce qu'il y a Je Il ]>rcmier dans un être, et « d'où découlent toutes ses « autres propriétés, ou, pour X m'exprimcr en d'autres ter- « mes , l'essence est cette « raison primitive de Ja pos- « sibilité d'une chose , en u vertu de laquelle elle est <c exempte de contradiction «avec elle-même, <t sans «quoi elle ne peut être ce c- qu'elle est. «

Premier corollaire.

Troisième définition.

« Essentiel., nécessaire^ est ce qui appartient à l'essence d'une chose , ce qui est absolument nécessaire pour la faire être ce qu'elle est, et qui a son principe dans la possibilité même de la chose. »

11 suit de ces deux définitions;, qu'un être ne

( '77 ) peut exister sans son essence , ni sans ce qui appartient à cette essence ; autrement c'est comme si l'on ilisoit qu'il est et qu'il n'est pas , qu'il est, tel en lui-même , et qu'il n'est pas tel tout à la fois, ce qui est absurde par le principe de contradiction rci-c?e^^u.ç, ace. 9.).

Secoji il coro llaire .

S'il y a donc quelque propriété , quelque attribut, qui soit essentiel, nécessaire à un être, il faut qu'il le conserve im.muablement tant qu'il existe , c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il vienne à cesser d'être ce qu'il étoit en lui- même, au cas que son existence ne soit pas d'une nécessité absolue , qu'elle ne lui soit pas essentielle; car il ne poui'roit pas alors cesser d'exister , ni d'être immuablement existant tel qu'il est.

Je reprends ensuite la troisième et la cinquième définitions, pour en déduire de nouvelles conséquences. ;

Troisième définition.

(t Essentiel , nécessaire , est a ce qui appartient à l'essence <t d'une chose , c'est-à-dire ce rc qui est absolument néces- « salie pour la constituer te telle qu'elle est en elle-mê- « me , et qui a son principe '( dans la possibilité même de « la chose. »

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