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DU TIERS ÉTAT. 4i3
f ioa, désirant qa'on le laissât en paix travailler à son cahier, et s'occuper d'affaires plus importantes*. Mais la brouillerie des deux ordres tenait tout en suspens^ le gouvernement, sans se porter juge, redoubla d'instances pour la pau; il vint de la part du roi un commandement au tiers état de faire quelque démarche qui pût contenter la noblesse } et plusieurs jours se passèrent sans que cet ordre fût obéi.
Pendant ce temps, le mémoire contenant les demandes du tiers passa à Texamen du conseil. La noblesse et le clergé en appuyèrent tous les articles, hors celui qui était Tolget de la dissidence, et, quant à celui-là , il fut promis par le premier ministre que le chiffre des pensions serait annuellement réduit d'un quart , et que les plus inutiles s^ent supprimées^. Ce concours et cette victoire ouvrirent les voies au raccommodement. Le tiers état fit remercier les deux premiers ordres de leur coopération bienveillante; ses envoyés auprès de la noblesse ne désavouèrent que l'intention d'offense , et on leur répondit convenablement '. Ainsi fut terminé ce différend , d'où ne pouvait sortir aucun résultat politique , mais qui est remarquable, parce que le tiers état y eut le beau rôle , celui du désintéressement et de la dignité , et que là se montra au grand jour, en face de Forgueil nobiliaire, un orgueil plébéien nourri au sein de rétude et des professions qui s'exercent par le travail intellectuel.
Une querelle bien plus grave , et sans aucun mélange d'intérêts privés, survint presque aussitôt, et divisa de môme les trois ordres, mettant d'un côté le tiers état, et de l'autre le clergé et la noblesse. £lle eut pour sujet le principe de l'indépendance de la couronne vis-à-vis de l'Église , principe qu'avaient proclamé trois cent douze ans auparavant les représentants de la bour-