II. Des plumiers allril)ut.s de l'être iK-cessaire
1 . Un être qui o\lsle par soi , qui trouve nécessairement dans son propre fonds l'existence de tout ce qui le constitue tel en lui-même , doit être immuable , indépendant et éternel.
Il est immuable : car s'il y a quelque forme , quelque étal qui soit essentiel à un être, il faut qu'il le conserve tant qu'il ne cessera pas d'être ce qu'il est (2® corollaire^. Mais comme dans ce qui constitue proprement l'être nécessaire, tout est essentiel, tout existe par une nécessité absolue, il suit de là que rien dans cet être ne peut clianger. On ne sauroit y admetti'e ni succession , ni variation , ni progrès.
2. H est indépendant : car son existence , c'està-dire l'existence de tout ce qui le constitue tel en lui-même, lui étant essentiel, et se trouvant inhérente à sa nature , ne peut dépendre d'aucune autre cause , ne peut se trouver dans la puissance d'aucun être qui la limite et la détermine (4*^ corollaire^.
3. Il est éternel : puisqu'il existe par une nécessité absolue et prise dans sa nature , aucune cause ne l'a produit , et il n'auroil pu se donner l'existence à lui-même, s'il y avait eu un seul moment où il n'eût pas été; d'où il suit (a.r. 3) qu'il est sans commencement. De même aussi il doit être sans fin , puisqu'il a toujours la même
( iH/, ) raison d'tîxister et la même cause de son existence, qui est son essence même, et cette nécessité absolue dont nous venons de parler; il est donc immuable dans son ^existence, comme il l'est dans tousses auli-es attributs (i).
(i) Cette durée ('ternelle est, à proprement parler, et dans le sens le plus naturel et le plus noble, la jouissance entière et parfaite d'une vie sans fin : Interminabilis vitœ tota simul et perfecta possessio. Boet. , Consol. phil. , liv. v, pros. 6.
Rien ne nous embarrasse plus que lorsque nous voulons comprendre parj'aitement la manière dont se forme l'éternité. Si nous la ramenons à nos idées de nombre, si nous la composons en multipliant les années et les siècles , en joignant ce qui est à venir avec ce qui est passé , nous lions ensemble des moitiés finies qui se bornent l'une par l'autre, ou des parties encore plus limitées; nous ne formons plus qu'un temps indéfini , et nous assujettissons l'être nécessaire et immuable à des variations et à des successions continuelles. Si nous considérons l'éternité comme un point indivisible, sans passé, sans présent, sans futur, elle échappe encore plus à notre esprit; cependant ce qui prouve qu'elle doit être telle que nous venons tie le dire, c'est que cette proposition suit nécessairement de ce que nous trouvons si clairement établi. Il existe un être nécessaire ( I ) , cet être existe sans commencement et sans fin ( II, 3.); il existe sans changement et sans succession ( II , I ) ; donc il existe nécessairement un être dont l'éternité est tellement absolue qu'elle ne se forme point par augmentation , par progrès, mais par une plénitude indivisible et toujours la même. C'est ainsi qu'à l'égard de mille objets semblables , nous savons qu'ils sont tels sans pouvoir comprendre de (luelle manière cela peut être.
Le temps , dit Fénclon , sans en chercher une définition
( ifi.-^ )
Ap])li([tions ces notions à moi-mêmo , aux parties do Ci; monde, à l'univers tout entier, s'il en est besoin, afin de découvrir ce qu'il est si important pour moi de Lieu connoître, c'est à dii-e quelle est l'origine et la soui'ce de mon existence.
III. On commence par examiner si l'univers est quelque chose do réel, en tant qu'on le considère comme composé de plusieurs êtres.
Pour ne pas nous livrer à un travail inutile , il seroit sans doute à propos d'examiner avant tout, si l'idée que je me suis feite de l'univers {^déf. 9 ), jn-is pour l'assemblage de tous les êtres que nous concevons comme liés et modifiés pour faire un même tout , n'est point une idée vaine et chimérique, et si l'on ne pourroit pas dire , par exemple, que cette terre , que ces hommes que j'aperçois existent en effet comme je l'ai l'econnu, mais qu'ils ne font avec moi , et que je ne forme réellement avec eux qu'un seul être, ou, pour m'expliquer plus clairement , « qu'à proprement parler, il n'y
plus exacte , est le changement de la créature : qui dit changement , dit succession ; car ce qui change passe nécessairement d'un état à un autre : l'état d'où l'on sort précède , et celui où l'on entre suit. Le temps est le changement de l'être créé ; le temps est la négation d'une chose très réelle , et souverainement positive, qui est la permanence de l'être; ce qui est permanent d'une absolue permanence , u'a en soi ni avant, ni après, ni plus tôt, ni plus tard. De Vexistencc de Dieu, part. 2'«e j chap. 11 , au jnot éterniti';.
ce a point de génci'ations , il n'y a point d'êtres f< produits, il n'y a pas plusieurs substances, et <( qu'eniin tout ce que j'ai considéré comme autant » de parties liées les unes aux autres , n'est qu'un « même être dont la nature est d'être immuable f< dans sa substance , et éternellement variée dans >j ses modifications. »
Ce système mérite sans doute d'être approfondi; mais quoi ! à peine peut-il soutenir la touche de l'examen : ne suis-je pas à portée de remarquer dans cet univers mille et mille modifications tout opposées. Ici règne l'amour, là le même objet n'excite au même instant que de la haine. Mon voisin nie , et moi j'affirme : celui -là est un ignorant, celui-ci est un homme instruit et éclairé; or si tout (H^ qui me paroît autant d'êtres n'est qu'un même être, qu'un même tout sans parties, ce tout rassemble donc en lui une infinité de modalités opposées (i) : c'est le même sujet qui veut une chose et
(i) Y ayant une identité réelle entre toutes les parties qui feroient lin tout réellement un et indivisible, il s'ensuivroit que les parties ne seroient plus parties , et que l'une seroit réellement l'autre; d'où il faudroit conclure que l'air serait l'eau , et que le ciel seroit la terre ; que l'hémisphère où il est nuit , seroit celui où il ferait jour; que la glace seroit chaude , et le feu froid ; qu'une pierre seroit du bois , que le verre serait du marbre; et qu'un corps rond seroit tout ensemble rond ,
carré, triangulaire; que mes erreurs seraient celles de mou
voisin ; que je scrois tout ensemble croyant ce qu'il croit , et
( »«7 ) qui ne la veut pas , (|ui liait co qu'il aime , qui nie ce qu'il allii-me. Moi-même je suis ce tout, puisqu'il est évident que j'existe , et que l'on suppose qu'il n'y a qu'un être. Ainsi j'ai les vices de mon voisin; tous les j)laisirs qu'il se douiu-, je suis sensé les ressentir, malgré le sentiment intime; (fU(î je pourrai avoir d'une disposition toute contraire. De même je soutlrirai toutes ses douleurs , et il m'arrivera au même instant de n'en ressentir aucune Riais c'en est assez sans doute pour me
iaire avouer que rien n'est plus déraisonnable qu'un tel système, puisque, par l'axiome de contradiction, deux attributs C^^ corollaire), dont l'un exclut nécessairement l'autre , ne peuvent se rencontrer tout à la fois et sous le même rapport dans une même substance , et qu'ainsi le sujet , la substance, doit se multiplier et former autant de
doutant des mêmes chos(?s qu'il croit et dont je doute : il seroil vicieux par mes vices , je serois vertueux par ses vertus, et je serois tout ensemble vicieux et vertueux, sage et insensé, ignorant et instruit.
En un mot , tous les corps et toutes les pensées de l'univers ne faisant tous ensemble qu'un seul être simple , réellement un et indivisiljle , il faudroit brouiller toutes les idées, confondre toutes les natures et propriétés, renoncer à toutes les distinctions, attribuer à chaque corps toutes les modifications de tous les corps et de tous les esprits ; il faudroit conclure que chaque partie est aussi chacune des autres parties ; ce qui seroit un monstre dont la raison a honte et h<jrreur. Fénéiou, De Vcxiitencc de Dieu, i"" partie , cha]i. ii.
subsliinccs difrérenlos, à mesure rjuc nousroconnolssons clans qiielqiK^s êtres des modifications incompatibles entre elles fG" corollairej ( i ) .
IV. Je n'oxislo poinl par moi-m'Jmc , nou plus que toutes les autres parties de l'univers , ni (jue le vaste tout qu'elles composent.
1 . Forcé de considérer l'univers comme l'assemblage d'une quantité innombrable de parties, examinons maintenant ce que je suis parmi tous ces êtres qui m'environnent : Si je puis me croire immuable , indépendant, en un mot si je suis un être nécessaire (ci-/ie5.î., II).
J'existe , mais je n'existe pas tel que je suis de toute étei'nité. Après ma naissance, c'est-à-dii'e aj)rès mon apparition dans ce monde , j'ai acquis le sentiment réfléchi de mon existence , la mémoire , cl le jugement, à mesure que mes organes se sont
(i) Il suit de ce système beaucoup d'autres absurdités, qui sont en quelque manière démontrées, depuis que Descartes nous a appris à nous servir quelquefois contre lui de ses propres armes. En effet, le système de Spinosa suppose le plein ^ que Descartes avait admis, quoique dans des principes bien différents du spinosisme : ou , ce qui est la même chose , il suppose qu'il n'y a point dans la nature de vide qui permette une distinction réelle de substances. Or, comme dit Voltaire :
Qui pourra jamais concevoir , Commcul tout élaut [ilcin , tout a pu se mouvoir?
Voyez ses preuves sur Y i ncompaLibililé du mouvement et du plein , dans sa Physi<^ue ncwLonicnne , chap. Des tourbillons impossibles. ,/ ■ ■
( '«!) ) formés, ou que mos iclccs se sont développées. Cette naissance, prise dans le sens que je viens de dire , je la tiens de mes parents , eux des leurs , et ainsi (le suite. Ce corps , dont je suis comme environné, reçoit sans cesse de nouvelles modifications. Mon ame acquiert de nouvelles lumières par le commei'ce de ses semblables ; elle a besoin du secours de l'étude pour s'instruii'e dans son ignorance , pour se redresser dans ses erreurs; souvent aussi je me trompe , je m'égare de nouveau ; en un mot tout annonce en moi le changement et la dépendance : je ne suis donc pas un être nécessaire , un être qui trouve dans son propre fonds son existence , et tout ce qui le compose {^ci-dess. , II).
2. Mais quelques autres parties du monde entier auroient-ellcs sur moi ce précieux avantage '' non, sans doute, puisque ce ne sont que des parties liées , enchaînées , dont se forme ce tout qu'on appelle l'univers. Je les vois en effet peser les unes sur les autres , s'attirer, se soutenir, ou se choquer réciproquement. En général tout est relatif, tout s'enchaÎTie ou se succède , comme nous nous succédons entre nous ; de sorte qu'en supposant même une chaîne infinie d'êtres, nous ne pouvons nous dispenser de les envisager dans une dépendance mutuelle. Bien plus , si j'admettois au milieu de tous ces objets qui m'environnent un être entièrement indépendant, il ne scroit plus, à proprement parler , une partie de ce tout que j'appelle
( ^9'^ ) l'univers {'i<]j- 9 );. <'L dotil, il s';ii,'iL iiiiiialenanl. JCnfhi je vois ces mêmes parties éprouver des varialions perpétuelles, elianger de situation, de qualité, de ligure; les astres les plus éclatants sont sujets à des taches, qui sont en eux comme autant de révolutions j)articulières ; le mouvement nième n'est dans la matière que d'une manière contingente, puisque si les corps avoient eu essentiellement et nécessaii'ement une certaine quantité de mouvement, il faudroit qu'ils en retinssent toujours le même degré , et rien ne seroit capable de les en dépouiller ( 2*= et 4^ corollaire). Il est cependant démontré que le même corps peut être mvi ou plus vite ou plus lentement, pour ne rien dii'C de l'état de rejws où il peut être mis bientôt après (1).
Concluons donc qu'aucune de ces parties ne forme un être indépendant , immuable , ni parconséquent un être nécessaire , c'est-à-dire qui ait nécessairement et son existence , et celle de tout ce qui existe en lui.
(i) Aihil esttolo quod perstet in orbe,
Cunctajluunt , omnisque vagans JbrinaLur imago ; Ipsa quoque assiduo labuntur tempora molu , Nonseciis acjimnen ; neque enim consistere Jlutnen , Non levis hora pôles t ; sed ut unda iinpellitur undâ , Urgetiirqiie eadeni veidens , aigelque piiorem ; Tempora sic J'ngiunt pari ter, pariierque scquuntur. Ila'C quoque non perslant , quœ nos elemcnia vocamus, etc. , OviD., i1/eii//H. XV, vers. 177.
3. De rcxaniou des parlles, passons à l'exameu <lu tout : c'est là sans doute (jue je Irouveiai ce que je elierehe. Le loiit , \v i^^raïul lout doit ni'oiVrir eetetre universel , immuable, indépentlant , l'être nécessaire. Mais que dis-je? est-il bien vrai que je m'entende ici moi-même. Il ne sauroit y avoir dans le tout que ce qui se i-encoutre dans toutes ses parties prises ensemble (a.r. 7 ef 8 ) , puisque le tout se forme de l'assemblage de ses parties, et qu'une chose ne sauroit être telle tout à la fois et lie l'être pas , ou , pour m'exprimer en d'autres termes , ne sauroit être différente d'elle-même.
Or il suit de ce principe que toutes les parties de l'univers, prises ensemblej.(«^. 2), n'offrant rien autre chose qu'un assemblage d'êtres immuables, dépendants et contingents, le tout ne sauroit être immuable, indépendant et nécessaire. Dire qu'en effet chacun de ces êti'cs qui composent l'univers est dépendant (i) , mais que la chaîne entière est indépendante , c'est la même chose que si l'on soutenoit d'une horloge qu'aucune de ses parties ne s'est faite d'elle-même , mais que l'horloge entière existe par elle-même. En un mot, c'est aller direclement contre le principe que je viens de rappeler, et par conséquent contre toute évidence. V. Tout l'univers a été créé. >
Je suis donc forcé de chercher hors de moi , hors
1,1) M. Foimcy, Mélanges philosoph.
( '9^^ ) de l'univers , cet être existant par lui-même. C'est donc en lui, ou dans plusieui'S êtres semblables, que tous ces objets qui m'environnent et qui n'ont pas en eux-mêmes leur existence, doivent trouver le principe , la raison suffisante qui les fait exister [ci-rlessus, déf. 5, et 3" coroll., ax. 4 ef 5) , et c'est à lui eniin que je dois mon origine et tout ce qui existe en moi. Mais quoi , rien ici Las ne fait partie de l'être nécessaire , puisque tout est contingent, muable, dépendant; c'est donc du néant qu'il a tiré ce monde et toutes les pai'ties qui le composent ; cependant le néant ne peut rien produire. Cette difficulté suffiroit-elle pour me faire retomber dans mon incertitude? Les principes évidents qui m'ont conduit jusqu'ici pourroient-ils se détruire euxmêmes? Non , sans doute , et je ne me trouve arrêté que par l'équivoque des termes que je viens d'employer. Le néant ne peut rien produire, c'est-àdire il ne peut être la cause d'aucune chose, parce qu'il n'a par lui-même aucune propriété , aucune force pour agir ; mais le néant ou ce qui n'est point, ce qui n'est que possible , ne peut-il pas être amené à l'existence par une cause suffisante ? il le peut , sans doute , puisque ce n'est plus que lui qu'on suppose opérer , et , qu'à pi'oprement parler , il n'entre pour quoi que ce soit dans l'acte de la création ( i),
(i) Quand je dis : Le néant ne peut-il pas clreamenéà l'existence , il est bien évident que cette expression même n'est pas
( 'iiS ) tic numièrt' (ju'il n'y a v'wn ici qui soit contraire au prini'ipc (juc j'ai élal)li : ajoutons nicmc , jniisquo
exacte; nous ne nous en servons (jiie faute ile ].oiivoii- rendre avec prt'cision ce (jui est réellement au-dessus de nos idées. Le néant n'est point un sujet sur lequel le créateur ait ai;i • car le néant n'est rien, il ne suppose rien, il n'est ni un instrument , ni un obstacle. Ajoutons ici une remarque tirée de l'expérience : je forme un acte, quel qu'il soit; cet acte est quelque chose ou il n'est rien ; s'il n'est rien, il n'a rien produit , ce qui est démenti par les effets qui s'ensuivent. Or cet acte, qui est quelque chose de réel , étoit ou n'étoit pas; s'il étoit , il ne s'est donc formé aucun changement , il ne s'est fait rien de nouveau , ce qui est encore visiblement faux. Mais s'il s'est fait quelque chose de nouveau qui n'étoit pas , voilà donc une réalité tirée du néant , de la même manière qu'un être qui aura été doué d'une puissance infinie en aura tiré l'univers.
L'unique raison , dit Clarke , que les athées puissent donner de leur sentiment, en prenant la négative de cette proposition : que le pouvoir de créer la matih-e est renjernié dans l'idée d'une puissance infinie^ c'est que la cho>e est impossible, d'une impossibilité absolue. Mais pourquoi leur paroît-elle impossible : c'est, disent-ils, qu'il ne leur est pas possible de comprendre comment elle peut être. Ce n'est pas qu'il y ait aucune contradiction à dire qu'une chose qui n'étoit pas auparavant , a commencé d'exister dans la suite. Mais nous sommes sujets à nous faire une idée de la création , toute semblable à celle de la Jormation. Comme tonte Jormaiion suppose une matière préexistante , on s'imagine qu'en fait de création , il faut , malgré qu'on en ait, supposer la préexistence de je ne sais quel néant^ duquel^ comme d'une matière réelle, les choses crées ont été tirées. Ce qui a , en effet , un grand air de contradiction ; mais qui ne voit que ce n'est là qu'une étrange confusion d'idées? La création est tout autre chose que !:i formalicn. TOME I. i3
( -91 ) les princl])L'S les ])lus ovidenls m'ont convaincu, (juc cclii (Icvoil cLre. En un mot. tout cet univers est conlini;ent, (Jonc il est créé [<i('J. 5, et ci-dessus, IV); vien n'(;st plus évidemment prouvé quant à la cliosc, et si d'un autre côté rien n'est plus mystérieux quant à la manière , il me reste à appliquer ici ce principe , qu'on ne doit pas nier ce qui est clair et évident, pour ne pouvoir comprendre ce qui est obscur (//V. i, c. i i , 4'""^ principe).
('récr^ c'est donner l'existence à une chose qui ne l'avoit pas auparavant , et je défie qui que ce soit <\v. me faite voir de la contradiction dans cette idée. Toutes les objections des athées se réduisent donc à ce misérable argument : que la matière n'a pu commencer à exister loTsquclle néioit pas , parce que ce seroit supposer qu'elle étoit avant qu'elle fût; et qu'elle n'a pu commencera exister lorsqu'elle étoit; parce que ce seroit supposer qu'elle n'ctoit pas, après avoir eu l'existence. Cet argument est tout semblable à celui de ce philosophe qui prétendoit prouver qu'il n'y a ]ioint de mouvement, parce , disoit-il^ qu'il n'est pas possible qu'un corps se meuve, ni dans le lieu où il est , ni dans le lieu où il n'est pas. ( Voy. le Dict. de Bayle, art. Zenon, llem. E. ) Ces deux sophismes étant précisément les mêmes , la même réponse peut servira l'un et à l'autre. Dériionsl. île l'exist. de Dieu, lonie prop.