Ordonnance de 4639, art
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c par personnes interposées, entreront en part et société dans les a vaisseaux , denrées et marchandises d'iceux, ne dérogeront point a h noblesse.... El que ceux qui ne seront nobles, après avoir entrea tenu cinq ans un vaisseau de deux à trois cents tonneaux , jouia ront des privilèges de noblesse , tant et si longuement qu'ils conti- (( nueront Fentretien dudit vaisseau dans le conmierce, pour\u qu'ils « Payent fait bastir en notre royaume et non autrement : et, en cas a qu'ils meurent dans le trafic après Tavoir continué quinze ans « durant , nous voulons que les veuves jouissent du même privilège 9 durant leur viduilé, comme aussi leurs enfants, pourvu que Tun « d'entr'eux continue la négociation dudit commerce et Tentretien « d'un vaisseau par Tespace de dix ans. Voulons en outre que les mara chands grossiers qui tiennent magasins sans vendre en détail , ou autres marchands qui auront esté escbevins, consuls ou gardes de « leurs corps , puissent prendre la qualité de nobles, et tenir rang a et séance en toutes les assemblées publiques et particulières imméu diatement après nos lieutenants généraux , conseillers des sièges « présidiaux , et nos procureurs généraux esdits sièges y et autres « juges royaux qui seront sur les lieux *.
a Exhortons nos sujets qui en ont le moyen et l'industrie de se lier « et unir ensemble pour former de bonnes et fortes compagnies et « socîétez de trafic, navigation et marchandise, en la manière qu'ils «verront bon estre. Promettons les protéger et desfendre, les <i accroître de privilèges et faveurs spéciales , et les maintenir en « toutes les manières qu'ils désireront pour la bonne conduite et « succès de leur commerce*. »
Tout ce qui était possible en fait d'améliorations sociales au temps de Richelieu fut exécuté par cet homme dont l'intelligence comprenait tout ^ dont le génie pratique n'omettait rien, qui allait de l'ensemble aux détails , de l'idée à Faction avec une merveilleuse habi-
t. Ordoiin. de 4G29, art. 493.
t. Ibid., art. 429.
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47i ESSAI SUR L'HISTOIRE
leté. Maniant une foule d'affaires grandes et petites en même temps et avec la même ardeur, partout présent de sa personne ou de sa pensée , il eut à un degré unique l'universalité et la liberté d'esprit. Prince deTéglise romaine, il voulut que le clergé fût national ; vainqueur des calvinistes , il ne frappa que la rébellion , et respecta les droits de la conscience * ; enfant de la noblesse et imbu de son orgueil , il agit comme s'il eût reçu mbsion de préparer le règne du tiers état. La fin dernière de sa politique intérieure fut ce qui faisait grandir et tendait à déclasser la bourgeoisie, ce fut le progrès du commerce et le progrès des lettres , le travail , soit de Tesprit , soit de la main. Richelieu ne reconnaissait au-dessous du trône qu'une dignité égale à la tienne , celle de l'écrivain et du penseur; il voulait qu'un homme du nom de Chapelain ou de Gombauld lui parlât couvert. Mais, tandis que par de grandes mesures commerciales et une grande institution littéraire', il multipliait pour la roture, en dehors des offices, les places d'honneur dans l'État, il comprimait sous le niveau d*un pouvoir sans bornes les vieilles libertés des villes et des provinces. États particuliers^ constitutions municipales, tout ce qu'avaient stipulé conune droits les pays agrégés à la couronne, tout ce qu'avait créé la boui^eoisie dans son ftge héroïque, fut refoulé par lui plus bas que jamais. Il y eut là des souiffirances plébéiennes, souffrances malheureusement nécessaires^ mais que cette nécessité ne rendait pas moins vives, et qui accompagnèrent de crise en crise l'enfantement de la centralisation moderne.
Quant à la politique extérieure du grand ministre^ cette partie de son œuvre y non moins admirable que Tautre, a de plus le singulier
1. Aax termes da traité d'Alais, 18 Juin 40)9 , l'édit de Nantes fut confirmé et Juré solenneUeroeni par le roi.
2. Voy. les lettres patentes de Jan?ier IM5 pour l'établissement de l'Académie française ; les lettres de créaUon delà charge de surintendant de la marine et de la navigation , octobre 16-26; les lettres de Juillet et norembre 46t4 , et l'édit de qsars 164S, pour la formation et le souUen d'une compagnie des Indes occidentales. Aec. det ane. ioU franc., t. XVI, p. 418, 194, 409, 413 et 840.
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DU TIERS ÉTAT. Ho
mérite de n'avoir rien perdu par le cours du temps et les révolutions de l'Europe, d'être pour nous, après deux siècles, aussi vivante, aussi nationale qu'au premier jour. C'est la politique même qui, depuis la chute de l'empire et la résurrection de la France constitutionnelle, n'a cessé de former, pour ainsi dire, une part de la conscience du pays. Le maintien des nationalités indépendantes, l'afrranchissement des nationalités opprimées, le respect des liens naturels que forme la communauté de race et.de langue, la paix et l'amitié pour les faibles, la guerre contre les oppresseurs de la liberté et de la civilisation générales, tous ces devoirs que s'impose notre libéralisme démocratique furent implicitement compris dans le plan de conduite au dehors dicté à un roi par un honune d'État dont Tidéal au dedans était le pouvoir absolu *.
Sur la question des droits de la France à un agrandissement qui lui donne ses frontières définitives, question souvent posée depuis trois siècles et aujourd'hui encore pendante, Henri iV disait : « Je a veux bien que la langue espagnole demeure à l'Espagnol, l'allcmande à l'Allemand, mais toute la française doit être à moi *. » Un contemporain de Richelieu, peut-être l'un de ses confidents, lui fait dire : et Le biit de mon ministère a été celui-ci : rétablir les « limites naturelles de la Gaule, identifier la Gaule avec la France, a et partout où fut l'ancienne Gaule constituer la nouvelle'.,» De
I. On peut Toir arec quelles paroles de sympathii^ pour la cause de l'émancipalion européenne lai -mdnie s'exprime sur son idlervenUon dans les affaires de l'Italie» de l'Allemagne et des Pays-Bas. A chaque événement militaire ou diploroaUque, il s'agit d'atnttnchir un prince ou un peuple de Vopprestion des Espagnols , de la tyrannie de la maison d'Autriche , de la trrceur cau-^ée par Vavidité insatiable de celle maison ennemie du repos de la chrétienté tô^avrèier ses usurpations , de lui faire rendre ce qu'elle a usurpé en Suisse ou en Italie, degaranUr toute riialie de son injuste oppreston, de veiller au salut de toute l'Italie, de sauver et d'assurer contre l'Autriche les droits des princes de l'Empire. iTest«iment polilique du cardinal de Richelieu, 4» partie, chap. 1er, p. 9, 40, 44, 45, 48, U 25 et t6.)
t. Histoire du règne de Henri le Grand, par Mathieu, t. H, p. 444.
8. Hic ministerii mei scopus, restituere GalliîB limites, quos natura praefixil... confundi-re Galliam cum Francia, et ubicumque fuit antiqua Gallia, ibi rcstaurare novam. \Je*tamentum poUiicum, ap. Pétri Labbe Elogia sacra, etc., éd. 4706, p. S53 et
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ces deux pnncipes, combinés ensemble et se modérant Tun l'autre, sortira, quand les temps seront venus, la fixation dernière du sol français, possédé par nous, à titre légitime et perpétuel, au nom du double droit de la nature et de l'histoire.
La conception d'un nouveau système politique de l'Europe fondé sur réquilibre des forces rivales, et où la France exerçât, non à son profit mais pour le maintien de Tindépendance commune, l'ascendant ravi à TEspagne, cette conception de Henri le Grand, évanouie à sa mort comme un rêve, fut exécutée par Richelieu à force de négociations et de victoires. Quand le ministre de Louis XUI mourut épuisé de veilles patriotiques ', l'ouvrage était presque à sa fin; une habile persévérance, jointe à d'éclatants faits d'armes*, amena, en moins de cinq ans, l'acte fondamental de la réorganisation européenne, le glorieux traité de Westphalie'. Cette partie de l'œuvre du grand homme d'État, sa pTolitique extérieure, voilà ce qui de son temps fut le mieux compris , ce qui parut aux esprits élevés beau sans mélange* ; pour le reste, il y eut doute ou répugnance. Comme après le règne de Louis XI, l'opinion publique réagit contre l'action révolutionnaire du pouvoir. Les classes même à qui devaient profiter le nivellement des existences nobiliaires et l'ordre imposé à tous
guiv.) La pièce qui renferme ces mots remarquables, et qui parut moins d'un ao après la mort du cardinal , est une amplification incrustée, selon toute apparence, de paroles textuellement recueillies de sa bouche. Richelieu aimait à s'épancher avecses amis; il dictait beaucoup à ceux qui l'entouraient, et, comme on Ta ?u pour KapoléoD , des personnes curieuses prenaient note de ses entreliens.