‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments du (volume 2)Chapitre 30 sur 124 · BelaUon deFlorimond Rapine, p. S · texte numérisé non relu

BelaUon deFlorimond Rapine, p. S

9. Proeèt'Verbal et cahier de la nobUtse è* élan de Van 1GI5, ms. de la Bibliothèque impériale, fond» de Brlenne, ti* 383, fol. 64 \*. * Relation de Plorimond Rapine, p. 2S6.

nous. J'ai honte ^ Bire , de vous dire les termes qui de nouveau a nous ont offensés^ ils comparent votre État à une famille compo- « sée de trois frères; ils disent l'ordre ecclésiastique être Fainé ; le nôtre le puîné , et eux les cadets , et qu'il advient souvent que les maisons ruinées par les atnés sont relevées par les cadets. En quelle misérable condition sommes-nous tombés^ si cette parole est véritablel... Et^ non contents de se dire nos frères^ ils s'attribuent la restauration de l'État; à quoi comme la France sait assez qu'ils n'ont aucunement participé^ aussi chacun oonnott qu'ils ne peuvent en aucune façon se comparer à nous , et seroit insupportable une entreprise si mal fondée. Rendez-en, Sire, le jugement, ety par une déclaration pleine de justice^ faites-les mettra en leur devoir ^ a A cet étrange discours , la foule des députés nobles qui accompagnaient l'orateur fit succéder^ en se retirant, des marques d'adhésion unanime et des mots tels que ceux-ci : Nous ne vou- Ions pas que des fils de cordonniers et de savetiers nous appellent frères; il y a, de nous à eux, autant de difiérence qu'entre le maltre et le valet ^.

Le tiers état reçut avec un grand calme la nouvelle de cette audience et de ces propos ; il décida que son orateur serait non-seulement avoué, mais remercié ; qu'on n'irait point chez le roi pour récriminer contre la noblesse, et qu'on passerait au travail des cahiers sans s'arrêter à de pareilles disputes '. Alors le clergé vint de nouveau s'entremettre pour la réconciliation, demandant que des avances fussent faites par le tiers état; le tiers répondit que, cette fois comme la première, il n'y avait eu de sa part aucune intention blessante; que MM. du clergé pouvaient eux-mêmes le faire entendre à la noblesse , à laquelle il ne voulait donner aucune autre satisfac-

I. Procès-verbal et cahier de la noblesse f mft. de la Bibliothèque impériale, fonda de Brienne, n<> 983, fol. 63 vo.

. s. Relation de Fior. Rapine, p. S28.

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