‹ Essai sur lh́istoire de la formation et des progrès du Tiers État: suivi de deux fragments duChapitre 21 sur 64 · Mémoireii de la Ligue, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Mémoireii de la Ligue, 1. 1, p

5. Ab immetiBu œterni régis potentia, beato Pelro ejusqae successoribuB tradila aucioriUs omiiet terrenorum regum et priticipum supe-

reminet potestaics inconcussa profert in omnes judicia, et ne

dlvitiiB maxime leges vioienlur eumma ope providel, et si quos orditialioni Del resiAlcnles invcnit, severiore hos vindicta ulciscitui:, et quumvis polentiures de solio dejiciens, velutt superbientië Luciferi minisiros ad inflma terrœ delurbalos proslernit. ^Sixti V declarar Itn, etc., Goldasti, MonarcMa tancii ImperiUt III, p. 181.)

ses devanciers et la tradition de ceux qui avaient en garde le dépôt des lois du pays. « Nous ne trouvons « point, disaitr-il , par nos registres ni par toute Tan» « tiquité, que les princes de France aient jamais été c sujets à la justice du pape, ni que les sujets aient a pris connaissance de la religion de leurs princes ^ » N*osant porter au roi le reproche de lâcheté, il se Tadressait & lui-même pour sa connivence avec l'erreur de ceux qui s'étaient flattés d* amener les protestants à renoncer & leur culte, et d'abattre ce parti sans une grande effusion de sang. 11 déclarait que c'était assez de honte pour lui que d'avoir prêté son ministère à la révocation de tant d'édits solennellement jurés; que son obéissance , pour ne pas devenir stupidité, s'arrêterait là ; et il terminait sa remontrance par ces graves et nobles paroles : a Faites-nous cette grâce, Sire, de et reprendre en vos mains les états dont il a plu à Votre a Majesté et aux rois vos prédécesseurs de nous honoa rer, afin que vous soyez délivré des importunes difc( Acuités que nous sommes contraints de faire sur de a tels édits, et nos consciences déchargées de la ma-

I. Mémoires de la Ligne, 1 1, p* ^25. — La cour ne peut âéllbérer plos longuement TbomologaUon d'une telle bulle, s! pernicieuse au bien de toute la chrétienté et à la souveraineté de votre couronne, jugeant dès à présent qu'elle ne mérite aucune récompense que celle qu'un de vos prédécesseurs nous fit faire à une pareille bulle qu'un prédécesseur de ee pape lui avait envoyée, à savoir, de la jeter au feu en présence de toute l'Église gallicane, (ibid.j p. Sie» )

« lédiction que Dieu prépare aux mauvais magistrats a et conseillers. ... Il est plus expédient à Votre Majesté a d'être sans cour de parlement que de Tavoir inutile, a comme nous sommes, et il nous est aussi plus honoa rable de nous retirer privés en nos maisons, et de a pleurer en notre sein les calamités publiques avec le «reste de nos concitoyens, que d'asservii* la dignité a de nos chaînes aux malheureuses intentions des a ennemis de votre couronne * . »

Cet avertissement fut inutile au roi comme à la nation ; personne ne savait plus où se reprendre : les uns étaient aveuglés de fanatisme, d'autres séduits par les promesses des ambitieux, d'autres enlacés dans les réseaux d'une association dont la puissance dominait celle de TÉtat. Vingt-cinq ans de guerre civile n'avaient pas suffi pour briser la fougue des passions, et donner à tous la leçon suprême, celle de la nécessité. Jamais la cause de la liberté de conscience n'avait paru si complètement perdue; elle se soutint par Théroïsme que le désespoir inspira aux bandes protestantes. Leur chef, Henri de Navarre, contraint de combattre pour son droit en même temps que pour sa religion, fit des prodiges de courage et d'habileté dans cette œuvre double qui semblait ne pouvoir aboutir qu'à des situa-

4. Mémoires de la Ligue, 1. 1, p. 326 et 227. — Dans ce passage et duns les cilations précédentes, la langue du xvi^ siècle a été çà et là un peu rajeunie.

lions incompatibles. Modéré autant qu'intrépide^ il avait toujours le mot de paix à la bouche et dans le cœur; après la victoire la plus complète*, il ne demandait rien que le rétablissement des anciens édits de tolérance. De son côté y le chef de la Ligue , aidé de la faveur populaire , poursuivait rapidement Texécution du plan hardi qu'il avait conçu : s'emparer des conseils du roi et avoir la main sur sa personne , le garrotter par Tintervention des états généraux , être une sorte de maire du palais jusqu'au moment d'usurper le trône sous ombre de volonté nationale. Henri lU^ tenu en échec par cette fortune grandissant toujours^ ne savait qu'hésiter ou pUer; le sentiment de sa dignité perdue le torturait parfois y mais ne le relevait pas ; incapable de faire un noble effort , il cédait sans fui%

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