‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi deChapitre 21 sur 125 · Mémoires de la Ligue, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Mémoires de la Ligue, 1. 1, p

8. Ab immensa sternl régis poteutia, bealo Petro ejusque successoribus tradiln auctoritas omiies terrenorum regum et principumsuperemlnetpotestatcs..... {.conçusse proferl in omnes judicia, et ne diyfnœ maxime leges Tlolenlur summa ope pro- \idel, et si quos ordinaUoni Del resiâtcntes iovenit, severiore hos vindicta ulciscitur, et quamvis potentiures de Bolio dejiciens, veluti superblentis Luciferi ministros ad inflma terrœ deturbaloB prostem it (Sixti V declaratlo, etc., GoldasU, MonarcMa sancii imperH,X Ul, p. iU.)

3. Mémoires de la Ligue, 1. 1, p. 335. — La cour ne peut délibérer plus longuement rhomologalion d'une telle bulle, si pernicieuse au bien de toute la chrétienté et à la souveraineté de votre couronne. Jugeant dès à présent qu'elle ne mérite aucune récompense que celle qu'un de vos prédécesseurs nous fit faire à une pareille bulle qu*uii préUéccs.^eur de ce pape lui avait envoyée, à savoir, de la jeter au feu en présence de toute rÉglise gallicane. {Ibld., p. 836. }

Digiti

renoncer à leur culte, et d'abattre ce parti sans une grande effusion de sang. Il déclarait que c'était assez de honte pour lui que d'avoir prêté son ministère à la révocation de tant d'edits solennellement jurés; que son obéissance , pour ne pas devenir stupidité, s'arrêterait là ^ et il terminait sa remontrance par ces graves et nobles paroles : a Faites-nous cette grâce, Sire y de reprendre en vos mains o les états dont il a plu à Votre Majesté et aux rois vos prédécesseurs a de nous honorer, afin que vous soyez délivré des importunes difa ficultés que nous sommes contraints de faire sur de tels édits, et a nos consciences déchaînées de la malédiction que Dieu prépare a aux mauvais magistrats et conseillers.... Il est plus ex[>édient à a Votre Majesté d'être sans cour de parlement que de Tavoir inutile, a comme nous sommes, et il nous est aussi plus honorable de nous a retirer privés en nos maisons, et de pleurer en notre sein les calaa mités publiques avec le reste de nos concitoyens, que d'asservir c la dignité de nos charges aux malhem^euses intentions des ennea mis de votre couronne ' . »

Cet avertissenoent fut inutile au roi comme à la nation ; personne ne savait plus où se reprendre : les uns étaient aveuglés de fanatisme ; d'autres séduits par les promesses des ambitieux , d'autres enlacés dans les réseaux d'une association dont la puissance dominait celle de TÉtat, Vingt-cinq ans de guerre civile n'avaient pas sulli pour briser la fougue des passions, et donner à tous la leçon suprême, celle de la nécessité. Jamais la cause de la liberté de conscience n'avait paru si complètement perdue^ elle se soutint par rhéroîsme que le désespoir inspira aux bandes protestantes. Leur chef, Henri de Navarre , contraint de combattre pour son droit en même temps que pour sa religion , fit des prodiges de cotirage et d'habileté dans cette œuvTC double qui semblait ne pouvoir aboutir qu'à des situations incompatibles. Modéré autant qu'intrépide , il avait toujours le

4. Mémoires de la Ligue, 1. 1, p. S26 et SV7. — Dans ce paëSJitre et dans Jes citation» précédente», la langue du xvi« siècle a été çà et là un peu rajeunie.

Digiti

mot de paix à la bouche et dans le cœur; après la victoire la plus complète ^ il ne demandait rien que le rétablissement des anciens édits de tolérance. De sou côté , le chef de la Ligue , aidé de la faveur populaire , poursuivait rapidement l'exécution du plan hardi qu'il avait conçu : s'emparer des conseils du roi et avoir la main sur sa personne , le garrotter par l'intervention des états généraux, être une sorte de nudre du palais jusqu'au moment d*usurper le trône sous ombre de volonté nationale. Henri III, tenu en échec par cette fortune grandissant toujours, ne savait qu'hésiter ou plier; le sentiment de sa dignité perdue le torturait parfois , mais ne le relevait pas ; incapable de faire un noble effort, il cédait sans fin', se réser-

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