I. Voy. plus haut, cliap. ii, p
â. neialion do Fior. Rapine, p. S83.
Constance contre la doctrine du tyrannicide'. Il s'agissait là de la grande question posée dans la guerre de la Ligue entre les deux principes de la royauté légitime par son propre droit , et de la royauté légitime par l'orthodoxie. Le débat de cette question^ que le règne de Henri IV n*avait point résolue^ et à laquelle sa fin tragique donnait un intérêt sombre et pénétrant, fut, par une sorte de coup d'État, enlevé à la discussion des ordres, et évoqué au conseil, ou plutôt, à la personne du roi.
Sur rinvitation qui lui en fut faite, le tiers état remit au roi le premier article de son cahier, et, quelques jours après, le président de la chambre et les douze présidents des bureaux furent mandés au Louvre. Quoique Louis XIII fût majeur, la reine mère prit ta parole, et dit à la députation a que Farticle concernant la souveraineté du roi et la sûreté de sa personne ayant été évoqué à lui , il n'était plus besoin de le remetti*e au cahier, que le roi le regardait comme présenté et reçu , et qu'il en déciderait au contentement du tiers état' 0. Cette violence faite à la liberté de l'assemblée y excita un grand tumulte; elle comprit ce que signifiait et à quoi devait aboutir la radiation qui lui était prescrite. Durant trois jours, elle discuta si elle se conformerait aux ordres de la reine. Il y eut deux opinions : l'une qui voulait que l'article fût maintenu dans le cahier, et qu'on protestât contre les personnes qui circonvenaient le roi et forçaient sa volonté^ l'autre qui voulait qu'on se soumit en faisant de simples remontrances. La première avait pour elle la majorité numérique; mais elle ne prévalut point, parce que le vote eut lieu par provinces et non par bailliages *, Cent vingt députés , à la tête
I. Voyei,danilarelaUon de Flor. Rapine (Dm états généraux, etc., t XVl, S« partie, p. 119-iM), te discours du cardinal du Perron , orateur du clergé, et la réplique de Robert Miron, président du tiers état.
t. Henri IV n'avait régné qu'en vertu d'une transaction avec ses spjets eatlioUquea.
B. Relation de Flor. Rapine, i* partie, p. 1M.
4. Les provinces étaient très-inégales en nombre de représentants; mais le vole par bailliages , qui , dans cette occasion , ftit réclamé inutilement , répondait presque au vote par têle.— Voy. la relation de Flor. Rapine, » partie, p. 407 et sulv.
4é6 ESSAI sua L'HISTOIRE
desquels étaient Savaron et de Mésmes^ se déclatèrent opposants contre la résolution de rassemblée, comme prise par le moindre nombre. Os demandaient à grands cris que leur opposition (ttt reçue y et qu'il leur en fût donné acte. Le bruit et la confudon remplirent toute une séance ^ et, de guerre lasse, on s^accorda pour un moyen terme ; on convint que le texte de Tarlicle ne serait point inséré dans le cahier général , mais que sa place y resterait formellement réservée*. En effet, sur les copies authentiques du cahier, à la première page et après le titre : des Loiifondameniakê de l'État, il y eut un espace vide et cette note : o Le premier t article, extrait du procès-verbal de la chambre du tiers état, a «été présenté au roi par avance du présent cahier, et par com- 8 mandement de Sa Majesté , qui a promis de le répondre, d
Cette réponse ne fut pas donnée , et la faiblesse d'une reine que des étrangers gouvernaient fit ajourner la question d'indépendance pour la couronne et le pays. Ce ne fut qu'au bout de soixante-sept ans que les droits de TÉtat, proclamés cette fois dans une assemblée d'évéques , fhrent garantis par un acte solennel , obligatoire pour tout le clergé de France. Mais la célèbre déclaration de 4682 n'est, dans sa partie fondamentale , qu'une reproduction presque textuelle de Tarticle du cahier de 1615, et c'est au tiers état que revient ici Thonneur de Finitiative^. Tout ce qu'il y avait de fort et d'éclairé dans Topinion publique du temps lui rendit hommage et le vengea de sa défaite. Pendant que les ordres privilégiés recevaient de la