Voyei la IMe donnée ei-«prèi, Appeadiee
t. « i« rvmvqiMl que mondU sieur le ehsneelier, parlant en sa harangue à Met* •leurs du clergé et de la nobiease, oieltoit la maio à son bonnet carré , et se déoou* ▼roit, ce qu'il ne flt point lorsqu'il parloit au tiers état. • (Relation des états généraui de 1514, par Florimond Rapine, député du tiers état do Nivernais, Du 4iau gémérai»,ctc.,lXVI,p. 40S.)
I. JUrcnri framçoU , 8* conUniutioD, 1. 111, année UI4« p. sa.
U6 ESSAI SUR LMllSTOIRE
Le tiers état fit preuve d'abnégation. H adhéra , contre son intérêt , à la demande de suspension de la taxe moyennant, laquelle les offices étaient héréditaires; et pour que cette demande eût toute sa portée logique, il la compléta par celle de Tabolition de la vénalité'. Mais exigeant des deux autres ordres sacrifice.pour sacrifice, il les requit de solliciter conjointement avec lui la surséance des pensions, dont le chiiTre avait doublé en moms de quatre ans^, et la réduction des tailles devenues accablantes pour le peuple. Sa réponse présentait comme connexes les trois propositions suivantes : supplier le roi, 1° de remettre pour Tannée courante un quart de la taille, 2° de suspendre la perception du droit annuel, et d'ordonner que les ofSœs ne soient plus vénaux , 3^ de surseoir au paiement de toutes les pensions accordées sur le trésor ou sur le domaine. La noblesse, lx>uT qui les pensions de cour étaient un supplément de patrimoine, fut ainsi frappée par représailles ; mais , loin de se montrer généreuse comme ses adversaires, elle demanda que les propositions fussent disjointes, qu'on s'occupât uniquement du droit annuel, et qu'on remit à la discussion des cahiers raifaire des pensions et celle des tailles. Le clergé fit la même demande, entourée de ménagements et de paroles captieuses qui n'eurent pas plus de succès auprès du tiers état que la franchise égoïste des gentilshonunes'.
I. « En quelle esUme nous auront noi provinces, quand elles olront que d*un cou* rage viril nous aurons méprisé notre propre intérôt, demandant que les charges que nous possédons héréditairement soient vouées au public, aux plus capables et estimés , et non retenues par ceux qui ont le plus do biens, do richesses et de crédit!... Alors nous contraindrons les médisans & prendre autre confiance de nous, qu'ils n*ont pas, eux qui nous ont estimés être du tout contraires & la révocaUon de l'inique parti de la paulette. D'autant que la plupart de cette compagnie possède les charges plus relevées et honorables du royaume, d'autant plus nous devons nous porter, par la liberté et sincérité des élats et l'obligaUon de nos conscienees , à TabollUon de ce droit qui fomente l'ignorance, ferme la porte à la vertu et à la doctrine. • ( Discours du lieutenant général de Saintes, Relation des états de 4614 par Florimond Eapine, p. 167.)
S. Depuis la mort de Honri IV.
3. Quelque belles paroic^u'il pût prononcer (l'archevêque d'Aix ), si ne put- il Jamais faire déparUr notre compagnie de sa résolution de demander conjointement
Ayant délibéré de nouveau , la chambre du tiers décida qu'elle ne séparerait point ses propositions Tune de l'autre, et elle fit porter ce refus par ]|un de ses membres les plus considérables , Jean Savaron, lieutenant général de la sénéchaussée d'Auvergne.
Cet homme d'un grand savoir et d'un caractère énergique parla* deux fois devant le clergé, et termina ainsi son second discours : « Quand vous vous buttez àTextinction du droit annuel, ne donneza vous pas à connoltre que votre intention n'est autre que d'attaquer « les officiers qui possèdent les charges dans le royaume j puisquis <x vous supprimez ce que vous devriez demander avec plus d'instance a à savoir Tabolition des pensions qui tirent bien d'autres consé- « quences que le droit annuel ? Vous voulez ôter des coifrcs du roi c( seize cent mille livres qui lui reviennent par chacun an de la pau- « lette , et voulez surcharger de cinq millions Tétat que le roi paye « tous les ans pour acheter à deniers comptants la fidélité de ses a sujets. Quel bien , quelle utilité peut produire au royaume l'abo- « lition de la paulette , si vous supportez la vénalité des offices qui a cause seule le dérèglement en la justice?.... C'est, Messieurs, « cette maudite racine qu'il faut arracher, c'est ce monstre qu'il faut a combattre que la vénalité des offices qui éloigne et recule des a charges les personnes de mérite et de savoir, procurant Tavance- « ment de ceux qui , sans vertu bien souvent, se produisent sur le « théâtre et le tribunal de la justice par la profusion d'un prix a déréglé qui fait perdre l'espérance même d'y pouvoir atteindre « à ceux que Dieu a institués en une honnête médiocrité. Par « ainsi, Messieurs, nous vous supplions humblement de ne nous a refuser en si saintes demandes l'union de votre ordre ; c'est pour
lesditei proposiUons, parce qu'on voyoil clairement qu'il y afoit de l'arUflce, et que le clergé et la noblesse s*entenâoieni à la ruine des officiers et à la oonUnuation do la charge et oppression du pauvre peuple, et ne vouloient point qu'on demandât le relrancbement de leurs pension», Unt ils faisoient marcher leurs intMU aTaot tout (EelaUoD deFIor. Rapine, p. 182.)
a le peuple que nous travaillons, c'est pour le biea du roi que nous a nous portons y c'est contre nos propres intérêts que nous cornabattons*. »
Devant la noblesse, Savaron s'exprima d'un ton haut et fier, et, sous ses arguments, il y eut de l'ironie et des menaces, n dit que ce n'était point le droit annuel qui fermait aux gentilshommes Taccès des charges 9 mais leur peu d'aptitude pour elles , et la vénalité des offices; que ce qu'ils devaient demander plutôt que l'abolition de ce droit c'était celle de la vénalité ; que , du reste , la surséance de la paulette, la réduction des tailles et la suppression des pensions ne pouvaient être disjointes; que l'abus des pensions était devenu tel que le roi ne trouvait plus de serviteurs qu'en faisant des pensionnaires, ce qui allait à ruiner le trésor, à fouler et opprimer le peuple^; et il ajouta en finissant : «Rentrez, Messieurs, dans le cr mérite de vos prédécesseurs, et les portes vous seront ouvertes aux <i honneurs et aux charges. L'histoire nous apprend que les Romains a mirent tant d'impositions sur les Français', que ces derniers enfin a secouèrent le joug de leur obéissance , et par là jetèrent les premiers fondements de la monarchie. Le peuple est si chargé de a tailles, qu'il est à craindre qu'il n'en arrive pareille chose ; Dieu veuille que je sois mauvais prophète^ 1 »
La noblesse ne répondit que par des murmures et des invectives à l'orateur du tiers état; le clergé avait loué son message en lui refusant tout concours; resté seul pour soutenir ses propositions, le tiers résolut de les présenter au roi. Il en fit le premier article d'un mémoire qui contenait sur d'autres points des demandes de réforme, et il envoya au Louvre , avec une députation de douze membres ,