‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi deChapitre 22 sur 125 · Bataille de Goutras, le SO octobre · texte numérisé non relu

Bataille de Goutras, le SO octobre

5. Nostre volonté et intention est de commencer à tenir les estats libres et généraux des trois ordres de nostredlt royaume, au 15 aoust prochain en nostre Tille de Bloy^ où nous entendons que se trouvent aucun des plus notables personnages de chacune province, bailliage etséneschaussée pour en pleine assemblée... proposer librementce qui sera plus propre et convenable pour du tout estelndre et ubolir les divisioni qui sont entre nos subjects, mesmement entre les catholiques, et parvenir à un bon et asseuré repos, avec lequel noslre saincte religion catholique soit si bien restablie, et toutes hérésies repurgées et extirpées de nostre royaume, que nos subjects n'ayent plus d'occasion d'y craindre changement tant de nostre vivant qu'après nostre décez. (Mandement au prévôt de Paris, dernier mal 1588, Bec. dei anciennes loii françaises t t. XIV, p. 614.) - Et premièrement nous Jurons et renouvelions le serment par nous falct, en nostre sacre, de vivre et mourir en la religion catholique, apostolique et romaine, promouvoir l'adVancement et conservaUon dlcelle, employer de bonne foy toutes nos forces et moyens, sans espargner nostre propre vie, pour exUrper de nostre royaume, pays et terres de nostre obéyssanoe, tous schismes et hérésies condamnées par les salncts conciles et principalement par celuy de Trente, sans faire Jamais aucune paix ou trefve avec les hérétiques, ny aucun édict en leur faveur.

Art S. Voulons et ordonnons que tous nos subjects, princes, seigneurs, tant ecclésiastiques, gentilshommes, habiUins des villes et plat pays, qu'autres, de quelque qua> lilé el condition qu'ils soyent, s'unissent et Joignent en ceste cause avec nous, et ftoent pareil serment d'employer avec nous toutes leurs forces et moyens Jusques à leurs propres vies, pour l'extermination desdicts hérétiques.

Al t. 3. Jurons aussi et promettons de ne les favoriser ny advancer de nostre vivant ; ordonnons et voulons que tous nos subjects unis Jurent et promettent dès à présent et pour Jamais, après qu'il aura pieu à Dieu disposer de nostre vie sans nous donner des enfants, de ne recepvoir à estre roy, prestcr obéyssance à prince quelconque qui soit hérétique ou fauteur d'hérésie. (Édtt. de renouvellement de l'union du roi avec les princes et seigneurs catholiques du royaume. Juillet 1588, ibid., p. 616.)

Digiti

vant le dernier recours des lâches , la trahison et l'assassinat. Tels sont les éléments dont se composa Tun des plus grands drames de notre histoire, celui qui rend célèbre Tannée 1588 , qui s'ouvre à Paris par l'émeute des barricades, et se dénoue aux seconds états de Blois par le meurtre du duc et du cardinal de Guise.

La convocation des états généraux de 1588 fut un acte du roi contre lui-même. Cette assemblée , venue à la suite d'une émeute \ictorieuse , et représentant, non la France entière , maïs la France exclusivement catholique, eut pour mission et pour but de fonder la prédominance des états sur le pouvoir royal*. ÏI y a deux parts dans son histoire, Tune qui précède, l'autre qui suit l'assassinat des Guises et l'arrestation de plusieurs députés des trois ordres ^. Dans la première de ces deux époques, les états, ayant le tiers à leur tète, soutiennent contre le roi une lutte de principes sur la question de la souveraineté^ ils déclarent qu'ils veulent procéder par résolution et non par supplication; ils attribuent aux seuls édits faits avec leur concours le titre de lois fondamentales. Malgré la retenue de leurs paroles et leur apparente soumission à l'ancien ordre monarchique, ils menacent la royauté d'en constituer un tout nouveau , de la mettre en tutelle permanente sous la représentation nationale , et de déléguer pour le présent ce^te tutelle au chef de la Ligue. La seconde époque, où l'assemblée se débat entre la crainte et la colère, ne présente, au lieu de cette hostilité agres-

I. C'est le IS mal qu'eut lieu le ftoulèvcment nommé Journée des barricades i l'ordonnance de convoeaUon des états Ait rendue le dernier Jour du même mois. — Lettres furent de toutes parts expédiées par les prorinoes à ce que chacun s'avançât d'y envoyer SCS députés, pourvu qulla fussent catholiques romains; car autrement il n'était permis à aucun de la religion, ou soupçonné de favoriser ceux de la religion de s'y trouver. (Des états généraux, etc., t. XIV, p. 876.) — L'assemblée s'ouvrit le 16 octobre r on y comptait 505 députés, savoir : 184 du clergé, 480 de la noblesse et 491 du tiers état. — Voyez les noms de ces derniers, ci-après, Appendice 11.

f. La Chapelle- Marteau, président du tiers état; Compans et de NeuilH, députés de Paris; Leroi, député d'Amiens ; le comte de Brissac, président de la noblesse, et le sieur de Bois-Dauphin. Quatre députés du tiers état et trois du clergé, qui étaient sur la liste, s'échappèrent 19Z décembre].

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«ive, qu'une opposition d'inertie sous laquelle couve , dans le coeur de chacun , l'impatience d'être congédié pour se rendre sur un terrain propice à la rébellion ouverte *.

Ce fut le tiers état qui joua ici le premier rôle; il était la puissance du jour ; il prit Tinitiative des propositions hardies envers la royauté y ou violentes contre les huguenots. Son cahier renferme les demandes suivantes : que les ordonnances faites à la requête des états soient déclarées immuables , et n'aient pas besoin d'être vérifiées en cour de parlement; que pour tout autre édit, les cours souveraines aient toute liberté de remontrances^ et ne soient jamais forcées d'enregistrer *; que les parlements ne puissent vérifier aucun édit, sans qu'auparavant il ait été communiqué aux procureurs-syndics des états, dans les pays d'états, et que toutes les provinces du royaume puissent élire à cet effet des procureurs-syndics; qu'il n'y ait plus de levées d'argent , pour quelque cause et sous quelque forme que ce soit, sans le consentement des états généraux'^; que les hérétiqnes soient punis selon les ordonnances de François !•' et de Henri II , et que des mesures rigoureuses soient prises contre les fauteurs d'hérésie ; que le roi de Navarre soit déclaré incapable de succéder à la couronne, et que tous ses biens soient confisqués *.

Parmi les demandes qui ne tenaient rien des passions du moment, on peut noter celles-ci , renouvelées pour la plupart du cahier de 1576 et de celui de 1560 : le rétablissement des élections ecclésiastiques , malgré le concordat de François I***, le maintien scrupuleux

1. Voy. le Journal d'Etienne Beraard, député du tiers état de Bourgogne. Des éiais généraux, etc., t. XIV, p. 440 el suiv. — La séance de clôture des états eut lieu le 46 Janvier «589.

S. Cahier général du tiers état QiSSS^. Becueil des cahiers généraux des trois oidreê L III, p. 186.

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